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00:00Il est 10h ici à Paris. Bonjour à toutes et tous. Bienvenue dans Parlons-en. Votre rendez-vous avec l'info qui prend son temps.
00:08Voici les titres de ce mercredi. Il est la principale porte pour les marchandises et les personnes entrant ou sortant de Gaza.
00:14Le point de passage de Rafa. Israël qui le maintenait fermé depuis mai 2024 annonce ce mercredi sa réouverture.
00:20Elle devrait permettre de faire entrer des camions d'aide humanitaires.
00:24Pendant ce temps, le Hamas continue de rendre à la Croix-Rouge qui les rend à Israël des dépouilles d'otages.
00:29Mais bien trop lentement selon les familles.
00:34Sébastien Lecornu propose la suspension au Parlement de la très contestée réforme des retraites.
00:38En espérant assurer la stabilité à son gouvernement et permettre à la France d'avoir un budget pour l'an prochain.
00:44Pareil qui fonctionne politiquement. Pour l'instant, le parti socialiste ne va pas censurer.
00:48On y reviendra dans le journal de 11h.
00:52Et puis à Madagascar, les militaires prennent le pouvoir après la destitution du président Radouel par l'Assemblée nationale.
00:58C'est la scène de Liès, Atananarive où la contestation grondait depuis plusieurs semaines.
01:02Et on va prendre précisément le temps ce matin de s'arrêter sur ce pays qui passe régulièrement sous les radars médiatiques Madagascar et ses 30 millions d'habitants.
01:13Et une histoire marquée depuis l'indépendance en 1960 par les crises politiques.
01:17Celle qu'on est en train de vivre est-elle différente des précédentes ?
01:20Qu'est-ce que la Gen Z, à l'origine de la contestation, peut attendre des militaires qui ont pris le pouvoir ?
01:26Leur mouvement est-il en passe d'être confisqué, comme ça l'a déjà été par le passé ?
01:30Madagascar, coup d'État contre la Genèse.
01:32Question posée ce matin à mes invités.
01:34Catherine Fournay-Guérin, Laure Verneau, Sarik Sénécal et Gaël Bordia.
01:39Bonjour mesdames.
01:39Un plateau 100% féminin, c'est pas si souvent.
01:42On a beaucoup de choses à se dire, c'est Parlons-en.
01:43C'est parti.
01:44Bonjour Catherine Fournay-Guérin, merci beaucoup d'être sur ce plateau.
02:00Vous êtes géographe, professeur à Sorbonne Université, laboratoire médiation, spécialiste de Madagascar.
02:06Avec nous sur ce plateau, Laure Verneau, bonjour à vous.
02:09Bonjour.
02:09Merci d'être là, journaliste à Africa Intelligence, où vous êtes en charge de Madagascar.
02:13Et puis à distance avec nous, évidemment, depuis Madagascar, Gaël Bordia, notre correspondante à Tananarive.
02:20Bonjour Gaël, merci de nous rejoindre.
02:22Et puis Sarik Sénécal, vous êtes membre de la Genèse, ce mouvement qui est à l'origine de la contestation à Madagascar.
02:29Et on est bien sûr très impatients d'entendre votre réaction et vos commentaires sur l'histoire qui s'est accélérée ces dernières heures sur la Grande-Île.
02:38Le nouvel homme fort du pays, donc, est depuis quelques heures un colonel qui a rallié il y a peu le mouvement de contestation populaire.
02:45Et l'histoire qui semble se répéter dans cette grande île où le président Razouel, destitué, était lui-même arrivé au pouvoir dans des circonstances quasi similaires en 2009.
02:56Les dernières images, les derniers faits, d'abord en images avec Thibaut Franceschi.
03:02Après la mutinerie, les événements tournent au cou d'État à Madagascar.
03:07Le CAPSAT, une unité militaire qui a rejoint le mouvement de contestation ce week-end, a annoncé ce mardi prendre le pouvoir.
03:13On va prendre le pouvoir à partir d'aujourd'hui et on dissout, on dissout à partir d'aujourd'hui le Sénat, l'Assemblée nationale.
03:26On la laisse travailler.
03:27Ce qu'on va faire, c'est qu'on va mettre en place un comité, un conseil plutôt, un conseil.
03:35Et ce conseil sera composé des officiers de l'armée, de la gendarmerie.
03:40Les militaires annoncent aussi dissoudre la haute cour constitutionnelle, la haute cour de justice et la commission électorale indépendante.
03:48Un peu plus tôt, l'Assemblée avait voté pour destituer le président, Andra Zohel,
03:52en raison, selon elle, de ses incompatibilités manifestes et de ses conflits d'intérêts,
03:58de nature à porter atteinte à la dignité de la nation et à l'unité nationale.
04:02Dans la rue, l'ambiance est à la fête.
04:05Depuis le 25 septembre, le pays est secoué par des manifestations réprimées contre les coupures d'eau et d'électricité.
04:14Le mouvement s'est mis en une contestation plus générale contre le pouvoir.
04:17C'est difficile à décrire, comme si on avait été malades pendant plein, tellement d'années,
04:25et que là, on nous dit que c'est fini, on est guéri, on a eu un remède, et c'est tellement indescriptible.
04:33Je suis très heureuse, vraiment très heureuse, autant que jeune, ici, qui est via Madagascar.
04:40On est libres maintenant, et nous avons eu la victoire, en fait.
04:44Andra Dzoel a fui, disant craindre pour sa vie, et affirme se trouver dans un endroit sûr.
04:51Selon RFI, il a été exfiltré par un avion militaire français.
04:56La France est d'ailleurs elle-même ciblée par les manifestants,
04:59qui refusent toute ingérence de l'ancienne puissance coloniale.
05:02On va prendre la direction Tananari.
05:05Vous retrouvez, Sarik Sénécal, je le disais, vous êtes membre de cette GNZ militante,
05:09dans ce mouvement qui a commencé cette contestation il y a quelques semaines maintenant,
05:14qui a donc abouti ces dernières heures par cette prise de pouvoir par les militaires.
05:19D'abord, on entendait à l'instant ces jeunes femmes parler d'un pays qui était guéri,
05:25parler de victoire.
05:25Est-ce que c'est votre sentiment aujourd'hui ?
05:29Alors, guéri, pas encore, peut-être en guérison.
05:35Pour l'instant, nous sommes dans un moment où l'avenir n'est pas encore certain.
05:41C'est-à-dire que, certes, nous remercions beaucoup l'action des Capsates,
05:47surtout leur décision de ne pas avoir violenté le peuple.
05:50C'est-à-dire qu'ils sont venus et nous ont soutenus, nous ont menés jusqu'à la place du 13 mai,
05:55la place du 13 mai qui est symbolique.
05:58Et aujourd'hui, nous avons l'impression que le pouvoir revient au peuple.
06:03Néanmoins, guéri, c'est un grand mot, parce que maintenant,
06:08nous attendons de tous les partis qui sont en action aujourd'hui,
06:14de tenir leur promesse, c'est-à-dire de réellement mettre les civils au pouvoir
06:20et de nous mener aussi, nous porter dans ce développement que l'on voulait,
06:25c'est-à-dire le développement d'un pays dans lequel les civils ont leur mot à dire.
06:32Alors précisément, ce Capsates, c'est cette unité militaire,
06:35et on va y revenir, qui avait déjà joué un rôle majeur dans le coup d'État de 2009,
06:40qui avait mené au pouvoir Ange Razouel.
06:42Est-ce que vous les croyez sincères dans la bonne volonté affichée,
06:48effectivement, de n'être qu'une transition pour, à terme, donner le pouvoir aux civils ?
06:54Alors, il y a une grande différence entre ce qui s'est passé en 2009,
07:00ce qui s'est passé en 1972.
