- il y a 10 mois
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00:00Vincent Jeanbrun, bonjour. Bonjour. C'est votre grande interview sur Europe 1 et sur CNews, vous
00:06êtes ministre de la ville, ministre du logement, on a beaucoup de sujets à aborder ce matin. Je
00:11voulais commencer avec le sort de Marie-Claude à Nantes. Elle a 73 ans et depuis cinq jours,
00:16elle a arrêté de manger, elle fait une grève de la faim pour alerter sur sa situation. Elle mettait
00:20son appartement, en tout cas une partie de son appartement en location et le locataire ne veut
00:24plus quitter les lieux, il a même pris possession de l'intégralité des lieux. Qu'est-ce que vous
00:27lui répondez ce matin ? Quelle réponse peut lui apporter l'État ? D'abord, lui dire qu'elle n'est
00:32pas seule dans son combat. Les services de la préfecture l'ont contactée, moi j'ai essayé de
00:36la joindre hier soir pour lui dire le soutien qui est le nôtre face à une situation profondément
00:41injuste. Elle est, je crois, reçue cet après-midi même pour pouvoir porter plainte et pour qu'on
00:46puisse faire avancer la procédure. Mais au-delà de son cas personnel, ça nous interpelle sur un vrai
00:50sujet, c'est que fait-on ? Quelle est la réponse publique quand on a une situation de cette nature ? On a
00:57eu une vraie progression avec la loi de mon prédécesseur Guillaume Casbarian qui avait fait
01:01une loi anti-squat et qui permet déjà d'avoir des outils forts quand quelqu'un rentre illégalement
01:06chez vous. Vous êtes parti, même dans une résidence secondaire, on rentre chez vous, là vous avez
01:11les outils juridiques, les préfets peuvent en 72 heures procéder à une expulsion. Ça a été une grande
01:15avancée. Mais on voit dans le cas de cette situation ou dans d'autres que si la personne rentre
01:21légalement dans le domicile, et là on retombe sur un droit commun.
01:24Contrat de location, par exemple, pour une courte durée, il se maintient à l'intérieur.
01:28Exactement, on est obligé de passer par le juge, ça prend du temps, la trêve hivernale
01:32s'applique, etc. C'est vrai dans le cas d'un bail, comme a passé Marie-Claude, c'est
01:37vrai également avec du Airbnb. Et donc là il y a vraiment un angle mort, il y a une faille
01:40juridique, il faut absolument qu'avec les parlementaires, on la corrige, parce que c'est
01:44inacceptable ce qui se passe.
01:45Vous allez déposer un projet de loi prochainement pour corriger cette situation ?
01:48Vu le contexte, moi j'aimerais plutôt que ce soit avec les parlementaires qu'on fasse émerger
01:52un projet de loi, mais je considère qu'on ne peut pas garder la situation dans l'État,
01:56et donc avec mes collègues du gouvernement et avec des parlementaires, je pense qu'il
01:59est urgent qu'on ait une proposition forte, pas de squatteur, pas d'occupation illégale,
02:05il faut protéger le propriétaire.
02:07Vous savez, le Premier ministre m'a demandé de lancer un grand plan pour sauver le logement
02:10en France, c'est-à-dire la construction du neuf, la réhabilitation de l'ancien.
02:12Un des premiers ingrédients pour redonner envie aux Français d'investir dans la pierre,
02:18d'investir dans le logement, c'est la confiance qu'en tant que propriétaire, je n'aurai
02:21pas de problème avec mes locataires.
02:23C'est fondamental.
02:24Et d'ailleurs, les locataires honnêtes, ils sont tous pénalisés quand il y a un locataire
02:27malhonnête qui squatte et qui occupe.
02:29Donc, c'est fondamental.
02:30On va parler du logement social.
02:31Depuis l'adoption de la loi narcotrafic, il est possible maintenant d'expulser les
02:35dealers des logements sociaux, mais ça vient d'une initiative à chaque fois
02:38des bailleurs.
02:39Est-ce que sur le terrain, vous constatez qu'il y a maintenant des expulsions qui ont
02:44lieu concrètement pour ceux qui ne respectent pas les règles de la République ?
02:47Le texte est absolument fondamental.
