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Neurodiversité et entreprise : mieux se comprendre pour mieux collaborer

Replay du festival #PodBXL - épisode spécial “Diversino”

Après un premier épisode centré sur l’expérience personnelle de Zineb Bensaid, la Dr Isabelle Deliége poursuit cette exploration de la neurodiversité avec un second invité : Nicolas De Vicq, entrepreneur, neuro-atypique et papa.
Ensemble, ils abordent la réalité vécue des personnes neuro-atypiques dans le monde professionnel, leurs forces, leurs défis, et surtout les adaptations simples qui peuvent transformer un environnement de travail en véritable espace d’épanouissement.

Dans cet épisode enregistré en live au festival PodBXL 2025, Nicolas partage avec authenticité son parcours d’entrepreneur atypique, sa vision du management humain, et la manière dont il transforme sa différence en moteur de créativité et de cohésion.
La conversation met en lumière ce que beaucoup taisent : la fatigue de l’hyper-adaptation, la nécessité d’un cadre bienveillant, et le pouvoir de la compréhension mutuelle entre profils neurodivergents et neurotypiques.

Isabelle, avec sa double posture scientifique et humaine, nous rappelle que l’inclusion commence par l’écoute, et qu’un regard bienveillant peut changer une culture d’entreprise.
Ce replay est une véritable invitation à repenser nos modes de collaboration et de communication. Un échange sincère, lucide, et profondément humain.

Parce qu’accueillir la différence, c’est créer des entreprises plus vivantes, plus justes et plus performantes.

Disponible en vidéo sur YouTube et en audio sur toutes les plateformes de podcast.
Une transcription complète et traduite FR, NL, DE, EN & ES accompagne l’épisode pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Laissez un message vocal à Isabelle Deliége, Zineb Bensaid, Nicolas de Vicq ou Michel ici :
👉 https://www.vodio.fr/repondeur/707/

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Site Internet d’Isabelle Deliége: https://www.letschange.be/

🙌 Un podcast proposé par The Podcast Factory Org, avec le soutien de transforma bxl & Plugin Company. Membres de la coalition KAYA – Écopreneur·es, et partenaires du Love Health Center.
Transcription
00:00Bienvenue sur Diversino, le podcast pour les atypiques qui cherchent leur place au travail
00:13et qui les invitent tout simplement à l'apprendre.
00:19Ici, on parle de neurodiversité afin de partager des trucs et astuces et des bonnes pratiques
00:25pour mieux l'intégrer dans les organisations et révéler son plein potentiel.
00:30Ce podcast s'adresse à la fois aux principaux concernés et aussi aux professionnels DRH,
00:39aux managers qui veulent faire en sorte que tout le monde puisse révéler tous ses talents au travail.
00:48Je m'appelle Isabelle Deliaise, je suis docteure en sciences sociales et coach certifié,
00:52spécialisé dans l'accompagnement des personnalités atypiques.
01:00Bienvenue dans ce nouvel épisode de Diversino.
01:06J'ai le plaisir d'enregistrer aujourd'hui en direct du festival de podcast de Bruxelles,
01:12PodBXL, organisé par Michel Godard, qui est aussi le menteur de cette émission.
01:18Aujourd'hui, j'accueille Nicolas Devic, qui est business coach, auteur et conférencier.
01:23Tu accompagnes, Nico, la croissance professionnelle, personnelle et spirituelle des entrepreneurs.
01:29Et pour faire un petit peu de connexion entre nous deux, j'ai eu la chance d'être accompagnée par toi il y a quelques années
01:35en tant que business coach avec ta formidable épouse Sandrine.
01:39Exact. Merci pour l'invitation et merci à tous ceux qui nous écoutent, qui sont là dans la salle.
01:43Et puis, bravo à toi, du coup, de lancer ce podcast et de faire vivre ce sujet qui est riche pour toi et pour nous tous.
01:51Donc, bravo.
01:52Oui, tu sais qu'il me tient à cœur depuis longtemps.
01:54Ben oui, je suis content de t'avoir coaché.
01:58Voilà ce qui arrive quand on invite, c'est l'ancien coach et m'entend, n'est-ce pas ?
02:02Ça me fait très plaisir.
02:03Et puis, c'est toujours gai de voir justement le parcours parce que quand on est en train d'avancer dans son trajet entrepreneurial,
02:10quand je suis en train d'avancer, je ne vois pas toujours les milestones et les étapes parcourues.
02:14Peut-être, ça va parler à d'autres.
02:16Et de pouvoir revoir des personnes qu'on a vues croisées à différents moments de son parcours, ça aide à réaliser les choses.
02:24D'ailleurs, en étant en direct du festival de podcast, et j'en profite aussi pour dire que l'année passée,
02:28j'étais dans le public avec mon projet de podcast dans les valises et je discutais avec tous les podcasteurs.
02:34Et toi, tu as un podcast et tout.
02:36Je dis, ouais, j'ai un projet, j'ai un projet.
02:37Et ça me fait trop plaisir aujourd'hui d'être là, de l'autre côté du micro et dans ceux qui enregistrent.
02:43Bravo à toi.
02:47Mais on est là aussi, Nico, pour parler de ton parcours.
02:51Et justement, est-ce que tu peux nous expliquer comment tu as découvert ta propre neuroatypie
02:57et comment ça s'entremêle avec ton propre parcours dans l'entrepreneuriat ?
03:04Ouais, avec grand plaisir.
03:05Alors déjà, le mot neuroatypique, je ne suis pas familier avec ce mot-là.
03:08Et c'est vraiment à travers ton invitation que c'est venu résonner en moi.
03:11Évidemment, je me suis posé la question, tiens, c'est quoi le neuroatypisme et qu'est-ce que ça signifie pour moi ?
03:15Est-ce que c'est un mot qui peut être très large ?
03:17Je me rappelle en tout cas, en tant qu'enfant, gamin, j'avais tendance à trouver les autres un peu cons.
03:24Très gentiment, ils étaient drôles, mais j'avais l'impression de ne pas trouver résonance dans mes besoins d'exploration, de discussion.
03:32Donc, j'étais toujours attiré par le monde des adultes avec un contrepoids à ça qui était de vouloir être accepté par les adultes,
03:40de pouvoir être entendu.
