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00:00Vous êtes sur France 24, c'est l'heure du journal de l'Afrique, soyez les bienvenus.
00:05A la une, la situation toujours confuse à Madagascar.
00:09Ce dimanche, le président Razohen est sorti du silence pour dénoncer une tentative de déstabilisation et de division.
00:16De son côté, le CAPSAT a affirmé prendre le contrôle des forces armées malgaches.
00:20La correspondance à Tananarive en début d'édition.
00:22Et avec nous ce soir pour évoquer les derniers développements,
00:25Tine Rakoto Malala, cofondateur du Singsang Diapason.
00:29Il est notre invité.
00:32Jour de vote au Cameroun, 8 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir leur président de la République.
00:38Les bureaux de vote sont fermés, le taux de participation est le principal enjeu de cette journée.
00:46Enfin, l'Ethiopie accuse l'Erythrée de se préparer activement à une guerre.
00:50Dans un courrier adressé au secrétaire général de l'ONU,
00:53l'Ethiopie dénonce les actions de son voisin menaçant sa sécurité et sa stabilité.
00:57Une mascarade mensongère, répond l'Erythrée.
01:03Et on ouvre ce journal à Madagascar avec cette question.
01:07Qui dirige la Grande-Île ?
01:08Ce dimanche matin, le président Razoel est sorti du silence
01:12et a dénoncé une tentative de prise de pouvoir illégale par la force.
01:16Quelques heures plus tard, le CAPSAT a affirmé avoir pris le contrôle des forces armées
01:19et nommé un nouveau chef d'état-major des armées.
01:22Écoutez le déroulé de cette journée mouvementée avec notre correspondance Atana, Gaëlle Borgère.
01:28Il aura fallu 24 heures pour que le destin du président Razoel bascule.
01:3324 heures pour que la gendarmerie laisse le champ libre aux manifestants
01:37et pour qu'une partie de l'armée se joigne à eux.
01:40Puis ce dimanche, sans décret, sans l'aval du gouvernement,
01:43l'unité militaire du CAPSAT a imposé un nouveau chef d'état-major.
01:48La gendarmerie également a annoncé un nouveau commandement,
01:51ce qui veut dire qu'il ne devrait plus recevoir l'ordre de réprimer les manifestations.
01:57D'ailleurs, ce dimanche, des centaines de personnes ont rallié librement la place du 13 mai
02:04pour se recueillir et rendre hommage aux manifestants tués ces dernières semaines.
02:11Toujours aucune apparition de Razoel depuis samedi.
02:16Lorsque les forces de l'ordre ne répondaient plus aux ordres de bloquer les manifestants,
02:21le président Razoel a publié un communiqué disant qu'il dirigeait toujours et qu'il n'avait pas fui.
02:28Pourtant, il a été abandonné par deux de ses proches,
02:31l'ancien Premier ministre Christian Tsaï et l'homme d'affaires Mam Rawatming
02:36qui se sont envolés précipitamment vers l'île Maurice samedi soir.
02:42Et pour décrypter ce qui se joue actuellement à Madagascar,
02:45avec nous notre invité du soir, Tine Rakoto Malala.
02:48Bonsoir.
02:49Bonsoir.
02:50Merci d'avoir accepté notre invitation sur France 24.
02:52Vous êtes cofondateur du Sinsang Diapason.
02:55Je le disais, on attendait une prise de parole du président Razoel.
02:58On l'a eu, mais bien un communiqué, pas de vidéo, pas de son.
03:04Est-ce le signe d'une panique au sein du pouvoir ?
03:06Sait-on où est le président ?
03:08Merci pour votre invitation.
03:11Nous avons pas mal d'informations provenant du terrain.
03:16La difficulté aujourd'hui, c'est d'avoir une information fiable et vérifiée.
03:21Ce que l'on sait, d'après ce que disait Gaël Borgia, effectivement,
03:26c'est qu'il y a un certain nombre de personnes proches du gouvernement
03:32qui commencent à partir de Madagascar.