02:50Nos quartiers populaires sont gangrénés par des trafiquants, ce qui fait que vous
02:54avez 5 à 6 millions d'honnêtes Français qui vivent une vie horrible parce qu'ils
02:58sont au milieu de narcotrafiquants toute la journée et donc il faut absolument les
03:03protéger.
03:04Cette loi narcotrafic a permis une grande avancée.
03:06Elle a été vraiment définitivement adoptée cet été, donc les premiers effets se font
03:10sentir et pour moi, et ça va être l'objet d'une de nos volontés avec le ministre
03:15de la Justice, avec le ministre de l'Intérieur, c'est de bien rappeler à tous les acteurs,
03:19les bailleurs, mais également les préfets, qu'on doit pouvoir mettre tous les outils
03:23pour expulser les narcotrafiquants.
03:26Moi, je fais un déplacement cet après-midi même à Franconville, chez le maire Xavier Melki,
03:31qui, avec le préfet, avec le procureur, a déjà procédé à un certain nombre
03:34d'expulsions de cette nature. Donc, pour moi, c'est fondamental et je le précise,
03:38si le bailleur était défaillant dans la procédure d'expulsion, maintenant, grâce
03:42à cette loi, le préfet peut reprendre la main. Donc, elle est vraiment très efficace
03:45et j'ai envie de vous dire, elle était très attendue, mais allons jusqu'au bout
03:49maintenant. Et un des travaux que j'aimerais porter, c'est faire en sorte que ça s'applique
03:54au-delà du simple sujet du narcotrafic. Au fond, c'est une chance un logement social,
04:00c'est la solidarité nationale qui propose à une famille qui n'aurait pas les moyens
04:04de se loger dans le privé qu'on vienne co-financer, finalement, son habitat.
04:08Eh bien, quand on trafique, quand on est un voyou, eh bien, je pense qu'on perd le droit
04:13à cette solidarité nationale. Et donc, ce qui est vrai pour le narcotrafic, à mon sens,
04:16devrait être étendu. Et là aussi, c'est un des chantiers que je vais ouvrir.
04:18Le maire Xavier Melki, que vous allez rencontrer cet après-midi, dit par exemple qu'il y a
04:24des gens qui ont participé aux émeutes et qu'on ne peut pas expulser des logements sociaux.
04:27Mais alors, qu'on comprenne bien concrètement, ça veut dire que vous expulsez l'intégralité
04:30de la famille qui est dans ce logement social ?
04:33Oui, parce qu'en fait, quand vous signez un bail, vous avez une clause qui dit
04:37que vous devez l'occuper de manière paisible. Et donc, c'est vrai pour vous,
04:41c'est vrai pour vos occupants. Donc, effectivement, vous avez une responsabilité.
04:46Encore une fois, ce n'est pas joyeux. Et parfois, vous avez dans la famille des gens
04:50qui ne sont pas directement responsables d'un grand frère qui deal, etc.
04:55Mais encore une fois, à côté, vous avez des millions de Français qui sont en droit
04:59de demander un logement social et qui, eux, sont prêts à l'occuper de la façon
05:02la plus honnête possible. Et donc, c'est à eux d'être prioritaires sur ces logements sociaux.
05:07Donc, là où vous vous rappelez la situation de Franconville, mais qui est vraie partout
05:12en France, c'est qu'il y a des cas narcotrafic avérés qui permettent de lancer
05:18des procédures d'expulsion rapide. Et c'est une bonne chose. Et on va faire en sorte
05:20que partout, les préfets, les bailleurs le mettent en œuvre. Et puis, il y a ces questions
05:24où, mais qu'est-ce qui se passe quand c'est quelqu'un qui vole des voitures régulièrement,
05:27qui dégrade le matériel, qui menace, etc. Eh bien, on doit pouvoir aller plus loin.
05:33Dans le Val-d'Oise, et c'est pour ça que j'y vais cet après-midi, il y a une entente,
05:36il y a une convention de coordination. Les maires, les bailleurs, le préfet, le procureur,
05:41ça a été possible dans le Val-d'Oise. Je vais aller regarder comment ça fonctionne.
05:44Et évidemment, on va essayer de généraliser à toute la France parce que dans ces quartiers populaires,
05:48vous avez des zones agents qui méritent pour les protéger.