07:03Enfin, toutes les fois précédentes, souvent, on entend l'histoire se répète.
07:07Pas exactement, c'est-à-dire que nous avons beaucoup appris de nos erreurs du passé.
07:13Là, ce qu'il se passe depuis le 25, en fait, est mené par les civils,
07:19et non pas par une personne en particulier.
07:21C'est-à-dire qu'en 2009, c'était le parti d'Ange Razouel qui est venu,
07:26qui a incité le peuple à se révolter, et les Capsates qui ont suivi derrière.
07:30Là, il n'y a pas de personne providentielle,
07:33il n'y a pas de personne en particulier qui est venue et qui a demandé à ce qu'on le suive.
07:41Par contre, là où il faut être prudent, c'est sur le fait
07:44que quelqu'un s'impose dès maintenant comme providentiel.
07:48Nous pensons...
07:49Oui, cette absence de leader, c'est à la fois votre force et votre faiblesse ?
07:54Oui, c'est exactement ça, parce que c'est une force,
07:57parce que ça rend le mouvement légitime,
08:00mais c'est une faiblesse parce que quelqu'un peut venir et s'imposer.
08:05C'est vrai que dans des situations de crise comme celle-ci,
08:08et ça ne concerne pas que Madagascar, dans l'histoire,
08:11on voit que dans des situations de crise,
08:13alors là, maintenant, normalement, la crise devrait toucher à sa fin,
08:16mais dans des situations sensibles comme celles de maintenant,
08:20il est très facile, c'est le moment propice,
08:22pour venir et s'imposer comme sauveur.
08:24Précisément, dans le manifeste que j'ai sous les yeux,
08:27vous demandez, et c'est l'un des points auxquels vous tenez,
08:30une démocratie populaire est rejetée, toute récupération,
08:34c'est bien au cœur de votre mouvement.
08:36On va y revenir, bien sûr, sur ce plateau,
08:38mais qui a démarré au départ par des questions d'ordre social,
08:42mais la démocratie populaire, la liberté d'expression,
08:44c'est au cœur de ce que vous demandez ?
08:46– Oui, exactement, c'est ça, la démocratie populaire,
08:52c'est… en fait, le pouvoir se partage dans un cercle fermé
08:58depuis longtemps à Madagascar,
09:00et ce cercle fermé, il exclut les technocrates,
09:06enfin, pas exactement, mais en tout cas,
09:09il ne laisse pas une vraie place pour la liberté d'expression
09:12et la liberté de choix.
09:13Et en fait, ce qu'on aimerait, c'est vraiment avoir une voix,
09:17être entendu dans tout ça et participer dans les idées
09:23à la reconstruction de Madagascar
09:25et peut-être même à la vie politique en général,
09:30c'est-à-dire quelque chose qui revienne au peuple
09:34et qui ne soit pas seulement dans les mains de certains
09:37qui se partagent le pouvoir.
09:39– Sari Sénécal, vous restez avec nous.
09:41Gaëlle Borgia, vous êtes à quelques encablures
09:43de là où se trouve Sari Sénécal à Tananarive.
09:47Quel degré de soutien, ce mouvement,
09:50dont on a entendu l'avoir avec Sari Sénécal,
09:53qui a été lancé par cette jeunesse,
09:55cette jeunesse Gen Z, qu'on a vu aussi au Népal,
09:58on y reviendra, car il y a des points communs
09:59entre tous ces mouvements qu'on a vu aussi au Maroc plus récemment.
10:02Dans quelle mesure ce mouvement est soutenu par les Malgaches ?
10:07Lui qui est un mouvement parti de Tananarive
10:09et parti qui a démarré avec la jeunesse.
10:12– Moi, je pense que tout le monde soutient le mouvement Gen Z.
10:19En tout cas, de ce que j'ai vu ici à Tananarive,
10:23ça fait des années qu'on a des retours de la population,
10:27qu'ils soient étudiants, qu'ils soient médecins, qu'ils soient enseignants.
10:30On a beaucoup de critiques, mais qui sont faites dans l'ombre,
10:34parce que pendant des années, il était très difficile
10:36pour les gens en général de critiquer le pouvoir en place,
10:40parce que pour un simple post Facebook,
10:43on pouvait se retrouver à la gendarmerie,
10:45certaines personnes ont été emprisonnées,
10:47seulement parce qu'elles ont osé s'exprimer sur Facebook.
10:50Mais moi, ce que j'avais dans l'ombre,
10:51les messages que je recevais, c'était beaucoup de critiques.
10:54Donc il était clair que le mouvement Gen Z,
10:56une fois qu'il a explosé,
10:59beaucoup de gens allaient le suivre.
11:00Donc ce n'était pas étonnant que les syndicats,
11:03les associations d'étudiants,
11:06notamment de l'école polytechnique de Vaudvourne,
11:09ou les étudiants d'enquête,
11:11aient suivi le mouvement assez rapidement.
11:13Ça ne m'a pas étonné du tout.
11:14Vous partagez, Gaëlle, mon sentiment,
11:17en écoutant Saint-Exenécal,
11:19de beaucoup d'espoir et une forme aussi de prudence,
11:22voire d'inquiétude,
11:23quant à la façon dont les choses vont tourner
11:26dans les semaines à venir.
11:26– Oui, c'est vrai que c'est très compliqué comme situation,
11:33parce que les militaires du Capsat ont été vus comme des héros.
11:36Ils ont, quelque part, libéré le peuple de cette oppression.
11:43Donc depuis cette mutinerie,
11:45ils sont applaudis partout où ils passent,
11:48ils s'expriment à la tribune au 13 mai.
11:51Ils ont vraiment le champ libre.
11:52Mais effectivement, on voit que la Gen Z n'est pas dupe.
11:56Et c'est pour ça que, dès le début du mouvement,
11:58ils ont dit « attention aux récupérations politiques,
12:01attention aux leaders, à ces députés,
12:04ces maires qui se s'incrutent ».
12:08On peut, quelque part, dans ce mouvement
12:09qui, à la base, était apolitique.
12:10Donc, je pense que c'est beaucoup utile
12:17pour les militaires de ne pas tenir leurs engagements,
12:23parce que la Gen Z a prévenu.
12:24Ils continuent dans les questions
12:26si leurs demandes ne sont pas satisfaites.
12:31– Jean-Gia, vous restez avec nous, bien sûr.
12:32On va essayer de rétablir une connexion meilleure.
12:36Laure Verneau, sur ce qui vient d'être dit,
12:37« Est-ce qu'il faut avoir peur des capsates
12:41ou des militaires en général ?
12:43Est-ce qu'ils vont tenir parole ? »
12:46C'est les questions que l'on se pose ce matin.
12:48– Comme disait Gaëlle,
12:50tous les scénarii sont ouverts pour l'instant.
12:52C'est, en effet, une unité militaire très spécifique
12:54au sein de l'armée de terre malgache
12:57qui a été impliquée, vous l'avez dit,
12:58dans la mutinerie de 2009.
13:02Maintenant, ils ont déclaré
13:04qu'ils voulaient faire un gouvernement,
13:06je crois, de transition de 24 mois,
13:09renouvelable un an, il me semble.
13:13En fait, c'est un risque qui existe.
13:15Mais de ce que j'ai comme information,
13:20pour le moment, j'ai l'impression
13:20que ce n'est pas encore le cas.
13:22– Est-ce que cette Gen Z,
13:23Catherine Fournay-Guérin,
13:25comme le disait Gaëlle Borgia à l'instant,
13:28est peut-être plus vigilante,
13:30moins dupe, disait Gaëlle,
13:32par rapport à d'autres générations
13:34qui ont vécu d'autres coups d'État à Madagascar
13:37et elle a, dans sa besace,
13:40plus de moyens de pression que par le passé ?