03:42J'étais très frustré des phrases des adultes en mode, voilà, les enfants, mangez ailleurs ou faites ceci, faites cela,
03:48ne nous dérangez pas, ne mangez pas trop de chips.
03:50Allez vous faire foutre, en fait, je suis comme vous.
03:53Tu voulais passer du temps avec les adultes ?
03:56Oui, attiré par le monde des adultes et avoir vraiment un besoin de connexion avec quelque chose de vivant, d'intéressant, d'intelligent.
04:06J'étais plutôt fort à l'école, j'apprenais vite, voilà.
04:10Mais donc, je ne sais pas si je n'ai d'ailleurs jamais fait de diagnostic ou quoi, de douance ou de surdoué.
04:16Je n'ai pas envie de me projeter dans cette case-là.
04:18Mais ce qui est sûr, c'est que je me suis souvent senti en décalage avec les enfants de mon âge.
04:23Et jusqu'à l'adolescence, ça a été quelque chose d'un peu inconfortable, quoi.
04:27Et avec un... Je pense que j'ai mis en place une chouette stratégie de suradaptation.
04:31J'ai très vite appris à devenir con et ça m'a aidé à jouer au con, quoi.
04:36Donc, tu te retrouvais à jouer avec des... de parler de sujets qui ne t'intéressaient pas trop pour te faire accepter ?
04:42Oui, ou de m'adapter en tout cas, de pouvoir parler de tout, de rire aussi de... et puis voilà.
04:48Donc, j'ai l'impression en tout cas de m'être suradapté.
04:51Et ça me sert pas mal aujourd'hui dans mon parcours entrepreneurial et de discussion avec beaucoup de monde.
04:56Et je ne me mets pas non plus dans une catégorie où moi-même, je suis intelligent tout le temps.
05:01Je dis aussi des conneries, je fais aussi des conneries.
05:03Mais c'est là où je me sens un peu différent d'autres personnes, parfois.
05:06OK, mais du coup, ça fait un temps de réflexion et pour notre public ici et puis pour les auditeurs qui nous écoutent.
05:12Mais tiens, est-ce que vous, ça vous est déjà arrivé aussi, étant enfant, d'avoir plus envie et d'être plus attiré,
05:18passer du temps avec les adultes qu'avec les enfants, voire de trouver que les discussions avec les enfants,
05:22c'était finalement moyennement intéressant.
05:24À nouveau, notre audience, si vous êtes d'accord, passez un petit carton vert et rouge, sinon...
05:30Oui, c'est plus mitigé.
05:31En effet, c'est une des caractéristiques des personnes à haut potentiel à qu'on utilise pour identifier chez les enfants.
05:38Je dis ça, je ne dis rien.
05:39Moi, voilà.
05:41Alors, et pour ton parcours entrepreneurial, peut-être tu peux nous expliquer comment tu en es venu à ce rôle qui est le tien aujourd'hui ?
05:50Oui, avec plaisir.
05:51Donc, j'ai eu d'abord un parcours assez classique de faire des bonnes études.
05:57Donc, j'ai fait des études d'ingénieur pour atterrir dans le monde de la consultance dans les grosses boîtes pharmaceutiques.
06:02Je suis devenu expert en poche en plastique, un peu malgré moi.
06:05Donc, j'ai fait une crise de la trentaine en me disant, mais non, ce n'est pas possible.
06:08Je ne peux pas vivre ma vie à faire des poches en plastique pour mettre du vaccin.
06:12Ce n'est juste pas possible.
06:13Et donc, j'ai pété vraiment un câble à ce moment-là en me disant, tiens, si je passais à autre chose, si je virais mon patron.
06:20D'ailleurs, j'ai écrit un livre plus tard qui est dans le titre qui a été choisi par l'éditeur et comment j'ai viré mon patron.
06:25C'était au départ le titre d'un de mes chapitres, mais ils en ont fait le titre du livre.
06:29Je vous recommande.
06:30Et là, c'est marrant parce que récemment, depuis trois mois, je suis maintenant patron d'une entreprise qui s'appelle Victoria.
06:37Donc, pour le Benelux, c'est une entreprise qui organise des ventes à domicile de bijoux qui existent depuis 30 ans et donc avec un réseau de distributrices de plus de 2000 femmes.
06:45Donc, il y a des femmes qui sont entrepreneuses et je vis cette mission-là comme un entrepreneur aussi parce que c'est une mission d'indépendant au sein de cette structure.
06:55Mais donc, ça me questionne du coup sur quelle relation moi j'ai envie d'avoir avec l'équipe que je dirige pour rester vraiment proche de mes valeurs et surtout pas tomber dans le piège dans lequel moi j'étais tombé en tant qu'employé à l'époque.
07:09Donc, voilà, ça me permet de se faire ce chemin-là.
07:11Et puis, à côté de ça, on a, avec mon épouse, travaillé depuis 15 ans ensemble et monté un mastermind, donc un groupe d'entrepreneurs de réflexion, de travail sur la stratégie, sur le business, mais aussi sur la psychologie et la spiritualité qui s'appelle le Cercle Impact.
07:25Et ça fait 7 ans qu'on accompagne des super personnes, toutes complètement barrées ou neuroatypiques, c'est selon des entrepreneurs, en tout cas, atypiques, qu'on accompagne tous les trimestres dans la nature à vivre des expériences d'intériorité profonde au service de leur business.
07:40Oui, et tu parlais du terme neuroatypie, en fait, on ne l'a pas défini, on en parle depuis un moment.
07:46En fait, moi, je dirais tout simplement que c'est une manière différente des autres d'être câblé au niveau neuronal, au niveau du cerveau, mais celui qui est entre les deux oreilles, mais pas que, aussi au niveau de la manière dont on ressent les choses, les émotions, dans le reste du corps, au niveau viscéral.
08:02Et une autre manière de percevoir et d'essentir le monde, en fait.
08:06Exactement, oui.
08:07Et où on a un grand sentiment, souvent, de décalage ou d'estrangeté.
08:11dont notre précédente invitée a déjà parlé et dont tu parles.
08:17Oui, je me reconnaissais vraiment aussi dans ce qu'elle décrivait par rapport à ce mot un peu large aussi, qui est l'empathie, mais qui est de pas spécialement dire, tiens, je veux être en lien avec tout le monde, mais de très, très fort ressentir ce que les autres pensent et ressentent.
