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00:00Du temps.
00:0220h30 à Paris, vous êtes toujours dans l'essentiel. Dans un instant, on va plus loin avec ce soir Patricia Lémonière, grand reporter.
00:08Bonsoir. En face de vous, Ludovic de Foucault, chroniqueur international ici Ă France 24. Bonsoir.
00:13Bonsoir.
00:13Également, l'inquiétude de l'Union africaine, de l'Union européenne et de l'ONU depuis la prise d'Elfacher au Soudan par les paramilitaires et FSR,
00:22la crainte des actions et autres violations des droits de l'homme, de l'aggravation aussi d'une situation humanitaire déjà l'une des plus graves au monde.
00:30Il se vante d'être un allié fait, fiable et au plus haut niveau de Tokyo. Donald Trump est au Japon où il continue sa tournée asiatique.
00:38Il a rencontré la première ministre Sanae Takeshi qui, de son côté, veut ouvrir un nouveau chapitre dans les relations sino-américaines.
00:44Plus de 2000 civils non armés auraient été exécutés depuis dimanche à Elfacher, dans l'ouest du Soudan.
01:04C'est en tout cas l'accusation portée par les forces conjointes alliées de l'armée contre les paramilitaires des FSR.
01:10Les forces de soutien rapide qui ont pris cette ville, dernier verrou du Darfour, qui saute donc après deux ans et demi de guerre.
01:18Ludovic, on essaye de mettre les choses à plat et de bien comprendre, c'est un point de bascule réellement, cette prise d'Elfacher par l'FSR ?
01:24Oui, parce que comme vous l'avez dit, c'est le dernier verrou encore tenu par l'armée régulière qui a sauté et dorénavant, les forces de soutien rapide, les FSR,
01:34contrôlent un immense territoire aussi vaste que la France et il n'y a plus de présence de l'armée régulière dans ce vaste territoire.
01:42Donc le pays est vraiment coupé en deux et l'ambition de ces forces de soutien rapide, on va juste faire un petit point d'histoire, mais ces forces de soutien rapide,
01:49elles viennent de l'armée. Elles sont menées par un général, Emetti, qui s'était associé au général qui est actuellement à la tête de l'armée régulière,
01:59Al-Bourhan, pour prendre le pouvoir en 2021 et en 2023. Ils se sont fâchés, ils n'étaient pas d'accord sur la direction à faire prendre au pays
02:08et depuis, c'est une guerre extrĂŞmement sanglante et qui vient, vous l'avez dit, de marquer un basculement avec la prise d'Elfacher
02:17et l'ambition des forces de soutien rapide, ce n'est pas seulement de dominer militairement cette région, mais c'est de la gouverner politiquement.
02:25Donc ça, on va y revenir. Mais pour l'heure, ces combattants sont surtout accusés d'y commettre des actes de violence ethnique très graves.
02:36Enfin, les peu d'informations qu'on a, mais les informations qui sortent, y compris les images, sont vraiment abominables.
02:41Et on parle à Elfacher de choses qui se rapporteraient à ce qui a pu se produire à Srebrenica, avec des femmes et des enfants qui sont séparés des hommes,
02:47des hommes qui sont tués parce que, voilà , violence ethnique de la part de ces combattants des FSR issus de tribus arabes contre ces tribus locales.
02:57Donc oui, un basculement, mais un basculement aussi dans l'horreur, alors que beaucoup d'observateurs sur le terrain,
03:04mais aussi internationaux, avaient prévenu qu'il y avait un risque très fort qu'un tel scénario se produise.
03:09– C'est vrai que ça inquiète les Nations Unies, les deux camps aussi sont accusés de crimes de guerre.
03:14Et quand on pense, Patricia, au Darfour, on ne peut pas ne pas avoir ces images en tête d'il y a 20 ans, forcément.
03:21– Oui, mais parce que c'est la continuation.
03:23– C'est ça.
03:23– Parce que ce qu'il faut savoir, c'est qu'effectivement, ces deux généraux, un temps allié,
03:29l'un d'entre eux d'ailleurs était dans l'armée traditionnelle,
03:31et l'autre dans les forces qu'avait construite Nîméry, et même avant.
03:37tout ça, en fait, on a la rivalité de deux hommes, l'un qui est issu, j'ai envie de dire,
03:44de l'élite nilotite, le général de l'armée, celui qui dirige Al-Bourham,
03:50qui d'ailleurs a créé son propre gouvernement soudanais,
03:54et puis l'autre, dit Emeti, qui vient de ces fameux Jean Jaouides de la guerre de 2003.
04:02– Un temps allié à Béchir.
