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  • il y a 3 mois

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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité est attendu sur les sujets de sécurité des français,
00:06sur les sujets de lutte contre la délinquance, d'immigration et plus largement d'autorité.
00:11Bonjour et bienvenue Laurent Nunez.
00:12Bonjour.
00:13Merci d'être avec nous, vous êtes le ministre de l'Intérieur et justement l'un de vos prédécesseurs à Beauvau
00:18et ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a passé sa première nuit en prison.
00:23On a appris que deux policiers de sécurité ont accompagné l'ancien chef de l'État, la prison de la santé.
00:27Ils seront dans une cellule voisine à Nicolas Sarkozy.
00:33Cette protection rapprochée est indispensable eu égard aux risques de sécurité pour l'ancien président ?
00:38Oui, d'abord je vous confirme cette information.
00:40Effectivement, l'ancien président de la République a un dispositif de protection eu égard à son statut,
00:47eu égard évidemment aux menaces qui pèsent sur lui et ce dispositif a effectivement été maintenu en détention.
00:53C'est une décision du ministre de l'Intérieur pour juger en charge la sécurité des personnes, des hautes personnalités
01:00et évidemment en lien très étroit avec le garde des Sceaux puisque tout ça se passe évidemment en milieu pénitentiaire.
01:06Et donc oui, c'est une décision visant à assurer sa sécurité.
01:10En plus évidemment de tout ce qui est mis en oeuvre par l'administration pénitentiaire.
01:14Et qui vont rester en permanence tout au long de la durée d'incarcération de l'ancien président à ses côtés dans des cellules voisines ?
01:20Tant que le besoin sera nécessaire, tant que nous le jugerons utile, oui je vous le confirme.
01:24Tant que vous le jugerez utile, ça veut dire, monsieur le ministre, que c'était prévu de longue date
01:28ou alors c'est circonstanciel en fonction de l'évolution de la menace que vous jugez importante sur l'ancien président ?
01:34Toujours il est protégé en permanence, c'est évidemment un citoyen comme les autres
01:37mais il y a des menaces un peu plus importantes qui pèsent sur l'ancien président de la République qui est Nicolas Sarkozy.
01:42Et voilà, donc la décision a été prise et donc elle a été appliquée immédiatement.
01:47Au même titre, vous avez vu que son transfert vers la santé a été escorté
01:52pour éviter qu'il y ait une querelle de motocyclistes, de journalistes qui suivent le cortège.
01:59Voilà, donc c'est ce que nous faisons habituellement.
02:01Donc les forces de sécurité intérieure placées sous mon autorité, c'est ce qu'on fait.
02:04Habituellement dans ce genre de circonstances pour un transfert avec une personnalité
02:08qui est quelqu'un qui est potentiellement menacé.
02:11Et c'est inédit évidemment pour un ancien président de la République incarcérée.
02:15Vous avez affirmé, Laurent Lunez, comprendre la démarche du garde des Sceaux
02:17qui ira rendre visite à Nicolas Sarkozy depuis la déclaration de Gérald Darmanin
02:22a provoqué beaucoup de remous, de crispations, en particulier chez le plus haut magistrat de France,
02:27Rémi Hayes, qui voit une atteinte potentielle à l'indépendance des magistrats.
02:31Est-ce que vous dites toujours comprendre la démarche de Gérald Darmanin ce matin ?
02:34Oui, mais je la comprends.
02:36Vous savez, moi j'ai toujours été très respectueux tout au long de ma carrière
02:38de la séparation des pouvoirs, de l'autorité judiciaire.
02:41Non, je la comprends. Il est aussi le patron de l'administration pénitentiaire.
02:45Il a eu par ailleurs des relations personnelles avec Nicolas Sarkozy.
02:49Donc je comprends effectivement sa démarche.
02:51Mais il le dit aussi régulièrement. Il l'a dit encore hier après-midi à l'Assemblée nationale.
02:57Vous savez, les détenus sont parfois visités par des parlementaires.
03:01Voilà. Donc il est légitime à s'assurer...
03:03Vous comprenez que là, c'est à la fois le côté personnel et la casquette de garde des sceaux
03:07qui a fait sortir certains magistrats.
03:09Il est légitime à s'assurer que les conditions de détention d'un détenu comme Nicolas Sarkozy.
03:17Voilà. Il est légitime à le faire. Il est garde des sceaux.
03:19Il est aussi responsable de l'administration pénitentiaire.
03:22Et voilà.
03:22Et sur le symbole, Laurent Lunez, que répondez-vous à beaucoup de Français ?
03:26Beaucoup de Français qui affirment qu'un délinquant qui s'en prend un policier,
03:29il a parfois du sursis qu'un multi-récidiviste sous OQTF.
03:33Parfois, on le retrouve en liberté.
03:35Mais qu'un ancien président pour lequel le défaut de preuve a tout le moins un peu interrogé,
03:40il se retrouve incarcéré. C'est une justice à deux vitesses selon vous ?
03:43Non, je ne rentrerai pas dans ce débat. Il n'y a pas de justice à deux vitesses.
03:47C'est un débat illégitime ?