13:43– Alors, pas dupe, c'est certain.
13:45Moins dupe, je ne sais pas.
13:46Je ne pense pas que les gens de 72 étaient dupes.
13:49C'était un très fort mouvement
13:51atana et estudiantin
13:52qui lui-même suivait une révolte
13:54dans le sud-ouest de Madagascar,
13:56une révolte vraiment dans les campagnes
13:58qui avait été sévèrement réprimée.
14:00Je ne pense pas que les gens soient dupes,
14:02ça c'est certain,
14:03mais qu'il ne l'ait jamais été,
14:04ce n'est pas sûr.
14:04Par contre, ils n'ont pas eu de chance.
14:05Enfin, ils n'ont pas eu de chance
14:06ou plutôt leur mouvement a été volé.
14:09Et ce que disait tout à l'heure Sarika,
14:12c'est très net, effectivement.
14:13Il y a la crainte.
14:14Et elle est totalement fondée, me semble-t-il,
14:16si on regarde les expériences passées.
14:17Est-ce que vous, vous croyez
14:19que ce qui est en train de se passer là
14:20ces dernières heures, ces derniers jours
14:21est en ce sens différent
14:23de ce qu'on a vu par le passé ?
14:24C'est vrai qu'on a beaucoup entendu
14:25ces dernières heures,
14:26l'histoire se répète à Madagascar.
14:28Est-ce qu'elle se répète ?
14:29L'histoire ne se répète jamais telle qu'elle.
14:30Mais par contre, l'expérience passée
14:32des situations non pas identiques,
14:37mais analogues,
14:38montrent que de fait,
14:39ça s'est toujours terminé
14:41par la prise de pouvoir par une personne,
14:44soit un militaire,
14:45soit plus récemment un homme d'affaires,
14:47depuis le début du XXIe siècle,
14:49et que le mouvement qui avait populaire
14:51n'a plus eu voie au chapitre.
14:53Parce que, Sarek Sénécal,
14:55vous êtes encore avec nous, je l'espère.
14:57Dans votre manifeste,
14:58vous dites que votre mouvement Gen Z
15:00est un mouvement révolutionnaire.
15:02Il est vrai que dans un futur très proche,
15:04ni le personnel politique malgache,
15:07ni les forces de l'ordre malgaches
15:09n'ont changé,
15:10avec les mêmes ingrédients.
15:12Est-ce qu'on ne produit pas
15:13le même système ?
15:16Alors, il y a eu beaucoup de critiques
15:18de ce qu'on appelle
15:19les dinosaures politiques.
15:24En fait, là maintenant,
15:26les débats portent sur
15:27comment est-ce qu'on va composer
15:29aujourd'hui avec ce qui se passe.
15:31C'est-à-dire comment changer les choses
15:35de manière durable
15:37sans mettre la population en danger.
15:42C'est vrai que c'est très compliqué
15:43parce que nous sommes jeunes,
15:47nous sommes très jeunes,
15:48nous n'avons pas l'âge d'entrer
15:50sur le marché de la politique,
15:53mais nous essayons,
15:56coûte que coûte,
15:57d'avoir une voix
15:58au sein de ceux qui sont déjà en place.
16:00C'est-à-dire que nous sommes réalistes,
16:03nous ne pourrons pas être désignés
16:05quelqu'un de la GNZ
16:06pour être président demain
16:07ou même tenir un ministère.
16:10Mais par contre,
16:12nous pouvons essayer de...
16:15En ce moment,
16:16avec tout ce qui se passe,
16:17il y a quelque chose qui a changé,
16:20c'est que nous avons récupéré
16:21l'unicité du peuple.
16:23Il y a beaucoup de...
16:24Rien que dans les quartiers,
16:26il y a des personnes qui...
16:29Avec les menaces de pillage,
16:32des personnes faisaient
16:33et faisaient le guet
16:35dans la nuit,
16:36tous ensemble
16:37pour surveiller,
16:39on accueille,
16:40on aide.
16:41Et en fait,
16:42on pense que dans cette
16:43unicité nouvelle,
16:45on peut réussir
16:46à dialoguer
16:46avec tous les partis
16:47qui sont déjà en place.
16:49Vous dites que vous êtes jeune,
16:50Sarik Sénécal,
16:51il faut dire que vous êtes
16:52à l'image de votre pays.
16:54Je crois que l'âge médian
16:54à Madagascar,
16:55c'est 20 ans.
16:57Là-dessus,
16:58Gaël Borgia,
16:58on évoquait les forces
16:59et les faiblesses
17:00de ce mouvement,
17:01effectivement,
17:01qui n'a pas de leader revendiqué,
17:03qui n'a pas à ce stade,
17:04et c'est bien la différence
17:05avec 2009,
17:06où le mouvement
17:07a été emmené
17:08par Ange Razouel,
17:09qui à l'époque
17:09était très populaire
17:11et puis on sait
17:11comment l'histoire
17:12a tourné.
17:13Les forces
17:13et les faiblesses
17:14de ce mouvement,
17:15c'est de ne pas avoir
17:16de leader.
17:17Comment précisément
17:18on peut transformer
17:19ce mouvement populaire
17:20en une proposition
17:21politique
17:22qui pourrait s'insérer
17:23dans les institutions
17:26malgaches
17:26telles qu'elles existent
17:27aujourd'hui ?
17:28Là,
17:32c'est tout le défi
17:32de ce nouveau
17:33Conseil
17:34de défense nationale
17:36de transition.
17:37Ils ont dit
17:37qu'ils voulaient
17:38dissoudre
17:39quasiment
17:40toutes les institutions,
17:41la Commission électorale
17:42nationale indépendante.
17:43Je rappelle
17:43qu'elle était accusée
17:45d'être partielle,
17:47d'être inféodée
17:48à Andrade Zouel.
17:50Ils ont décidé
17:51de dissoudre
17:52le Sénat,
17:53dont on sait
17:54que le président
17:55était un très proche
17:56d'Andrade Zouel.
17:58Ils ont annoncé
17:59la dissolution
18:00de la haute cour
18:01de justice.
18:02Donc,
18:02on voit bien
18:03qu'il y a quand même
18:03une volonté,
18:04en tout cas,
18:05une annonce
18:05de changement radical.
18:08Mais ce qui est
18:08un peu inquiétant,
18:09c'est que quand même
18:10hier,
18:11au CAPSAT,
18:12où j'y étais,
18:13dans la base militaire
18:14du CAPSAT,
18:15il y avait
18:15beaucoup de politiques.
18:18Il y avait
18:18le vice-président
18:19de l'Assemblée nationale
18:20qui est un opposant
18:21d'Andrade Zouel
18:22depuis plusieurs années.
18:23Il était candidat
18:24à la présidentielle
18:25en 2023.
18:25Il y avait aussi
18:27Roland Ratsir,
18:28qui est un opposant
18:29et ancien candidat
18:30à la présidentielle.
18:31Il y avait
18:32des anciens ministres.
18:33Vraiment,
18:34il y a quand même,
18:37et moi,
18:37j'ai quand même
18:37eu le sentiment
18:38que des vieux crocodiles
18:40de la politique
18:41venaient manger
18:43un peu une part
18:43du gâteau.
18:44Donc,
18:45je ne sais pas
18:46comment ça va se passer,
18:47mais effectivement,
18:49là,
18:49en tout cas,
18:50hier,
18:50il n'y avait pas
18:51de représentants
18:52de la GNZ
18:53dans la base militaire
18:54du CAPSAT.