05:50Un mot, simplement pour finir sur les HLM, un mot rapide.
05:53Philippe Juvin, député Les Républicains, a proposé d'offrir les HLM
05:57au bout de 20 ans d'occupation, si on a respecté les règles.
05:59Le ministre du Logement que vous êtes est favorable à cette mesure ?
06:02Moi, je suis favorable au fait que le logement social, ce ne soit pas à vie.
06:05Le logement social, c'est une chance, pas une rente.
06:08Moi, je ne suis pas pour l'offrir. Je suis effectivement qu'on puisse
06:10permettre aux occupants de l'acheter le plus vite possible
06:14quand ils en ont les moyens.
06:15Ça, c'est ma conviction personnelle que j'ai toujours défendue.
06:19C'est qu'à mon sens, il faut que ce soit une étape de vie, le logement social.
06:23C'est vrai pour ceux qui l'occupent.
06:24Donc, on parle de parcours résidentiel.
06:26Et ça doit être aussi, et ça, c'est ma petite innovation,
06:29une étape aussi pour le bâtiment.
06:30Je considère qu'en fait, il faut un parcours pour la résidence.
06:33Et qu'au fond, quand elle est inaugurée, elle est sociale.
06:35Et puis, au bout de 15 ans, en fait, elle a été vendue à ses occupants,
06:38si c'est possible, si possible à tarif social.
06:40Et puis, on va recréer un petit peu de logement social ailleurs.
06:42Ce qui finit par casser l'effet ghetto.
06:45Ce qui fait que, en fait, quand vous passez dans une rue,
06:46vous ne dites pas, tiens, ça, c'est le quartier HLM depuis 20 ans,
06:49et il sera encore comme ça dans 20 ans.
06:50On change de paradigme à ce niveau-là.
06:52Vincent Jean-Brun, c'est votre grande interview en direct sur CNews et Européens.
06:56Je m'adresse désormais au ministre de la Ville.
06:58Vous êtes ministre du Logement et de la Ville.
07:00Cette semaine a marqué les 20 ans des émeutes de 2005.
07:03Quelle leçon on a tiré de cette période ?
07:06On a connu d'autres émeutes depuis.
07:07Ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre.
07:08Bien sûr, vous avez été ciblé, votre domicile a été ciblé en juin 2023 à la Île-et-Rose.
07:13Quelles leçons a-t-on tiré de cette période ?
07:15Je ne sais pas si on a tiré des leçons.
07:17En tout cas, on a un enjeu considérable à faire en sorte que la République
07:22ait encore ces lois et ces règles qui s'appliquent dans ces quartiers,
07:26dont certains ont donné le sentiment, et plus que le sentiment parfois,
07:30d'être en dehors du champ de la République.
07:32Donc la loi ne s'applique pas dans certains quartiers, c'est ce que vous nous dites aujourd'hui ?
07:35La loi doit absolument s'appliquer partout, et d'ailleurs au-delà de la loi, la promesse républicaine.
07:40Quand vous avez des quartiers populaires dans lesquels les facteurs ne vont plus,
07:44dans lesquels les médecins ne vont plus, on voit bien que même au-delà de la question de la loi,
07:48la promesse républicaine n'est pas tenue.
07:50Quand vous avez du mal à accéder à certains quartiers,
07:54moi je me souviens qu'Élumère en 2014, il y a certains quartiers de la ville
07:57où la police municipale ne pouvait même plus, enfin ne pouvait pas du tout rentrer.
08:01Donc la France, si elle rentrait, elle était ciblée par des délinquants qui s'y trouvaient ?
08:04C'était immédiatement une forme d'insurrection.
08:07On parle d'une époque où des parpaings entiers étaient jetés sur le véhicule de police municipale
08:12traversant de part en part la voiture.
08:15Il a fallu 3-4 ans pour pouvoir rétablir l'autorité.
08:19Et donc il va falloir qu'on ait une ambition très claire,
08:22moi c'est ce que je porterais sur les quartiers politiques de la ville,
08:25de l'ordre, du beau et de l'espoir.
