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Charlotte d'Ornellas : «C'est une agonie pénible pour le président de la République»
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il y a 2 mois
Présente sur le plateau de CNEWS, Charlotte d'Ornellas s'est exprimée sur l'impopularité d'Emmanuel Macron.
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00:00
Je pense que c'est évidemment lié à la paire de cinq points d'un coup, entre guillemets,
00:04
parce que c'est une longue chute, c'est une agonie pénible pour le président de la République,
00:09
de baromètre en baromètre.
00:10
Ça arrive pour de très nombreux présidents de la République.
00:12
D'ailleurs, on dit qu'il a atteint le stade de François Hollande en 2016,
00:17
donc c'était déjà arrivé.
00:18
Mais c'est très directement lié, évidemment, à la situation politique actuelle,
00:22
ou plus exactement à la séquence qui vient de s'achever
00:24
pour laisser la place aux discussions absolument indigestes
00:28
que je pense que la plupart des Français ont arrêté de suivre depuis bien longtemps,
00:32
sur le budget.
00:33
Non pas qu'ils considèrent qu'un budget soit un sujet, comment dire, accessoire dans un pays,
00:40
mais parce que les discussions elles-mêmes, et en plus, quand vous écoutez les gens,
00:42
vous dites « oui, mais ce vote ne servira à rien, parce qu'en fait, ce ne sera pas ce budget,
00:45
parce qu'en fait, ils vont repasser par une loi, bon bref, plus personne n'y comprend rien. »
00:49
Et en effet, avant cette séquence du budget,
00:51
il y avait le résultat de la longue séquence
00:57
qui avait commencé avec cette dissolution surprise
00:59
que peu de gens ont finalement compris.
01:02
Pourquoi est-ce que je dis ça ?
01:03
Parce que ce résultat ne se lit pas seul dans le baromètre.
01:05
Sébastien Lecornu,
01:07
qui est le prolongement d'Emmanuel Macron
01:09
politiquement depuis le début,
01:10
lui, il gagne des points,
01:12
notamment grâce au socle commun,
01:14
ce qu'on appelle le socle commun, qui n'existe plus,
01:16
mais c'est plus simple pour tout le monde,
01:18
et également au PS et chez les LR.
01:21
Il gagne des points, Sébastien Lecornu,
01:23
quand précisément dans ces parties-là,
01:24
Emmanuel Macron en perd beaucoup.
01:27
C'est la partie de la population qui est réceptive
01:29
au discours sur la stabilité politique comme bien commun.
01:33
C'est vraiment dans ces parties-là
01:34
que l'on trouve les personnes réceptives à ce discours
01:36
sur la volonté première d'une stabilité.
01:39
Peu importe ce que ça recouvre comme sujet politique,
01:41
d'abord, il faut une stabilité politique.
01:44
Et à l'inverse, Bruno Retailleau,
01:46
dont le départ du gouvernement a été très mal compris,
01:49
perd quatre points,
01:51
tandis que Jordan Bardella,
01:52
qui s'adresse, lui, à une partie de la population
01:54
plus sensible à la promesse d'alternative
01:56
qu'à la volonté de stabilité,
01:58
en gagne cinq.
02:00
Donc c'est dans ce contexte-là,
02:01
et avec ces jeux de points-là,
02:03
qu'Emmanuel Macron, lui, en perd.
02:05
Et ce qu'on comprend,
02:06
c'est que la chute de confiance du président de la République
02:08
s'explique par le fait que,
02:11
avec ce qui vient de se passer,
02:13
le Cornu 1 et le Cornu 2,
02:15
et est-ce que ça va être le Cornu 2
02:16
ou pas le Cornu 2,
02:17
au terme de cette séquence-là,
02:20
les Français,
02:21
la plupart des Français,
02:22
imputent directement à Emmanuel Macron
02:23
la responsabilité de cette situation,
02:27
et quel que soit leur avis sur la situation.
02:29
Ceux qui voudraient absolument la stabilité,
02:32
sentent qu'elle est très fragile,
02:33
ils l'imputent au président de la République,
02:35
et ceux qui voudraient tout simplement autre chose,
02:37
ont abandonné leur confiance à Emmanuel Macron,
02:38
évidemment, depuis longtemps.