04:05– Oui, et donc ces Jean Jaouides, qu'est-ce que c'était ?
04:10C'était des tribus qui étaient considérées comme nomades, qui n'avaient pas de terre,
04:15et qui étaient reléguées au second plan par le pouvoir central.
04:18Donc on a à l'origine une lutte entre un homme issu des élites nilotites,
04:23encouragées même par la colonisation,
04:25et des gens qui sont à la périphérie et reléguées au second rôle.
04:31Ça ajoute là -dessus un problème ethnique.
04:36Alors on n'aime pas prononcer le mot « ethnie » parce que ça renvoie au temps de la colonisation,
04:40mais il faut quand mĂŞme le prononcer.
04:43Et dans cette partie du Darfour et donc de l'ouest du Soudan,
04:46il y avait Ă l'origine ce qu'on appelait des tribus nomades, sans terre,
04:51et des tribus sédentaires avec des terres.
04:53Je simplifie Ă l'outrance.
04:56Et puis en plus de ça, il y a des différences d'origine ethnique.
05:02Il y a des gens qui se rattachent au monde arabo-musulman,
05:06des gens qui se rattachent Ă l'Afrique noire,
05:09et en plus des religions différentes.
05:12Alors vous voyez, c'est un melting pot, etc.
05:15Et Némeri, comme aujourd'hui le pouvoir de Khartoum,
05:20et donc Delgado et Métir, on l'appellera comme il veut, à la tête des FSR,
05:24eh bien jouent lĂ -dessus.
05:26Et donc les exactions qui sont commises Ă El Facher pour revenir Ă ces abominations qui sont faites,
05:32sont destinées et visent les Zagawa.
05:36Zagawa, qui est une ethnie, du président tchadien.
05:42Enfin, il est Ă Zagawa et mixte.
05:44Et ça pose un problème, effectivement, régional.
05:48Et donc là , on voit que le conflit n'est pas du tout…
05:52Il est parti d'une rivalité de deux hommes, basé sur de l'ethnicité.
05:55Et après, il s'étend sur un plan régional.
05:58Et chacun, chacun, fait des exactions contre des ethnies opposées.
06:05Et donc c'est une situation inextricable.
06:08Ajoutez à l'assai, j'en finirai par ça,
06:10les interventions étrangères des Émirats, de la Turquie, de la Russie.
06:14Sûrement nous allons revenir là -dessus.
06:15Alors avant d'y revenir, je voudrais justement qu'on voit l'une des conséquences immédiates
06:19de cette prise d'El Facher, Ă savoir la fuite de centaines de milliers de civils.
06:23Nos confrères de France Télévisions ont pu aller à la rencontre de certains d'entre eux
06:26dans une zone qui pourtant, on le rappelle, tenue sous silence.
06:30C'est un reportage rare, signé Frédéric Prabono et Kilian, pardon, le bouquin.
06:38Le Darfour, une région interdite aux journalistes,
06:42au cœur d'une guerre qui oppose depuis deux ans et demi
06:45l'armée soudanaise aux forces de soutien rapide.
06:49Ces paramilitaires, filmés discrètement, tiennent presque tout ce territoire.
06:57C'est la première fois qu'une télévision étrangère entre ici, à Tawila.
07:02570 000 personnes sont réfugiées dans cette zone épargnée des combats.
07:07C'est plus que la ville de Lyon.
07:08Et d'autres continuent d'arriver, comme cette grand-mère,
07:13ici depuis cinq jours, avec sa fille et ses petits-enfants.
07:19Le voyage jusqu'ici était tellement difficile.
07:22On avait soif, on devait se cacher.
07:24Pendant trois jours, mĂŞme les enfants n'avaient rien Ă manger.
07:28Comme la plupart des déplacés, ils ont fui El Facher,
07:32capitale du nord d'Arfour, à une soixantaine de kilomètres,
07:35lors du siège par les paramilitaires.
07:37Il y avait des bombardements, des bombes qui tombaient partout, des obus.
07:47Ces populations déplacées dépendent pour l'essentiel d'une aide alimentaire insuffisante.
07:53Il faut aux camions des jours de piste pour atteindre cette ville de Tawila.
07:56L'accès à l'eau est aussi rationné.
08:04Il y a des pénuries d'eau. Vous voyez, les gens font la queue.
08:08Le docteur Nazir a vu les camps s'étendre en moins de six mois.
08:11Il y a eu des déplacements massifs, avec des enfants, en charrette, à pied, avec des gens blessés.
08:19Là , les derniers arrivés. Regardez comment ils vivent maintenant.
