Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:02Et à 11h31 sur Europe 1 dans Eliott Deval et vous, nous sommes toujours avec nos trois invités en studio,
00:07Georges Fenech, ancien magistrat, Thomas Bonnet, journaliste politique CNews,
00:11et l'avocat pénaliste Jean-Yves Leborgne pour débattre et décrypter autour de l'actualité,
00:16sachant que les auditeurs vous pouvez aussi nous appeler pour réagir à l'émission.
00:19Eliott au 01 80 20 39 21.
00:22Et on revient sur la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible par la Cour d'Assise de Paris
00:27de la meurtrière de la petite Lola.
00:31C'était hier avec les témoignages bouleversants de la mère de Lola Delphine et du frère Thibault.
00:39Vous êtes nombreux à vouloir réagir au standard d'Europe 1.
00:42Gérard est en direct avec nous. Bonjour Gérard.
00:45Bonjour Eliott et bonjour à toute la rédaction d'Europe 1 que je suis régulièrement
00:51et à votre invité dont je n'ai oublié le nom.
00:54Jean-Yves Leborgne, maître Leborgne.
00:56Maître Leborgne qui semble très compétissant par rapport à ma position.
01:01C'est-à-dire ? Quelle est votre position Gérard ?
01:03Alors ma position elle est très simple parce que j'entends dire depuis ce matin
01:07que la justice a fait son travail, que cette criminelle a été condamnée à la peine la plus forte.
01:13C'est très bien, parfait, ok, tout le monde est content.
01:15Sauf que si on remonte un petit peu dans l'histoire,
01:19on se rend compte que c'est la justice qui a failli du départ.
01:22Pourquoi dites-vous cela ?
01:24La justice a failli dans la mesure où elle a prononcé une obligation de quitter le territoire.
01:31Alors pour moi les mots ont un sens, monsieur Deval.
01:35C'est-à-dire que obligation c'est obligation.
01:37C'est une peine de justice.
01:39Donc elle doit être suivie normalement d'application.
01:42Alors permettez-moi, et là je demande l'avis à Georges Fenech,
01:48l'obligation de quitter le territoire français n'est pas une décision forcément judiciaire,
01:54mais c'est une décision administrative.
01:57Donc là c'est le préfet.
01:59Bah oui, donc c'est pas la justice qui a failli au début de ce dossier.
02:02Alors attendez, si c'est une décision administrative, alors c'est à l'État.
02:06Ah mais ça on est d'accord, Gérard, depuis le début.
02:09Bien sûr, mais attendez, mais Gérard, pour ça vous avez entièrement raison.
02:14Et à travers le drame qui a frappé la famille de la petite Lola
02:19et cette meurtrière qui a tué la petite Lola,
02:23et bien d'autres, et bien d'autres, vous avez entièrement raison.
02:25C'est la faillite, bien sûr, c'est la faillite de l'État.
02:29C'est la faillite de l'État qui, d'ailleurs, en plus avec un chef qui avait fait la promesse en 2017
02:35d'exécuter 100% des OQTF.
02:38Et quelques années plus tard, il y a ce drame-là, 5 ans plus tard,
02:42puisque c'était en octobre 2022.
02:44Oui, mais on pourrait citer Samuel Paty,
02:46on pourrait également citer le meurtre de la petite Philippine.
02:53Si il y avait un seul cas en France, on se dirait, bon, on pourrait parler du fait divers,
02:57mais là, on n'est plus dans un fait divers, on est dans un fait de société.
03:00Qu'on soit clair.
03:02Et un fait de société, c'est quelque chose qui a tendance à se répéter par défaillance.
03:06Mais vous avez exactement raison, Gérard.
03:07Mais ce que vous dites...
03:09Tiens, vous citez un homme qui est à l'antenne d'Europe 1
03:13entre 10h et 11h.
03:15C'était la formule qui a été employée, si hasard ou coïncidence,
03:19par Philippe Devilliers ce matin sur Europe 1.
03:24Que j'estime beaucoup.
03:25Vous êtes nombreux à l'estimer, puisque vous êtes très nombreux à l'écouter.
03:29Gérard, là où vous avez...
03:30Quand est-ce qu'il revient, lui ?
03:32Comment ? Quand est-ce qu'il revient ?
03:33C'est-à-dire...
03:33Quand est-ce qu'il revient ?
03:34Écoutez, laissez-le sur Europe 1 et sur CNews, ça marche très bien.