08:27Alors on peut y revenir, le beau c'est effectivement ce qu'on évoquait sur
08:31casser les ghettos, reconstruire de l'efficace, un cadre de vie sain,
08:36et puis de l'espoir parce que si tout ça, si on ne redonne pas du sens à la promesse républicaine,
08:42c'est-à-dire à la méritocratie, comportez-vous bien,
08:44et un jour peut-être que vous pourrez, c'était mon cas,
08:46devenir maire de la ville où vous avez grandi,
08:48peut-être un jour servir la République au sein du gouvernement,
08:50alors on passe à côté.
08:52En revanche, et je reviens là-dessus, de l'ordre.
08:54C'est la première des choses.
08:57C'est le préalable à toute chose, mais monsieur le ministre,
08:59on a vu la réponse à 2005, a été notamment la politique de la ville,
09:02beaucoup d'argent qui a été investi dans ces quartiers.
09:05D'ailleurs, est-ce que vous êtes en mesure de nous dire ce matin
09:07combien l'État donne chaque année dans le cadre de la politique de la ville ?
09:11Il y a eu un débat ces derniers mois sur ce montant.
09:14En fait, une grande partie de ce qu'on a fait après 2005,
09:19c'est de la rénovation urbaine.
09:21C'est porté par une agence qui s'appelle l'ANRU,
09:23l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine,
09:25qui est notamment financée par ce qu'on appelle le paritarisme,
09:27en gros le patronat.
09:28Ça vient essentiellement du 1% patronal.
09:31Et donc, c'est de l'argent public, d'une certaine façon,
09:33mais on voit bien que c'était utile,
09:35parce que, croyez bien, que les entreprises
09:36n'auraient pas investi dans la rénovation urbaine pour rien.
09:38Parce qu'il faut bien loger les gens,
09:39il faut bien loger les travailleurs.
09:41Donc, on a une somme importante,
09:43mais qui a permis des améliorations considérables.
09:46Les émeutes, ce n'est pas moi qui vais minimiser les émeutes de 2023.
09:50Bien sûr.
09:50Mais évidemment,
09:52on imagine que ça aurait pu être présent bien plus tôt,
09:56et que ça aurait pu être bien pire dans certains endroits,
09:58si justement, il n'y avait pas eu cette politique de casser les ghettos.
10:00Votre prédécesseur disait que c'était 600 millions d'euros par an,
10:03Juliette Méadelle en l'occurrence.
10:04Sarah Knerfau, par exemple, qui est en une du GD News cette semaine,
10:07dit qu'il faut arrêter avec la politique de la ville,
10:08c'est 8 milliards d'euros d'économies qu'on peut réaliser chaque année.
10:12Qu'est-ce que vous répondez à ce débat ?
10:13Je dis sincèrement, moi j'ai grandi dans une barrage HLM de la ville dont j'ai été maire,
10:18je ne serai pas devant vous pour m'exprimer s'il n'y avait pas eu la politique de la ville.
10:21S'il n'y avait pas eu des moyens renforcés pour accompagner la police, l'école, les familles,
10:26dans des quartiers où on cumule quasiment toutes les difficultés sociales.
10:31La grande différence avec 2005, c'est que le narcotrafic a pris le pouvoir.
10:34La grande différence avec 2005, c'est qu'on a laissé les séparatistes planter leur drapeau
10:40plutôt que le drapeau tricolore.
10:42Et donc évidemment, le combat n'est pas le même.
10:44Je veux juste dire aux gens qui disent que la politique de la ville, ça ne sert à rien,
10:47ça ne sert à rien d'aider ces quartiers, etc.
10:49Encore une fois, il n'y a pas 5 à 6 millions de délinquants dans ces quartiers.
10:52Il y a 5 à 6 millions de Français qui méritent qu'on les aide.
10:55Et vous avez un petit nombre de trafiquants ou de séparatistes
10:58qu'il faut combattre avec la plus grande fermeté.
11:01Ce que disent certains M. le ministre, par exemple Marie-Hélène Thoraval, la maire de Romain-sur-Isère,
11:04elle dit que le quartier de la monnaie en met de l'argent plus que dans les autres quartiers de ma ville.
11:07Et pourtant, le résultat, il n'est pas là.
11:09Vous savez, c'est comme si vous me disiez, je mets beaucoup d'argent sur l'hôpital,
11:12il y a toujours des malades dedans, dis donc.
11:14C'est quand même extraordinaire, ça.