18:54Vous voyez,
18:55c'est quelque chose
18:56qui est devenu politique
18:57et c'est ça
18:58qui peut paraître
19:00un peu inquiétant.
19:01Alors,
19:02quels sont aujourd'hui
19:03précisément là-dessus
19:04l'or verneau ?
19:05Y a-t-il eu un lien ?
19:08Y a-t-il des contacts ?
19:09Y a-t-il des discussions
19:09entre cette GNZ
19:11dont on a dit,
19:12ce mouvement
19:13dont on a dit
19:13qu'il n'avait pas de leader,
19:14pas de porte-parole
19:16a priori,
19:17et ces militaires ?
19:18Il faudra bien
19:18qu'il se parle
19:19si effectivement
19:21la volonté des militaires
19:22est celle-ci,
19:22il faudra bien
19:23qu'il se parle ?
19:24Peut-être que Gaëlle
19:25répondrait mieux
19:26à votre question
19:26puisqu'elle est sur le terrain,
19:27mais moi,
19:28de ce que j'ai
19:28comme information,
19:29c'est qu'a priori,
19:31c'est deux canaux distincts,
19:33c'est deux mouvements
19:34très distincts,
19:35comme l'expliquait Gaëlle.
19:37La GNZ,
19:38c'était déjà
19:38une contestation populaire
19:41qui est comme
19:42un espèce de mouvement
19:43de fond finalement
19:45sur lesquels
19:45s'est greffée
19:46une contestation militaire.
19:49Donc, de là où je suis,
19:51je vois ça pour l'instant
19:52comme deux canaux
19:52assez différents,
19:53même s'ils se rejoignent
19:54dans les revendications.
19:56Sarah Xenékal,
19:57vous vous parlez,
19:58vous êtes parlé
19:59avec le CAPSAT,
19:59quelqu'un de votre mouvement
20:01a parlé ?
20:03Il y a eu des discussions,
20:04des contacts ?
20:05Oui, bien sûr.
20:07Évidemment,
20:07il y a eu des contacts.
20:10Il va encore y avoir
20:11des contacts.
20:12On est parti
20:13sur plusieurs jours
20:15de négociations.
20:20Néanmoins,
20:21comme j'aimerais revenir
20:22sur ce que Gaëlle a dit,
20:24Gaëlle Borgia a dit
20:25par rapport
20:26à la récupération politique
20:28qui est quelque chose
20:29que l'on critique
20:31fermement
20:32depuis le tout début
20:33de notre mouvement.
20:34on parlait
20:35d'être dupe,
20:37personne n'est dupe,
20:38mais les jeunes vêtres
20:39sont très,
20:40très,
20:40très préparés
20:43contre la récupération politique
20:45et en sont très critiques.
20:48Le problème étant
20:50qu'en effet,
20:51hier,
20:52il y a eu,
20:53alors,
20:53il y a eu une présence,
20:55mais une présence
20:56un peu,
20:59comment dire ça,
21:02on a un collectif
21:04avec les jeunes
21:06du pays
21:06et il y a eu
21:07des présences
21:08de jeunes,
21:09mais la présence
21:10n'a pas été
21:11vraiment
21:11très encadrée,
21:13très,
21:15on n'était pas vraiment
21:16dans une discussion
21:16comme on l'envisage
21:18et donc,
21:19ces discussions-là
21:19vont continuer
21:20dans les jours à venir.
21:23On est
21:23plus ou moins optimiste
21:26par rapport au fait
21:26de pouvoir parler
21:27avec la CAPSAT.
21:29Maintenant,
21:29en effet,
21:30on reste toujours
21:31vigilants
21:31par rapport
21:32à la récupération
21:32politique.
21:33J'aimerais bien,
21:34Catherine Fournégérin,
21:35parce que c'est aussi
21:36le principe de cette émission
21:37qu'on remonte le fil
21:38et qu'on explique
21:39comment on en est
21:40arrivé là.
21:42Ce mouvement
21:42de contestation
21:43a été lancé
21:43à la fin du mois
21:44de septembre,
21:45d'abord contre
21:46des coupures d'eau
21:47et des coupures
21:48d'électricité
21:49et puis il s'est
21:50progressivement
21:52gonflé
21:52de revendications
21:54démocratiques
21:55plus larges.
21:56Expliquez-nous
21:56comment on a glissé
21:57de ce point de départ
21:59qui était très matériel,
22:00très concret
22:01à des choses
22:01avec plus d'envergure ?
22:03C'est plus
22:05Sarika
22:07qui pourrait nous le dire,
22:08comment le glissement
22:08s'est opéré,
22:09mais de fait,
22:11le point de départ
22:12était ce que vous disiez,
22:13c'est-à-dire des conditions
22:13matérielles perçues
22:14comme insupportables
22:15et très rapidement,
22:17un mouvement
22:17de contestation
22:18en a entraîné
22:19un autre
22:20et donc a des revendications
22:21politiques.
22:21Je pense que le glissement
22:22s'est fait assez rapidement.
22:24De fait,
22:24on a vu
22:25au bout de quelques jours
22:26seulement
22:27des appels
22:29au départ du président
22:30puisque le pouvoir
22:31était très personnalisé.
22:33Mais vous,
22:33la géographe
22:33qui connaissez bien
22:34Madagascar,
22:35c'est un pays
22:36qui est l'un des plus
22:37pauvres du monde,
22:38marqué par des inégalités
22:40assez extraordinaires
22:42au sens premier du terme,
22:43n'est-ce pas ?
22:44Alors,
22:45situation de pauvreté,
22:46oui,
22:46extrêmement importante,
22:47à la fois dans la capitale
22:48où là,
22:49il y a des très fortes
22:49inégalités sociales
22:50entre les villes
22:52et les campagnes.
22:53Il faut voir
22:53que l'état des campagnes
22:54est vraiment très,
22:55très, très, très mauvais
22:56avec pas d'accès à l'éducation,
22:58souvent pas d'accès routier.
22:59Les gens doivent marcher
23:00des dizaines de kilomètres
23:01pour accéder à la route,
23:03pas d'accès à la santé
23:04ou très médiocre.
23:05Alors,
23:05c'est différent en ville
23:06où la misère
23:06va être extrêmement visible
23:07en raison des inégalités
23:09de fait.
23:09mais oui,
23:11la population malgache
23:12est dans une situation
23:13collectivement mauvaise,
23:15très mauvaise
23:16et ce,
23:17mais depuis très,
23:17très longtemps.
23:18En fait,
23:18ça,
23:18c'est ce que disent
23:19toutes les personnes
23:20qui s'expriment
23:21le disent.
23:22Une population malgache,
23:25Gaëlle,
23:25qui ne récolte
23:27absolument aucun,
23:29ou en tout cas,
23:30dans son immense majorité,
23:32les fruits
23:32d'une forme de développement
23:34et de croissance
23:35qui est accaparée,
23:36comme le rappelait tout à l'heure,
23:38sa règle sénégale
23:38par une petite minorité.
23:43Oui,
23:44c'est ça.
23:44En fait,
23:45moi,
23:45ce que j'ai vu
23:47dans le mouvement
23:48Jeanne Z,
23:49c'est en fait
23:52l'étincelle.
23:53C'est l'étincelle
23:54que tout le monde
23:54attendait
23:55pour exprimer
23:56son ras-le-bol.
23:57Donc,
23:58une fois que
23:59ce mouvement
24:00a été lancé,
24:01que les jeunes
24:01sont descendus
24:02dans la rue,
24:03tout le monde,
24:04en fait,
24:04s'est lâché.
24:06Et moi,
24:07pendant les interviews,
24:08j'étais assez choquée
24:09de voir à quel point
24:10les manifestants
24:13avaient,
24:13en fait,
24:14intériorisé
24:15un désespoir,
24:18une haine
24:18vraiment
24:19du gouvernement
24:20et du président.