08:31Et ça, c'est quelque chose que je capte très, très vite, voire trop vite.
08:35Du coup, ça m'arrive souvent de dire aux gens comment ça va, qu'est-ce qui se passe, pourquoi si, pourquoi ça.
08:39Donc, voilà, je sens directement comment les gens se sentent.
08:43Et ça, tu le vois comme quelque chose de positif ou parfois un petit peu dérangeant ou les deux ?
08:49Oui, ça peut être les deux.
08:50Je pense qu'avec les années, j'ai appris à ne pas être systématiquement en train de demander aux gens qu'est-ce qui se passe pour eux.
08:55Je vais aussi laisser les gens respirer.
08:57Tout le monde a le droit à vivre ses émotions.
08:59Par contre, je pense que ça, voilà, c'est quelque chose d'utile pour être assez rapidement en lien et ne pas passer à côté de quelqu'un qui dit quelque chose et qui ressent ou pense autre chose.
09:10Ça permet d'aller beaucoup plus vite en profondeur pour aller soit crever un abcès, soit libérer l'émotion d'une personne aussi qui ne s'autorise pas à s'exprimer.
09:19Un super détecteur d'alignement ou de non-alignement chez les entrepreneurs que tu accompagnes, peut-être aussi chez les clients ou les membres de ton comité de direction.
09:27Oui, c'est ça. Quand il y a du bullshit, je le sais vite, quoi.
09:30Oui, oui, oui. Une petite tendance à mettre les pieds dans le plat de temps en temps ?
09:33Oui, oui.
09:33Moi, je l'ai.
09:34Oui, oui, les pieds dans le plat. Oui, c'est ça.
09:37Voilà, c'est ça.
09:37Le nez dans le caca, comme on dit.
09:39Ok. Alors, comment est-ce que tu penses que cette manière différente que tu as de ressentir et d'appréhender le monde a pu influencer ta vision du travail, ta manière de travailler, de manager et de faire du business ?
09:55Alors, de passer par des très grosses entreprises où les systèmes demandent parfois de mettre vraiment les émotions de côté, en tout cas, dans la manière dont ça fonctionne, dans des énormes boîtes pharma, par exemple.
10:04Je ne vais pas les nommer ici, mais on les connaît, les grosses boîtes pharma belges. Et dans ces entreprises-là, il y a très peu de place à l'émotionnel parce qu'il y a énormément de process à mettre en place.
10:13Il y a la qualité des produits qu'il faut assurer. Il y a toute la chaîne de production qui doit tourner. Donc, très, très peu de place aux émotions. Et moi, j'ai vraiment développé une allergie aux grosses boîtes pendant maintenant 10, 15 ans où j'ai été explorer le contraire total qui est vraiment de mettre l'humain, l'émotionnel, ce qu'il y a dans les tripes vraiment au cœur de ce qu'on fait avec Sandrine.
10:34Et aujourd'hui, revenir vers le monde des entreprises, mais chargé de ça, ça me permet, j'ai l'impression, comme d'aller réparer deux, trois choses.
10:42Alors, on ne va pas changer le monde tout seul, mais il y a une volonté, en tout cas, dans l'équipe que je dirige maintenant, c'est une petite équipe, on est 20, c'est de vraiment faire de la place à ça.
10:50Donc, j'ai organisé un premier team building où je leur ai fait tirer des cartes d'animaux totems et tout le monde s'est mis à pleurer. C'était très drôle. Ils n'avaient jamais vu ça de leur vie. Ils étaient complètement fous.
10:58J'ai dit, OK, mais on va faire un peu de la place à autre chose que juste les trucs de révision trimestrielle, de résultats, de machin. Voilà, faire de la place aux émotions.
11:06Tu parlais d'allergie aux grosses boîtes. Est-ce que tu peux, si on revient un petit peu en arrière, à l'époque où tu y étais dans ce genre de structure, nous expliquer ce que ça a produit sur toi et chez toi ?
11:19Il y a plusieurs axes par rapport à ça. Il y a eu un événement plutôt interpersonnel qui m'a vraiment profondément impacté.
11:27Donc, une des managers d'une des entreprises pour laquelle je bossais, qui était dans un schéma de manipulation malsaine à mon égard, mais aussi envers d'autres personnes.
11:37Et j'ai trouvé ça insupportable. Donc, c'est vraiment quelque chose qui m'avait profondément atteint.
11:42Bon, je ne suis pas revenu à la faire virer, mais si elle s'entend, on va peut-être se reconnaître.
11:48Mais n'empêche que c'était insupportable pour moi que ça puisse exister, qu'on laisse des personnes toxiques œuvrer pendant des mois, des années sans mettre ça de côté.
11:57Donc, ça, c'est quelque chose où je me dis, tiens, ça arrive trop souvent dans les grosses boîtes.
12:02Et puis, il y a aussi vraiment le... Je me démenais avec un état d'esprit déjà entrepreneurial à l'époque.
12:08Je me rappelle avoir été vers mon patron de l'époque en lui disant, tiens, j'ai envie d'évoluer, j'ai envie de faire plus du commercial, j'ai envie de me former, j'ai envie de faire deux années à Solvay en management.
12:18Enfin, je venais vraiment avec plein d'idées et il m'a dit, ben non, c'est trop cher, on n'a pas le budget.
12:22Je dis, OK, je suis revenu le lendemain en disant, ben voilà, j'ai trouvé un truc, je vais le financer moi-même et vous, vous allez m'augmenter dans deux ans quand j'aurai le truc.
12:28Et entre temps, je vais faire plein de business, vous allez gagner des centaines de milliers d'euros en plus.
12:32Et il a regardé, il a rigolé en disant, Nicolas, we are managing you, you are not managing this company.
12:36Et je dis, ben merde, il a raison, je ne peux pas être créatif ici.
12:42Donc, je lui ai donné ma démission le lendemain et c'est ça qui a donné lieu à comment j'ai viré mon patron.
12:46C'est vraiment de me dire, en fait, vous n'êtes pas à la hauteur de mes besoins, donc je m'en vais.
12:50T'es trop proactif pour eux.
12:52C'est lent.