08:23Des centaines de milliers de déplacés s'entassent désormais dans des conditions de vie et d'hygiène,
08:29favorisant les épidémies, dont le choléra.
08:32Comment ça va ? J'espère que ça va mieux. Allonge tes jambes.
08:38Plus de 1700 patients ont été pris en charge dans cette unité de traitement du choléra par l'ONG médical Alima.
08:46Ce qu'on constate avec le choléra, c'est que les enfants sont particulièrement touchés.
08:50La mortalité est plus élevée en dessous de cinq ans.
08:53Surtout quand d'autres facteurs de risque sont associés, comme les problèmes de nutrition.
08:57La plupart sont aussi atteints de paludisme, et ça aggrave la sévérité du choléra.
09:05Les enfants mangent des choses qui ne sont pas nettoyées.
09:08Lui est tombé malade il y a quatre jours. Et en plus, il a le palu.
09:13Les épidémies ne sont pas les seuls mots à soigner ici.
09:16Faiza Abdallah, elle-même réfugiée, aide les femmes à surmonter des traumatismes psychologiques.
09:22Bonjour, comment ça va ?
09:24Ces jeunes femmes et leurs familles ont été victimes des paramilitaires sur la route de l'exil.
09:32Beaucoup d'hommes armés sont arrivés.
09:35Nous n'étions pas assez forts pour nous opposer à eux.
09:38Ils ont essayé de séparer les femmes, mais nous avons refusé.
09:42Moi, mon mari est mort, ils l'ont tué.
09:46Elles acceptent de parler de leur viol sans prononcer ce mot tabou.
09:50Nous avons dû les suivre et ce qui est arrivé est arrivé.
09:56C'est arrivé et ils nous ont abandonnés là , au bord de la route, dans le noir.
10:04Certaines femmes viennent nous voir, mais beaucoup se cachent.
10:08Elles ne viennent pas, elles n'osent pas.
10:09Une commission d'enquĂŞte des Nations Unies sur le Soudan accuse les deux camps,
10:17forces gouvernementales et paramilitaires, de cibler délibérément les populations civiles.
10:22Leur dernier rapport parle d'atrocité, de crime de guerre et pour les paramilitaires, de crime contre l'humanité.
10:28On le rappelle, Ludovic, c'est une zone d'autant plus tenue sous silence.
10:32Je disais que l'accès aux journalistes est plus que rare et celui des ONG aussi.
10:36Oui, parce que c'est extrĂŞmement dangereux.
10:40Dimanche, il y a le seul hĂ´pital, pour vous donner un exemple,
10:42le seul hôpital encore partiellement opérationnel dans la ville qui a été bombardé.
10:46C'est carrément un crime de guerre qui a été dénoncé par l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé.
10:51Donc oui, peu d'ONG, peu de journalistes.
10:53Et puis il faut aussi parler des journalistes locaux.
10:55Il y en a un notamment qui s'appelle Ibrahim,
10:59Mouhamar Ibrahim, qui a été arrêté.
11:01On sait, on ne sait pas maintenant, on ne sait plus si...
11:03Elle ne désire pas.
11:03VoilĂ .
11:04Il y a eu une image, mais enfin, comme en plus tout est sous blackout,
11:09parce que l'Internet est coupé depuis dimanche,
11:11c'est très compliqué d'avoir des informations précises
11:14sur ce qui se déroule exactement dans la ville actuellement.
11:18Vous évoquiez tout à l'heure, Patricia,
11:19cette histoire de deux parties, finalement,
11:23du Soudan, de clans qui se font face.
11:26Est-ce qu'on va pour autant vers un scénario,
11:28ou est-ce qu'on y est déjà dans un scénario,
11:30Ă la Libyenne, avec ses deux gouvernements rivaux,
11:33cette partition du pays ?
11:35Alors, tout n'est pas joué, mais c'est ce que tout le monde redoute.
11:39Parce que si on arrive à un scénario à la Libyenne,
11:41effectivement, à partir de là , la situation est presque figée.
11:44Donc il faudrait atténuer une intervention.
11:47Et j'ai envie de dire, la seule intervention qui pourrait ĂŞtre faite muscler,
11:49vous connaissez son nom,
11:52eh bien, pour l'instant, il a d'autres occupations,
11:54c'est-à -dire le président américain.
11:55Ça pourrait être une guerre de plus qui pourrait résoudre.
11:56Mais ça pourrait être une de ces belles guerres.
12:00Parce que les États-Unis ont des très bons rapports
12:03avec les États du Golfe.
