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  • 3 months ago

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00:00Je vous le disais en titre, en Argentine, les citoyens sont appelés au vote aujourd'hui pour les législatives de mi-mandat.
00:06Des élections cruciales pour le président, Ravier Milei.
00:09Il a à tout prix besoin d'obtenir une majorité au Congrès pour faire passer ses réformes.
00:15Alors il a donné de sa personne durant cette campagne. Jean Barrère.
00:20Il n'est pas candidat lui-même, ni même rockstar, mais c'est tout comme.
00:24Le président argentin, Ravier Milei, s'est donné en spectacle dans la campagne pour les élections législatives de mi-mandat.
00:31Il cherche à doper sa présence au Congrès, où son parti libertaire, la Libertad Avanza, est minoritaire avec moins de 15% des sièges,
00:39ce qui l'a empêché de faire adopter certaines de ses réformes.
00:43Au début de l'année, alors que l'économie tournait à plein régime, la machine à obstruction s'est mise en marche.
00:49Mais malgré cela, nous arrivons aux élections avec la tête haute.
00:54Et dès dimanche, l'Argentine va profondément changer.
00:59Milei a été élu en 2023 sur la promesse de réduire l'inflation qui atteignait alors les 200%
01:04et de dégager un excédent budgétaire, promesse qu'il a tenue, mais pas à n'importe quel prix.
01:10Le pays connaît aujourd'hui une baisse des salaires, une hausse du chômage et une contraction de l'économie.
01:15La cote de popularité de Milei est actuellement au plus bas, avec environ 42% d'opinions favorables.
01:22Ses politiques d'austérité draconiennes et ses coupes budgétaires pèsent sur le niveau de vie des Argentins les plus modestes.
01:29Nous traversons une période très difficile en Argentine.
01:32Les travailleurs n'ont pas le pouvoir d'achat pour les produits de première nécessité.
01:35Le seul secteur qui, selon moi, est satisfait, ce sont les banques.
01:41Mais d'autres électeurs sont convaincus que la situation n'est que temporaire.
01:45Pour qui vais-je voter ?
01:47Absolument Milei.
01:49Personne d'autre n'a de proposition.
01:51Ils essayent juste de l'arrêter.
01:53Pourquoi ? Parce qu'avec lui, le pays peut grandir.
01:55Il peut changer la direction du pays.
01:58Un autre élément pourrait jouer en faveur du président argentin.
02:02Donald Trump soutient de Javier Milei discruter de près ses élections.
02:06« S'il perd, nous ne serons pas généreux avec l'Argentine. »
02:10Il y a quelques jours, il a annoncé avoir conclu un accord d'échange de devises de 20 milliards de dollars pour soutenir le PESO argentin.
02:17Une influence qui pourrait avoir un enjeu déterminant sur le résultat des votes.
02:21Pour aller plus loin, Gaspard Estrada, politologue et membre de l'Unité du Sud Global à la London School of Economics, est notre invité.
02:30Bonjour.
02:31Nous venons de le voir.
02:32Javier Milei joue sa capacité à réformer avec ce scrutin.
02:35Est-ce qu'il existe des éléments qui amènent à penser qu'il pourrait avoir une majorité au Congrès ?
02:39En tout cas, ce ne sont pas les pronostics qui sont aujourd'hui formulés par la plupart des instituts de sondage.
02:50Le dernier scrutin qui a eu lieu il y a quelques semaines dans la province de Buenos Aires
02:56s'est traduit par une défaite nette des candidats du président Milei à l'Assemblée provinciale de Buenos Aires.
03:09Il est clair que la province de Buenos Aires est le bastion du parti péroniste, donc de l'opposition au président Milei.
03:18Néanmoins, les sondages prévoient une défaite ou en tout cas un résultat peu positif pour le président Milei.
03:29Nous verrons ce soir si toutes ces mobilisations qui ont été décrites dans votre reportage auront un effet ou non.
03:37Et donc effectivement, sa formation Libertad à Avenza n'a qu'actuellement 15% des sièges, on le rappelle.
03:45Et finalement, quelles sont les dynamiques des partis politiques dans le paysage argentin aujourd'hui ?
03:49Il est clair que l'irruption de Javier Milei a été un tremblement de terre dans la vie politique argentine,
04:01puisque Javier Milei est un outsider de la politique argentine.
04:07Il a depuis constitué son parti politique.
04:10Il présente des candidats aux différentes élections.
04:15Néanmoins, il doit composer avec un parlement qui lui a été hostile durant cette année 2025,
04:24et aussi avec des gouverneurs qui réclament davantage de ressources pour leur province.
04:32Et c'est là où il me semble que va se jouer en fait cette deuxième partie du mandat de Javier Milei
04:39si les études d'opinion se confirment, c'est-à-dire que Javier Milei n'obtient pas de majorité au Parlement,
04:48et bien il devra lâcher du lest aux gouverneurs et à d'autres forces vives du pays
04:53pour pouvoir assurer son mandat.
04:57Et de ce point de vue-là, je pense que ce sera difficile pour lui de continuer à mener ces réformes.
05:05Néanmoins, tout ça est suspendu au résultat du vote d'aujourd'hui.
05:10Est-ce à dire qu'on aurait un Javier Milei qui tout d'un coup se mettrait à composer
05:14avec les différentes formations politiques pour travailler ?