12:54Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont là-dedans, malheureusement, mais parfois, il faut un peu avoir la niaque de se dire, ben voilà, qu'est-ce que je tolère encore ?
13:01Qu'est-ce que je tolère et comment est-ce que je peux reprendre les choses en main ?
13:03Oui, oui, reprendre sa souveraineté et se dire qu'en fait, on est la personne la plus importante de sa vie.
13:09Super important, évidemment.
13:11Un autre point que tu viens de mentionner, je trouve que ça vaut la peine de le souligner,
13:15parce que ça arrive quand même assez souvent que les personnes neuroatypiques soient des proies de choix pour les personnes qui sont plutôt à tendance manipulation.
13:23Parce qu'il y a un côté brillant, il y a un côté enjoué, hyper empathique.
13:28Et puis souvent, elles veulent sauver le monde et amener plein de révolutions et de bonnes idées.
13:33Et elles se retrouvent alors la proie de ces personnes qui vont leur pomper leur énergie.
13:39Et c'est assez difficile d'en sortir indemne.
13:41Oui, c'est très, très vrai ce que tu dis.
13:44Donc, c'est bon à savoir.
13:45Et la plupart du temps, je suis désolée.
13:47Là, tu as réussi à la faire virer, la personne.
13:49Je dirais chapeau.
13:50Mais souvent, la meilleure solution, en fait, c'est de couper le contact pour sortir de là sans y laisser trop de plumes.
13:58Prenez soin de vous.
14:00Alors, je vais aussi te demander en quoi tu trouves que ta singularité est une force et un atout pour toi et ton business.
14:06Et il peut y avoir plusieurs réponses, bien sûr.
14:08Aujourd'hui, j'en suis convaincu.
14:10Peut-être il y a quelques années moins.
14:11Je pense que j'ai marqué un tournant vraiment quand on a fait un tour du monde en famille.
14:17J'avais lancé une entreprise sur Internet avec cette idée aussi de pouvoir être vraiment libre géographiquement, libre de mon temps avec ma femme, mes enfants.
14:24On a fait ce tour du monde.
14:25J'ai eu un gros craquage en arrivant à Bali.
14:27Donc, on préparait ce voyage depuis des mois.
14:29On est vraiment parti en mode freestyle en se disant, voilà, c'est l'aventure.
14:33Donc, on réserve deux nuits et un billet d'avion.
14:36Et puis, on part et on verra bien pour un an.
14:39Et ma neurologie n'a pas suivi.
14:42Donc, j'ai vraiment le terme péter un câble a été vraiment approprié.
14:46J'ai fait un espèce de burn-out de voyage et d'aventurier.
14:51Et je me suis senti vraiment aller dans le 36e dessous en me disant, en fait, je ne suis pas capable d'être aussi proche de mes angoisses et de mon stress parce que j'ai toujours voulu dépasser mes peurs.
15:02J'espère que je ne m'écarte pas trop de la question initiale.
15:04C'est pas grave, vas-y.
15:04Mais en tout cas, ça va m'amener vers la réponse, je pense.
15:08Où là, j'ai compris là-bas qu'il fallait que j'apprenne à me foutre la paix aussi.
15:11Il n'y a pas toujours vouloir dépasser toutes mes peurs, vouloir réaliser tous les rêves dans la douleur et dans la souffrance en me disant, voilà, j'ai peur, mais je le fais quand même parce que j'ai beaucoup fonctionné comme ça.
15:22Et c'est quelque chose qui a été un peu difficile à vivre.
15:24Je suis profondément angoissé, en fait.
15:26Et là, depuis ce voyage, c'était juste avant le Covid, j'ai vraiment marqué là-bas cette intention pour moi de dire, foutons un peu la paix.
15:34La vie est belle, profite de l'instant présent, profite de ta femme, de tes enfants.
15:38C'est déjà génial tout ce qu'on fait.
15:40Il n'y a pas besoin d'en faire toujours plus, plus, plus, plus, plus.
15:42Et là, j'ai fait ce virage-là.
15:44Et aujourd'hui, du coup, j'utilise ce que moi, je pense être une forme d'intelligence peut-être plus holistique, donc cérébrale, mais aussi une intelligence fort connectée à mon corps, à mes ronds ressentis, à mon intuition et une forme d'hypersensibilité aussi.
15:59Donc, on parlait d'empathie, mais aussi de tout le temps de ressentir les choses très, très fort, plus, plus, plus.
16:04Et aujourd'hui, je mets ça au service de choses plus simples, en me disant, comment est-ce que je peux être un super coach, comment est-ce que je peux être un bon manager pour mon équipe, comment est-ce que je peux être un super papa, être un chouette mari pour ma femme et de vouloir moins peut-être changer le monde en entier, mais juste déjà faire ma part à mon niveau, c'est déjà très bien.
16:23Et pour revenir sur l'événement au début de ton voyage, tu veux dire que toi, tu as ressenti le fait de te lancer en voyage comme ça avec ta famille tout en faisant ton business en ligne, que c'était pour toi dépasser tes peurs, vraiment aller au plus loin et que c'était peut-être un peu trop exigeant pour toi ?
16:43Il y a une phrase de Jung qui me parle bien, qui dit, l'angoisse c'est le vertige de la liberté. Et je pense que là, on s'est mis tellement de liberté que moi, je l'ai vécu comme un vertige énorme.
16:53On me disait, ok, maintenant on doit faire l'école aux enfants, on doit continuer à faire tourner notre business en ligne, on est au bout du monde, il n'y a plus nos parents pour nous aider, en plus on est parti, on n'avait pas grand chose sur les comptes en banque,
17:03donc c'était vraiment en mode, bon, on verra bien quoi. Et j'ai cru que j'étais prêt à vivre ça pleinement et en fait, j'étais face à mes propres limites à ce moment-là.
17:11Et bien en fait, je suis quelqu'un de très sensible, très angoissé et je dois aussi respecter ça et pas tout le temps penser que je suis un warrior, peur de rien quoi.
17:20Ok, non mais ça me parle vachement avec ce que tu partages là et je dirais même que ça fait écho à deux phases de ma vie à moi pour partager quelque chose de mon vécu.
17:29Et d'une part, quand j'étais dans mon premier travail, c'était d'être chercheuse en fait. Et donc j'ai fait, j'avais un sujet de recherche, une bourse de recherche pendant quatre ans.