12:05L'Arabie saoudite, mais qui est impliquée
12:07d'une façon beaucoup plus discrète et plus diplomatique.
12:10Mais les Émirats, qui livrent les drones, etc.
12:13La Turquie, qui aussi approvisionne, mais l'autre camp.
12:17Donc, si vous voulez,
12:18les États-Unis pourraient jouer un rôle central
12:20pour apaiser les esprits.
12:22Pour l'instant, ce n'est pas ce qui se passe.
12:25Donc, les FSR, on voit,
12:27gagnent du terrain dans une partie
12:28qu'ils n'avaient pas encore complètement conquise,
12:30qui est le corps de fond.
12:32Ils ont des milices alliées dans une autre partie,
12:35qui est un peu au sud du Darfour.
12:36VoilĂ .
12:36Si on voyait la carte, on y comprendrait un peu quelque chose.
12:42Donc, on verrait qu'il y a quelque chose
12:44qui se dessine effectivement sur l'Ouest
12:46avec une voie d'accès à la Libye
12:49par le Nord-Ouest.
12:51Et donc, avec cette partition de la Libye,
12:54avec la partie qui n'est pas effectivement reconnue
12:58par la communauté internationale.
12:59Donc, on aurait une alliance, j'ai envie de dire,
13:02des renégats, pratiquement,
13:04entre la Libye et le Soudan.
13:07Et pour complexifier l'affaire,
13:08donc vous voyez, effectivement,
13:09on voit bien que tout au nord du Darfour et du Soudan,
13:12on touche la Libye.
13:13D'accord ?
13:14Et alors, pour complexifier l'affaire,
13:15c'est la partie tchadienne.
13:17Et donc, le Tchad est accusé de soutenir les FSR.
13:22C'est ça.
13:22Donc, tout ça est vraiment très compliqué
13:26parce que le Tchad aurait des aéroports
13:28à la frontière avec, effectivement, le Darfour.
13:30Les Émirats livreraient du matériel
13:33et le matériel serait renvoyé au Darfour.
13:36Donc, vous voyez, c'est inextricable pour l'instant.
13:39Et donc, je pense qu'il faudrait quelqu'un
13:40de totalement extérieur à ce conflit,
13:43en l'absence des Européens,
13:44qui, pour l'instant, ne se manifestent pas beaucoup.
13:46Dieu sait si pourtant les Britanniques connaissent la situation.
13:49Ancienne puissance mandataire, en tout cas, et coloniale.
13:52Mais bon, pour l'instant, c'est un conflit
13:56qui se gère régionalement et donc qui est totalement chaotique.
14:00Mais les Européens, pardon, les Européens,
14:01il va falloir qu'ils se saisissent de cette question.
14:03Ils ont déjà essayé.
14:04Il y a eu des réunions à Londres.
14:06Parce qu'en plus, lĂ , on parle du Soudan,
14:08mais il y a d'autres points très chauds dans la région.
14:11Et ça va vouloir dire, pour les Européens,
14:14une crise migratoire comme, voilĂ , l'Europe,
14:17on a rarement connu.
14:18La dernière fois, ils n'étaient pas vraiment préparés,
14:19mais là , ça va être la même chose.
14:20D'ailleurs, il y a le Soudan, il y a la Somalie
14:22avec la pression des Chebabs.
14:24Il y a l'Éthiopie et l'Érythrée
14:25qui s'accusent mutuellement d'ĂŞtre sur le pied de guerre.
14:28Il y a le Sahel avec, depuis, on va dire,
14:31l'incompétence des Russes,
14:32les djihadistes qui sont revenus en force.
14:35Voilà , tout ça, il va vraiment falloir
14:36que les Européens se saisissent de ces dossiers.
14:39Et je suis entièrement d'accord avec vous.
14:40En ce qui concerne le Soudan,
14:41il faut une force de contrĂ´le maintenant.
14:42Quelqu'un qui vient et qui dit
14:43avec la puissance, on met tout le monde d'accord.
14:47Et lĂ , pour l'instant, il n'y a personne qui le fait.
14:48Il y a quelqu'un qui pourrait le faire, oui, c'est vrai.
14:50Pourquoi précisément Donald Trump ne le fait pas ?
14:52Parce que c'est Ă lui qu'on pense ?
14:54Parce qu'il est sur d'autres chantiers ?
14:55Ou concrètement, il n'y voit pas un intérêt pour les États-Unis ?
14:58Il a son envoyé spécial pour l'Afrique,
15:01qui est un homme très compétent,
15:03qui a fait des déclarations récentes,
15:05qui a reçu d'ailleurs à Washington,
15:07l'Arabie Saoudite, les Émirats, l'Égypte, etc.,
15:09tout ça pour parler.
