00:00C'est-à-dire que d'un bout à l'autre du spectre des patrons, vous dites aujourd'hui, en effet,
00:05c'est trop, c'est trop.
00:05Trop, c'est trop.
00:06Et donc, c'est quelque chose d'assez incroyable.
00:09Vous avez un mouvement...
00:10C'est un mouvement de colère qui s'est levé parmi les patrons, totalement spontané.
00:15Et on a décidé de prendre la parole parce qu'on considère qu'on est un...
00:20C'est un moment critique pour l'économie française et qu'on ne peut pas rester mutique.
00:24Il y a des choses...
00:25Il y a quand même une petite crise d'amnésie dans ce débat.
00:30Si je remonte sur les dix dernières années, il y a eu depuis François Hollande, donc avant Emmanuel Macron...
00:35Le CICE transformé en baisse de charge, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la baisse...
00:40des impôts de production, de l'eau à travail, tout ça, c'est quand même pas le fait de...
00:45C'est un pays qui est anti-business.
00:47Là, il se trouve qu'on demande un effort aux entreprises.
00:50pour des raisons, j'allais mettre des guillemets, de solidarité nationale.
00:53Et là, pour le coup, les patrons...
00:55On ne leur demande pas d'efforts, beaucoup moins qu'ailleurs.
01:00La réalité, c'est que depuis...
01:01Non, mais c'est ça qui est intéressant, c'est que dans ce que vous dites, il y a des choses qui sont...
01:05anciennes...
01:06Non, mais tu reconnais que je viens de dire sur les dix dernières années...
01:08Il y a des vraies nouveautés.
01:09Oui, mais c'est très...
01:10D'accord.
01:10Très loin de compenser tout ce qui a été fait depuis 40 ans.
01:13La réalité, c'est que la France se distingue...
01:15à partir du premier choc pétrolier, c'est très simple.
01:17La France décide de faire payer toutes les crises aux entreprises...
01:20jamais aux consommateurs et aux ménages, comme l'ont fait par exemple les Allemands,
01:23qui se retrouvent avec aujourd'hui un tissu productif.
01:25beaucoup plus efficace.
01:26Ce qui est nouveau, moi, et qui m'inquiète, c'est que par rapport à ce qu'on sait déjà,
01:29les entreprises...
01:30françaises les plus taxées du monde, c'est sur le pays où c'est le plus compliqué
01:33de lancer des projets parce que ça prend deux fois plus...
01:35plus de temps qu'ailleurs, etc.
01:36C'est la rupture de confiance avec le politique, c'est-à-dire que le politique...
01:40fait des promesses qui ne sont pas tenues.
01:42On vous dit telle taxe, c'est pour un an, etc.
01:44Et vous savez que ça...
01:45ça n'est pas vrai.
01:46Et ça, la rupture de confiance, elle est terrible.
01:47Et je vous rappelle, la dernière enquête qu'on a faite...
01:50qu'on fait depuis 25 ans auprès des chefs d'entreprise pour leur demander qu'est-ce qu'ils ont comme...
01:55projet en France et à l'étranger.
01:56Et je peux vous dire que l'enquête, là, qui vient de sortir, nous dit que...
02:00Jamais les dirigeants français n'ont eu aussi peu de projets en France et n'en ont jamais eu...
02:05Il n'y a jamais eu autant d'investissements étrangers en France.
02:09Jamais !
02:10Les chiffres de l'INSEE qui sont dans les échos ce matin, en 2025, création d'entreprise...
02:15plus 5%, 1,16 millions d'entreprises créées...
02:20C'est même accéléré au dernier trimestre...
02:22C'est très intéressant.
02:23C'est pour les jeunes...
02:24Les auto-entrepreneurs qui se payent...
02:25eux-mêmes leurs minima sociaux...
02:26Oui mais non...
02:27Moyenne d'âge...
02:2835 ans...
02:29Alors je vais réagir...
02:30Deux choses...
02:31Première chose, j'ai vu les chiffres de l'INSEE.
02:33Dans l'absolu, je m'en réjouis.
02:35D'abord, il y a une inertie en économie et la politique de l'offre à laquelle faisiez référence.
02:40Elle permet effectivement des créations d'entreprises.
02:42Dans le même temps, je le rappelle, on a battu le...
02:45Un accord de destruction d'entreprises.
02:47On a eu 69 000 défaillants d'entreprises, c'est dû...
02:50Je n'ai jamais vu.
02:51Deuxième chose, vous venez de le dire Emmanuel, il faut se penser sur ces chiffres.
02:54Il y a beaucoup...
02:55d'auto-entrepreneurs parce qu'ils ont perdu leur job.
02:58Moi, je vais rester extrêmement positif.
03:00En revanche...
03:00Je vais revenir là-dessus.
03:01Le drame de la France, c'est que vous faites du en même temps...
03:05C'est-à-dire qu'en même temps, vous dites que vous faites une politique de l'offre
03:07et vous laissez déraper les dépenses publiques.
03:10plus 1200 milliards d'euros sur le mandat du président de la République.
03:15À la fin de la journée, vous pouvez prendre le problème comme vous voulez.
03:19Si vous vous attaquez...
03:20Et pas à la réduction de la dépense publique, ça va se traduire par des augmentations.
03:25d'impôts.
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