03:48Je comprends qu'on ne comprenne pas. Je ne ferai pas de comparaison.
03:51Mais je comprends évidemment qu'on ne comprenne pas
03:52que les individus qui s'emprègnent physiquement à un policier puissent être libérés.
03:57C'est quand même une circonstance aggravante quand les faits sont établis, il faut le dire.
04:01Et je trouve ça évidemment tout à fait anormal.
04:02Je suis le premier à le faire en tant que premier défenseur des policiers et des gendarmes.
04:07Je suis le premier évidemment à m'offusquer de ce genre de situation.
04:10Mais on est parfois confronté à des mineurs
04:13et qui vont être placés sous contrôle judiciaire.
04:15On est parfois...
04:16Vous savez, moi je ne critique jamais les décisions de justice.
04:18Avec des aménagements. Il ne s'agit pas de critiquer.
04:20Il s'agit d'un sentiment aujourd'hui, d'une réalité pour des Français
04:22qui voient un ancien président, quelles que soient les convictions qu'ils ont.
04:25Et d'autres malfrats et criminels dehors.
04:28Je crois que nos concitoyens ne comprennent plus
04:30quand on s'en prend physiquement à un policier.
04:32Ils ne comprennent pas qu'on n'ait pas une sanction très lourde.
04:35Et je crois qu'il faut que les textes soient durcis.
04:37C'est bien l'intention du garde des Sceaux.
04:38Il aura évidemment tout le monde soutien.
04:40Et nous-mêmes, nous faisons un certain nombre...
04:41Le ministre de l'Intérieur fait un certain nombre de propositions
04:45pour durcir un certain nombre de sanctions sur certains types de délinquances.
04:49Ce que l'on aimerait voir derrière les barreaux,
04:51Laurent Lunès, évidemment, ce sont les malfrats qui ont volé les bijoux du Louvre,
04:54qui ont arraché et volé une partie de notre patrimoine inestimable,
04:58mais estimé malgré tout à 88 millions d'euros,
05:01sans compter évidemment le coût historique et patrimonial.
05:04Est-ce que vous avez davantage d'éléments ce matin sur le profil des malfrats ?
05:07Et est-ce que vous êtes toujours aussi confiants sur leur potentiel à l'arrestation ?
05:11Moi, en tant qu'ancien préfet de police en charge d'un des services d'enquête de cette affaire,
05:16j'ai toute confiance dans leur capacité à retrouver les auteurs.
05:19Malgré les jours qui passent.
05:21Malgré les jours qui passent.
05:22Après, évidemment, l'inquiétude, ce sont les bijoux.
05:25Évidemment, c'est le butin aussi qu'on cherche à retrouver.
05:28Il y a une enquête qui est lancée sous l'autorité de Mme la Procureure de la République de Paris.
05:31Il y a plus d'une centaine d'enquêteurs de la brigade de repression du banditisme.
05:34Les indices sur les profils des preuves recueillis.
05:37De l'Office central de contrôle trafic de biens culturels.
05:39Voilà, donc tout est mis en œuvre pour retrouver tout cela.
05:40Je ne ferai aucun commentaire sur l'enquête.
05:43Elle progresse, M. le ministre ?
05:44Elle progresse.
05:45Mme la Procureure de la République l'a dit dans ses communications.
05:48Il y a un certain nombre de traces et indices qui ont été relevés.
05:50Voilà, elle progresse.
05:51Qui mènent vers des pistes circonstanciées ?
05:53Voilà, je ne peux pas vous en dire plus.
05:54Vraiment, je ne vous en dis pas plus.
05:55Je reste extrêmement prudent.
05:57Mais j'ai toute confiance, ça c'est sûr, dans le fait que nous retrouverons les auteurs.
06:00Vous en dites plus par contre sur le système de sécurité d'alarme.
06:04Vous avez affirmé que les alarmes avaient été déclenchées normalement,
06:06que les forces de l'ordre ont été immédiatement prévenues
06:08et qu'en trois minutes, les effectifs étaient présents.
06:11La ministre de la Culture, Rachida Dachi, affirme aussi que la sécurité du Louvre a fonctionné.
06:15Donc, pas de défaillance, pas de responsabilité, pas de faillite.
06:18Le système d'alerte a fonctionné.
06:19Le système d'alerte a parfaitement fonctionné.
06:22Donc, dès que la fenêtre a été attaquée, elle s'est mise en place.
06:26Les policiers ont été prévenus.
06:27En trois minutes après, ils étaient sur place.
06:29Donc, il y avait tout un système qui, lui, n'a pas été mis en défaut.
06:33Il a fonctionné.
06:34Après, le fait est arrivé.
06:35Donc, je ne vais pas vous dire que c'est un succès.
06:37Non, il y a eu un cambrile, il y a eu ce vol par réfraction
06:41qui est avec un butin inestimable, une valeur inestimable.
06:45Alors, évidemment, on l'a chiffré en millions d'euros,
06:46mais pour la valeur patrimoniale, c'est inestimable.
06:49Voilà, donc, en tout cas, les systèmes de protection ont fonctionné.