15:10Mais pour l'instant, on en reste Ă des paroles.
15:12Il dit craindre un scénario à la Libyenne,
15:14mais il n'a pas encore convaincu le président américain
15:17de s'occuper de ce dossier.
15:18Peut-ĂŞtre parce qu'il y a Ă perdre.
15:20En tout cas, parce qu'il voit que rien n'est gagné.
15:23Parce que vous savez que le président aime gagner,
15:25avoir un deal.
15:26Alors, pourtant, le Soudan regorge de richesses.
15:29Alors, le Soudan du Sud, c'est essentiellement du pétrole.
15:31Il y a un peu de pétrole au Soudan du Nord,
15:33mais il y a surtout de l'or en quantité
15:35et des tas d'autres minerais dont on ignore tout
15:39parce que les prospections ne sont pas faites.
15:40Toute cette bande sahélienne,
15:42d'ailleurs, je suis en train d'écrire un livre dessus,
15:43c'est pour ça que j'ai l'air très compétente.
15:45Toute cette bande sahélienne,
15:47enfin, il est rendu déjà ,
15:48toute cette bande sahélienne
15:49détient des tas de richesses minières
15:52qui ne sont absolument pas explorées.
15:54Donc, peut-être qu'il faudrait présenter ça
15:56Ă Donald Trump pour mobiliser son attention.
15:59Eh bien, Donald Trump, pour l'heure,
16:00il est en Asie.
16:02Quelle transition !
16:03N'est-ce pas ?
16:03Merci, vous m'offrez une transition.
16:05Très bien amenée.
16:06Trouve très bien amenée, Patricia.
16:08Donald Trump, effectivement,
16:10poursuit sa tournée en Asie.
16:11Le président des États-Unis est au Japon,
16:13où il a rencontré Sanae Takeshi,
16:15première ministre depuis une semaine.
16:17Et a priori, Tokyo et Washington
16:18sont sur la mĂŞme longueur d'onde.
16:20Écoutez.
16:23Nous ferons tout notre possible
16:25pour aider le Japon.
16:26Nous sommes un allié au plus haut niveau.
16:28C'est un grand honneur d'être à vos côtés.
16:32Grâce à ses efforts et avec votre aide,
16:34monsieur le président,
16:35je souhaite ouvrir un nouvel âge d'or
16:36pour l'alliance Nippo-américaine,
16:38où le Japon et les États-Unis
16:40deviendront plus forts et plus prospères.
16:43Un nouvel âge d'or,
16:44dit la première ministre japonaise Ludovic.
16:46Ça veut dire, ça y est,
16:47c'est la lune de miel entre Tokyo et Washington ?
16:49En tout cas, c'est vraiment le genre de titre
16:51que recherchaient le Japon
16:53et cette première ministre
16:54qui a très bien joué le coup.
16:55Elle a très bien vu
16:56à quel point Donald Trump appréciait Shinzo Abe,
17:00dont elle est l'héritière,
17:01dont elle se revendique,
17:03qu'il considérait comme vraiment
17:04son meilleur ami dans la région.
17:05Elle a repris exactement le mĂŞme traducteur
17:07que lors de la visite de Donald Trump
17:09Ă Shinzo Abe au Japon
17:11lors du premier mandat,
17:12pour le mettre Ă l'aise
17:13parce qu'elle savait qu'il l'aimait bien.
17:15Elle lui a fait exactement
17:16le mĂŞme type de visite et d'honneur
17:18que Shinzo Abe avait fait en son temps.
17:21Donc elle a très bien joué le coup.
17:23Alors mĂŞme que lors de sa campagne,
17:24elle avait dit
17:24qu'elle allait se montrer quand mĂŞme plus ferme
17:26vis-à -vis du président américain
17:28dans la négociation des droits de douane, etc.
17:31Donc l'une de miel,
17:32c'est les faire rechercher.
17:33Après, c'est des mots
17:35parce qu'il n'y a pas beaucoup d'informations
17:36Ă se mettre sous la dent
17:37après cette visite.
17:38On en est où des négociations
17:39sur les droits de douane ?
17:41Le Japon espère toujours
17:42passer en dessous des 15%,
17:44mais on ne sait pas trop oĂą on en est.
17:45On en est oĂą de la promesse
17:46d'investissement de 550 milliards de dollars
17:49promis par les Japonais aux États-Unis ?
17:51Dans quoi vont-ils concrètement investir ?
17:53On ne sait pas vraiment encore exactement
17:55oĂą on en est.
17:55Pour l'instant,
17:56c'est surtout un beaucoup marketing
17:57de la part de la première ministre japonaise.
18:00C'est ce qu'est venu faire
18:00Donald Trump Ă Tokyo,
18:02essayer de rassurer le Japon,
18:04essayer de se rabibocher.
18:04Parce qu'on sait aussi
18:05qu'il n'a pas toujours été tendre
18:06avec le Japon.
18:08Effectivement, il n'a pas été tendre.
18:09Il faut dire qu'il y a quand mĂŞme
18:10une inquiétude des pays
18:11de l'Indo-Pacifique
18:12parce qu'il y a la Chine
18:14qui gronde à côté,
18:14qui monte en puissance.
18:15Et donc, les Japonais
18:17sont assez contents.
18:18D'abord, il y a une...
18:20Sur un plan idéologique,
18:21effectivement,
18:22les deux peuvent se comprendre.
18:23Tous les deux,
18:24ils sont plutôt alignés.
18:26Et puis, il y a cette menace chinoise.
18:28Et quand mĂŞme,
18:29petit pied de nez Ă la Chine,
18:31c'est le fameux contrat
18:33qui a été signé,
18:34l'accord qui était signé
18:35sur les terres rares.
18:37Ă€ l'heure oĂą la Chine
18:38a augmenté les droits de douane
18:39sur les terres rares
18:40et fait que maintenant,
18:41on est passé de 7 à 15
18:42oĂą il faut tout qu'ils surveillent.
18:44C'est-Ă -dire,
18:45s'il y a 0,5% de terres rares
18:46dans un produit,
18:47il faut que l'entreprise
18:48donne pratiquement
18:49tous ses secrets de fabrication
18:52pour obtenir
18:52les fameuses terres rares.
18:53Donc, notre ami Donald Trump,
18:55qui, dans son rapport
18:56avec la Chine
18:58et sa future rencontre
18:59avec le Xi,
19:01eh bien,
19:02envoyer un petit message.
19:03Bon, tu nous menaces,
19:04mon cher ami,
19:05mais tu vois,
19:06je suis en train de passer
19:06des contrats sur les terres rares.
19:07Alors, cet accord,
19:09c'est dans l'océan Pacifique
19:12pour creuser les sous-sols,
19:14j'ai envie de dire,
19:15océaniques.
19:15Et donc,
19:16ça ne va pas avoir
19:16le jour demain.
19:18En plus,
19:19les États-Unis
19:19ont vraiment du retard
19:21sur les terres rares,
19:22surtout pour tout ce qui est
19:24la purification.
19:25et pour rattraper ce retard,
19:27ça va prendre un peu de temps.
19:29On comprend l'intérêt américain
19:31vers le japonais.
19:32Quel est l'intérêt du Japon ?
19:34Dans l'immédiat,
19:35il y a ces histoires
19:36de tarifs,
19:38de droits de douane,
19:39bien sûr.
19:40Et puis,
19:40plus généralement,
19:41il faut affirmer
19:42aux yeux de la Chine,
19:43dans la région,
19:44une amitié renforcée
19:46et un partenariat stratégique
19:48important
19:48avec la puissance américaine.
19:51Et c'est d'ailleurs
19:52ce que Donald Trump
19:53a affirmé
19:55quand il est allé à Tokyo
19:56en disant
19:57« Vos missiles,
19:58vous les aurez ».
19:59Donc ça,
19:59c'est Ă propos
20:00de la flotte
20:00de F-35
20:02de l'armée de l'air japonaise.
20:03Donc ce sont des jets américains.
20:05Les Japonais
20:05voulaient des munitions.
20:07Donald Trump
20:08a affirmé
20:08qu'il les aurait.
20:09Et par ailleurs,
20:09il a eu une déclaration
20:11en disant
20:11« Vous avez besoin d'aide,
20:13vous avez besoin d'un service,
20:14vous avez besoin d'assistance,
20:15vous avez besoin d'un conseil.
20:16Vous m'appelez.
20:17On est alliés
20:17au plus haut niveau ».
20:18C'est exactement ça
20:19dont le Japon
20:20a besoin
20:21pour s'affirmer
20:22comme un rempart
20:23et sur lequel
20:25l'Amérique peut s'appuyer
20:26dans cette région
20:27contre la Chine.
20:28Et pourtant,
20:29on sait aussi
20:29Donald Trump
20:30imprévisible,
20:32on a vu
20:32tous ces revirements,
20:33les pays d'Asie
20:35et le Japon,
20:36par exemple,
20:36ne préfèreraient pas
20:37se tourner vers la Chine.
