00:00– Les clés de l'info, avec vous Cécile Galluccio, bonsoir.
00:05– Bonsoir Claire.
00:05– Les discussions sur le budget se déroulent en ce moment à l'Assemblée nationale.
00:10En France, bien sûr, le Parti Socialiste veut imposer la taxe Zuckmann
00:13qui divise le monde politique depuis des semaines.
00:16Résultat, ils ont dégainé une nouvelle version allégée.
00:20– Eh oui, la taxe Zuckmann, light, objectif pour le Parti Socialiste,
00:23maintenir la pression sur le gouvernement et lui forcer la main dans le détail.
00:27Regardez, le projet initial prévoit un impôt minimum de 2% sur les patrimoines
00:32à partir de 100 millions d'euros.
00:34Ça concerne 1 800 foyers fiscaux et ça pourrait rapporter entre 15 à 25 milliards d'euros à l'État.
00:41Le projet, lui, allégé, prévoit un impôt minimum de 3% sur les patrimoines
00:45à partir de 10 millions d'euros, ce qui pourrait rapporter entre 5 à 7 milliards d'euros à l'État.
00:51Aussi et surtout, la nouvelle mouture est moins clivante car cette fois,
00:54il n'y a pas toutes les entreprises qui sont concernées,
00:56pas les familiales, celles où une même famille possède à la fois 51% des titres
01:02et 51% des droits de vote de l'entreprise.
01:05Et également, les innovantes, en gros, ce sont les start-up.
01:09Cette nouvelle version en termes de rentabilité est assez loin de la version initiale.
01:13Mais si on cumule, regardez la taxe Zuckmann,
01:16avec l'ensemble des dispositifs sur les ultra-riches, on atteint les 15 milliards d'euros.
01:20Et pour cette taxe Zuckmann, y compris dans le projet initial,
01:23il y a un point qui divise les députés, c'est ce qu'on appelle les biens professionnels.
01:28Qu'est-ce que c'est ?
01:29Eh bien, ce sont les actions ou les parts de société, entre autres,
01:33les fonds de commerce, les immeubles affectés à l'exploitation.
01:35En fait, c'est tout ce qui est considéré comme des outils de production ou capital professionnel
01:40jugés indispensables à la poursuite de l'activité.
01:43Sur ce sujet, deux visions s'opposent comme souvent.
01:46On a d'un côté la gauche qui avance la théorie que beaucoup d'ultra-riches
01:50placent les biens professionnels dans des structures type holding pour échapper à la taxation.
01:56Et puis on a la droite qui dit qu'inclure les biens professionnels
02:00reviendrait à taxer l'outil de travail, freiner l'investissement et donc freiner l'emploi.
02:04Autrement dit, freiner la croissance, l'innovation et pousser les entrepreneurs à quitter la France.
02:09Dans cette nouvelle version de taxe, s'attaque aussi aux patrimoines qui ne sont pas toujours disponibles
02:15comme par exemple les actions qui sont en plus par définition très volatiles.
02:20Or, la taxe Zuckman ne fait pas le distinguo entre les salaires des entrepreneurs,
02:25leur patrimoine et la valorisation de leur entreprise,
02:28ce qui a provoqué une levée de bouclier des entrepreneurs.
02:32Gabriel Zuckman lui-même, le père de cette taxe, a convenu qu'il y avait quelques dizaines de cas
02:36où il fallait réfléchir à des modalités de paiement.
02:40Et alors, quelles sont les réactions à cette taxe Zuckman-Lite proposée par le Parti Socialiste ?
02:45Alors, d'abord, il y a Gabriel Zuckman lui-même qui tire la fenêtre d'alarme
02:48et qui dit qu'il ne faut pas reproduire les mêmes erreurs commises lors de la création de l'ISF,
02:53l'impôt sur la fortune en 1981.
02:55Il dit qu'à l'époque, une levée de bouclier des milliardaires demandait à être exonérée des biens professionnels
03:00et le pouvoir alors en place avait cédé.
03:03Pour lui, c'est une grosse erreur.
03:05Réaction aussi de LFI qui accuse l'EPS de collusion avec l'exécutif.
03:09On a donc Mathilde Panot qui dit que l'axe Zuckman est toméopathique,
03:13diluée au point qu'elle ne servira plus à rien.
03:15La ministre du Budget, Amélie de Montchalin, a quant à elle souligné qu'il était hors de question
03:21de pénaliser les entrepreneurs et de mettre à mal notre capacité de production.
03:25Mais les macronistes, on le sait, sont dos au mur car le PS menace de censurer.
03:30Olivier Faure lui-même, le patron du PS l'a dit et redit à la fin de cette semaine.
03:35Nous saurons si nous allons à la dissolution ou pas.
03:39Évidemment, on suivra ça.
03:40Merci beaucoup Cécile Galluccio.
03:42C'était les Clés de l'Info.
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