17:39Et après, je dis, oh bon, on doit arriver à quelle heure au bureau ? Tout le monde s'en fout. Il faut faire quand ? Les premières échéances ? Oh bah tu sais, t'as le temps.
17:46Et donc c'était aussi un cadre pour une première expérience professionnelle à 20 ans assez lâche en fait. Et à un moment, moi, je crois que je balisais aussi en fait.
17:56Je n'arrivais pas à tout m'autostructurer. À ce moment-là, je trouvais que c'était quand même assez flippant en fait de devoir être à ce point libre.
18:05Et un deuxième moment dans ma vie où j'ai ressenti ça, c'est quand j'ai lâché mon gros client en interim management, en consultant.
18:14Je me suis dit, allez, vas-y maintenant, fais enfin développe ton business de cœur, comme tu nous avais appris à l'appeler.
18:20J'ai là, wow, totale liberté. Et en même temps, je vois que ça peut être angoissant parce que ça veut dire pour moi que je suis la seule responsable de mon cadre.
18:32Je m'entoure, je vois des gens, je prends des accompagnements, je mets des choses en place qui m'aident à me structurer.
18:38Mais à un moment, je ressens tout à fait ce que tu dis, que cette liberté, elle est quelque part flippante.
18:43où moi, je me suis dit, ouais, mais je suis là, confrontée en plein à toutes les directions explosives dans lesquelles mon cerveau m'emmène.
18:50C'est ça, quand tout est possible, ça amène un espace incroyable dans lequel on peut se sentir un peu face au vide aussi, dans le vertige.
18:59Et je crois qu'on doit tous, et peut-être encore plus ceux qui sont dans cette neuroatypie, c'est de se dire,
19:03comment est-ce que je fais la balance entre mon besoin de sécurité et mon besoin de liberté
19:07pour poser un cadre dans lequel je peux me sentir bien, me sentir épanoui sans être en flip total.
19:11Et ça, c'est un travail que chacun doit faire pour soi.
19:14Exact, exact, de prendre compte aussi de ce besoin.
19:17Et dans l'entrepreneuriat, c'est encore plus vrai, parce qu'on a tous besoin de liberté d'expression,
19:22mais on a aussi besoin d'un cadre de sécurité qui nous permet d'évoluer sans avoir en permanence peur de se crasher.
19:29Oui, c'est super fondamental.
19:31Moi, j'ai travaillé ça en constellation holistique avec les différentes parties de moi.
19:35Et c'est vrai que la sécurité venait pointer le bout de son doigt.
19:38Sans blague.
19:38On n'est pas obligé toujours de lui rabattre le caquet.
19:41Mais tiens, du coup, est-ce que ça vous parle, ce côté vertigineux de la liberté ?
19:46Est-ce qu'il y en a des cartons verts autour de nous et dans nos éditeurs ?
19:50Oui, un petit peu, mais pas tous.
19:52Oui, quand même une majorité.
19:54Il y a quand même beaucoup de verts.
19:56On a une petite communauté des vertigineux de la liberté.
19:59C'est sympa.
20:00Alors, on a parlé des challenges que ça peut nous poser.
20:04Mais est-ce qu'il y a d'autres challenges que tu as vus que ta manière de fonctionner,
20:09différente des autres, te pose dans ta vie d'entrepreneur et comment tu y fais face ?
20:17Il y a un challenge qui est venu assez vite.
20:19C'est beaucoup de gens qui me renvoyaient le fait que j'étais limite chiant à savoir tout faire.
20:27Je crois que je te l'ai dit, ça.
20:28Ah oui, non, mais ça, c'est vraiment pénible.
20:30Parce que j'arrivais à une soirée, s'il y a un piano, je vais me mettre au piano.
20:34Puis à côté, il y a une guitare.
20:35Puis je me mets à chanter.
20:36Et à un moment, les gens se disent, putain, tu joues au piano, tu joues à la guitare, tu chantes bien.
20:40Tu es drôle.
20:41C'est quoi le truc ?
20:42Tu es chiant.
20:43Et ça, du coup, ma femme m'avait dit un truc bien.
20:46Elle m'a dit, quand tu arrives dans un endroit, ne sors pas toutes tes cartes tout de suite.
20:49Donc, vas-y, vas-y petit à petit, en fonction de qui est là.
20:53Donc, voilà, ça, j'ai appris à gérer aussi.
20:55Mais c'est vrai que c'est quelque chose qu'on m'a souvent dit presque arrête d'en faire trop.
21:00Parce que comme tu fais tout mieux que tout le monde, c'est énervant.
21:03Et c'est marrant parce que maintenant, je vois ça chez mes enfants.
21:06Ils sont en train de faire pareil, mais différemment.
21:08Il y a le petit Édouard, lui, c'est un hyperactif, hyper sociable.
21:12Il parle à tout le monde.
21:13Il va dans des lieux avec des adultes.
21:15Donc, je vois le petit garçon que j'étais qui aimait parler à tout le monde.
21:18Et puis, Charles, lui, il est beaucoup plus discret.
21:21Mais par contre, c'est aussi piano, guitare, chant, informatique.
21:25Dès qu'il touche un truc au golf, en deux ans, il est devenu le meilleur joueur du club.
21:30Il y a vraiment ce côté touche à tout et tout bien faire qui peut agacer.
21:35C'est tout réussi.
21:35Oui, c'est vrai que ça me fait penser à l'épisode qu'on a enregistré avec Fabrice Michaud
21:40sur le fait qu'être haut potentiel, ce n'est pas qu'une question de QI.
21:46Et il en parle, en fait, très, très bien.
21:48Je vous invite à aller écouter.
21:50C'est la manière dont les femmes HPI, il dit qu'elles font bouger la craie des coques
21:56dans les entreprises autrement.
21:57Mais on ne se rend pas toujours compte de l'effet qu'on produit quand on dit
22:00« Ah, mais oui, mais on va réviser les process, on a atteint ses objectifs. »
22:03Et puis, on dit « En même temps, je suis aussi responsable du comité des parents
22:07et puis je lance un petit business sur le côté. »
22:09Et c'est juste naturel.
22:11Et en fait, les gens en face de nous, ils se comparent.