05:16C'est d'ores et déjà ce qui commence en train d'avoir lieu,
05:22puisqu'il a déjà dû lâcher du lest ces dernières semaines,
05:26compte tenu en fait de l'aggravation de sa situation politique
05:30et de la révélation de possibles surfacturations au sein de son gouvernement.
05:37Ces schémas donc qui, s'ils étaient avérés illégaux,
05:41pourraient atteindre non seulement des membres importants de son gouvernement,
05:44mais y compris sa sœur, qui est véritablement la tête pensante de son gouvernement.
05:51Et ces révélations ont affaibli la position du gouvernement Milei
05:57et du président argentin, qui a donc dû commencer à négocier avec certains gouverneurs.
06:04Et c'est la raison pour laquelle le soutien de Donald Trump,
06:08le soutien financier des États-Unis à l'Argentine,
06:11a été d'autant plus important durant ces dernières semaines, ces dernières heures,
06:18pour donner en quelque sorte de l'importance du tonus
06:22à la campagne des candidats de Javier Milei lors de ses législatives.
06:27Vous évoquez Donald Trump et effectivement le président américain a soutenu le pesos argentin.
06:34Qu'est-ce qu'il pourrait faire de plus aujourd'hui pour son ami argentin, Donald Trump ?
06:38Je pense que, d'ores et déjà, Donald Trump a fait beaucoup pour l'Argentine.
06:45On a mentionné ces swaps, ces prêts au niveau bilatéral entre les États-Unis et l'Argentine,
06:53d'une valeur estimée à 20 milliards de dollars.
06:56En tout cas, c'est ce qui a été annoncé.
06:57D'autre part, il y a aussi plusieurs organisations multilatérales,
07:02dont le Fonds monétaire international,
07:05qui ont eux aussi annoncé des lignes de crédit à l'Argentine d'une valeur équivalente.
07:14Et donc, de ce point de vue-là,
07:16il est clair qu'il y a un engagement de Washington qui est extrêmement important
07:21vis-à-vis du partenaire sud-américain.
07:26Cela va-t-en dire qu'il y a aussi des demandes de la part de Washington.
07:31En tout cas, la presse argentine a fait état de demandes du secrétaire au Trésor,
07:37Scott Besant, à son homologue argentin,
07:41qui, en faisant état d'un souhait américain,
07:44de faire en sorte que l'Argentine cesse ses relations économiques avec l'Argentine,
07:49et notamment un swap qui a été négocié entre les deux pays.
07:54Nous verrons dans les semaines qui viennent
07:56si ces demandes américaines sont suivies des faits.
08:00Est-ce que, finalement, le deal entre les États-Unis et l'Argentine,
08:05c'est vraiment du gagnant-gagnant ?
08:07C'est la question.
08:08Et on se demande aussi, est-ce qu'il y a une partie de la population
08:10qui, finalement, n'est pas mise de côté ?
08:14Les politiques de Javier Milley,
08:17comme ça a été dit dans votre reportage,
08:20touchent prioritairement les ménages moins aisés,
08:26puisqu'il y a toute une série de subventions
08:28qui existaient durant les gouvernements précédents.
08:32Je pense notamment à subventions à l'électricité
08:35et à d'autres services au prix de l'électricité
08:38et à d'autres services publics qui ont cessé d'exister.
08:42Donc, il est clair que ces subventions ont touché ces secteurs de l'économie.
08:50Après, le gagnant-gagnant, on verra qui va gagner dans cette histoire.
08:56Jusqu'à présent, et en tout cas, les statistiques ont montré,
08:59certes, une chute de l'inflation durant le gouvernement Milley.
09:03En effet, une hausse de la pauvreté qui a été par la suite diminuée,
09:10mais une chute de la pauvreté qui reste très précaire
09:13et très liée, en fait, à l'activité économique.
09:16Donc, de ce point de vue-là,
09:17je pense qu'on est à un moment un peu clé de cette présidence Milley.
09:21La bonne santé macroéconomique de l'Argentine
09:26dépend aussi de la confiance que peuvent avoir les acteurs étrangers
09:31et les investisseurs à la gestion du gouvernement.
09:35Pendant la première année, il y avait cette magie autour de Javier Milley.
09:38On voit bien que cette magie, aujourd'hui, elle s'est largement estompée.
09:42Une magie qui s'est estompée.
09:44Et en quelques mots, est-ce qu'il existe une opposition viable face à Javier Milley ?
09:49Aujourd'hui, l'opposition, elle reste divisée.
09:53Et c'est essentiellement l'opposition péroniste
09:56qui a comme figure de proue le gouverneur de la province de Buenos Aires,
10:04Aksel Kicillov,
10:05et l'ancienne présidente, Christina Kirchner,
10:08qui, elle, n'est plus en mesure d'être éligible,
10:13qui est en prison domiciliaire.
10:16Et la vraie question qui se pose, c'est
10:18comment va se résoudre ce duel entre ces deux fortes personnalités
10:29pour savoir qui aura la main sur le parti péroniste
10:32et, in fine, qui sera candidat lors des prochaines élections présidentielles dans deux ans.
10:37Gaspard Estrada, merci à vous d'avoir été l'invité d'Autour du Monde cet après-midi.
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