03:38On aimerait bien l'avoir un peu plus haut, lui.
03:39Écoutez, si vous avez son numéro de téléphone, lui envoyez un texte.
03:43Laissez-nous tranquille et laissez-nous faire ses émissions
03:46chaque vendredi sur CNews et chaque samedi matin sur Europe 1.
03:51C'était déjà très bien, effectivement, même si ce n'est pas suffisant.
03:53Là où je voudrais revenir sur le sujet, parce qu'il est essentiel,
03:56et vous avez tellement raison Gérard,
03:58c'est de dire ce que des millions de Français ont vu
04:01et ce que les politiques en poste refusent de voir
04:05et refusent de traiter, c'est cette faillite sécuritaire, Thomas,
04:09et cette faillite migratoire.
04:11Et là, on est au cœur du sujet.
04:12Mais vous avez un système médiatico-politique qui, à cela, répond quoi ?
04:17Récupération.
04:19Récupération d'un drame, dignité.
04:21La dignité, il ne faut surtout pas parler de ce que vous avez vu,
04:24parce que c'est de faire de la récupération.
04:27Quelle lâcheté ?
04:28Je me suis infligé cette semaine la lecture de certains quotidiens de gauche
04:31pour voir la couverture qu'ils réservaient au procès de Dabia Benkiret.
04:35Et j'ai été effaré, en effet, en voyant qu'ils concentraient leurs pages,
04:39ou leurs pages, leurs encartés.
04:41Vous savez, un petit encart.
04:42Ça ne prenait pas beaucoup de place dans les quotidiens de gauche,
04:45simplement pour parler, en effet, de cette récupération,
04:47soi-disant, de l'extrême droite.
04:49Donc, on évite encore une fois le sujet.
04:50Alors, je dis « on ».
04:51Ils évitent le sujet.
04:52Ils, ce sont évidemment la plupart des médias
04:55et la plupart des responsables politiques.
04:56Même si, on ne va pas mettre tout le monde dans le même sac,
04:59certains appellent de leur vœu à une réponse très ferme de la part de l'État.
05:02Moi, je constate, en tout cas,
05:04que le nombre d'OQTF exécutés n'a pas drastiquement augmenté
05:08ces dernières années, ces derniers mois.
05:09Je constate également, je rappelle que Dabia Benkiret est arrivé en France
05:12avec un visa étudiant depuis l'Algérie,
05:15et que, encore il y a quelques semaines,
05:17le Quai d'Orsay se félicitait du fait qu'on ait augmenté
05:20le nombre de visas étudiants pour l'Algérie.
05:22Il ne s'agit pas de dire que tous les étudiants, évidemment,
05:23vont commettre des crimes pareils.
05:24Évidemment pas.
05:25Mais il s'agit de dire que quand on expose une population
05:29à des crimes, potentiellement à des délits,
05:32eh bien, on prend les mesures qui s'imposent.
05:33Et les mesures qui s'imposent, c'est d'abord d'expulser
05:35ceux qui n'ont rien à faire sur le territoire français.
05:38C'est le cas, donc, pour Dabia Benkiret.
05:40Ce sera le cas aussi lors du procès pour...
05:42Enfin, en tout cas, pour l'affaire qui a concerné la jeune Philippine.
05:45La jeune Philippine, bien évidemment.
05:47Jean-Yves Le Borde.
05:47Je suis tout à fait d'accord quand j'entends des protestations
05:52parce que des OQTF n'ont pas été exécutés
05:55et qu'il s'en est suivi, même si ce sont des cas rares,
05:59mais c'est tellement grave qu'il faut les tenir pour important,
06:03des crimes par la suite.
06:05Mais le vrai problème, c'est que tous les gouvernements
06:09se sont heurtés à l'incapacité de renvoyer
06:13un certain nombre de gens sous OQTF en France dans leur pays d'origine
06:17parce que leur pays d'origine ne veut pas d'eux.
06:20Et je crois que la seule solution n'est pas de continuer
06:24des dialogues diplomatiques à n'en plus finir qui n'aboutissent jamais,
06:28mais de trouver une solution de remplacement.
06:30Et cette solution de remplacement, elle avait été esquissée.
06:33On pourrait reparler des détails.
06:35Elle avait été esquissée par un homme politique non négligeable
06:40qui évoquait l'idée d'envoyer les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon.