03:36Maintenant, est-ce que la question, c'est où est le président ?
03:41Ou plutôt, que va devenir Madagascar avec sa gouvernance ?
03:47Et c'est là où c'est intéressant, parce que la démarche de la Gen Z
03:51n'est pas tant de changer de tête, mais changer le système.
03:58Et ils sont en marche, justement, pour changer ce système-là,
04:02avec l'aide d'une fraction de l'armée qui s'appelle la Capsat.
04:06Et justement, depuis hier, cette unité de l'armée qui s'est révélée
04:09être à l'origine de ce mouvement de l'utinerie, il s'agit de la Capsat,
04:12corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques.
04:16Qui sont-ils ? Quel est leur poids au sein de l'armée ?
04:19Pouvez-vous nous en parler ?
04:21Alors, comme je le disais, c'est une fraction de l'armée.
04:24Mais ils ont un poids symbolique,
04:29dans le sens où c'est une unité d'élite.
04:31en 2009, pour rappeler un peu l'histoire,
04:35ils ont eu ce qu'on appelle le mutiné de Capsat,
04:39qui a changé la donne politique à Madagascar,
04:43qui a fait que le président actuel a pu accéder
04:46aux hautes fonctions de l'État.
04:50Et le fait de s'être positionné avec, finalement, la population,
04:58c'est un message qu'ils sont en train de passer.
05:01Et c'est aussi un début de fracture.
05:04Et cette fracture, c'est une sorte de fragmentation diffuse,
05:08où petit à petit, des casernes se rallient au Capsat,
05:13et petit à petit, dans l'armée.
05:16À un moment donné, on va se trouver dans une situation
05:18où il va y avoir un effet de masse,
05:21ce qui est déjà le cas aujourd'hui,
05:23avec des scénarios possibles
05:25que l'on peut aborder par la suite.
05:28En parlant des scénarios possibles,
05:30d'ailleurs, le colonel Michael-Andréa Nirina,
05:32à la tête du Capsat,
05:34ne veut surtout pas parler de coup d'État pour l'instant,
05:36en rappelant que l'armée a répondu à l'appel du peuple.
05:39Est-ce qu'on peut parler, dans ce cas-là,
05:40d'un coup d'État populaire ?
05:42Pour l'instant, il n'y a pas de coup d'État.
05:46Un coup d'État, ça suppose que l'armée prenne le pouvoir.
05:53Si l'armée prend le pouvoir,
05:55il y a un coup politique qui sera défavorable pour Madagascar.
06:00Aujourd'hui, on a...
06:01Comment ils se positionnent, alors ?
06:02Ils ont effectué ce coup de force, on va dire,
06:10mais en même temps, ils ne veulent pas parler de coup d'État.
06:12Ils disent que la place des militaires est dans les casernes.
06:15Donc, en ce moment, on a l'impression que ce qu'ils jouent,
06:18c'est un positionnement.
06:19C'est un positionnement.
06:20C'est un positionnement en faveur de la population,
06:24motivé par le fait qu'ils ne veulent pas avoir
06:29une position de répression trop forte
06:34vis-à-vis de la population,
06:37parce qu'ils sont issus eux-mêmes de la base de la population.
06:41Nous allons vers un scénario où
06:43ce sera un arbitrage militaire encadré.
06:46C'est-à-dire ?
06:47C'est-à-dire que les militaires
06:50vont grossir dans la partie de la population,
06:55et par la suite, ils vont demander
06:57est-ce que vous avez des interlocuteurs de la Gen Z ?
07:04Est-ce que vous avez des représentants ?
07:05Et ils vont certainement demander
07:07est-ce que vous avez une feuille de route ?
07:09Et à ce moment-là,
07:11il y a une discussion qui se mettra en œuvre,
07:13une discussion de l'ordre de
07:15très bien, que faisons-nous pour conduire ce pays ?
07:18Et à ce moment-là,
07:21ça sera une autre forme
07:23ce ne sera pas un coup d'État.
