00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:02Et à 13h48 sur Europe 1, la suite d'Europe 1 Info avec vous Clélie Mathias,
00:07avec vous aujourd'hui le chroniqueur politique Jean-Claude Dacier
00:10et l'ancien juge d'instruction Georges Fenech.
00:12On va revenir à présent sur ce qui s'est passé lundi,
00:15à savoir les deux députés LFI, Hugo Bernalicis et Daniel Obolo,
00:20qui se sont rendus à la prison de la santé,
00:23comme c'est le droit d'ailleurs pour les parlementaires, le droit de visite.
00:26Et ils ont saisi le tribunal administratif de Paris
00:30parce qu'eux disent donc qu'ils se défendent d'avoir voulu rendre visite à Nicolas Sarkozy.
00:36C'était tout à l'heure en sortant du tribunal.
00:39L'administration d'ailleurs même prétend que nous aurions pu demander à voir la cellule de M. Sarkozy.
00:43Concrètement dans ce couloir, mais malheureusement les journalistes n'étaient pas là pour pouvoir vous en rendre compte,
00:47y compris par des photographies, les étiquettes avec les noms des personnes détenues sont retournées.
00:52Et vous savez quoi ? C'était déjà le cas quand j'y suis allé il y a 4 ans.
00:55Ce qui en plus me rendait impossible la manœuvre d'aller pointer la cellule de M. Sarkozy.
01:03Donc on a inventé toute une histoire et pour inventer cette histoire,
01:07on s'attaque à des principes de droits fondamentaux, de liberté des parlementaires,
01:11d'aller constater sur place les conditions de détention.
01:14Et on apprend à l'instant que Yael Brown pivet selon un courrier que s'est procuré le Figaro.
01:19La présidente de l'Assemblée Nationale a écrit un courrier au parlementaire qui vise à recadrer ses deux élus et les filles,
01:25Hugo Bernalicis et Daniel Obelot.
01:26Elle appelle en fait les parlementaires à avoir des démarches qui s'inscrivent dans le respect de la dignité des personnes.
01:35Je pense que la présidente de l'Assemblée Nationale doit avoir des informations plus précises que nous, nous n'avons pas.
01:41Mais moi j'ai plutôt tendance à faire confiance à l'administration pénitentiaire
01:44qui nous dit qu'effectivement ils ont demandé à voir la cellule du président Nicolas Sarkozy.
01:50Ils s'en défendent, ils font une instance devant le tribunal administratif,
01:53On verra ce que dira le tribunal administratif.
01:57Le principe c'est quoi ?
01:58Le principe c'est qu'un parlementaire, il a le droit, même le devoir quelquefois,
02:03d'aller contrôler les lieux de prévention de liberté, c'est-à-dire les prisons, les locaux de garde à vue,
02:08les centres de rétention administratifs.
02:10J'avais moi-même aussi adopté ce dispositif en 2015,
02:14de se faire accompagner par des journalistes pour informer le public, les Français, de ce que sont ces lieux.
02:19Il y a un devoir de transparence.
02:21Mais il ne faut pas que ce devoir de transparence se transforme en voyeurisme,
02:25en volonté d'humilier un ancien président de la République pour le voir dans sa cellule, voyez-vous.
02:30Alors je pense que la présidente de l'Assemblée nationale a bien raison de rappeler les parlementaires à leurs obligations.
02:36Eux, ils disent que c'est un coup de com' assumé pour justement dénoncer les conditions de détention de tous les détenus,
02:43pas seulement Nicolas Sarkozy.
02:44Comme par hasard, ils se retrouvent devant la cellule de Sarkozy.
02:46Dans une prison qui vient d'être rénovée, qui est quasiment toute neuve,
02:50et dont on espère, je n'ai pas mis les pieds à la santé depuis longtemps,
02:53mais dont on espère que tout de même les conditions de détention sont moins mauvaises
02:57qu'elles ne le sont encore, hélas, dans beaucoup de prisons françaises.
03:01Écoutez, ils se sont fait prendre comme des enfants, Bernalissis et Obono.
03:06Bon, ils ont essayé de faire un coup, coup politique ça va sans dire,
03:09pour démontrer quoi ?
03:10J'imagine que le président de la République n'était pas traité tout à fait comme les autres,
03:14qu'il bénéficiait d'un régime de faveur,
03:16mais allait coûter une fortune à l'administration pénitentiaire,
03:19j'en passe et des meilleurs.
03:21Alors maintenant, ils disent, mais non, on n'a jamais demandé à voir monsieur Sarkozy,
03:25tout ça est complètement...
03:26C'est une invention, vous parlez que l'administration pénitentiaire va s'amuser à inventer.
03:31Ils sont pathétiques et pitoyables, les deux là.
03:35Il n'y en a pas un pour relever l'autre,
03:37ils ont monté une petite opération accompagnée par un journaleux du Monde,
03:41un photographe, pour prendre quelques photos,
03:44de manière à témoigner et de démontrer en effet
03:47que le président Sarkozy était traité comme une espèce de prince,
03:51et que c'était totalement scandaleux.
03:53Ils ont raté leur coup, c'est bien fait pour eux,
03:55parce que leur attitude a été indigne,
03:58et franchement, ils devraient commencer à se persuader tout de même
04:02que quand on est député de la République,
04:04ce n'est pas n'importe quoi,
04:05et ça n'autorise pas surtout à faire n'importe quoi.
04:08Vous êtes à peu près sur la même ligne qu'Éric Nolot,
04:10l'écrivain qui était sur Europe 1
04:11et qui a dénoncé le comportement de ces deux députés.
04:15Quel tas d'ordures il faut avoir dans la tête
04:17pour se livrer à ce genre de provocation,
04:20pour essayer d'humilier un homme en prison.
04:22En plus, ils mentent quand même effrontément,
04:24parce que l'administration pénitentiaire dit que la demande leur a été expressément faite
04:28de rendre visite à M. Sarkozy.
04:30Donc ils mentent et ils essayent vraiment d'utiliser tout ce qu'ils peuvent
04:33pour essayer de bordéliser, pour essayer d'humilier,
04:36pour essayer de flatter un électorat dans le sens du poids.
04:38Un dernier mot, un député doit respecter les obligations de sa charge,
04:43son écharpe tricolore,
04:44de ne pas transformer une commission d'enquête en tribunal politique,
04:48de ne pas se mêler d'une manifestation interdite avec son écharpe,
04:52de ne pas rentrer dans les prisons pour avoir d'autres objets
04:54que celui de contrôler les conditions de détention.
04:57On voit bien qu'il y a des députés qui sont sortis de leur rôle
04:59et d'une manière assez péjorative.
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