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  • 3 months ago

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00:00Olivier Vallée, bonjour.
00:01Bonjour.
00:02Beaucoup de manifestants réclament le départ du président Radzoel,
00:05mais celui-ci a eu la souplesse de limoger son gouvernement
00:09et de faire un début de repentir.
00:10Est-ce que cela peut satisfaire une partie de la rue ?
00:13Je ne crois pas parce que ses réactions étaient quand même très lentes.
00:18Le limogège du gouvernement est apparu quand même improvisé
00:23dans la mesure où il demandait à ce qu'on lui envoie des CV
00:27pour constituer un nouveau gouvernement.
00:29Donc ça paraît vraiment un peu comme une comédie un peu grotesque
00:33à la plupart des manifestants et aussi à l'ensemble des observateurs politiques,
00:39y compris dans son camp.
00:41Avec le limogège du gouvernement, le président Radzoel se sépare du Premier ministre,
00:45Christian Tset, qui était en poste depuis 7 ans et qui paraissait indéboulonnable.
00:49Est-ce que ce n'est pas une grosse perte pour lui ?
00:51Ce n'est pas une grosse perte dans l'immédiat
00:54parce qu'il remplit pour la première fois son rôle de fusible.
00:58Mais par contre, c'est un poids lourd du système politique
01:02et ça va laisser effectivement, dès maintenant, le président tête-à-tête
01:07avec les manifestants et avec les politiques et tête-à-tête
01:12dans lequel il ne sera pas du tout à l'aise.
01:15Il a tendance plutôt à s'emporter alors que son Premier ministre
01:19est certainement quelqu'un qui prépare ses coups sur la longueur.
01:22Les manifestants réclament aussi la mise à l'écart de l'homme d'affaires,
01:26Mam Ravatoumang.
01:28Mais vu que c'est un homme de l'ombre,
01:29comment le président Radzoel pourrait-il mettre en scène sa disgrâce ?
01:33Je pense qu'il y a énormément de moyens.
01:35Mam Ravatoumang, sa maison et certains de ses établissements ont été attaqués.
01:41Mais il bénéficie d'une milice qui est presque aussi puissante
01:44que la police de Tannan arrive.
01:46Donc sa milice est responsable d'un certain nombre de morts.
01:50Il faudrait que le président mette en cause justement cette milice,
01:54l'académie de sécurité dirigée par un Français
01:57que Mam Ravatoumang a créé
02:00qui lui permet justement d'entretenir ces milices de sécurité privée.
02:04Il y a énormément de moyens d'ordre public
02:07de s'en prendre à son protecteur et bienfaiteur
02:10sans mettre sur la place publique
02:12leur relation financière qui date de très longtemps.
02:17C'est un financeur de campagne électorale, etc.
02:20Mais là, il s'est illustré pendant les manifestations
02:23par la brutalité de sa milice.
02:25En 2009, quand le président Radzoel a été porté au pouvoir par la rue,
02:29l'armée a joué un rôle clé en sa faveur.
02:32Quelle peut être la stratégie des militaires aujourd'hui ?
02:34Ce que l'on voit, c'est que l'armée,
02:36qui est, comme je l'ai écrit dans mon livre,
02:39qui est une agglomération de différentes tendances,
02:42de différentes unités,
02:44Ange Radzoel n'avait été soutenu
02:46lors de son coup d'État de 2009
02:49que par une partie,
02:50une toute petite partie de l'armée
02:52qui se trouvait à Tananarive.
02:54Les autres unités ont rallié le coup d'État
02:58sans y participer vraiment.
03:00Donc aujourd'hui, ce à quoi on a assisté,
03:02c'est quand même une certaine passivité.
03:05L'armée a accueilli le président de la République
03:07quand il est revenu sur la base aérienne d'Ivatte.
03:10A son retour de New York ?
03:12Oui, tout à fait.
03:13Et l'a transférée en hélicoptère
03:16dans son palais forteresse
03:18qu'avait créé Ratsirac,
03:20qui se trouve à peu près
03:21à une quinzaine de kilomètres du centre-ville.
03:23Mais ses bons offices en sont restés là.
03:26Le président a lui-même sa milice.
03:29Et les forces qui se sont déployées
03:31dans la capitale,
03:32ce sont essentiellement la gendarmerie.
03:35La gendarmerie qui continue à obéir
03:38est être sous l'influence d'un homme-liges de Radzoel
03:41qui s'appelle le général Ravalomanan,
03:44qui est à la fois au Sénat
03:45et l'animateur souterrain de la gendarmerie.
03:48La gendarmerie joue la stratégie de la force.
03:51Ses hommes ont tiré.
03:53On a énormément de vidéos, de balles, etc.
03:56Mais le reste de l'armée ne s'est pas engagée.
03:58Quant à la police,
03:59elle a été complètement passive pendant les pillages.
04:01Donc pour l'instant, l'armée est attentiste, c'est ça ?
04:04Oui, l'armée est attentiste.
04:07Donc c'est un moment difficile
04:08parce qu'il y a vraiment un mouvement de masse
04:12qu'on n'a pas toujours vu.
04:14En 2009, ce n'était pas un mouvement de masse.
04:16Donc l'armée a laissé faire
04:18et ensuite a repris la main.
04:21Là, elle laisse faire,
04:23mais elle n'est pas sûre de reprendre la main.
04:25Et elle sait que si elle se compromet,
04:27ça lui coûtera plus cher qu'en 2009.
04:30Olivier Vallée, merci.
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