20:39Alors le Japon,
20:39sûrement pas
20:40pour des raisons politiques,
20:41historiques,
20:42diplomatiques,
20:42etc.
20:43Mais d'autres pays,
20:44oui, tout Ă fait,
20:45parce que tous les revirements
20:46et la méthode
20:47de négociation
20:48de Donald Trump
20:48justement en utilisant
20:49les droits de douane
20:51pourraient rebuter
20:52certains pays.
20:53Mais on voit quand mĂŞme
20:54qu'avec cette tournée,
20:56Donald Trump
20:57ne fait pas la mĂŞme erreur
20:58que lors de son premier mandat
21:00oĂą il avait quand mĂŞme
21:01fait preuve
21:01d'un certain dédain
21:02ou d'un désintéressement
21:04en tout cas
21:04à propos de cette région.
21:05Maintenant,
21:06il se rend compte
21:06que c'est quand mĂŞme du monde,
21:07600 millions de personnes
21:09comme marché,
21:09donc c'est pas mal
21:10pour les États-Unis.
21:12Il y a beaucoup
21:12de pays de cette région
21:13qui sont devenus
21:15des maillons importants
21:16dans une chaîne logistique
21:17pour des entreprises américaines
21:19qui ont quitté la Chine
21:21et donc qui pourraient
21:22servir aussi
21:23de rempart
21:24quelque part
21:24contre la puissance
21:25économique chinoise.
21:27Donc ça,
21:27c'est très important
21:29et les Américains
21:30le savent.
21:30Donc ils ont besoin
21:31de la coopération
21:34de ces pays.
21:35Et ces pays eux-mĂŞmes,
21:36c'est lĂ oĂą on a
21:36quand mĂŞme
21:36une imbrication d'intérêt,
21:38le Vietnam,
21:39la ThaĂŻlande,
21:40les Philippines,
21:41le Cambodge.
21:42La première destination
21:43de leurs exportations,
21:45c'est l'Amérique,
21:46c'est les États-Unis.
21:47Donc il y a quand mĂŞme
21:48Ă ce moment-lĂ ,
21:49vous voyez,
21:49c'est un certain nombre
21:50de cartes sur la table
21:51qui permet une négociation.
21:52Tout ça en amont
21:53de cette visite
21:54prévue jeudi
21:56en Corée du Sud
21:57mais avec le président chinois.
21:59C'est lĂ oĂą on va
21:59entrer dans le dur
22:00finalement de cette visite asiatique.
22:02LĂ , oui.
22:03LĂ , on entre vraiment
22:04dans le dur
22:05parce qu'on a
22:06un vrai conflit potentiel
22:08oĂą on a,
22:10j'ai envie de dire,
22:11un statu quo
22:12avec un peu d'accord
22:13à la clé
22:14sur un plan économique
22:15et donc un apaisement
22:16sur un plan international.
22:17Avec deux hommes
22:18qui sont, pardon je vous coupe,
22:19mais qui sont un petit peu
22:19pareils finalement,
22:20qui sont un petit peu
22:21semblables,
22:22si Jinping d'un côté
22:22de Donald Trump...
22:23Non, si Jinping...
22:24Enfin, oui et non.
22:25C'est deux hommes forts
22:26qui veulent manager
22:28leur région
22:28et leur zone
22:29d'intérêt.
22:31En ce sens-lĂ ,
22:32oui, ils se ressemblent.
22:33Mais simplement,
22:34l'un a le temps pour lui,
22:37l'autre n'a pas
22:37le temps pour lui.
22:38C'est ça.
22:38L'un est un pressé,
22:40l'autre est un calculateur
22:41qui va lentement,
22:43qui s'assure, etc.
22:44Et lĂ , si vous voulez,
22:46cette rencontre,
22:47on ne s'en rend pas compte,
22:48mais est très importante
22:49sur un plan international
22:50parce que s'il n'arrive pas
22:52Ă se mettre d'accord
22:53et si ça clashe,
22:54parce qu'on ne sait jamais,
22:55avec Donald Trump,
22:56tout est possible,
22:57on peut avoir
22:58une brutale montée
22:59des tensions
22:59et qui dit brutale montée
23:01des tensions
23:01en tĂŞte du puissance
23:02dit sur un plan économique
23:03et commercial
23:03un nœud qui se fait
23:07et donc une absence
23:08de fluidité,
23:09donc une absence
23:09de commerce
23:10et donc etc.
23:10et la Chine
23:12a tout intérêt
23:15elle aussi
23:16Ă regarder
23:17l'Indo-Pacifique
23:18et le marché
23:19Indo-Pacifique
23:19que regardent
23:20les États-Unis
23:20parce qu'aujourd'hui
23:21c'est son premier débouché.