02:41
Et dans le détail,
02:42
ils conservent une majorité de sympathisants
02:43
renaissants,
02:44
directement chez lui,
02:46
entre guillemets,
02:47
mais ils perdent beaucoup chez Ensemble,
02:49
alors Ensemble,
02:51
je fais un petit point d'étape,
02:52
parce qu'il faut suivre aussi les noms
02:53
des différents partis,
02:54
c'est le modem Horizon et Renaissance Ensemble,
02:57
qui perdent des points chez Ensemble,
02:59
mais il en garde beaucoup chez Renaissance,
03:01
et il en perd aussi beaucoup chez LR,
03:03
il n'avait déjà pas les opposants,
03:04
évidemment, dans la confiance,
03:06
il perd les électeurs de ce fameux socle commun,
03:08
qui vient de voler en éclats.
03:10
Mais n'y a-t-il pas également une lecture profonde,
03:13
et peut-être plus politique à avoir,
03:15
de ce chiffre ?
03:16
J'espère toujours que si,
03:17
vous savez,
03:17
c'est les questions wishful thinking,
03:19
mais est-ce que dans le fond,
03:20
il n'y a pas des choses...
03:20
C'est quoi wishful ?
03:21
Mais on espère toujours un peu,
03:24
en effet,
03:25
qu'il y a quand même des raisons
03:26
un peu plus profondes.
03:27
Mais j'espère autant
03:29
qu'il y a une lecture plus profonde
03:32
à faire de ce sondage,
03:33
que je garde mes distances
03:34
avec les analyses trop tatillonnes
03:35
des baromètres
03:36
ou des sondages temporaires.
03:38
Je reste très prudente
03:39
sur l'analyse d'un sondage
03:40
un mois après l'autre,
03:40
parce que parfois,
03:41
c'est quand même un peu difficile
03:42
de les lire.
03:43
Ce qui est sûr,
03:44
c'est que la chute
03:44
n'est pas nouvelle
03:45
et je vous le disais,
03:46
elle est continue
03:47
depuis de longs mois.
03:49
Donc là,
03:49
on peut commencer à la lire.
03:50
Il y a bien sûr
03:51
les opposants,
03:52
je vous disais de toujours,
03:53
des Français qui sont
03:54
fondamentalement en désaccord
03:56
depuis le début
03:56
par la politique défendue
03:58
et parfois appliquée
03:59
par Emmanuel Macron.
04:01
Mais il y a de plus en plus
04:02
de ces soutiens,
04:03
même distants,
04:04
qui ne comprennent
04:05
tout simplement plus du tout
04:06
la ligne du président
04:07
de la République,
04:09
au-delà de la volonté
04:10
de se maintenir.
04:10
On a beaucoup commenté ça,
04:12
mais au-delà de ça,
04:13
vous savez,
04:14
le « en même temps »,
04:14
au début,
04:15
c'était un enthousiasme,
04:16
après ça a été une blague
04:17
et puis ça commence
04:18
à devenir lassant en réalité
04:19
puisqu'on ne comprend plus
04:20
rien de ce qui se passe.
04:23
Alors,
04:23
le président a montré
04:24
qu'il voulait garder,
04:25
voire reprendre la main
04:26
après les échecs
04:27
des deux précédents
04:28
premiers ministres
04:28
en nommant
04:29
Sébastien Lecornu.
04:31
Il a considéré acquise
04:32
la participation de LR
04:34
au point d'aller parler
04:34
avec le PS
04:35
et au point de perdre LR.
04:37
Au milieu de tout ça,
04:38
on finit par se demander
04:39
quel est le but politique réel
04:41
évidemment de la séquence.
04:42
Il est assez seul,
04:43
Emmanuel Macron,
04:44
et c'est ce qu'on comprend
04:45
parmi les Français,
04:46
je mets la classe politique à part,
04:48
il est assez seul
04:49
à considérer
04:49
que le pays
04:50
se partage finalement
04:51
entre gens sérieux
04:52
et efficaces
04:52
et extrémistes.
04:54
Il y a beaucoup de gens
04:55
au milieu
04:55
qui décèlent finalement
04:56
des désaccords
04:57
insurmontables avec lui.