06:44Alors que ce soit Saint-Pierre-et-Miquelon ou ailleurs,
06:46ça ne me paraît pas une mauvaise idée.
06:48Ce sont des gens dont nous ne voulons pas sur le territoire national.
06:52Ce sont des gens que nous voulons mettre au loin de la société.
06:56On parlait de la mise à l'écart tout à l'heure
06:59d'un certain nombre de gens dangereux.
07:00Mais Jean-Yves Le Borne, pardonnez-moi maître,
07:02vous êtes un homme d'extrême droite.
07:05Vous êtes un odieux réac.
07:08Vous mettez, vous foulez,
07:10mais vous marchez sur l'état de droit en disant cela.
07:12Mais je ne vois pas où est le problème.
07:13Vous êtes un danger pour la démocratie.
07:15Vous savez, je crois qu'il faut se dépassionnaliser.
07:19Il y a certaines propositions de la droite marquées
07:22qui n'auraient pas mon suffrage
07:24et d'autres qui me paraissent susceptibles d'être adoptées.
07:29La mise à l'écart, ça fait partie de la décision de gouvernement.
07:34Mais la mise à l'écart, et vous avez bien compris mon ironie,
07:37c'est que dans les médias mainstream,
07:40dans les grands médias,
07:42jamais vous n'aurez la possibilité de dire cela.
07:44Parce que le débat ne sera pas traité.
07:46C'est bien comme ça, j'ai l'occasion de le dire chez vous.
07:49Non, mais la question ne sera même pas posée.
07:51Et vous dites, il faut des alternatives.
07:54Vous avez des pays européens qui ont réfléchi à des alternatives.
07:57Par exemple, les pays tiers.
08:00La Grande-Bretagne l'a envisagé.
08:02L'Italie l'a envisagé avec l'Albanie.
08:04Qu'est-ce qui s'est passé ?
08:05Vous êtes après en confrontation avec quoi ?
08:09Les principes fondamentaux du droit européen
08:11qui vous limitent dans la possibilité de faire ce que vous voulez faire,
08:15c'est-à-dire mettre à l'écart des individus qui sont étrangers,
08:19illégalement sur le sol européen,
08:21et qui peuvent représenter un danger pour la société.
08:24Donc quand vous êtes entouré de politiques qui n'ont pas le courage d'aller au bout,
08:29et surtout d'entendre la volonté populaire,
08:31et bien vous êtes susceptibles de revivre, malheureusement, régulièrement,
08:37trop régulièrement, des drames qui se répètent,
08:39avec les mêmes sujets qui se répètent encore une fois.
08:42On va parler dans un instant d'un violeur en série,
08:48du moins d'un agresseur sexuel,
08:50et une tentative de viol dans le RER en Ile-de-France,
08:53c'était le 15 octobre dernier.
08:55Le profil du suspect, c'est le même, c'est toujours la même chose,
09:00malheureusement, pardonnez-moi de le dire ainsi,
09:02ou quasiment toujours la même chose.
09:04On est face à un homme étranger, égyptien, sans domicile fixe,
09:09on verra dans les prochaines heures s'il était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français,
09:14on verra dans les prochaines heures s'il n'avait rien à faire et qu'il était illégalement sur notre sol.
09:21Cet homme a été interpellé dix jours après,
09:23et heureusement qu'il y a les policiers qui font leur travail.
09:25Mais qu'est-ce qui se passe ce matin ?
09:27Personne n'en parle bien évidemment,
09:29parce que c'est un sujet qui est tabou, Georges Fenech.
09:31C'est un sujet qui, finalement, est au cœur du déni politico-médiatique qu'on vit depuis des années.
09:38Et c'est pour ça que les Français sont en colère comme Rémi et comme Gérard.
09:40Et c'est pour ça que les Français nous écoutent et nous regardent, notamment sur CNews,
09:44parce que nous...
09:45Et nous écoutent sur Europe.
09:46Et nous nions pas ce qui est une réalité que tous les Français peuvent voir,
09:51malheureusement et constater,
09:52qu'il y a la perte de contrôle de nos flux migratoires.
09:57Ça, par contre, c'est reconnu par les politiques,
09:59même si certains estiment qu'on doit ouvrir nos frontières à tous les vents.
10:06Mais ce qui est particulièrement choquant pour nos concitoyens,
10:11c'est qu'on veuille nier ce lien qui existe entre l'immigration et la délinquance.
10:18Et la très grande délinquance, c'est la criminalité.