22:14Ils se disent « Mais enfin, comment est-ce qu'il ou elle, elle fait tout ça ? »
22:17Et puis, potentiellement, la comparaison n'est pas flatteuse.
22:20Mais du coup, ça peut se retourner vraiment contre la personne
22:23parce qu'on n'a pas envie de la soutenir.
22:25En fait, on va peut-être plutôt la flinguer à l'occasion
22:28parce que c'est trop insupportable d'être à côté de quelqu'un qui brille autant.
22:33À mon mariage, le discours de mon meilleur pote, Michael, il a dit
22:36« T'es le seul pote à qui j'ai toujours eu envie de mettre un point dans la gueule. »
22:41Voilà, ça m'a resté comme un mantra.
22:45Donc, il faut apprendre à doser.
22:47Ne dites pas tout.
22:49Parfois, il faut peut-être enlever des lignes sur le CV
22:51ou doser ce qu'on dit à qui.
22:53Un petit côté caméléon et montrer les facettes aux personnes.
22:57Oui, en même temps, sans s'éteindre ou se diminuer.
23:01Parce qu'on pourrait dire « Tiens, j'ai pas envie de trop me mettre en avant,
23:03sinon je vais prendre ça dans la figure, donc je me cache. »
23:06Non, il y a des talents, ils sont chouettes à exploiter.
23:09C'est juste une question de dosage et de circonstances.
23:12C'est tout un travail d'assumer sa brillance, oser briller,
23:16mais en même temps éviter de se prendre trop de tarte quand même au final.
23:19Ou bien voir avec qui on ose faire ça.
23:22Ça, c'est peut-être aussi un élément de voir de qui je suis entourée
23:26et en fonction de mon entourage, comment je me comporte.
23:30Et apprendre à se laisser un peu tranquille de temps en temps aussi.
23:32C'est aussi OK de temps en temps de se taper devant Netflix
23:35et se dire qu'il n'y a pas grand-chose à faire.
23:39Ça, ça s'apprend aussi.
23:39C'est ça.
23:40On n'est pas obligé tous les soirs de faire un cours de yoga en ligne,
23:43un webinaire ou de faire des lectures.
23:45J'ai une cliente récemment qui m'a dit
23:46« Ouais, j'ai suivi 40 formations ces deux dernières années,
23:49mais j'ai la tête tellement pleine que je ne sais même plus ce que je vais faire. »
23:51Je me suis dit « Ouais, ben, de temps en temps,
23:53il faut laisser l'esprit s'aérer aussi
23:55et laisser décanter tout ce qu'on a envie de faire. »
23:58Oui, et pour ça, souvent, revenir dans le corps
24:00avec une pratique soit plutôt intense,
24:03des arts martiaux, des sports à haute intensité
24:06ou bien quelque chose de plutôt calme en mode sofro-yoga ou méditation.
24:10Enfin, prenez ce qui vous parle,
24:13mais ça peut vraiment aider à justement calmer ce mental en ébullition
24:18parce que j'avais encore une cliente hier qui me disait
24:21« Mais en fait, j'ai l'impression que je ne trouve pas le bouton stop. »
24:24Même quand je dors, je ne suis pas reposée.
24:26J'ai l'impression que mon cerveau, il ne s'arrête jamais.
24:29Ça fait une petite question.
24:31Tiens, est-ce que ça vous arrive parfois de vous dire
24:32« J'aimerais bien trouver le bouton stop de mon cerveau ? »
24:35Les petits cartons.
24:37Encore des cartons.
24:38Je vous promets, ce n'était pas une séance de psychanalyse en direct.
24:42Je décline toute responsabilité.
24:44C'était juste parce que Michel m'a dit
24:45« Fais de l'interactivité, Isabelle. »
24:48Non, mais merci beaucoup à tout le monde de partager.
24:51Alors, quel truc et astuce t'as pu mettre en place pour t'aider ?
24:55Je ne t'ai pas encore demandé ça.
24:56Non.
24:59Il y a un premier...
25:00En fait, là, c'est vraiment récent,
25:02mais je suis complètement dingue de jardinage en ce moment.
25:06Ça me vide l'esprit.
25:09C'est incroyable.
25:10Je suis vraiment les pieds et les mains dans la terre
25:13à planter des trucs,
25:14à retourner,
25:16à rendre ça beau.
25:17Voilà.
25:18Ça me donne un projet très global
25:21dans lequel je m'amuse beaucoup,
25:22à côté de tout le boulot que je fais, évidemment.
25:23Et des autres fans de jardin dans la science.
25:25Après, moi, c'est la musique.
25:27Donc, je joue beaucoup de musique.
25:28Et là, j'ai la joie de pouvoir jouer en plus avec mes gamins
25:31qui se sont mis aussi aux instruments.
25:32Donc, on est tout le temps en train de faire de la musique.
25:34Ça, c'est vraiment cool.
25:35Et sinon, dans des pratiques peut-être un peu plus introspectives,
25:39pendant le voyage,
25:40je suis vraiment plongé profondément
25:42dans les pratiques de yoga et de méditation.
25:45Évidemment, c'est plus facile de méditer à Bali
25:48face à la jungle
25:49que dans sa chambre à Bruxelles.
25:52Bon, voilà.
25:53Quoique, on peut voyager avec sa tête.
25:56J'en suis d'accord.
25:56Mais j'ai tendance à être vite distrait.
25:58Je ne peux pas dire que je suis un pratiquant de la méditation très assidu.
26:01J'ai des phases, quoi.
26:02Je sais que ça me fait du bien
26:03et je sais que ça me nourrit.
26:05Le sport, évidemment.
26:07Et puis, sinon, moi,
26:09alors là, c'est un sujet un peu plus délicat.
26:12Mais j'aime explorer les médecines chamaniques
26:15qui sont, pour moi, un très, très beau moyen
26:17déjà d'explorer.
26:19Je suis un aventurier de la vie.
26:20Donc, voilà, que ce soit des psychédéliques
26:22ou simplement des médecines comme le cacao
26:25qui est très, très soft
26:26ou le tabac en jus, etc.
26:30Mais voilà, qui sont des médecines
26:31qui sont introspectives
26:33et qui permettent de trouver parfois un peu le bouton off
26:35ou en tout cas à jouer avec le curseur.