06:51En plus, on est dans une zone qui est parmi les plus touristiques de Paris.
07:01Et c'est une zone où, habituellement, il y a tout le temps énormément de policiers.
07:05Vous comprenez que, quand même, on a l'impression que tout le monde se défaut.
07:07Kosky va assumer sa responsabilité.
07:09Est-ce que vous avez failli, comme l'a dit d'ailleurs Gérald Darmanin ?
07:12Je ne reprendrai pas ce terme.
07:16Il a eu tort de le dire ainsi ?
07:17Non, mais Gérald Darmanin n'a pas eu tort de dire qu'il y avait une faillite.
07:21À partir du moment où c'est un échec, voilà.
07:23Donc, il y a eu un cambriolage au Louvre.
07:28Ils ont été dérobés parmi les bijoux les plus précieux de la France.
07:33Donc, évidemment, c'est un échec.
07:34Je ne peux pas vous dire autre chose.
07:35Sans demander des têtes symboliques, des responsabilités.
07:38Mais on est en train de regarder.
07:39Nous avons regardé.
07:40On s'est réunis avec Rachid Alati.
07:41On s'est vus sur place.
07:42On s'est réunis le lendemain.
07:43On a regardé si les systèmes d'alarme avaient fonctionné,
07:45ce qui avait dysfonctionné.
07:47On est en train de regarder si les caméras que nous avons sont en nombre suffisant.
07:50Mais voilà.
07:51Donc, on est en train de regarder tout ça.
07:52Elle-même a lancé une enquête administrative.
07:55Voilà.
07:55Donc, le fait que c'est un échec de toute façon.
07:59Voilà.
07:59Donc, ça ne doit pas arriver.
08:00Les dispositifs qu'on déploie sont toujours mis en place pour que ça n'arrive pas.
08:03Il y a à la fois, évidemment, la sécurité des musées,
08:06mais d'une manière générale qui est interpellée.
08:08Et puis, il y a l'intervention des forces de l'ordre.
08:10Le joyau de notre pays.
08:10Et puis, il y a l'intervention des forces de l'ordre sur la voie publique aussi.
08:13L'espace public, ce sont les forces de sécurité intérieure, évidemment.
08:16Non, non.
08:16Mais en tout cas, on va y travailler.
08:17D'ailleurs, il faut travailler sur l'ensemble des musées.
08:21Vous savez...
08:21Mais rassurez-nous.
08:22Monsieur le ministre, c'est quand même fait sur l'ensemble des musées.
08:24J'ai vu que vous avez demandé une sorte de liste ou d'inventaire
08:27sur les biens les plus importants dans notre pays.
08:29J'imagine que cette liste a déjà été faite.
08:31Non, ce n'est pas exactement ce qu'on a demandé avec Rachida Lattie.
08:34Ce qu'on a demandé, c'est de bien...
08:35On a demandé au préfet de bien s'assurer que les relations
08:38qu'il y a avec chaque directeur d'établissement de musée
08:41sont bien en place.
08:42Ce qui est le cas.
08:42Ça fait des années qu'on y travaille.
08:44Que les relations sont bien en place.
08:46Que les chaînes d'alerte fonctionnent bien.
08:47Qu'on nous signale bien quand il y a des expositions temporaires
08:50avec des biens de valeur.
08:51Quitte à ce que les forces de sécurité intérieure
08:52puissent un certain temps se déployer
08:55quand il y a des biens d'une telle valeur.
08:56Voilà, c'est ce qu'on a demandé.
08:58Ce travail, il a été lancé il y a plusieurs années.
09:00Maintenant, sécuriser des musées, ça prend du temps.
09:04Il y a des investissements à faire.
09:06C'est extrêmement moins lourd.
09:07Et vous savez, pour le Louvre, moi-même comme préfet de police,
09:10sur les trois ans et demi où j'ai été préfet de police,
09:12j'ai signé plusieurs audits.
09:13Mais ça ne se fait pas d'un coup de claquement de doigt.
09:15Voilà, il y a des investissements qui se font sur la durée.
09:17Malgré l'alerte de la Cour des comptes
09:19sur la vulnérabilité de ce musée.
09:22Plus largement, en tout cas,
09:23M. le ministre de l'Intérieur,
09:24on poursuit notre entretien sur CNews Europe 1
09:26dans le cadre de la lutte contre l'insécurité.
09:28Vous êtes attendu sur l'insécurité des Français du quotidien,
09:31la lutte contre les narcotrafics, le grand banditisme.
09:34On va interroger vos priorités.
09:36Mais tout d'abord, il y a un principe pour comprendre
09:38la philosophie que vous portez à Beauvau.
09:40Est-ce que pour vous, le lien est avéré
09:42entre immigration et délinquance ?
09:44Non, c'est une question qu'on me pose souvent.
09:48Moi, je suis très transparent sur les chiffres.
09:50Je ne les ai jamais cachés
09:51dans l'ensemble des postes que j'ai occupés.
09:53Il y a effectivement un pourcentage d'étrangers
09:55qui peuvent être mis en cause dans la délinquance.
09:58J'avais donné d'ailleurs sur votre antenne, je crois,
10:01quand j'étais préfet de police,
10:02le chiffre dans l'agglomération parisienne...
10:0436% est mis en cause dans l'agglomération parisienne
10:05pour les personnes de ces étrangers.
10:08Donc le lien est établi pour vous ?
10:09Moi, je suis ministre de l'Intérieur.
10:10Je suis le patron des forces de sécurité intérieure.
10:14Et je lutte contre des délinquants.
10:16Oui, mais est-ce que le lien est établi pour vous ?
10:17Moi, je n'établis pas de lien.
10:19Je lutte contre des délinquants d'une manière générale.
10:20Vous savez, hier, j'ai été interrogé par un parlementaire
10:22à la Commission des lois qui me demandait ce lien.
10:24Moi, je veux bien donner des chiffres.
10:26Je veux bien donner des chiffres.
10:26Il n'y a aucune difficulté là-dessus.
10:28Mais faire ce lien systématiquement, je ne le fais pas.
10:31Pourtant, vous me posez un diagnostic,
10:33c'est permettre de résoudre des problèmes.
10:34De la même façon que j'ai refusé de cautionner
10:36les propos qui étaient tenus par un député de la France insoumise
10:38qui considéraient que les forces de l'ordre,
10:40les forces de sécurité intérieure dont j'ai la responsabilité,
10:43procédaient à des contrôles d'identité au faciès.
10:45Ça, je refuse de dire que j'ai des contrôles auprès de personnes racisées.
10:49Et vous le répétez ce matin.
10:50En mars dernier, le garde des Sceaux, encore lui, Gérald Darmanin,
10:52a affirmé, je cite,
10:53« Il serait idiot de ne pas dire qu'il y a une part importante
10:56de la délinquance qui vient de personnes immigrées. »
10:58Non, mais il a raison.
11:02Il a raison.
11:02Donc, il y a un lien.
11:03Il a raison.
11:04Non, non.
11:05Il a raison de le dire.
11:06Attention.
11:08Une chose importante que je veux dire.
11:09Pourquoi tant de précautions au rapport ?
11:11Nous avons des étrangers en situation irrégulière
11:13qui commettent un certain nombre de délits.
11:16Et c'est bien pour cela que nous priorisons,
11:18c'est Gérald Darmanin qui, à l'époque,
11:19comme ministre de l'Intérieur, l'avait demandé.
11:20Évidemment, Bruno Rotaillot a poursuivi cette politique,
11:23avait demandé que nous placions en priorité
11:24en centre de rétention administrative
11:26et que nous priorisions dans les reconduites
11:27ceux de ces étrangers en situation irrégulière
11:29qui étaient les plus dangereux.
11:30Ça, je ne le nie pas.
11:32Je ne le nie pas.
11:32Et nous menons des actions déterminées
11:35auprès des pays d'origine de ces personnes
11:37pour pouvoir les reconduire.
11:37Et on va en parler, évidemment,
11:38notamment l'Algérie.
11:39Je vous pose la question.
11:40C'est pour connaître aussi votre manière
11:42d'appréhender ce sujet,
11:43qui est un sujet important et éminemment régalien.
11:45Par exemple, vous ne reprenez pas
11:46le terme de submersion migratoire.
11:48Là encore, je vous pose la question,
11:49tout simplement et de manière transparente.
11:51François Bayrou avait parlé de submersion migratoire.
11:54Vous, monsieur le ministre,
11:54comment vous qualifiez ce niveau d'immigration
11:56dans notre pays, sachant,
11:57ça, ce sont les chiffres de l'INSEE,
11:59je pense qu'ils sont difficilement contestables,
12:00que la France a enregistré un record d'immigration
12:02avec 434 000 nouvelles arrivées
12:04en seulement un an.
12:06Comment vous qualifiez un tel niveau ?
12:07Non, mais il y a un défi migratoire évident.
12:09Il y a un défi migratoire.
12:10Il y a le contexte climatique,
12:13les crises économiques.
12:14Il y a une augmentation significative
12:16des migrations.
12:17Et donc, c'est un défi pour nous.
12:18Oui, il faut qu'on travaille avec l'Europe,
12:20mieux contrôler nos frontières
12:21et qu'on soit plus efficace
12:22sur le territoire national,
12:23comme on l'est, vous savez.
12:24J'entends.
12:24Mais ma question, c'est,
12:25est-ce que c'est une immigration massive ?
12:27Est-ce qu'elle est trop importante ?
12:28Est-ce qu'elle est maintenant inacceptable ?
12:30C'est un défi migratoire
12:31qui se traduit par une augmentation
12:32significative des migrants.
12:33Vous n'avez pas la qualité ?
12:33Je vous le confirme.
12:34Je vous le confirme.
12:34Il y a un vrai défi.
12:35Il faut qu'on y réponde.
12:36Et voilà, il faut y travailler.
12:38C'est-à-dire, vous savez,
12:39en 2024,
12:40on a interpellé
12:41150 000 étrangers en situation américaine
12:43sur le territoire national.
12:44Mais votre prédécesseur,
12:45Bruno Rotaillot,
12:45estime que cette immigration,
12:47ce sont ses mots,
12:47massive,
12:48n'est pas une chance pour la France.