24:23Et je me suis demandé
24:24mais pourquoi,
24:25pourquoi toutes ces années,
24:27ils n'osaient pas parler,
24:28ils n'avaient rien dit.
24:30Et ils me disaient
24:31on n'osait pas,
24:32alors si le voisin se tait,
24:34moi aussi je me tais,
24:36on n'ose pas.
24:36Et c'est à partir
24:37du moment
24:38où ces jeunes
24:40en fait
24:41se sont formés.
24:43Il faut savoir
24:43que le mouvement
24:45Gen Z
24:45a été fondé
24:47par des jeunes
24:48qui ne s'étaient
24:49jamais vus.
24:50Pour avoir parlé
24:51avec un des fondateurs
24:52hier,
24:53ils ne connaissaient pas,
24:54enfin,
24:54ils n'avaient jamais vu
24:55en personne
24:56celui qui a créé
24:57la page
24:58Gen Z Madagascar
24:59Facebook.
25:01Et donc,
25:01c'est à partir
25:02de cette petite étincelle,
25:03c'est quelqu'un
25:03qui a osé
25:04créer cette page
25:07et qui a permis
25:08à tout le monde
25:08en fait
25:09d'exprimer
25:11vraiment
25:12ce qu'ils ressentaient.
25:13C'est vrai que
25:13Sénécal,
25:14pour remontir
25:15sur ce que Gaël
25:15vient de dire,
25:16Gaël Borgia,
25:17il y avait une forme
25:18de peur jusqu'ici
25:19ou une forme
25:20d'auto-censure
25:22d'exprimer
25:22ce désespoir
25:24et je comprends
25:25de ce désespoir
25:26un millefeuille
25:27de revendications
25:30ou de sources
25:31de colère.
25:34Alors,
25:36je suis dans
25:36le mouvement
25:37Gen Z
25:38depuis le tout début,
25:39c'est-à-dire
25:39dès la création
25:40et je peux vous dire
25:42un peu
25:42pourquoi est-ce que
25:43nous avons osé parler
25:45et avant ça,
25:47nous n'osions pas parler.
25:49En fait,
25:51il y a une sorte
25:52de
25:52résignation
25:54surtout des générations
25:57précédentes,
25:58c'est-à-dire
25:59que
26:00les générations
26:01précédentes
26:02et dont
26:03mes parents
26:04nous décourageaient
26:07à parler
26:07parce qu'ils étaient
26:09résignés,
26:09ils avaient vu
26:10l'histoire se répéter,
26:11ils avaient vu
26:12qu'ils avaient beau
26:14dire ce qu'ils voulaient,
26:15ça n'allait rien changer
26:16et surtout,
26:17ils avaient peur,
26:18peur du gouvernement
26:19qui était en place,
26:20qui nous empêchait,
26:22qui nous enlevait
26:23toute liberté d'expression
26:24avec le délit
26:26de presse,
26:27puis nous savions
26:28que parler
26:29à haute voix
26:30de ceux
26:31qui ont
26:31la minorité
26:32qui ont le pouvoir,
26:34la minorité
26:35qui a le pouvoir,
26:36pardon,
26:37eh bien,
26:37c'était
26:37s'engager
26:40dans quelque chose
26:41qui allait nous échapper
26:42des mains.
26:44Ce qui a été différent
26:45avec nous,
26:46c'est que nous étions jeunes,
26:47donc téméraires
26:48et en plus de ça,
26:50nous sommes influencés
26:51par les réseaux sociaux
26:52qui nous donnent
26:53une sorte d'impression
26:56de liberté
26:57et de puissance.
27:00Et donc,
27:01nous nous sommes...
27:02Pardon ?
27:03Est-ce que ce qui s'est passé
27:03au Népal,
27:04ma question est rhétorique
27:05puisque vos mouvements
27:06portent le même nom,
27:07est-ce que le courage
27:09des Népalais,
27:10le fait qu'ils dépassent
27:11aussi une forme de peur,
27:13vous a encouragé
27:14et inspiré ?
27:15Évidemment,
27:17évidemment.
27:18Et puis,
27:18même pendant le mouvement,
27:20on a aussi été porté
27:21par la génération Z
27:23du Maroc aussi.
27:26Le fait de...
27:27C'est comme...
27:29C'est presque comme
27:30le printemps des peuples,
27:32mais version jeudi.
27:34C'est-à-dire qu'on est porté
27:36par le fait
27:36de ne pas être seul
27:37dans tout ça.
27:38Le fait de voir aussi,
27:40ça permet de se comparer,
27:41se dire qu'est-ce qu'on fait bien,
27:42qu'est-ce qu'on fait mal.
27:43Et le mouvement
27:47à proprement parler
27:48a été créé
27:51et est né
27:52le 13 septembre exactement.
27:54Vous vous êtes retrouvée
27:55à discuter avec des Népalais
27:57ou avec des Marocains
27:58ces derniers jours ?
28:00Oui, on a discuté
28:01alors déjà
28:02sur les réseaux sociaux.
28:04On se soutient,
28:05on commente
28:05nos publications,
28:07on sait qu'on se soutient.
28:09Il y a aussi eu
28:10des contacts
28:11pour se demander
28:11comment est-ce que
28:12ça s'est passé
28:13chez vous ?
28:14Je sais que
28:15dans la formation
28:17de notre Discord,
28:18parce que c'est une application
28:19Discord
28:20où on peut
28:22tous communiquer,
28:23nous nous sommes inspirés
28:24du Discord marocain
28:26pour essayer
28:28de se reformer.
28:30On a été en contact
28:30avec des Népalais.
28:32Enfin voilà,
28:33c'était...
28:34Oui.
28:34Et puis il y a bien sûr
28:35aussi ce drapeau
28:36de ralliement
28:37autour du pirate
28:38de One Piece.
28:39C'est un manga
28:40japonais
28:41et c'est vrai
28:42qu'on l'a vu fleurir
28:43ce drapeau de pirate
28:44l'or verneau
28:45et au Népal
28:46et à Madagascar
28:48et au Maroc.
28:50Qu'est-ce que vous avez
28:50l'impression là,
28:51effectivement,
28:52pour reprendre
28:53les propos de
28:54Sarik Sénécal,
28:55qu'on vit une espèce
28:55de printemps arabe
28:57mais générationnel
28:58autour d'une jeunesse
29:01qui précisément
29:02n'a plus peur ?
29:03Oui, ça donne cette impression.
29:05Comme le disait
29:05très bien Sarik,
29:07c'est une génération
29:08qui se regroupe
29:09autour de codes communs
29:11que les générations
29:12précédentes n'avaient pas.
29:13C'est-à-dire,
29:13premièrement,
29:14je pense,
29:15Internet
29:16qui leur permet
29:17d'avoir accès
29:17à plein de pratiques
29:19différentes
29:19dans beaucoup
29:20de pays différents
29:21et du coup,
29:22peut-être que ça leur a permis
29:23aussi de se construire
29:24une conscience politique
29:25et de bâtir
29:27un énervement
29:28beaucoup plus profond
29:29et ils se retrouvent
29:29autour aussi
29:30de codes
29:31de culture populaire.
29:33Vous parliez en effet
29:33du manga One Piece,
29:35oui, en effet.
29:36Là-dessus,
29:37Catherine Fournégérin,
29:38sur cette jeunesse
29:39à la fois politisée
29:41et puis allégée
29:43peut-être
29:43du poids de la peur
29:45des générations précédentes ?
29:47Alors ça,
29:49je ne sais pas.