11:15Si on prend une photo des quartiers populaires, on y voit toujours des gens en grande difficulté.
11:21C'est vrai.
11:22Si on prend la vidéo, vous voyez des gamins comme moi qui rentrent et avec leur famille,
11:28qui en sortent et qui font des études et qui peuvent acheter autre chose,
11:32un petit appartement de banlieue, puis peut-être un jour un petit pavillon.
11:35Si vous regardez la vidéo, cet argent n'a pas été complètement inutile.
11:37Par contre, comme dans plein de dispositifs, ça mérite d'être rationalisé.
11:41Cet argent, il doit servir vraiment.
11:43Et il doit commencer, dans les quartiers où c'est le plus difficile,
11:46par financer l'ordre, par financer la sécurité des habitants.
11:49Et donc, ce sera mon premier combat.
11:51Et une fois qu'on aura rétabli l'ordre dans ces quartiers,
11:53on pourra rétablir toute la promesse républicaine,
11:55à savoir notamment l'émancipation.
11:57Mais je veux le dire, ne confondons pas si on enlève les outils de la politique de la ville,
12:02qui, encore une fois, peuvent être rationalisés, et je veux m'y employer.
12:06Mais sincèrement, si on enlève ça, on abandonne 5 à 6 millions de Français.
12:10Et ce sera bien bien.
12:11En tout cas, la volonté d'avoir de réaliser des économies, elle est là.
12:15En tout cas, de la part de certains responsables politiques.
12:17Est-ce que c'est le cas du gouvernement qui, à l'Assemblée nationale,
12:21est en train de nouer de facto un accord avec les socialistes ?
12:24Est-ce que vous êtes à l'aise, finalement, avec le fait que le budget se fasse
12:27en collaboration avec les socialistes ?
12:29C'est cette fameuse taxe Zuckmann qui sera étudiée, examinée demain à l'Assemblée ?
12:35Il n'y a pas d'accord avec les socialistes.
12:38Il y a un accord...
12:38Pour la suspension de la réforme des retraites, il y a eu un accord.
12:40Il y a un accord avec le Parlement français.
12:42Il y a un accord avec le Parlement français.
12:44Et d'ailleurs, je constate que depuis que le Premier ministre a courageusement posé
12:48le 49-3 sur le côté et a dit « liberté de débat au Parlement, responsabilité du Parlement »,
12:56les débats se passent plutôt bien.
12:58On n'a finalement jamais autant parlé de fond et on avance.
13:02Maintenant, moi je vais être très clair, je suis à titre personnel farouchement posé
13:07à la taxe Zuckmann et le Premier ministre l'a rappelé très clairement.
13:10Vous connaissez son expression, on ne touche pas à la vache.
13:13Il dit qu'il y a la vache et le lait que produit la vache.
13:15Le lait que produit la vache, on peut regarder, on peut débattre
13:18sur comment on répartit mieux l'argent des revenus.
13:21Par contre, l'outil productif qui est la vache, on n'y touche pas.
13:24Zuckmann, c'est tuer la vache, c'est hors de question.
13:27J'entends bien ce que vous me dites ce matin,
13:28mais vous étiez aussi opposé à la suspension de la réforme des retraites,
13:31mais vous allez sans doute faire partie d'un gouvernement
13:33qui va adopter, qui va enteriner la suspension de cette réforme des retraites.
13:37Encore une fois, aujourd'hui, c'est le Parlement qui va enteriner
13:39ou pas enteriner un budget pour la France.
13:42D'ailleurs, encore une fois, ce n'est pas juste des mots.
13:45Le gouvernement a proposé, il y a un débat actuellement
13:48avec les parlementaires à l'Assemblée et au Sénat,
13:50et ensuite, c'est les deux chambres, le Sénat et l'Assemblée qui décideront.
13:53Maintenant, je vais vous dire, entre deux mots,
13:56effectivement, on choisit le moins pire.
13:58On choisit le moins pire.
13:59La suspension, c'est quelques milliards d'euros,
14:01et c'est des gens qui partent un peu plus tôt à la retraite,
14:04ça coûte quelques...
14:05ça coûte pas très cher.
14:07Une suspension,
14:09pardon, une dissolution, un chaos supplémentaire,
14:12c'est minimum 12 milliards.
