00:00Firmin Edouard Matocco, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02Quelle est la vision de l'UNESCO que vous porterez si vous êtes élu ?
00:06Alors, moi je pense que ce qu'il faut apporter comme réponse, c'est très vite des solutions pragmatiques
00:12à ce qui est reproché au système Nations Unies, son inefficacité, son extrême bureaucratisation et son extrême politisation.
00:18Alors il n'y a pas assez d'opérations à vos yeux ?
00:20Vous voulez dire que par exemple l'opération de réhabilitation de Mossoul au nord de l'Irak par Mme Audrey Azoulès, c'est bien mais ce n'est pas suffisant ?
00:28Non, c'est une opération d'ailleurs qui restera je pense dans les annales de l'UNESCO, comme on en a connu pour Abou Simbel, Tamboutou,
00:37tous les sites du patrimoine que nous avons restauré dans le monde.
00:40Non, je pense qu'on peut faire plus, on peut faire mieux.
00:43Moi ce que je propose, c'est une réflexion sur la mission et le mandat de l'UNESCO.
00:49C'est une agence technique, intellectuelle, ce n'est pas une agence conçue pour faire de la médiation politique.
00:54C'est une agence qui doit proposer des solutions techniques à des situations extrêmement complexes du point de vue politique.
01:00On l'a vu avec la guerre en Ukraine par exemple, on le voit à Gaza, on le voit dans des conflits qu'aujourd'hui on oublie malheureusement, au Soudan, à Haïti, en Afghanistan.
01:09Vous dites que l'UNESCO manque de ressources, or ce n'est pas de chance, mais cette année les Etats-Unis ont annoncé leur retrait, ils contribuent à 20%.
01:17Est-ce que vous avez quelque chose à répondre à Donald Trump qui dit que l'UNESCO est trop politisé ?
01:22Écoutez, c'est une organisation universelle où toutes les voix ont leur importance et c'est une organisation intellectuelle.
01:29Donc nous on admet la contradiction, le débat contradictoire.
01:32Je crois que ce qui est important, c'est qu'on arrive à un consensus sur cette thématique majeure.
01:37Nous ne sommes pas là pour trancher en faveur d'un courant ou d'un autre,
01:40mais nous donnons des espaces d'expression aux Etats-membres, à la société civile, sur des sujets majeurs.
01:45Donc cette organisation, c'est un espace de dialogue et de solidarité.
01:49Firmain-Edouard Matocco, vous êtes un haut fonctionnaire de l'UNESCO depuis plus de 30 ans.
01:53Que répondez-vous à ceux qui disent que vous êtes un apparatchik ?
01:56Parce qu'il existe encore ce mot « apparatchik ».
01:57Disons que, justement du fait que je sois un homme du CERA, et je le préfère,
02:04qui est la connaissance de la maison, qui a été à des instances de direction au cours des 15 dernières années,
02:10je sais ce qu'on peut proposer, je sais où se trouvent les changements possibles,
02:14et je sais ce qui peut se faire immédiatement.
02:16Alors votre adversaire, l'égyptien Raled El-Enani, il dit que lui, il vient de l'extérieur de cette organisation,
02:23et qu'il a une expérience de terrain, puisqu'il a été ministre de la culture de son pays.
02:28Est-ce que ce n'est pas une différence entre vous deux ?
02:30Moi, j'ai été ministre des relations extérieures, l'équivalent, je ne sais pas, de l'UNESCO, pendant 15 ans,
02:35et de la priorité à l'Afrique.
02:36J'ai visité, j'ai parcouru plus de 100 pays en apportant des solutions, en temps de paix, en temps de conflits,
02:42en Irak, en Jordanie, en Syrie, en Haïti, au Cambodge, au grand moment des conflits, en Somalie, au Soudan.
02:49Donc, je crois que je sais ce que c'est que le multialtéralisme.
02:52Nous avons proposé des solutions au Rwanda, après le géolocide, au Burundi, au Congo.
02:57Et donc, je pense que c'est réduire mon expérience à la pratique.
03:02Si en main, Edouard Matoko, vous n'êtes candidat que depuis six mois,
03:05alors que votre adversaire, il l'est depuis plus de deux ans,
03:07et il a recueilli le soutien de nombreux pays, dans le monde arabe, en Europe, etc.
03:12Est-ce que vous n'allez pas à cette bataille avec un gros handicap ?
03:15Non, moi, je ne crois pas.
03:16Je peux vous dire que moi, je suis candidat depuis 30 ans.
03:18Depuis le premier jour que je suis rentré à l'UNESCO, j'ai eu l'ambition un jour.
03:22Et je suis modestement un modèle pour beaucoup de collègues,
03:25parce qu'on peut effectivement concevoir qu'un ressortissant d'un petit pays du Sud,
03:30sans être péjoratif, formé à l'intérieur de l'UNESCO,
03:34peut accéder aux instances dirigeantes.
03:35On n'a pas besoin d'avoir été ministre de son pays pour diriger cette organisation.
03:39Et je ne crois pas avoir été en retard.
03:41Certains, peut-être, sont trop en avance,
03:43mais je crois en la sagesse et en la lucidité des États membres
03:46pour choisir le meilleur candidat pour cette organisation.
03:48Mais l'Union africaine a déjà donné sa préférence.
03:51C'est pour votre adversaire ?
03:52L'Union africaine a entériné une candidature,
03:56mais selon la loi, les États membres ici, à l'UNESCO,
03:59ne sont pas appelés à élire un candidat de l'Union africaine.
04:02L'Union africaine ne vote pas.
04:03Sinon, on aurait eu un candidat de Mercosur, un candidat de l'Union européenne.
04:07Et je pense que j'ai légitimement le droit de me présenter candidat.
04:10Et quand on vous dit que l'Égyptien Raled El-Enani par favori,
04:15qu'est-ce que vous répondez ?
04:15Ça ne me décourage pas, croyez-moi.
04:17Moi, je ne suis pas un candidat d'une région, d'un pays.
04:20Je suis candidat de toutes les nations, de tous les peuples.
04:22Et j'y vais avec la conviction,
04:24parce que j'ai la passion de cette organisation et cette institution.
04:27Firmin Edouard Matocco, je vous remercie.
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