29:50Par contre,
29:51si on se replace
29:52dans le temps plus long,
29:53on voit que,
29:54alors c'est certain
29:54qu'il y a aujourd'hui
29:55des modes de communication
29:56très internationalisés.
29:58Dans le même temps,
29:58on voit aussi
29:58qu'il y a
29:59une inscription
30:00très malgache nationale
30:02avec par exemple
30:02le chapeau
30:03qui était un chapeau
30:04d'une région rurale
30:06de Madagascar
30:06qui n'est pas le même.
30:08Et puis,
30:08si donc le temps long
30:09nous montre
30:10qu'avant Internet,
30:11il y avait également
30:11des révolutions,
30:13par exemple celle de 72
30:14pour Madagascar
30:15qui elle-même
30:16s'inscrivait
30:16dans un grand mouvement
30:17en 1968 international
30:18aussi de contestation
30:20de la guerre au Vietnam
30:20qui avait suscité
30:22énormément d'espoir
30:23et vu d'Europe,
30:24on avait l'impression
30:24que ça ne concernait
30:25que l'Occident.
30:26Et de fait,
30:27il y a eu énormément
30:27de soulèvements
30:29dans des pays,
30:30par exemple,
30:30d'Afrique,
30:31dans des jeunes pays
30:31ayant récemment
30:33recouvré leur indépendance.
30:35Oui,
30:35ce que vous dites
30:35c'est que de tout temps
30:36la jeunesse
30:37est politique
30:38et politisée.
30:40En tout cas,
30:40de tout temps,
30:41la jeunesse
30:41réussit à s'organiser
30:43pour contester
30:44un ordre établi
30:44qui est jugé
30:46néfaste
30:46pour un territoire national
30:48voire de fait
30:49avec des revendications
30:51qui sont internationales.
30:52Je pense qu'il y a
30:52vraiment une articulation
30:53entre l'international
30:55et le national
30:56mais qui sont à-dire
30:57différenciés
30:57puisque chaque situation
30:58est extrêmement différente
30:59dépend du contexte politique,
31:01historique,
31:01culturel.
31:02Un mot,
31:03Gaëlle Borgia,
31:06de la situation
31:07d'Ange Razouel.
31:08Selon nos confrères
31:09de RFI,
31:10il a donc quitté
31:12Madagascar
31:12dans un avion
31:13militaire français.
31:15Information
31:15non confirmée
31:16ni par lui-même
31:17qui a pris la parole
31:18il y a 48 heures
31:19ni par la présidence française.
31:20Le président français
31:21qui d'ailleurs
31:21lundi évoquait
31:22un ordre institutionnel
31:24qui devait être maintenu.
31:26On a entendu aussi
31:27beaucoup de critiques
31:27à l'égard de la France
31:29avec ce puissance colonial
31:30à Madagascar
31:32et à nouveau
31:33cette jeunesse
31:34qui refuse
31:35les ingérences
31:37quelles qu'elles soient.
31:38Qu'est-ce qu'on peut dire là-dessus ?
31:40Oui, c'est une question
31:43très complexe
31:44puisque
31:45nous-mêmes ici
31:47on n'a pas réussi
31:48à vérifier
31:49à 100%
31:50l'information
31:51selon laquelle
31:52Andrade Zouane
31:53a bien été exfiltré
31:54par un avion militaire
31:56français
31:56mais tout porte à le croire
31:58et notamment
31:58ce qui laisse porter
32:04à croire
32:04qu'il a bien été exfiltré
32:06c'est un décret
32:07qui a été publié
32:09le jour de son départ
32:11à travers lequel
32:13il offre
32:16une remise de peine
32:16totale
32:17exceptionnelle
32:18à 8 prisonniers
32:19et parmi ces 8 prisonniers
32:22il y a deux français
32:24qui avaient été condamnés
32:26en 2021
32:28pour atteinte
32:28à la sûreté de l'État
32:29tentative de coup d'État
32:30et donc
32:31ce que
32:32beaucoup pensent
32:34que
32:34Andrade Zouane
32:36a été exfiltré
32:36par la France
32:37en échange
32:38de certaines conditions
32:39dont
32:40la libération
32:41de ces deux prisonniers
32:42français
32:43donc c'est ce qui sème
32:45le doute
32:45par exemple
32:46et qui
32:48met beaucoup de monde
32:50en colère
32:50c'est-à-dire que
32:51parmi les manifestants
32:52on nous dit
32:53que la France
32:54n'avait pas à s'ingérer
32:56dans les affaires politiques
32:57de Madagascar
32:57en effet
32:58on nous dit
33:00qu'Andrade Zouane
33:01n'avait pas
33:02à gracier
33:03des prisonniers
33:04pour son intérêt personnel
33:05pour sa sécurité
33:06et ce qui est aussi critiqué
33:10c'est le fait
33:11qu'Andrade Zouane
33:12utilise
33:13sa double nationalité
33:14pour pouvoir
33:15échapper à la justice
33:16donc ça
33:16ce que je vous dis
33:17c'est vraiment
33:17un propos que j'ai entendu
33:19parmi les manifestants
33:20qui disent
33:21en gros
33:21quand ça l'arrange
33:22il ne gâche
33:23et quand le vent tourne
33:24il fait valoir
33:25sa nationalité française
33:26pour pouvoir
33:26partir
33:27et être protégé
33:29par la France
33:30donc ça
33:30ça énerve
33:32effectivement
33:33depuis 2014
33:34et effectivement
33:36pour préciser
33:37ce que vous disiez
33:37à l'instant
33:38on n'a pas confirmation
33:39alors on se parle
33:39de l'endroit
33:40où se trouve
33:40Orge Razoulay
33:41sauf si vous en avez
33:42vous avez des infos
33:43d'envers dans là-dessus
33:44non plus que ça
33:45je pense qu'on navigue
33:46un peu tout sa vue
33:47sur cette affaire
33:48mais ce qui est intéressant
33:49de constater
33:49c'est comment en fait
33:51le diplomatique
33:52peut avoir des conséquences
33:53directes sur le quotidien
33:54des gens
33:55en particulier
33:56des français expatriés
33:58à Madagascar
33:58parce qu'en fait
33:59cette espèce de flou
34:01entretenu par les autorités
34:02françaises
34:03il alimente
34:04un ressentiment
34:05anti-français
34:06qui est historique
34:06mais comme dans plein
34:07d'anciennes colonies
34:09d'anciennes colonies françaises
34:11et certaines personnes
34:12ont un peu peur
34:13peut-être des répercussions
34:14et peut-être qu'à terme
34:16concrètement ça pourrait
34:17comment ça pourrait
34:19avoir des conséquences
34:20sur la vie des français
34:21les entreprises
34:22etc
34:22alors ce n'est qu'une facette
34:24de la situation
34:25mais c'est quand même
34:26un élément à prendre en compte
34:27je pense
34:27sachant
34:27que parmi
34:29les raisons de la colère
34:31j'allais dire
34:31les raisons de la colère
34:32il y a aussi
34:33la question
34:34de ce téléphérique
34:35de Tananarive
34:36construit
34:37pour 150 millions d'euros
34:39et financé pour partie
34:41par le trésor français
34:42ça a participé
34:43de ces critiques
34:45de complaisance
34:48ou en tout cas
34:48de liens
34:49qui ne se défont pas
34:50entre Madagascar
34:52et l'ancien colonisateur
34:54oui le téléphérique
34:58alors
34:58ce n'est pas vraiment
34:59la raison principale
35:02mais
35:02c'est plus
35:03une matérialisation
35:06de ce qui ne va pas