14:13C'est ce qu'a coûté la dissolution précédente.
14:16Donc, évidemment, est-ce que c'est le budget que je souhaiterais ?
14:18Non, parce que, de toute façon,
14:21si on avait la majorité, on ferait autrement.
14:23Mais on n'a pas cette majorité,
14:24donc, humilité, on fait ce qu'on peut
14:27en faisant confiance au Parlement.
14:29Vincent Jean-Brun, ministre de la Ville et du Logement,
14:30j'ai quelques questions pour finir,
14:31elles appellent des réponses courtes, si vous le pouvez.
14:33Est-ce que vous êtes toujours, dans votre esprit,
14:35membre des Républicains ?
14:36Vous avez été suspendu par Bruno Retailleau
14:38parce que vous participez au gouvernement.
14:39Moi, je n'ai pas changé de valeur
14:41et je n'ai pas changé de famille politique.
14:43Donc, je suis toujours, dans mon cœur
14:46et dans mon esprit, membre de cette famille politique.
14:48Est-ce que vous appelez de vos voeux
14:48une union la plus large possible à droite
14:50en vue de la présidentielle de 2027 ?
14:52Et si oui, avec qui ?
14:54Moi, je suis pour une union des gens responsables
14:56qui veulent tirer ce pays vers le haut
14:58et donc qu'on avance.
14:59Maintenant, vous posez cette question-là souvent
15:01à vos intervenants,
15:03pour faire une union de la droite,
15:05il faut que les gens qui se reconnaissent
15:06dans les valeurs de droite
15:07aient envie de s'unir.
15:09Quand vous avez une partie de ces formations politiques,
15:11c'est le cas de Marine Le Pen,
15:12qui dit, moi, je ne suis ni de gauche ni de droite,
15:14bon, ça rend compliqué tout accord ou toutes alliances.
15:17Aujourd'hui, à l'Assemblée,
15:18va être débattue une proposition
15:20du Rassemblement National
15:21pour dénoncer l'accord franco-algerien de 1968.
15:24Si vous étiez député, vous voteriez pour ?
15:26Aujourd'hui, je suis membre du gouvernement,
15:27donc vous me permettrez de ne pas m'engager à ce titre.
15:30En revanche, je sais que mes collègues députés
15:31de la droite républicaine
15:32voteront pour ce qu'ils ont défendu depuis des mois.
15:36Et donc, le sujet, ce n'est pas de regarder
15:37d'où vient la proposition,
15:39c'est vraiment de se dire
15:39est-ce qu'elle est utile et cohérente ?
15:42Un dernier mot,
15:42vous étiez, avant d'être nommé au gouvernement,
15:45président de la commission d'enquête
15:46à l'Assemblée pour étudier les liens
15:48entre les partis politiques et l'islamisme.
15:50Qu'est-ce que vous attendez
15:51de cette commission d'enquête
15:52qui vise, sans le dire explicitement,
15:54mais qui vise notamment la France Insoumise ?
15:56Qu'elle est claire,
15:56qu'elle permette au débat public,
15:58de manière sereine,
15:59et j'allais dire scientifique,
16:00parce qu'on auditionne des gens
16:01de grande qualité et très sérieux,
16:03de dire des faits,
16:04à savoir qu'aujourd'hui,
16:05il y a des formations politiques
16:06qui, à minima,
16:08sont instrumentalisées
16:09par des courants islamistes
16:10et qui, peut-être même,
16:12eux, essayent de les instrumentaliser
16:13à des fins politiques.
16:15Donc, il faut dénoncer ces choses-là.
16:16C'est pour ça qu'on avait courageusement,
16:18avec Laurent Wauquiez,
16:18proposé cette commission d'enquête.
16:21Elle est reprise par des parlementaires
16:22de grande qualité
16:23qui mènent des débats,
16:24objectivement,
16:26à voir, à regarder et à écouter.
16:27Jean-Luc Mélenchon sera auditionné,
16:28vous pensez, dans le cadre de cette commission ?
16:29C'était mon souhait.
16:30J'espère vivement qu'il le sera.
16:31Merci beaucoup, Vincent Jean-Brun,
16:33ministre de la Ville et du Logement.
16:34C'était votre grande interview
16:35en direct sur CNews et sur Europe.
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