26:38En disant, tiens, est-ce que je peux encore plus revenir
26:40dans l'être plutôt que dans le faire,
26:43plus dans le cœur que dans la tête.
26:45Et moi, j'aime explorer ces médecines
26:46qui existent depuis des millénaires
26:48et qui sont très révélatrices.
26:51Et oserais-je te dire que la connexion à la visible,
26:54c'est aussi une caractéristique
26:56qu'on retrouve fréquemment chez les personnes
26:58qui sont à haut potentiel ?
27:00Et là, on s'est fait un dôme dans le jardin,
27:02un dôme géodésique dans le fond du jardin,
27:04à côté d'un petit étang.
27:06Et c'est comme une bulle de paix totale.
27:08On a fait notre petit monde de Bali à nous dans le fond du jardin.
27:12Et ça, c'est un espace où, même si ce n'est pas pour faire une méditation
27:14de manière ultra posée, etc.,
27:17juste aller se poser là.
27:20Et voilà, j'aime bien me tirer des cartes aussi.
27:22J'adore jouer avec des oracles d'animaux.
27:24J'adore jouer avec le tarot de Marseille.
27:26Juste aller explorer les choses plus intuitives.
27:28Oui, une manière de se connecter à son intuition
27:31pour beaucoup de monde de tirer ses cartes.
27:33Je ne sais pas si tu l'utilises dans un sens
27:35pour prédire l'avenir ou plutôt pour...
27:36Non, plutôt pour amener des grilles de lecture
27:38à ce que je vis et penser autrement
27:40sur une situation plutôt.
27:42Il y en a qui aiment aussi utiliser les cartes
27:45pour jouer à ça, tiens.
27:46Voilà.
27:48Quelques praticiens dans l'audience,
27:49mais pas tant que ça.
27:50Un petit peu, quelques-uns.
27:53Non, on n'en est pas sponsorisés par l'un ou l'autre.
27:56Pas encore.
27:57De toute façon, je ne sais pas si celui qui a créé le tarot de Marseille.
27:58Marseille est encore là pour prendre les royalties.
28:00À mon avis, il n'est pas ton.
28:02C'est vrai qu'il y en a beaucoup maintenant.
28:04Qu'est-ce que tu aimerais voir changer
28:05dans le monde professionnel, Nicolas,
28:07pour justement mieux intégrer ces personnes
28:10qui, comme toi, comme moi, comme plein d'autres gens,
28:13ne fonctionnent pas exactement dans la norme ?
28:17J'ai envie de donner une réponse,
28:18mais elle est un peu cucul.
28:19Vas-y, vas-y, reprends tout.
28:20C'est vraiment mettre...
28:22Le mot qui me vient, c'est l'amour.
28:23C'est un très grand mot,
28:25mais ça manque d'amour dans les entreprises
28:27telles que je les vois aujourd'hui.
28:28Et quand je pense amour,
28:29ce n'est pas l'amour charnel,
28:31ce n'est pas l'amour sentimental.
28:33C'est juste aimer les gens et s'aimer soi.
28:35Et donc, le travail de l'amour de soi
28:37est quelque chose que j'ai beaucoup exploré
28:40dans les activités de coaching
28:41et de tout ce qu'on fait avec Sandrine.
28:43Dans les organisations, dès qu'on parle de ça...
28:45Déjà, je vois qu'il y a beaucoup de gens
28:46qui sont vraiment durs avec eux-mêmes,
28:50qui n'ont pas ça dans leur paysage mental.
28:53C'est-à-dire, je pourrais me donner plus d'amour.
28:54Ça n'existe même pas.
28:56Avec quoi il vient ?
28:57Il y a trois fumées de cacao.
28:58Le monde du développement personnel
28:59n'est pas présent dans la plupart des cas.
29:02Peu de place aux émotions.
29:04Et l'amour amène des émotions aussi.
29:05L'amour de soi, l'amour de l'autre.
29:08Et là, je vois chez Victoria,
29:11avec ce réseau de milliers de femmes
29:13qui travaillent,
29:13je vois à quel point ça manque parfois
29:15de respect mutuel,
29:18de sororité presque,
29:20d'être vraiment en communauté,
29:22de s'entraider.
29:22Il y a beaucoup d'égo,
29:24beaucoup de batailles individuelles
29:26qui sont un peu dommages
29:28et ça manque un peu de love.
29:29Et concrètement, si on voulait
29:31suivre ton conseil
29:32et mettre plus d'amour
29:33et de sororité
29:34au sein des entreprises,
29:36ça pourrait prendre quelle forme
29:38pratico-pratique ?
29:39Je crois qu'on pourrait faire déjà
29:40quelque chose de très, très simple.
29:41C'est d'ouvrir des cercles de parole
29:42un peu cadrés.
29:44Ce n'est pas très compliqué
29:44à mettre en place.
29:45On n'est pas obligé
29:46de mettre une bougie au cendre
29:47et de chanter des homes
29:49dans les organisations.
29:50Par contre, juste déjà,
29:52c'est quoi un cercle de parole ?
29:53Déjà, c'est un cercle
29:55avec des gens.
29:56Il y en a un qui parle
29:57et les autres qui écoutent.
29:58Et on pose un cadre
29:59avec un timing
30:01qui fait que les gens
30:01vraiment peuvent donner
30:02leur attention à quelqu'un
30:03et exprimer pleinement
30:05ce qu'ils ont sur le cœur.
30:06Donc déjà, juste ce processus-là,
30:07moi, je l'ai mis en place
30:08en version petite
30:09avec mon équipe
30:10et je vois que les choses évoluent.
30:11On ouvre nos réunions
30:12avec un petit cercle de gratitude.
30:13Au début, ils se foutaient
30:14de ma gueule.
30:14Aujourd'hui, ils partagent
30:16quand même des choses.
30:16Tiens, je suis reconnaissant
30:17de telle chose
30:18et je vois qu'au fur et à mesure,
30:20les cœurs s'ouvrent.
30:22Et donc, je pense que c'est quelque chose
30:22qu'on pourrait mettre en place
30:23facilement dans les boîtes
30:24et qui pourrait faire
30:26beaucoup de bien.
30:26Mais on a besoin d'oser.
30:28Oui, et puis on peut commencer
30:29vraiment super mollo.