35:07à Madagascar
35:08selon les malgages
35:09c'est-à-dire que
35:11la situation
35:12à Tananarive
35:13et
35:15comment dire ça
35:18les rues
35:19sont
35:19toutes
35:20détruites
35:22et non pas
35:24par les manifestations
35:25tout simplement
35:25elles ne sont pas
35:26entretenues
35:27la ville a besoin
35:28d'un assainissement
35:29les peuples
35:31sont les uns
35:32sur les autres
35:34le téléphérique
35:36avis personnel
35:39oui certes
35:40ça peut aider
35:41mais ce n'est pas
35:42la priorité
35:43oui voilà
35:44ce n'est pas une priorité
35:46et la colère
35:48des malgages
35:48elle s'est
35:49retranscrite
35:50le 25
35:51ils ont brûlé
35:53une des stations
35:54téléphériques
35:55là-dessus
35:56Catherine Fournegain
35:57à propos du téléphérique
35:59oui à propos
36:00de ce que ça dit
36:00de ce que ça dit
36:01de l'allocation
36:01des ressources
36:03de la façon
36:04dont des projets
36:05sont favorisés
36:06par rapport
36:07à l'immensité
36:08de la tâche
36:08dans le pays
36:09oui de fait
36:10alors à Tanan
36:11c'était extrêmement
36:11visible
36:12et le tarif annoncé
36:14était très très cher
36:154 ou 5 fois
36:16le prix du trajet
36:17en minibus
36:18qui est déjà
36:18très cher
36:19pour la plupart des gens
36:20il n'y a pas d'abonnement
36:20c'est un système
36:21uniquement privé
36:22il n'y a pas de tarif étudiant
36:23par exemple
36:24il y a d'autres projets
36:25qui étaient des projets
36:26présidentiels également
36:27celui d'une nouvelle capitale
36:28qui là aussi
36:29n'a pas suscité
36:30une énorme contestation
36:31je pense au niveau national
36:32mais qui localement
36:33a eu de l'importance
36:34et d'ailleurs
36:34il y a eu des manifestations
36:35qui sont venues
36:36de cette localité rurale
36:37de l'ouest
36:38les gens ont marché
36:3830 km à pied
36:39emmenés par le maire
36:40fin septembre
36:42très rapidement
36:43après le 25 septembre
36:44pour montrer
36:44leur hostilité
36:46à ce projet
36:46qui était piloté
36:48dans la plus grande opacité
36:49il y a également
36:49de l'opacité
36:50sur le projet d'autoroute
36:51alors l'autoroute
36:52c'est plus complexe
36:53parce qu'il y a vraiment
36:54une nécessité
36:54le Madagascar
36:55est l'un des rares états
36:56au monde
36:57qui n'a pas du tout
36:57d'autoroute
36:58il y a une voie rapide
36:59qui contourne
37:00en partie la capitale
37:01mais il n'y a pas
37:02d'autoroute
37:04réellement
37:05au sens
37:05à l'échelle
37:06de l'île
37:07donc oui
37:08il y a un certain nombre
37:09de projets comme ça
37:10qui étaient perçus
37:10comme pas du tout
37:11prioritaires
37:12et le télécabine
37:14en fait
37:14il a été bien montré
37:16qu'il aurait une utilité
37:17mais pour
37:18des hommes d'affaires
37:19éventuellement
37:19des étudiants
37:20selon un autre trajet
37:21qui était prévu
37:22ultérieurement
37:23mais pas
37:24il dessert
37:25en fait
37:25des zones d'affaires
37:26et les zones
37:27des ministères
37:28par exemple
37:28mais c'est très probable
37:30que la majorité
37:31de la population
37:32ne pourrait pas
37:33ne pourrait pas
37:33On en revient à la question
37:34de l'entre-soir
37:35et de la minorité
37:36qui profite
37:38d'un pays
37:39Gaël Borgia
37:40qui a
37:40on le rappelait
37:41qui est l'un des pays
37:43les plus pauvres du monde
37:44avec une population
37:44très jeune
37:45et pourtant
37:46c'est un pays
37:46qui a des ressources
37:47Oui
37:51c'est souvent
37:52la critique
37:53qu'on entend
37:54c'est comment
37:55un pays
37:55comme Madagascar
37:56qui a de l'or
37:58du saphir
37:59c'est le premier exportateur
38:00de saphir au monde
38:01il y a du fioul lourd
38:04il y a du grafite
38:05il y a
38:06vraiment tout un tas
38:08de ressources
38:09minières
38:10comment ce pays
38:11peut être
38:13aujourd'hui
38:14le plus pauvre au monde
38:15et comment
38:17ce pays
38:17a pu
38:18s'appauvrir
38:19en 60 ans
38:20sans
38:20Voilà
38:24malheureusement
38:24un problème de liaison
38:25avec Gaël Borgia
38:26mais peut-être
38:26vous pouvez poursuivre
38:27Laure Verneau
38:27sur le même propos
38:28un pays
38:29qui a des ressources
38:30et dont la population
38:31ne profite absolument
38:32pas aujourd'hui
38:33voire
38:33dont la situation
38:34économique
38:35ne se dégrade
38:37peut-être pas
38:38mais en tout cas
38:38ne va pas
38:38en s'améliorant
38:39Ne va pas
38:40en s'améliorant
38:40et souvent
38:42on parle
38:42du fameux chiffre
38:43de la Banque mondiale
38:44qui dit que 75%
38:45de la population
38:46malgache
38:46vit avec moins
38:47de dollars
38:49par jour
38:49mais en fait
38:50ça a surtout
38:51des illustrations
38:51concrètes
38:53c'est à dire
38:53de faire
38:54la queue
38:54pour avoir
38:55de l'eau potable
38:56de ne pas pouvoir
38:56se payer des soins
38:57à l'hôpital
38:57moi je vivais
38:58à Madagascar
38:59en tant que correspondante
39:00pendant le Covid
39:01les hôpitaux
39:02c'était des mouroirs
39:02à ciel ouvert
39:03les gens devaient payer
39:04pour avoir leurs médicaments
39:05enfin je veux dire
39:06c'est quelque chose
39:07c'est vraiment
39:07des conditions matérielles
39:09vous le disiez
39:09en début d'émission
39:10qui sont vraiment
39:10extrêmement dures
39:11et si on écoute
39:13les gens
39:13qui ne se sont pas
39:14améliorés
39:16avec les deux mandats
39:17de Radzoel
39:18malgré les promesses
39:18qu'il avait fait
39:19quand il arrivait
39:20au pouvoir
39:21en 2018
39:21oui parce que
39:23des promesses
39:23effectivement
39:23ça a électionné
39:24cal
39:24et pour revenir
39:26sur ce dont on parlait
39:27au début
39:27des promesses
39:28effectivement
39:28il y en a eu
39:29Ange Radzoel
39:30quand il est arrivé
39:31au pouvoir
39:32a promis
39:33de s'attaquer
39:33à ces inégalités
39:34à cette non-redistribution
39:37des ressources
39:38promesses non tenues
39:39qu'est-ce qui vous fait
39:41vous dire
39:41qu'il pourrait
39:43être enclenché
39:45quelque chose
39:46un mode de gouvernance
39:48qui pourrait permettre
39:49cette allocation
39:50plus équitable
39:52des ressources
39:53sans parler
39:54du fonctionnement
39:54démocratique
39:55alors j'ai l'impression
39:59ah voilà
39:59c'est bon
40:00on vous entend bien
40:01alors
40:01oui ok
40:03très bien
40:04oui par rapport
40:06aux promesses
40:07lors de son arrivée
40:08notamment en 2019
40:10alors j'étais très jeune
40:11en 2019
40:12donc je n'ai pas
40:14de souvenir
40:16très clair
40:17des élections