07:26On sera toujours dans la démarche
07:27de la population qui exprime finalement un besoin,
07:33c'est les droits fondamentaux.
07:35Et on rappelle un peu l'histoire,
07:38c'est que le président actuel en 2009 disait lui-même
07:43le pouvoir appartient au peuple
07:45et le peuple doit pouvoir prendre le pouvoir
07:51et le président doit pouvoir rendre le pouvoir.
07:55Et ce sera ma dernière question.
07:56Très rapidement, à vous d'entendre parler,
07:59un retour du président Razoël au pouvoir
08:00paraît inenvisageable.
08:02Vous parlez de limite au passé ?
08:05Eh bien, aujourd'hui, comme vous le voyez,
08:07il y a eu un changement au niveau de la gouvernance.
08:12Il a limogé l'ensemble de son gouvernement.
08:16Il n'a plus d'appui.
08:17C'est un gouvernement vide aujourd'hui.
08:21Et donc, comment peut-il gouverner
08:23sans avoir d'appui au sein de son équipe,
08:28de sa gouvernance ?
08:29Et globalement, il est assis sur une chaise
08:32où il n'a plus de pouvoir.
08:35Il n'a plus que deux options finalement.
08:38L'option, c'est soit il rend son tablier,
08:41soit il fait un coup de force.
08:43Merci beaucoup, Tine Rakoto-Malala.
08:45Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation
08:47sur France 24.
08:48Et on continuera de suivre les derniers développements
08:50à Madagascar.
08:51C'était un plaisir.
08:52Merci pour vous.
08:53Autre titre de ce journal,
08:54le scrutin présidentiel au Cameroun.
08:578 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.
08:59Le vote s'est plutôt déroulé dans le calme.
09:01Les bureaux de vote ont fermé à 18h,
09:02heure locale.
09:03Et le dépouillement a immédiatement commencé.
09:06L'un des enjeux de cette journée sera
09:07la participation, les précisions
09:10de notre correspondant yaoundé Marcel Amoukou.
09:13Ouverts à 8h,
09:14les bureaux de vote ont fermé à 18h,
09:16heure locale,
09:17pour un scrutin qui a mobilisé les Camerounais
09:20comme cet électeur qui,
09:21après 43 ans de régime BIA,
09:24espère un changement.
09:25Tout système est appelé à se renouveler,
09:27sinon il se sclérose.
09:29Et je crois qu'au Cameroun,
09:30après 42 ans,
09:31il est temps qu'on change.
09:3355 000 observateurs nationaux et internationaux
09:37ont été accrédités pour surveiller cette élection
09:40qui s'est globalement déroulée dans le calme,
09:42selon le ministre camerounais de l'administration territoriale.
09:46Une tendance confirmée par Abomo-Joseph
09:48de l'ONG Justice Sans Frontières.
09:50Nous avons pu constater
09:52dans les bureaux de vote
09:54comment asséler les urnes,
09:57nous avons constaté, vérifié
09:59les isoloirs et tout et tout.
10:01Nous avons l'impression,
10:02nous sommes ici à l'école publique de Bastos,
10:05nous avons constaté que tout
10:06va dans les bonnes conditions.
10:09Néanmoins signalé ces incidents à Garoua,
10:11chef-lieu de la région du Nord
10:12et fief du candidat du FSNC
10:14Issa Thirouma Bakary.
10:17Plusieurs fois ministre de Polbiya,
10:18devenu aujourd'hui son principal
10:20challenger des échaufferés
10:22qui ont opposé les forces de l'ordre
10:24à ces sympathisants chauffés à blanc,
10:26des forces de l'ordre
10:26qui ont dû faire usage de gaz lacrymogène
10:29pour disperser la foule.
10:31Immédiatement après la fermeture
10:32des bureaux de vote,
10:34le dépouillement a commencé
10:35sous le regard de nombreux électeurs
10:37venus surveiller leurs votes.
10:39Les résultats définitifs sont maintenant
10:41attendus au plus tard dans 15 jours.