12:50Il a tort ?
12:52Dans les conditions actuelles,
12:54a-t-il dit.
12:54Je tiens à le préciser.
12:55C'est toujours ce qu'il a dit.
12:56Évidemment, dans les conditions actuelles,
12:58il faut qu'on lutte
12:59contre l'immigration légale.
13:00Il a raison de le dire ainsi.
13:00C'est ce que nous faisons.
13:01Dans les conditions actuelles,
13:02oui, mais enfin,
13:04attention quand on convoque
13:05des mots de cette nature-là.
13:06Mais attention à qui me...
13:07Je pose une question.
13:08Non, mais je vais vous répondre
13:09très clairement.
13:10Chaque fois qu'on parle de ces débats,
13:12c'est toujours...
13:13Chaque fois qu'on parle de ces questions,
13:14c'est toujours pour dire,
13:15à côté, il y a un laxisme,
13:16les pouvoirs publics ne font rien.
13:18C'est faux.
13:20Est-ce notre sujet ce matin ?
13:21On a des dispositifs
13:22de contrôle frontière
13:23qui ont été renforcés.
13:24On interpelle énormément
13:25d'étrangers en situation régulière
13:26et on reconduit énormément
13:28d'étrangers en situation régulière.
13:28Ma question,
13:28est-ce qu'il y a une immigration
13:29massive aujourd'hui
13:30qui pose un souci à la France
13:31ou pas, monsieur le ministre ?
13:31Je vais vous dire pourquoi
13:32il y a des mots que je n'emploie pas.
13:33Parce que, systématiquement,
13:35ce qu'on va sur ces débats,
13:37c'est pour en même temps
13:38pointer la carence
13:39des pouvoirs publics.
13:40Et moi, comme ministre de l'Intérieur,
13:41je le refuse
13:41parce que je sais
13:42le travail formidable
13:42que font les femmes
13:44et les hommes
13:44que je dirige sur ces sujets
13:45et d'autres.
13:46Mais pardonnez-moi,
13:47ce n'est pas...
13:47Non, non,
13:48ce n'est pas ni les forces de sécurité
13:50qui...
13:50C'est le ministre de l'Intérieur
13:51que j'interroge.
13:52C'est le ministre de l'Intérieur
13:53qui vous parle.
13:53C'est moi qui dirige.
13:54Et c'est aussi de votre responsabilité
13:55de donner une réponse politique.
13:56Nous avons...
13:57Mais la réponse politique,
13:58celle que je vous donne,
13:58nous travaillons de manière
13:59mais vraiment prioritaire
14:01sur le démantèlement de filières,
14:03le contrôle des frontières,
14:04par l'interpellation
14:05des étrangers en situation irrégulière,
14:06il faut que vos téléspectateurs sachent,
14:08M. Rotaillot le disait,
14:10M. Darmanin le disait,
14:11en Europe,
14:12nous sommes le pays
14:12qui reconduit
14:14le plus de personnes quand même.
14:15On va en parler.
14:16Alors, c'est très bien.
14:17Vous voulez aller sur un...
14:17Sur les six premiers mois de l'année,
14:18c'est environ 30 000 personnes
14:19qui ont été reconduites en Europe.
14:21Nous, nous sommes déjà
14:21à 7 500 devant l'Allemagne.
14:23Alors, l'entrée,
14:24c'est 500 000 entrées par an,
14:26c'est l'équivalent d'une ville.
14:27Je vais répondre à votre question
14:29sur le pourquoi.
14:30Je pose ça sur la table.
14:31Voilà ce que nous faisons.
14:33Et les forces de sécurité intérieure
14:34ne sont pas les bras ballants
14:35sur ces sujets.
14:36Après, convoquer
14:37un certain nombre de mots,
14:38comme vous venez de le...
14:40Comme je cite
14:40l'ancien Premier ministre,
14:41M. Bayrou.
14:42Vous, vous, vous...
14:42D'accord, vous savez,
14:43je suis le président de la République,
14:46le Premier ministre.
14:47On m'a bien dit
14:47que les ministres de la société civile
14:49étaient aussi des hommes libres.
14:50J'ai eu une liberté de parole
14:50et j'entends bien l'exercice
14:51ce matin devant vous.
14:52Quand vous convoquez
14:53certains mots,
14:54comme la submersion migratoire,
14:57l'assimilation,
15:00pardon,
15:00mais on est aussi quand même
15:01une société
15:02qui a été construite
15:03sur la diversité
15:04et je ne veux pas, moi,
15:05que ces mots soient blessants,
15:06soient brutaux
15:06et nous divisent encore plus
15:08que nous ne le sommes déjà.
15:09Est-ce qu'il ne m'empêche pas
15:09comme ministre de l'Intérieur
15:10d'agir de manière résolue
15:12contre l'immigration ?
15:13Je me demande
15:13envers qui ils peuvent être blessants ?
15:14Là, on parle,
15:15on va parler d'immigration irrégulière
15:17pour des personnes
15:17qui arrivent sur notre sol
15:18et qui n'ont rien à y faire.
