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  • il y a 3 mois

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00:00Européen, Pascal Proévo.
00:02Il est 16h47 et nous sommes toujours autour de la table avec Gérard Carréroux, avec Jules Torres, avec Christophe Bordet,
00:11avec Olivier Guenet et avec Sabrina Medjeber et nous allons évoquer Ségolène Royal qui s'est fait attaquer par un présentateur de France de ce matin
00:19parce qu'elle sort un livre aux éditions Fayyat.
00:22Elle a été formidable, elle a été formidable.
00:25Mais je trouve que ça, là aussi, et je me tourne souvent vers Gérard parce que Gérard a 50 ans de journalisme
00:32et ça, ça n'existait pas avant.
00:35Il n'y avait pas de commissaire politique à l'intérieur du métier qui aurait dit
00:41vous êtes publié par telle maison d'édition, est-ce que vous trouvez ça normal ?
00:48Il lui a même dit que vous êtes payé par Bolloré.
00:50Oui.
00:50Quand même, il faut le faire.
00:51Oui, non, c'est pas ça, vous faites gagner de l'argent à Bolloré.
00:56Et ce matin, j'ai dit Vincent Bolloré, évidemment, attendez, Ségolène Royal pour gagner de l'argent !
01:01Bien sûr !
01:02C'est-à-dire qu'il s'est dit, enfin, je vais gagner de l'argent !
01:06Heureusement qu'il reste.
01:07Non, c'est Ségolène Royal !
01:09C'est ce qu'il s'est dit Vincent Bolloré, évidemment !
01:12Donc écoutez, c'était...
01:13Jackpot !
01:14Mais bien sûr, jackpot, il se frotte les mains !
01:17Donc écoutez, Ségolène Royal, c'était donc ce matin sur France 2.
01:21Dernière question, votre livre est édité chez Fayard, qui est une maison d'édition qui appartient à Vincent Bolloré.
01:27Vous avez été chroniqueuse chez Cyril Hanouna.
01:30D'une certaine manière, vous faites gagner de l'argent à Vincent Bolloré et vous dépendez en partie de lui pour vos revenus.
01:37Est-ce que ça ne vous pose pas un problème ?
01:38Non, mais vous êtes édité chez Vincent Bolloré.
01:43Il est dangereux, Vincent Bolloré.
01:44Non, ça ne me pose pas de problème, je vais vous dire pourquoi.
01:47C'est que mon précédent livre était édité chez Fayard, donc c'est la suite de ce que je peux enfin vous dire.
01:52Il était chez Fayard.
01:54Ce n'est pas parce que le patron de Fayard change que moi je dois sanctionner les salariés de Fayard.
01:59Et d'ailleurs, c'est la même équipe qui suit mon livre.
02:02Et au nom de quoi je vais moins sanctionner les salariés ?
02:05Il y a une liberté d'opinion dans ce pays, une liberté d'expression.
02:08Il y a une liberté d'entreprise dans le cadre des règles.
02:11Dès lors que les règles et les lois sont respectées par les uns et par les autres,
02:16il n'y a aucune raison de faire de la discrimination.
02:20Au contraire, c'est sur le fond des idées qu'il faut lutter.
02:23On pourrait même faire le reproche inverse.
02:24D'ailleurs, ceux qui sont édités chez Fayard pourraient dire
02:26« Mais pourquoi vous prenez Ségolène Royal ? »
02:28Peut-être l'ont-ils dit d'ailleurs.
02:29Vous n'avez pas à prendre Ségolène Royal, ils ne pensent pas comme nous.
02:32Eh bien justement, je ne pense pas comme eux.
02:34Mais j'affirme la justesse de ma pensée
02:37et j'espère qu'elle sera utile aux Français.
02:39Mais la question du journaliste est formidable.
02:41Il est dangereux ?
02:42Il est dangereux, Vincent Bolloré ?
02:45C'est invraisemblable.
02:46Quand on a été payé toute sa vie par l'argent du contribuable,
02:49c'est facile de se mettre dans cette posture-là.
02:51C'est le cas de ce journaliste qui a toujours été payé
02:54par l'argent des Français,
02:55qui fait des émissions
02:56où on passe sa vie à insulter les Français,
03:00mais en tout cas les Français qui ne votent pas
03:01comme ce que pense le service public.
03:04Donc ce n'est pas étonnant aujourd'hui
03:05qu'ils fassent la chasse à tout cela.
03:07Mais en réalité, ça montre la polarisation complète
03:10de notre débat public.
03:11Je vous assure qu'au siècle dernier,
03:13il ne se posait pas les mêmes questions.
03:14Vous imaginez, je ne sais pas,
03:16on parlait tout à l'heure de littérature,
03:18Zola ou d'autres grands écrivains
03:21se lamenter que Brasillac,
03:23que Driella Rochelle,
03:25que Barès ou Maurras soient édités chez Plon ?
03:28Bon, maintenant, ça ne faisait pas de problème à personne.
03:30Vous disiez que ça n'existait pas avant.
03:33Si ça existait,
03:34ça existait dans la...
03:35Moi, je me souviens,
03:37étant...
03:37Je n'étais même pas journaliste encore,
03:39de cette période affreuse
03:40qui était la période stalinienne,
03:42qui a eu sa phase stalinienne.
03:45Oui, la période stalinienne en France.
03:46Le maccartisme.
03:47Oui, non, mais il y avait le maccartisme
03:49aux États-Unis
03:50qui a duré à peu près 5 ans,
03:52dénoncé par le monde communiste de partout.
03:56Mais il y a eu, en France,
03:58à cette époque-là,
03:59il y avait effectivement l'équivalent
04:02de ce qui se passait au Kremlin.
04:05En France, chez nous,
04:06il y a eu des procès politiques
04:08qui ont été faits.
04:09Il y a eu des...
04:10Au fond, celui que vous stipendiez
04:12à juste titre aujourd'hui,
04:14qui a posé cette question un peu imbécile,
04:16est un petit...
04:18C'est un petit-fils de Vichinsky,
04:20le procureur Vichinsky
04:22des procès de Moscou.
04:24Ou alors,
04:25un arrière-petit-fils
04:26de Fouquetinville,
04:27si vous voulez.
04:27Mais je préfère...
04:28Je préfère le procureur Vichinsky.
04:31Celui qui s'est déshonoré,
04:33mais en faisant pendre
04:34et tuer
04:35beaucoup de dirigeants.
04:37Ces gens,
04:38on les avait...
04:39Ce qui est juste,
04:40dans ce que vous avez dit,
04:41c'est qu'il y a eu une période stalinienne
04:43qu'on a vécue dans les années 50.
04:45Et après,
04:46les gens se sont peut-être
04:48un petit peu calmés,
04:50ils ont réfléchi, etc.
04:52Et on avait un peu perdu de vue,
04:54cette période.
04:55Et là,
04:55elle revient au galop.
04:56Elle revient au galop
04:58avec une intolite...
04:59C'est-à-dire que l'idéologie
05:00redevient effectivement
05:02le principal moteur
05:03et fait dire n'importe quoi
05:05à des gens de petite qualité.
05:07Ce n'est pas des gens
05:08de grande qualité,
05:09mais des gens de petite qualité.
05:11Et il ne faut pas forcément
05:12les voir comme des émules
05:14de Camus
05:15ou des grands écrivains.
05:17On n'avait pas vu ça en même temps.
05:18On est loin de ça, quoi.
05:20Non, mais celui qui règne
05:22sur les idées
05:23dans les années 70,
05:25c'est Bernard Piaud.
05:27Et souvent, là aussi,
05:28je vous dis,
05:29je regarde des émissions anciennes,
05:31tout le monde est autour de la table,
05:33tout le monde peut converser
05:34avec des idées radicalement différentes.
05:37Et il se dit des choses
05:38dans ces émissions
05:40qu'il ne pourrait plus se dire aujourd'hui.
05:42C'est ça qui me frappe.
05:44Et ça, c'est dommage
05:45pour la tolérance,
05:46pour l'intelligence,
05:47pour la subtilité,
05:48pour le rire aussi.
05:49Parce qu'il y avait aussi
05:50parfois des échanges
05:50où on peut garder un peu d'humour.
05:52Ce qui me frappe toujours,
05:53même dans la question
05:54de ce jeune homme,
05:55c'est l'absence d'humour.
05:57Je suis jeune.
05:58Oui.
05:58Non, mais c'est l'absence d'humour.
05:59Je vais dérouler du câble.
06:01Ou pas de jeune homme, d'ailleurs.
06:04Mais c'est l'absence
06:05de légèreté un peu.
06:07C'est ça qui me...
06:08Tout ça se prend très au sérieux.
06:10Voilà.
06:10Moi, c'est l'absence d'intelligence,
06:12pardon, Pascal,
06:12qui me frappe.