04:59
Certains ont reproché
05:00
par exemple
05:00
à Bruno Retailleau,
05:01
je pense que c'est une image
05:02
qui parle,
05:03
à Bruno Retailleau
05:03
de ne pas avoir brisé
05:04
son soutien,
05:06
on va dire,
05:06
sa participation plus exactement
05:07
au gouvernement,
05:08
sur le dossier de l'Algérie.
05:10
Et bien à l'inverse,
05:11
beaucoup reprochent
05:11
à Emmanuel Macron
05:12
de tenir malgré
05:14
le reniement
05:14
sur la réforme des retraites,
05:16
je pense que c'est
05:16
le symbole le plus grand,
05:18
ou la promesse
05:19
d'un travail
05:19
qui paye davantage
05:20
sur laquelle
05:21
il avait été élu.
05:22
Qu'est-ce que cette donnée
05:25
peut indiquer
05:25
sur la suite
05:26
de notre vie politique ?
05:28
C'est l'immense question.
05:29
Que va-t-il se passer
05:30
exactement
05:30
d'ici la prochaine
05:31
élection présidentielle ?
05:33
Parce qu'un an et demi
05:33
dans la vie,
05:34
ça peut être court,
05:35
quand vous avez
05:35
des bonnes nouvelles,
05:36
des moments agréables
05:37
de votre vie.
05:38
Là, ça peut être très long.
05:39
Un an et demi
05:40
sans ne pouvoir rien faire,
05:42
ça peut être très long.
05:43
Parce que ce que,
05:44
évidemment,
05:45
révèle ce chiffre,
05:46
c'est l'impossibilité
05:47
de lire exactement
05:48
ce que va être
05:49
notre vie politique
05:50
parce qu'on ne sait même pas
05:51
ce que veut Emmanuel Macron
05:52
lui-même,
05:53
il n'y a pas une seule réponse
05:54
qui soit vraiment claire.
05:56
Sauf sur certains sujets
05:57
et je laisserai à Mathieu
05:58
le soin de développer
06:00
sa volonté
06:00
d'encadrer les réseaux sociaux.
06:02
Ça, c'est vraiment
06:02
depuis le début,
06:03
il n'a jamais varié là-dessus.
06:04
Mais par exemple,
06:05
sur l'Algérie,
06:06
on a eu à la fois
06:06
il faut une réponse faire,
06:07
maintenant ça suffit
06:08
et puis d'un autre côté
06:09
on est sur le dossier
06:10
mais on verra.
06:11
Sur les gilets jaunes,
06:12
on promettait que le travail
06:13
allait payer davantage
06:14
et puis aujourd'hui
06:15
on y renonce.
06:16
Sur les ZFE,
06:16
on apprend que finalement
06:17
elles vont peut-être
06:18
être mises en place
06:18
parce que le travail
06:20
n'a pas été fait.
06:20
Sur le Mercosur,
06:21
on allait voir ce qu'on allait voir,
06:22
la France était quand même forte,
06:23
finalement on va l'avoir.
06:24
Les OQTF,
06:25
ils promettaient 100%
06:26
et puis finalement
06:27
c'est du brainwashing
06:28
de le rappeler quotidiennement.
06:30
La question de la sécurité
06:31
était très importante
06:32
et puis on comprend
06:33
qu'elle passe
06:34
par pertes et profits.
06:36
Et enfin,
06:36
et vous savez à quel point
06:37
j'y tiens,
06:37
c'est un président de la République
06:38
qui a posé le mot
06:39
décivilisation
06:40
au lendemain des émeutes
06:41
pour mettre six mois
06:42
à nous expliquer
06:43
que finalement
06:43
l'explication
06:45
de la décivilisation
06:46
c'était l'oisiveté.
06:47
Je sais que l'oisiveté
06:48
est mère de tous les vices
06:49
mais c'est un raccourci
06:50
un petit peu immense
06:51
en politique
06:52
qui ne nous dit pas
06:53
quelle sera la réponse
06:54
et l'insécurité politique
06:56
colle assez mal
06:57
avec la volonté de stabilité.
06:59
Donc il y a un moment
06:59
où il va falloir choisir
07:00
également sur le fond finalement.
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