30:31Moi, j'avoue que même
30:32dans les boîtes
30:33de pros de la finance,
30:35les spécialistes
30:35et les fiscalistes,
30:36on avait juste commencé
30:37les réunions
30:38par un petit moment
30:39d'inclusion,
30:40comme on dit,
30:41avec une météo interne.
30:44Et un des trucs
30:44qui me fait super plaisir,
30:45c'est que j'ai recroisé
30:46un partenaire
30:47quelques années après
30:48à Amsterdam,
30:49il me dit,
30:50Isabelle,
30:50on fait toujours
30:51la météo interne
30:52en hommage à toi.
30:53Je suis là,
30:53écoute, dans le monde
30:54des fiscalistes,
30:55c'est magnifique.
30:55Oui, c'est super bien.
30:56Je suis très heureux.
30:57C'est super bien
30:58et aussi autorisé
30:59à aller au-delà de,
31:01ah, pour moi,
31:02c'est un petit nuage qui passe
31:03ou moi, c'est le gros orage.
31:04C'est déjà bien.
31:05C'est une bonne première étape.
31:06Mais pouvoir vraiment
31:07déposer ce qui ne va pas,
31:08ce dont on a besoin
31:08de libérer,
31:09ça, c'est encore un next step.
31:10Et je pense que c'est,
31:11on peut faire de la place
31:12à ça, quoi.
31:13Oui, et c'est peut-être
31:14un des challenges aussi,
31:15c'est de prendre les gens
31:15où ils sont
31:16et de voir c'est quoi
31:16le prochain pas accessible,
31:18évidemment,
31:18sur la situation.
31:20Mais pour les personnes
31:22qui aiment aller jusqu'à la moelle
31:23et au cœur du problème,
31:25comme moi,
31:26c'est vrai qu'arriver à,
31:28peut-être,
31:29prendre une respiration,
31:30faire un pas en arrière,
31:31regarder là où en est
31:31l'organisation,
31:32l'équipe qu'on accompagne
31:33et dire qu'est-ce qui est
31:34accessible pour eux.
31:35Moi, je sais ce que
31:36ce serait la Rolls Royce,
31:37c'est ce qu'ils sont en mesure,
31:38mais qu'est-ce qu'ils sont
31:39en mesure d'accepter,
31:40c'est quand même
31:40un pas utile
31:42pour pas se prendre
31:43toute la résistance
31:44contre soi.
31:45Alors, ce qui est pas mal aussi,
31:46c'est de faire des expériences
31:47un peu plus disruptives.
31:48J'ai donné une conférence
31:49dans une grosse banque belge,
31:52il y avait 300 personnes,
31:53je pense,
31:53ou 500,
31:54et je les ai tous mis
31:56pieds nus.
31:57Alors déjà,
31:57des banquiers
31:58qui ont demandé
31:58à enlever vos godasses
31:59et si vous puyez des pieds,
32:00personne ne saura que c'est vous
32:01parce que vous êtes 500
32:02dans la salle.
32:02C'était déjà une étape.
32:04Et alors,
32:04je les ai mis deux par deux,
32:05face à face,
32:06à se regarder dans les yeux
32:07avec une musique de Moby,
32:08un peu un truc
32:09qui prend bien
32:09dans les triple K.
32:11Et juste se plonger
32:12dans le regard
32:13d'un de leurs collègues
32:14pieds nus
32:14et toute la salle pleurait
32:15et il s'est passé un truc.
32:17Alors, il y en a
32:18qui sont venus me dire
32:18n'importe quoi,
32:20on ne fait pas ça
32:20dans les entreprises
32:21et puis d'autres
32:21qui sont me dire
32:21ah merci,
32:22c'est la première fois
32:23que je vois
32:23qu'il y a de l'humain
32:24et de l'amour
32:25dans cette boîte.
32:25Donc, c'est vraiment
32:26intéressant d'oser parfois
32:28créer des schémas
32:29qui disruptent complètement
32:30et qui amènent autre chose
32:31que de la discussion cérébrale.
32:33Super,
32:34merci de nous partager
32:35toutes ces expériences
32:36que tu as déjà eu l'occasion
32:37de mettre en place.
32:39Et le dernier point,
32:40c'est quels conseils
32:41tu donnerais aux entrepreneurs,
32:42futurs entrepreneurs
32:43pour réussir leur entreprise ?
32:45C'est d'assumer vraiment
32:46pleinement qui ils sont,
32:48de s'aimer comme ils sont.
32:49Peut-être pas se dire
32:50tiens, je vois telle personne
32:52sur Internet
32:52qui a l'air de penser
32:53faire comme ça,
32:54je vais faire comme elle.
32:56Les gens qui se copient
32:57les uns les autres,
32:58ça donne vite.
32:58Et en plus maintenant
32:59avec l'intelligence artificielle,
33:00on dit tous les mêmes trucs
33:01de la même manière
33:01avec les mêmes emojis
33:02et les mêmes structures
33:03de phrases.
33:03Donc arrêtons quoi.
33:05Je crois que c'est peut-être
33:06ça l'invitation du neuroatypisme,
33:08c'est de se dire
33:09on est tous un peu atypiques
33:10à une autre manière
33:11et au plus on est soi,
33:13au plus ça marche.
33:14En tout cas dans le business,
33:15moi je vois les clients
33:15que j'ai accompagnés,
33:16plus ils sont ancrés
33:17au plus ils sont eux-mêmes,
33:18au mieux ça marche.
33:19Ceux qui essayent
33:19d'être quelqu'un d'autre,
33:20c'est beaucoup plus laborieux.
33:22Donc ce serait ça mon conseil.
33:23Super,
33:24soyez vous-même,
33:25les autres places sont déjà prises.
33:26Voilà,
33:26bon ça a déjà été du mieux que moi
33:27mais c'est ça.
33:29Merci beaucoup Nicolas.
33:31Merci à toi et bravo.
33:34A bientôt.
33:37Merci d'avoir écouté Diversino.
33:43Si vous voulez m'aider
33:43à le faire voyager,
33:45vous pouvez me laisser un avis,
33:47un commentaire
33:47ou le partager avec une personne
33:49que ça pourrait intéresser.
33:50Je serai super heureuse
33:52de lire vos feedbacks
33:53et vos avis.
33:54Musique
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