06:12Sabrina Bédiaire.
06:13Moi, je ne suis pas...
06:15Jules, elle parle de profil.
06:16Moi, je ne suis pas du tout
06:17d'accord avec ça.
06:18Moi, je pense que c'est juste
06:19quelqu'un d'idiot.
06:20C'est quelqu'un, pardon,
06:22je m'interroge sur ses biais cognitifs,
06:24parce que quelqu'un qui amène...
06:26On va peut-être pas dire qu'il est idiot.
06:26Quelqu'un qui vous dit...
06:27On va dire que la question est idiote.
06:29Un journaliste qui vous pose la question
06:30de savoir si Vincent Bolloré est dangereux.
06:34Enfin, c'est...
06:35Il y a beaucoup de journalistes
06:35qui la pose.
06:36Est-ce que Vincent Bolloré est dangereux ?
06:38Et pensez que la vente d'un livre
06:40de Ségolène Royal
06:41va enrichir un capitaine d'industrie ?
06:43Franchement, peu importe le parcours,
06:45pour moi, c'est simplement
06:45de la stupidité, en fait.
06:46Alors, on va dire que la question
06:48était stupide,
06:48et puis, ça peut arriver
06:50de poser une question stupide.
06:52Ça vous est sûrement arrivé.
06:53Il y en a quand même posé deux.
06:54Alors, ça peut arriver
06:55de poser deux questions stupides.
06:57C'est tous les jours.
06:58Voilà.
06:59C'est ce qu'on va dire,
07:00mais on ne va pas effectivement
07:01dire qu'il est...
07:03Mais ça traduit un état d'esprit.
07:06Une société polarisée.
07:08Un déficit démocratique.
07:09Alors, moi, je l'ai interprété
07:10encore différemment de vous.
07:12Je le disais ce matin.
07:12J'ai l'impression que c'est autant
07:13de signaux qu'il donne
07:14à sa communauté.
07:16Et sa communauté,
07:17c'est sans doute que c'est idiot,
07:19peut-être, de dire...
07:20Le journaliste, vous voulez dire.
07:21Voilà.
07:21Mais en même temps,
07:22c'est de se placer du bon côté.
07:25Et ça te met, effectivement,
07:26du bon côté de la barrière.
07:27Et quand tu peux être,
07:29pourquoi pas,
07:29avoir un peu d'ambition
07:30dans une maison, etc.
07:32Ce qui est le cas
07:32à France Télévisions,
07:33où ça fonctionne beaucoup
07:34comme ça, je pense.
07:35Ah oui, c'est copinage et compagnie.
07:37Oui, copinage.
07:38Et puis, pourquoi pas,
07:40plaire au syndicat,
07:41plaire ici, à droite ou à gauche.
07:44Je pense que ça peut être
07:45un désargument de dire
07:47voilà ce que j'ai dit.
07:48Je me suis mouillé pour vous.
07:50Vous ne connaissez pas, parfois...
07:51Je m'en gargarise.
07:52Voilà, je me suis fait insulter.
07:53Et d'ailleurs,
07:54sur Europe 1,
07:55ils ont dit du mal de moi.
07:56C'est vous dire,
07:57le courage que j'ai eu.
07:58Parce que, justement...
07:59Je connais ces raisonnements
08:01un peu pervers.
08:01Ah oui, j'en ai pris plein la figure
08:04à cause de vous.
08:05Je suis monté au créneau
08:06pour vous.
08:07C'est intéressant,
08:08parce que, justement...
08:09Je ne suis même pas sûr
08:10qu'il fasse ça, en fait.
08:11Je ne suis pas sûr.
08:12Non, mais vous voyez,
08:13je ne suis pas sûr
08:14qu'il a jusque-là.
08:15Parce que ce journaliste en question
08:17est beaucoup attaqué,
08:18notamment sur son traitement
08:19du conflit israélo-palestinien,
08:22parce qu'il n'est pas assez
08:23palestinien ou pro-hamas
08:25pour les syndicalistes
08:27et pour les personnes
08:28les plus âgées de la télévision.
08:30Donc, il donne des gages
08:31de loyauté, quoi.
08:32C'est ça.
08:33Voilà, il donne des gages
08:33de loyauté.
08:34C'est un mégage, mégage.
08:35Vous connaissez mégage, mégage.
08:37C'est ce ganarelle qui dit ça.
08:38C'est la dernière phrase
08:39de Don Juan.
08:40Mégage, mégage.
08:41C'est la dernière phrase.
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