10:43Des résultats qui seront publiés
10:45par le Conseil constitutionnel
10:47après avoir vidé d'éventuels contentions.
10:50L'Éthiopie et l'Érythrée vont-elles
10:52entrer en guerre ?
10:53Ce serait le projet de l'Érythrée
10:54selon un courrier envoyé par le ministre
10:56des Affaires étrangères éthiopien
10:58au secrétaire général des Nations Unies.
11:00Il y affirme la volonté éthiopienne
11:02de préserver la paix
11:03et appelle la communauté internationale
11:05à s'impliquer
11:06pour aider à résoudre les tensions
11:08entre les deux pays.
11:09Les précisions de notre
11:10correspondant régional,
11:11Bastien Renou.
11:13Dans son courrier,
11:14le ministre des Affaires étrangères
11:15éthiopien affirme que l'Érythrée
11:16est en train de se réarmer,
11:18qu'elle mobilise des hommes
11:19et qu'elle a signé un accord
11:20avec le Front de Libération
11:21du Peuple du Tigré.
11:22Ce parti politique
11:23qui contrôle le Tigré,
11:24une région du nord de l'Éthiopie
11:26qui a été au cœur
11:27d'un terrible conflit
11:28entre 2020 et 2022
11:30qui a fait près de 600 000 morts.
11:32A l'époque,
11:32le gouvernement fédéral éthiopien
11:34s'était allié à l'Érythrée
11:35qui était entrée au Tigré
11:37pour faire la guerre au TPLF.
11:39Depuis,
11:39elle n'a pas quitté le territoire,
11:40elle est toujours présente au Tigré.
11:42Mais les relations
11:43entre le TPLF
11:44et l'Érythrée ont évolué.
11:45Certains membres du TPLF
11:46se sont rapprochés
11:48du gouvernement érythréen.
11:49Alors,
11:50impossible de dire
11:51s'il existe réellement
11:52un accord militaire.
11:53Mais les membres du TPLF
11:55et de l'Érythrée
11:55affirment en tout cas
11:56qu'il n'y a pas d'accord
11:57et qu'il n'y a aucune guerre
11:59en préparation.
12:00Alors,
12:00pour l'instant,
12:01il y a une guerre des mots.
12:02Va-t-il y avoir
12:02un conflit réel ?
12:04Difficile de le dire.
12:05Mais si tel était le cas,
12:06il y a de grands risques
12:07qu'il ait un impact terrible
12:09pour la population.
12:10Il y a déjà eu une guerre
12:11entre l'Éthiopie et l'Érythrée.
12:13Elle avait mené
12:14à l'indépendance
12:14de l'Érythrée en 1993
12:16et cette guerre
12:17avait fait des dizaines
12:19de milliers de morts.
12:21Et c'est la fin
12:22de cette édition.
12:22Merci de nous avoir suivis.
12:24Restez sur France 24.
12:25L'information continue.
12:25En avril 2023,
12:36des défenseurs
12:37des droits
12:37de l'homme kényan
12:38découvrent une secte morbide
12:39dans la forêt
12:40de Chakaola.
12:41Sur place,
12:42ils déterrent
12:42plus de 400 cadavres
12:44ensevelis
12:44dans des fosses communes.
12:46Le pasteur Paul McKenzie
12:47de l'Église internationale
12:48de la Bonne Nouvelle
12:49encourageait ses fidèles
12:50à se laisser mourir de faim
12:51pour rencontrer Jésus
12:53avant que l'apocalypse
12:54ne s'abatte sur terre.
12:55Ici, au Kenya,
12:56la liberté de religion
12:57est absolue.
12:58Les pasteurs
12:59peuvent dire
13:00ce qu'ils veulent
13:00dans leur serment
13:01sans être contrôlés
13:03avec parfois
13:03les conséquences dramatiques
13:05que l'on a vues
13:05à Chakaola.
13:06Un procès est en cours.
13:09Bien retour à Chakaola.
13:10Retrouvez notre reportage
13:11sur France 24.
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