23:25Donc si vous voulez,
23:26on a une lutte
23:27entre deux hommes,
23:28on a un accord commercial
23:30qui va se faire
23:30ou pas se faire
23:31et qui va avoir
23:32des retombées
23:32pour vous et moi
23:33et on a aussi
23:35une compétition
23:36pour la mainmise
23:39sur ce marché
23:39Indo-Pacifique
23:40et nous les Européens
23:41on est un petit peu
23:43loin de tout ça
23:43mais pourtant
23:44c'est le monde de demain.
23:45Sur cette rencontre
23:46Ă venir
23:47entre Donald Trump ?
23:48Le temps est du côté
23:49de Xi Jinping
23:50parce que
23:51ce n'est pas seulement
23:52sa décision,
23:53lui il engage
23:54tout un système
23:54quand il ne sera plus lĂ
23:56le système
23:57qu'il a mis en place
23:57lui perdurera,
23:58lui survivra,
23:59ce sera toujours
24:00le parti communiste chinois
24:01aux commandes.
24:01Ils peuvent décider
24:02aujourd'hui d'un projet
24:03qui devra avoir le jour
24:04dans 20 ans,
24:05ce projet verra le jour
24:06dans 20 ans.
24:07Alors que nous
24:08dans notre démocratie libérale
24:09ça ne peut pas marcher
24:11comme ça
24:11parce que le projet
24:12d'une majorité
24:13qui est au pouvoir
24:14Ă un moment T
24:15peut être détricoté par l'autre.
24:16On voit ce que ça donne
24:16en France effectivement.
24:17C'est ça,
24:18donc on n'est pas
24:19armes égales
24:19et lĂ on atteint
24:21dans ce jeu
24:22et dans cette
24:23guerre économique
24:25la limite
24:26en fait
24:26du système
24:27que nous avons
24:27prôné
24:28et qui était censé
24:29représenter
24:30la prospérité
24:31pour tous
24:31mais qui est détourné
24:33maintenant
24:33par ceux qui pratiquent
24:34on va dire
24:36le pire du socialisme
24:37et le pire du libéralisme
24:38Ă la fois.
24:39Et puis il y a aussi
24:40il nous reste
24:40très peu de temps
24:41cette autre rencontre
24:43qui est évoquée
24:44en tout cas
24:44on laisse planer le doute
24:45sur cette rencontre
24:48entre Donald Trump
24:49et Kim Jong-un
24:50le dirigeant
24:51nord-coréen.
24:52Alors lĂ
24:52ça serait la cerise
24:53sur le gâteau
24:55pour Donald Trump
24:55effectivement
24:56ils se sont rencontrés
24:57déjà trois fois
24:57dans le premier mandat
24:59ça n'avait strictement
25:00rien donné
25:00et lĂ on est dans
25:02ce qu'on appelle
25:03les anglais
25:03disent le show off
25:04c'est-Ă -dire
25:05le côté démonstratif
25:06homme de télé
25:07qui aime faire des coups
25:09et qui aime dire
25:09voilĂ moi
25:10tous les hommes forts
25:11tous les dictateurs
25:11voilĂ
25:12je les salue
25:13et puis j'en fais des potes
25:15lĂ on n'est pas du tout
25:16dans un enjeu
25:18qui nous concerne
25:19malgré tout
25:19même s'il y a du nucléaire
25:20dans l'histoire
25:21mais c'est vraiment
25:23de la télévision
25:23peut-ĂŞtre mĂŞme un peu
25:24d'Ukraine
25:24mais enfin j'en doute
25:25non non
25:25c'est vraiment de la télévision
25:27il pense que les dictateurs
25:28le respectent
25:29parce qu'il est un homme fort
25:30comme s'il voulait
25:31faire partie de leur club
25:32il pense Ă sa base maga
25:33il pense Ă sa base maga
25:35parce qu'il est
25:35le plus puissant du monde
25:36et votez pour moi
25:38et ce sera le mot de la fin
25:41merci Ă tous les deux
25:42Patricia Alémonière
25:43Ludovic de Foucault
25:44pour cette
25:44on va plus loin
25:45Ă retrouver sur
25:45france24.com
25:47notre site
25:48on se retrouve dans un instant
25:50pour la suite de l'essentiel
25:52le procès de la fake news
25:54sur Brigitte Macron
25:55comment mettre fin
25:55à une théorie du complot
25:57Ă tout de suite
25:57Générique
26:07Générique
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