40:18mais ce dont
40:19je me rappelle
40:19c'était bien
40:20de la promesse
40:21qu'il avait fait
40:21de transformer
40:23par exemple
40:25je ne me rappelle
40:26plus très bien
40:27mais Tamatav
40:27en Miami
40:28Tananarive
40:31en Los Angeles
40:33enfin bref
40:34et donc
40:36il y a toujours eu
40:37des grandes promesses
40:38d'améliorer
40:39la situation
40:39il y a eu
40:40également
40:41des manipulations
40:42du peuple
40:42comme on l'a dit
40:43en fait
40:45la situation
40:45matérielle
40:46est telle
40:47que ne serait-ce
40:48que distribuer
40:49des t-shirts
40:49c'est déjà
40:51un argument
40:52pour se faire élire
40:53c'est-à-dire
40:54je vais vous
40:55distribuer
40:56du matériel
40:57maintenant
40:58en ce qui concerne
41:00les mesures
41:01qui devraient être
41:02prises
41:02il y a bien
41:06une raison
41:06pour laquelle
41:07le mouvement
41:08a été porté
41:08par des étudiants
41:09c'est tout simplement
41:11parce que
41:12l'éducation
41:14elle est
41:15au centre
41:16du problème
41:17à Madagascar
41:18c'est-à-dire
41:19qu'aujourd'hui
41:20on n'a pas
41:20de chance
41:21et c'est pour ça
41:22aussi d'ailleurs
41:22que
41:23Andra Zoll
41:24a pris
41:26la nationalité
41:27pour
41:27l'avenir
41:28de ses enfants
41:29aujourd'hui
41:30il n'y a pas
41:30d'avenir
41:31lorsqu'on reste
41:33à Madagascar
41:34pour des vrais
41:35changements
41:35il faudrait
41:36des changements
41:37sur le plan
41:38de l'éducation
41:38mais évidemment
41:39sur le plan
41:40du social
41:41comment être
41:44assuré
41:44que nous allons
41:45avoir
41:45ces changements
41:46en effet
41:47il faut
41:48des personnes
41:48qui soient
41:49bien intentionnées
41:51bien intentionnées
41:53dans le sens
41:53où
41:54aujourd'hui
41:54la situation
41:56matérielle
41:57et éducative
41:59à Madagascar
42:00servait
42:00le pouvoir
42:02avant
42:02c'est-à-dire
42:03qu'avoir
42:03un peuple
42:05qui n'est pas
42:06éduqué
42:07ça permet
42:08de le manipuler
42:09et donc
42:10il faut
42:10des personnes
42:11bien intentionnées
42:12qui pensent
42:13au bien
42:13du peuple
42:13à leur
42:15égalité
42:16de chance
42:16également
42:17il faut
42:18de l'aide
42:19des communautés
42:20internationales
42:21évidemment
42:21c'est-à-dire
42:23qu'il faut
42:25aujourd'hui
42:27on est dans
42:27une situation
42:28où on ne peut
42:28pas se permettre
42:29de couper
42:29avec les communautés
42:30internationales
42:31même le Capsat
42:32le dit
42:32nous sommes
42:34obligés
42:34de rester
42:35dans
42:35une situation
42:37qui n'est pas
42:38d'un coup d'état
42:39afin de pouvoir
42:40discuter avec
42:41les communautés
42:41internationales
42:42parce que
42:43la situation
42:43du pays
42:44les ruines
42:45que nous ont
42:45laissées
42:46le gouvernement
42:46précédent
42:47ne nous permettent
42:49pas
42:49de rebondir
42:51seuls
42:52simplement
42:53un commentaire
42:53sur le chiffre
42:54qu'on voyait
42:54à l'instant
42:55à l'écran
42:55du taux de chômage
42:56au niveau national
42:57qui paraît
42:57relativement faible
42:596,6%
43:00je crois que
43:01l'immense majorité
43:02des emplois
43:02aujourd'hui
43:03à Madagascar
43:03sont informels
43:04d'où
43:05cette statistique
43:06qui peut paraître
43:07trompeuse
43:08Gaëlle Borgia
43:10on vous a retrouvé
43:11ça arrive
43:11Sénécal
43:12évoquait
43:12le clientélisme
43:14que pratique
43:15la classe politique
43:16malgache
43:16à l'envie
43:17depuis des décennies
43:18on n'a pas évoqué
43:19la question
43:19de la corruption
43:20là encore
43:21sans changement
43:23alors on évoquait
43:23l'importance
43:25ou en tout cas
43:26la priorité
43:26pour le mouvement
43:27Gen Z
43:27de changer
43:28cette classe politique
43:29mais il y a aussi
43:30ce terreau
43:31de la corruption
43:32endémique
43:33qui est alimentée
43:34par la situation
43:35économique
43:36malgache
43:37là aussi
43:38comme un cercle
43:39vicieux
43:40auquel il va falloir
43:41s'attaquer
43:41Oui c'est clair
43:45c'est ça qui est difficile
43:46à Madagascar
43:47c'est de voir
43:47que certaines hérites
43:49s'enrichissent
43:50grâce à la corruption
43:51notamment
43:53si je prends l'exemple
43:54très simple
43:54c'est-à-dire
43:55le départ de la contestation
43:56de Gen Z
43:57les coupures de courant
43:59et bien
44:00plusieurs enquêtes
44:01ont montré
44:01qu'il y a de la corruption
44:02et une corruption
44:03très grave
44:04au sein
44:05de la dirhama
44:06c'est-à-dire
44:06la société
44:07de distribution
44:07d'eau et d'électricité
44:08il y a plusieurs affaires
44:12de corruption
44:12ont entaché
44:13ce gouvernement
44:15radoué
44:15depuis très longtemps
44:16et on a d'un côté
44:18la corruption
44:18des élites
44:19qui s'enrichissent
44:19qui deviennent
44:20multimillionnaires
44:21qui font du racket
44:22fiscal
44:23enfin il y a tout un tas
44:24d'affaires
44:24et à côté
44:25on voit une population
44:26extrêmement pauvre
44:27des enseignants
44:28qui ne sont pas payés
44:29depuis 5 ans
44:30il y a une étudiante
44:32qui m'a dit récemment
44:33qu'elle ne peut pas
44:33terminer son master
44:34à l'université
44:35d'Antananarive
44:36parce que ses professeurs
44:37ne viennent pas
44:37parce qu'ils ne sont pas
44:38payés depuis 5 ans
44:39donc on a
44:41une absence de moyens
44:43dans les hôpitaux
44:44dans les universités
44:45dans les écoles
44:46donc vraiment
44:47les services publics
44:51sont laissés
44:51à l'abandon
44:52totalement
44:53et d'un autre côté
44:55on voit
44:55des projets
44:57paillettes
44:58des infrastructures
45:00qui sont érigées
45:02et inaugurées
45:03par le président
45:03et ça c'est très difficile
45:05à avancer
45:05pour la population
45:06Voilà pour le constat
45:08tout reste à faire
45:08donc merci infiniment
45:10à toutes les quatre
45:11d'être venues ce matin
45:12sur ce plateau
45:13Saric Sénécal
45:14merci beaucoup
45:15d'avoir pris le temps
45:15de nous expliquer
45:16votre mouvement
45:18et vos envies
45:19et vos espoirs
45:20Gaëlle Borgia
45:21merci infiniment
45:21vous étiez bien sûr
45:22depuis Tananarive
45:23Catherine Fournay-Guérin
45:24et Laure Vernot
45:24avec moi en plateau
45:25merci encore
45:25une émission
45:26à revoir
45:27un replay
45:27réécouté en podcast
45:28on se retrouve
45:28dans un petit quart d'heure
45:29pour la suite
45:30de Parlons-en
45:31à tout à l'heure
45:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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