10:20J'ai entendu notamment M. Laurent Nunez qui avait du mal à prononcer ce mot lien.
10:24Il se refusait même à le prononcer.
10:27Et ça, c'est inacceptable.
10:28Parce que tous les chiffres sont là pour le démontrer.
10:3125% d'étrangers dans nos prisons, déjà.
10:34Ça, c'est un chiffre incontestable.
10:36Et puis, ces crimes sexuels, ces agressions dans les transports qui ont été rappelés par Elliot,
10:41c'est 60% en Ile-de-France.
10:44Dans deux cas sur trois, ce sont des étrangers.
10:46Ce sont des étrangers, donc on ne peut pas.
10:48Moi, je ne vais pas me faire l'avocat de Laurent Nunez, le nouveau ministre de l'Intérieur.
10:51Ce n'est pas du tout...
10:51Je pense qu'il ne veut pas rentrer dans un débat sémantique.
10:54Lui, ce qu'il veut, c'est les résultats sur le terrain.
10:56J'imagine que c'est ça.
10:58Il ne veut pas rentrer dans un débat, à savoir est-ce qu'on parle de submersion,
11:02ou de lien, ou de défi, etc.
11:04Peut-être que c'est la question.
11:05Mais les mots ont un sens, d'ailleurs.
11:07Et c'est vrai que quand on avait avant un ministre de la Justice
11:10qui parlait de sentiments d'insécurité,
11:12c'est une expression, une formule qui lui colle encore aujourd'hui à la peau.
11:17Et d'ailleurs, peut-être que certains diraient
11:18c'est injuste de ne parler que du ministre de la Justice,
11:21Éric Dupond-Moretti,
11:23comme du ministre du sentiment d'insécurité.
11:25Mais c'est parce que ça rentre en confrontation avec ce que vivent les Français.
11:28Vous vous rendez compte que vous avez plus de 100 000, peut-être, aujourd'hui...
11:32130 000.
11:32130 000 OQTF qui sont dans la nature.
11:35À quand la prochaine victime ?
11:36Qui sera la...
11:37Ce n'est pas à quand.
11:38Qui sera la prochaine victime ?
11:40Peut-être la semaine prochaine.
11:41D'un OQTF ?
11:43On ne peut pas...
11:44Les Français n'accepteront plus encore longtemps cette situation.
11:47Ce n'est pas possible.
11:48Et encore une fois, dans ce contexte-là,
11:50de crise sécuritaire, migratoire,
11:53crise aussi judiciaire dans d'autres sujets,
11:55j'ai quand même la sensation,
11:57et ce sera le mot de la fin, Jean-Yves Leborgne,
11:58c'était un plaisir de vous avoir dans le studio d'Europe 1
12:00parce que vous êtes un homme toujours équilibré
12:03avec cette expérience, cette expertise.
12:05Et puis en plus, vous avez une voix.
12:07Vous avez une voix de radio.
12:08Il faut rester, d'ailleurs.
12:09Vous allez peut-être rester jusqu'à la minute.
12:10C'est un ténor du barreau.
12:11C'est un ténor du barreau, effectivement.
12:12Ténor du barreau.
12:13Mais c'est que la justice a rendu ce qu'il y avait de meilleur dans la justice
12:18en traitant du pire.
12:19C'est ça qui marque aussi hier.
12:21Et qu'au sortir du procès,
12:23que ce soit les avocats de la défense
12:25comme les avocats des partis civils,
12:28il y avait la même analyse.
12:30Il y a un aspect rassurant là-dedans.
12:33Vous avez raison quand vous vous rendez compte des réactions.
12:36Je dois dire que j'étais un peu surpris de,
12:40j'allais dire, la satisfaction des avocats de la défense.
12:45Je pense que ce n'est pas leur rôle
12:47que les avocats de partis civils aient estimé,
12:50que justice avait été rendue.
12:52C'était normal.
12:53Je ne suis plus réservé sur l'attitude
12:56que j'ai trouvée
12:57un peu trop conciliante
13:00de la part des avocats de la défense.
13:01Mais comme je ne les ai pas entendus plaider,
13:03je n'irai pas plus loin sur ce sujet.
13:05Un grand merci d'être venu,
13:07Jean-Yves Leborgne, avocat pénaliste,
13:09auteur de Coupable Liberté,
13:11aux éditions Fayard,
13:13sorti en janvier dernier.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations