00:04Toujours en compagnie de Jules Torres et Sébastien Ligné, le marathon budgétaire se poursuit donc.
00:10Le vote sur le volet recettes doit avoir lieu, je vous le rappelle, le 4 novembre, avant l'examen du volet dépenses.
00:16Alors c'était la journée de relâche à l'Assemblée Nationale, mais la pression reste entière.
00:21Le patron du PS, Olivier Faure, a à nouveau agité aujourd'hui le spectre d'une nouvelle censure.
00:26Si nous ne réussissons pas la semaine prochaine, en vérité, s'il n'y a pas de marge de manœuvre pour corriger ensuite le projet de loi de finances et la loi de financement de la sécurité sociale, ce sera en réalité terminé.
00:37Il n'y aura pas d'autre choix que de censurer et puis ensuite d'aller à la dissolution.
00:41L'objectif n'est pas de chercher la censure, mais ça ne peut pas se faire à n'importe quelle condition.
00:46Alors je répète, c'était bien aujourd'hui parce qu'on pourrait le passer tous les jours.
00:50C'est exactement la même chose.
00:52Alors il a quand même un peu décalé, il nous menaçait vendredi que la censure ait lieu avant lundi, s'il n'y avait pas de geste.
00:59Bon là, il se laisse jusqu'à la fin de la semaine, Olivier Faure.
01:02Tout ça est un petit peu ridicule, je pense aux Français qui doivent se dire, mais attendez, un parti qui a fait moins de 2% en dernière élection présidentielle
01:09est en train de créer un bras de fer immense avec la droite et le bloc central, parce qu'il représenterait le groupe pivot.
01:18Ça marche, c'est Bastien Ligny, ils confisquent le débat.
01:22Mais je veux dire, ils leur ont déjà donné la suspension de la réforme des retraites, ce n'est pas rien.
01:26Vous avez parlé du fait que c'est l'une des deux mesures phares, en tout cas même la mesure phare du bilan Macron.
01:34Et on leur a déjà donné cela et maintenant ils nous sortent une taxe Zuckman light ou allégée.
01:40La taxe Zuckman, c'est donc 2% du patrimoine à plus de 100 millions et donc eux, les socialistes, nous proposent 3% des patrimoines à plus de 10 millions,
01:50donc on abaisse le seuil, en mettant de côté les entreprises familiales et les entreprises innovantes.
01:57Innovantes, en gros, c'est les grands fleurons et les grandes licornes françaises, notamment sur l'intelligence artificielle.
02:02Bon, 3% sur les patrimoines à plus de 10 millions, mais on est où là ?
02:05On est où ? Vous parlez du fait qu'on est déjà en train d'attaquer la compétitivité de nos entreprises.
02:09Je rappelle que depuis le budget Michel Barnier, on a une surtaxe ou ce qu'on appelle une contribution exceptionnelle qui est devenue pérenne.
02:18Voilà, et donc tous les ans, toutes les plus grandes entreprises françaises qui font plus de 3 milliards de chiffre d'affaires,
02:23on leur impose 41% d'impôts sur la société supplémentaire.
02:2841% ! Ça s'appelle le socialisme.
02:30Donc on est en train de foutre de ce pays en l'air et le prôneur d'otages a un pistolet en plastique
02:37et il a fait moins de 2% à des réactions présidentielles.
02:39Et tout le monde rentre dans le jeu.
02:40Non, mais quand on a d'ailleurs un prix Nobel d'économie qui nous explique que c'est contradiqué, justement, pour la compétitivité de la France,
02:48Philippe Aguillon, Jules Torres, non mais c'est vrai que c'est un cirque.
02:51Non mais les socialistes sont en plein cirque, on est en plein chantage, on leur donne le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière
02:57et ils ne sont pas contents parce qu'en réalité, la première négociation, elle tenait sur la réforme des retraites.
03:02Sébastien Locorne nous l'aura donné, c'est quand même la seule réforme du second quinquennat d'Emmanuel Macron.
03:07C'est quelque chose qui est lourd.
03:09Aller parler aux 100 députés Renaissance, si ça leur fait plaisir, absolument pas.
03:15Et ils veulent ensuite aller sur la taxe du Kman.
03:16Alors ils sont très embarrassés.
03:17Ils sont extrêmement embarrassés.
03:18Vendredi, on sentait qu'il n'était pas à la fête.
03:21Mais donc à un moment donné, on a le sentiment, et c'est l'excellent titre de mon collègue Victor Isaacan dans le JDD ce matin,
03:25que les socialistes jouent à la roulette russe, c'est-à-dire qu'ils essayent le plus possible de montrer à leurs électeurs
03:30qu'ils ont obtenu des avancées et des choses, et ensuite, ils censureront.
03:35Parce que moi, je ne vois pas le moment où ce budget passe.
03:38Je ne vois pas les socialistes voter un budget où, objectivement, il y a beaucoup de mesures avec lesquelles ils sont en désaccord.
03:43Ça vaut aussi d'ailleurs pour les républicains.
03:44Les républicains en l'état ne peuvent pas voter cette copie.
03:48C'est une copie budgétaire qui augmente les droits.
03:50Oui, on ne sait jamais.
03:51Non, je ne me méfie, vous ne t'inquiétez pas.
03:53Mais ils ne peuvent pas voter un budget avec 20 milliards de hausse d'impôts en plus et de nouvelles taxes.
03:58Ce n'est absolument pas possible.
04:00Donc la question pour Sébastien Lecornu, c'est est-ce qu'il fera passer tout ça via les ordonnances ?
04:04C'est-à-dire que c'est la copie budgétaire initiale avec la suspension de la réforme des retraites depuis cette semaine
04:08et cette fameuse lettre rectificative ?
04:11Ou alors il sera censuré ?
04:12Et dans ce cas, peut-être qu'on ira à la dissolution ?
04:14Est-ce qu'il sera renommé ? Est-ce qu'on aura un nouveau Premier ministre ?
04:16Mais je ne vois pas comment ce budget passe 149.3.
04:18Le Sénat en tout cas est en embuscade.
04:20Un autre excellent article dans le JDD ce matin, n'est-ce pas Jules Torres ?
04:25Le dernier repart.
04:26J'explique pour les auditeurs, après les 40 jours de débat prévus à l'Assemblée nationale,
04:30le taxe partira donc au palais du Luxembourg.
04:33Et Gérard Larcher prévient, le Sénat rétablira la réforme des retraites.
04:37Alors la question qu'on se pose, Sébastien Ligné, c'est qu'est-ce qu'il en a le pouvoir ?
04:41Parce que ce n'est pas forcément évident cette affaire.
04:44De toute manière, si l'Assemblée la retire, que le Sénat leur ajoute,
04:49tout cela se termine en commission mixte paritaire.
04:52On ne va pas rentrer dans les détails, mais c'est une partie du Sénat,
04:54une partie de l'Assemblée nationale qui se retrouvent dans une petite pièce et qui tranche.
04:58Ensuite, il y a un dernier vote à l'Assemblée nationale.
05:01Donc, en théorie, je ne vois pas comment le Sénat seul pourrait faire en sorte
05:06que cette suspension de la réforme des retraites saute.
05:08Maintenant, la grande question, et là où je suis d'accord avec Jules,
05:10c'est que déjà, on n'est pas à l'abri qu'il y ait une censure la semaine prochaine
05:13et qu'il y ait une dissolution.
05:14Et dans ce cas-là, on rentre dans un micmac institutionnel,
05:16ce qui fait que ce budget passera par des trous de souris très étranges.
05:20Donc déjà, il faudrait déjà que le texte arrive au Sénat, ce qui n'est pas acquis.
05:24Parce que si Olivier Faure active le bouton rouge la semaine prochaine,
05:27le Sénat, ils n'auront même pas le temps de discuter du texte,
05:28on sera déjà de retour en campagne.
05:30Oui, mais là, tout tombera.
05:31Et la suspension des retraites avec, donc.
05:33Ça dépend.
05:34Après, ils peuvent très bien le faire.
05:36Avant, ils peuvent le faire cette semaine.
05:37Mais honnêtement, je ne vois pas pourquoi le gouvernement passerait
05:39la suspension des réformes cette semaine
05:41s'ils s'attendent à une censure en fin de semaine.
05:43C'est ce que je veux dire.
05:44Donc, je pense que c'est terminé.
05:47Le Sénat seul ne pourra pas faire grand-chose.
05:49En tout cas, j'ai bien aimé votre...
05:51Mais vive le Sénat.
05:52J'ai envie de vous dire vive le Sénat.
05:54Vous avez donné une bonne image du Sénat,
05:56de gens studieux qui travaillent, qui trouvent des solutions.
05:58Non, mais c'est vrai.
06:00Non, mais c'est vrai qu'on a tendance à dire que le Sénat,
06:02c'est un petit peu cette chambre haute de la République
06:05un petit peu poussiéreuse, un petit peu grise, un peu protocolaire.
06:08Vous avez souligné quand même l'âge élevé des sénateurs.
06:11Vous n'avez pas pu vous en empêcher.
06:13Non, mais c'est vrai.
06:14Les sénateurs sont plus âgés que les députés,
06:17représentent peut-être moins la diversité d'âge des députés.
06:21Mais en l'occurrence, on a une chambre qui est stable,
06:24on a une chambre qui travaille,
06:25on a une chambre qui améliore toutes les lois
06:27qui passent dans son hémicycle.
06:31On a quand même des personnes qui sont extrêmement responsables.
06:34En l'occurrence, Gérard Larcher, il ne vous dit pas,
06:36moi je veux supprimer la suspension de la réforme des retraites
06:39parce que j'ai envie. Il dit juste que c'est une question de conviction,
06:41c'est une question de cohérence politique.
06:43On ne peut pas en permanence vous dire
06:45qu'il y a un déficit et l'augmenter de 30 milliards.
06:47On ne peut pas en permanence dire
06:48moi je défends la jeunesse et suspendre cette réforme des retraites
06:51qui va être catastrophique pour les générations suivantes
06:55parce que c'est le principe du système par répartition.
06:57C'est que c'est les générations qui payent pour les suivantes.
06:59Donc à un moment donné, pour les précédentes,
07:01il est plutôt responsable
07:03et surtout dans un contexte où
07:05l'Assemblée nationale est prise en otage littéralement
07:07par 69 députés socialistes.
07:10Ça fait du bien d'avoir un contre-pouvoir
07:12qui s'appelle le Sénat
07:13et qui va peut-être nous émiser un budget socialiste.
07:15C'est vrai que les Français sont pour la suspension.
07:16Je crois que 62% des Français sont pour...
07:18Après les sénateurs, ils ont...
07:19De la réforme des retraites ?
07:20Oui, les Français sont aussi 52% pour la peine de mort.
07:23Et il n'y a personne dans la classe politique
07:25qui prône son rétablissement.
07:27Donc c'est aussi toute la chose de la démocratie.
07:30Les Français sont pour l'euthanasie.
07:32Moi, à titre personnel, j'y suis contre
07:34et je serai toujours contre.
07:35Les sénateurs, ils ont une force aussi.
07:37C'est qu'en cas de dissolution,
07:38leur siège n'est pas menacé.
07:39Donc les petits calculs politiciens...
07:41Ah non, mais pardon,
07:42mais le Sénat est à droite.
07:45Si les députés de droite à l'Assemblée nationale
07:48respectaient leurs convictions
07:48et la ligne historique de ce parti libéral,
07:51ils n'auraient pas laissé passer
07:52la suspension de la réforme des retraites.
07:53Ils l'ont laissé passer
07:54parce qu'ils avaient peur de perdre leur siège
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