15:20Envers qui c'est blessant ?
15:21Mais ça peut être blessant
15:22à l'endroit d'un certain nombre
15:25de nos compatriotes
15:26qui sont d'origine étrangère
15:27ou d'étrangers en situation régulière
15:28qui sont parfaitement intégrés.
15:29Et régulière ?
15:30On ne parle pas de ces personnes-là ?
15:31Je vous parle des réguliers.
15:32Ils peuvent se sentir visés
15:34par un certain nombre
15:34de propos qui sont tenus.
15:35C'est pour ça que je refuse
15:36de les tenir.
15:37Mais ce qui n'empêche pas
15:38et d'ailleurs c'est l'histoire
15:39de ma carrière de hauts fonctionnaires,
15:41une grande fermeté,
15:42une grande détermination
15:43à lutter contre l'immigration illégale.
15:44Alors allons-y
15:44puisque vous voulez être précis
15:45sur les chiffres,
15:46monsieur le ministre de l'Intérieur,
15:47au sujet de l'immigration illégale,
15:48des clandestins,
15:49vous avez déclaré
15:50en prenant beaucoup
15:50de précautions oratoires,
15:51un peu comme ce matin,
15:52qu'il y avait entre 200
15:53et 300 000 clandestins en France.
15:55Est-ce que vous maintenez
15:56ce matin cette fourchette ?
15:57Non, j'ai dit,
15:58j'ai été interrogé
15:59dans une émission,
16:00c'était sur une autre chaîne,
16:02où j'ai refusé d'abord
16:03de donner les chiffres
16:03parce que je ne voulais pas
16:04qu'ils prêtent à débat.
16:05D'abord, ce sont des estimations.
16:07Par définition,
16:08on ne connaît pas
16:09le nombre d'étrangers
16:09en situation régulière.
16:10Pardonnez-moi,
16:11il suffit d'aller voir
16:12du côté de l'AME.
16:13Si, si, monsieur,
16:13il y a un faisceau d'indice.
16:14Je vais vous répondre.
16:15Il y a plusieurs sources.
16:16Il y a plusieurs sources.
16:16Il y en a une.
16:16Les bénéficiaires de l'AME,
16:18c'est 400 000 déjà
16:19l'année dernière.
16:20Donc, votre fourchette est fausse.
16:21Je vais vous donner...
16:22Non, non,
16:22ce n'est pas le chiffre
16:23que j'ai donné.
16:24Vous avez réécouté
16:25attentifiquement hier.
16:25J'ai bien précisé
16:26à la fin de l'émission
16:27que je ne voulais pas donner chiffre
16:29pour ne pas nourrir de polémiques.
16:30Maintenant, je...
16:31Vous avez dit
16:32200, 300 000 clandestins.
16:33Non, non, non.
16:34Et puis, j'ai dit ensuite
16:35que je ne voulais pas donner
16:37ce chiffre sous-entendant clairement
16:40que ça n'était pas le bon.
16:41Je vais vous donner
16:41les estimations.
16:43Excusez-moi, j'ai du mal à comprendre.
16:44Donc, vous donnez un chiffre
16:45qui n'est pas le bon.
16:45L'aide médicale d'État,
16:46vous vous donnez.
16:46Il y a plusieurs sources.
16:47D'ailleurs, mes prédécesseurs
16:48ont donné des chiffres
16:49qui n'étaient pas les mêmes.
16:50Vous l'avez noté également.
16:51Oui, M. Darmanin
16:52a parlé en 2021
16:53de 700 000 clandestins.
16:55C'est exactement ça.
16:56Et puis, une autre fois,
16:57il a donné une fourchette
16:58entre 600 et 900 000.
16:59Mon prédécesseur avait parlé
17:00d'un demi-million, 500 000.
17:01On est loin des 200 000.
17:02Si on travaille
17:02de manière sérieuse
17:04et nous l'avons fait,
17:05moi, je connais évidemment
17:06le chiffre, je le connais.
17:07Alors, donnez-lui ce matin.
17:08Si on travaille
17:09sur l'aide médicale d'État
17:10et qu'on extrapole
17:12le nombre,
17:13l'estimation d'étrangers
17:14en situation irrégulière
17:15dans notre pays,
17:16elle est de 700 000.
17:17Voilà.
17:18Disons, 470 000
17:19qui sont bénéficiaires
17:20de l'AME.
17:21Or, selon la Cour des comptes,
17:22tous les bénéficiaires
17:23à tous les éclats
17:24ne sont pas bénéficiaires
17:25de l'AME.
17:25Donc, la fourchette
17:26est de 700 000.
17:27C'est un peu moins
17:28d'un sur deux.
17:28Vous aurez clos une polémique
17:30en donnant ce chiffre
17:31tout de suite, déjà,
17:32dès hier.
17:32Non, non, non.
17:32Ce n'est pas le sujet.
17:33Je ne voulais pas créer
17:34de polémique
17:35en donnant un chiffre.
17:36Moi, dans mon esprit,
17:38les choses sont très claires.
17:39Il n'y a pas de difficulté.
17:40Donc, 700 000 clandestins.
17:42C'est une estimation.
17:43C'est une estimation.
17:44Mais je note
17:45qu'elle est loin
17:45des 200 000,
17:46M. le ministre.
17:47Il y a une fourchette.
17:50La fourchette de 600 000
17:52à 900 000
17:53me paraît assez cohérente,
17:54mais le chiffre de 700 000
17:55l'est tout autant.
17:56Mais, encore une fois,
17:57j'insiste.
17:57Moi, je ne veux jamais
17:58qu'on donne l'impression
17:59que nous sommes les bras ballants
18:01sur ces sujets.
18:01Ce sont des sujets importants
18:03qui sont compliqués,
18:04qui font aussi intervenir
18:06nos partenaires européens,
18:07nos discussions européennes.
18:08Mais, en tout cas,
18:09on est évidemment
18:09très, très offensifs
18:11dans la lutte
18:11contre l'immigration illégale.
18:12Alors, offensifs,
18:13l'aide-vous avec l'Algérie ?
18:15Sur l'Algérie,
18:15vous avez affirmé
18:16qu'il faudrait, je cite,
18:17cette expression,
18:18un bouger dans les discussions
18:19car nous n'avons plus
18:19d'échanges sécuritaires avec eux.
18:21En quoi, M. le ministre,
18:22ce n'est pas une capitulation ?
18:23Non, mais ce n'est pas
18:24du tout une capitulation.
18:25Ce n'est pas une soumission.
18:26Pardonnez-moi,
18:26je vais terminer ma question.
18:27Alors que nos compatriotes
18:28Boalem Sansal
18:29et le journaliste Christophe Gleiz
18:30sont toujours,
18:31aujourd'hui, incarcères...
18:32Mais la France est très attentive
18:33à la situation de Boalem Sansal
18:34et de celle de Christophe Gleiz.
18:35Évidemment,
18:36évidemment que nous sommes
18:37très contrariés,
18:40c'est un euphémisme,
18:41par le fait que les Algériens
18:42ne reprennent plus
18:43les étrangers en situation irrégulière,
18:44y compris les plus dangereux.
18:45Évidemment que c'est
18:46un vrai problème pour nous.
18:48Évidemment...
18:48Et donc, il faut apaiser
18:49les tensions face à cela.
18:52On doit la vérité
18:53à nos concitoyens.
18:53Il faut aussi leur dire,
18:55il faut aussi leur dire,
18:56il faut avoir le courage
18:56de leur dire,
18:57on est dans un bras de fer
18:58avec l'Algérie, évidemment,
19:00mais il faut aussi avoir
19:00le courage de leur dire
19:01qu'il n'y a plus
19:02de relations sécuritaires
19:03et c'est un problème
19:04pour le ministre de l'Intérieur
19:05que je suis en charge
19:06des questions de sécurité.
19:07C'est un problème.
19:08Il n'y a plus d'échange
19:08d'informations
19:09sur des sujets aussi importants
19:10que la lutte antiterroriste,
19:12que la criminalité organisée
19:13est dans les deux sens.
19:14Voilà, c'est tout ce que j'ai dit.
19:16Évidemment que cette situation
19:17se réglera dans un contexte global
19:18qui dépasse le seul ministre
19:20de l'Intérieur.
19:20Vous avez dit
19:21qu'il faut des relations apaisées.
19:22Monsieur le ministre,
19:23ça va plus loin
19:23que simplement rétablir
19:24des relations sécuritaires.
19:26Moi, je vous pose la question clairement.
19:27Et on ne parle pas
19:28du peuple algérien,
19:29on parle du pouvoir.
19:30Ça veut dire,
19:30est-ce qu'on continue
19:31de soigner les dignitaires algériens,
19:32de préserver leurs intérêts
19:33familiaux et patrimoniaux
19:34en France,
19:35de payer la retraite
19:36d'une partie des binationaux
19:37que l'Algérie ne veut pas payer ?
19:39Je ne me suis jamais prononcé
19:40sur ces sujets.
19:41Moi, je suis ministre de l'Intérieur,
19:42je vous parle du canal sécuritaire.
19:44Je mesure le poids
19:45de ce que je dis.
19:46J'en mesure le poids.
19:47J'en suis évidemment conscient.
19:49Mais il faut que nos concitoyens
19:50sachent que c'est une difficulté
19:52en termes de sécurité
19:53de ne pas avoir
19:54d'échange d'informations.
19:56Voilà, c'est tout ce que je dis.
19:57Et de ce point de vue-là,
19:57il faudra un jour ou l'autre
19:58que les choses s'arrangent.
20:00Mais dans le cadre...
20:00Mais ça arrange dans quel cas,
20:02dans le cadre du règlement global
20:04de la relation avec l'Algérie ?
20:05Mais vous ne voulez pas remettre en cause
20:07l'accord dérogatoire de 68,
20:09dont d'ailleurs un député macroniste,
20:11Charles Rodouel,
20:12dit que cette exception migratoire algérienne
20:14coûte 2 milliards par an à la France.
20:16Ce n'est pas rien,
20:17ce n'est pas une paille,
20:18pardonnez-moi l'expression en ce moment.
20:19Vous vous dites,
20:20il faut quand même aller,
20:21évidemment,
20:22en rétablissant ces relations sécuritaires,
20:23mais vers un apaisement.
20:24C'est le mot que vous avez utilisé.
20:26J'ai parlé de relations sécuritaires.
20:28J'insiste.
20:29Moi, vous ne m'avez pas entendu dire
20:30qu'il ne fallait pas remettre en cause
20:32l'accord franco-algérien de 1968.
20:34Il y a un rapport
20:36qui vient d'être rendu public,
20:38qui va être examiné.
20:39Très argumenté, très précis.
20:40Il y a des discussions qui vont avoir lieu.
20:41Moi, je vous parle de la raison
20:42du lien sécuritaire.
20:45J'en reste là,
20:46mais c'est important.
20:47Et nos concitoyens doivent le savoir.
20:48Pourquoi on vous interroge,
20:48Laurent Lunez, ce matin ?
20:49Parce que Bruno Rotaillot,
20:51quelles que soient les critiques
20:51des uns et des autres,
20:52il faut lui reconnaître
20:53qu'il avait une ligne claire
20:54et cohérente sur ce dossier.
20:55Il se souciait quotidiennement
20:56du sort de Boalem-Sensal.
20:57Et j'imagine qu'à ce sujet,
20:59vous, immédiatement,
20:59vous avez pris contact
21:00avec sa famille.
21:01Mais moi, je...
21:03Pas encore, mais...
21:05Avec son comité de soutien.
21:05Il a des contacts
21:06avec beaucoup de personnes
21:07du gouvernement.
21:07Vous savez qu'il y a
21:09une lettre sans réponse,
21:10qui a été adressée
21:11aux présents de la République.
21:12Il y a une attention
21:12très soutenue
21:13sur la situation
21:13de Boalem-Sensal
21:14et de Christophe Gleil.
21:15Ça, je peux vous le dire,
21:16bien évidemment.
21:17Bien évidemment.
21:18Bruno Rotaillot
21:19avait une position
21:20qui était la sienne.
21:22Pour l'instant,
21:23j'ai la même.
21:23Il n'y a pas le canal sécuritaire,
21:25c'est pas rétabli.
21:25Ce que je vous dis...
21:26Vous êtes sur la même ligne
21:27que M. Rotaillot.
21:27Il y a une difficulté
21:28à ce que le canal sécuritaire
21:30ait été interrompu
21:32avec l'Algérie.
21:36C'est parce qu'il faut
21:37que nos concitoyens,
21:37encore une fois,
21:38il faut que nos concitoyens
21:40le sachent.
21:41Donc, rétablir
21:42ce canal sécuritaire
21:43très important,
21:43évidemment,
21:44dans la lutte
21:44contre le terrorisme,
21:45notamment.
21:45Et en même temps,
21:46comment allez-vous peser
21:47sur les OQTF
21:48si on n'utilise
21:49aucun levier de pression
21:50par rapport
21:51au régime algérien ?
21:52Mais la situation
21:54ne peut se débloquer
21:54que d'une manière globale.
21:56Par un coup de baguette magique ?
21:57Mais d'une manière globale.
21:58Il y a la discussion
21:59qui continue
22:00sur Boalem-Sensal,
22:01sur Christophe Gleil,
22:01évidemment.
22:02Et puis,
22:03il y a d'autres aspects
22:04de la discussion
22:04entre la France et l'Algérie.
22:06Évidemment.
22:06Je ne dis pas que demain,
22:08on va rouvrir
22:08le canal sécuritaire.
22:10Je vous dis qu'il faut
22:10qu'à un moment,
22:11les choses évoluent.
22:12On n'a plus de relations sécuritaires
22:13et pour le ministre de l'Intérieur,
22:14c'est un problème.
22:15Mais on a encore
22:15les OQTF
22:16que l'Algérie,
22:17notamment,
22:17ne veut pas reprendre.
22:18Il faudra évidemment
22:19qu'ils nous les reprennent.
22:20On a 40% d'étrangers
22:22en situation irrégulière
22:23actuellement
22:24qui sont des Algériens.
22:25Et je vous rappelle,
22:26et je vous l'ai dit tout à l'heure,
22:26que nous mettons
22:27dans les centres
22:27de rétention administrative,
22:29ceux des étrangers
22:29qui sont les plus dangereux.
22:30Donc il faudra
22:31à un moment ou à un autre
22:32qu'il y ait un bougé là-dessus.
22:33Parce qu'il y a un engorgement
22:34dans les centres
22:35de rétention administrative.
22:35Mais pour qu'il y ait un bougé,
22:35il ne faut qu'il y ait un levier
22:36de pression en amont.
22:37Mais bien sûr.
22:38Mais quel est-il ?
22:39Il y a une discussion
22:40qui s'engage
22:40avec mon homologue
22:43entre nous,
22:45entre le ministre de l'Europe
22:46et des Affaires étrangères
22:47et le président de la République.
22:48Dont on connaît la position
22:49en contradiction
22:50avec Bruno Rotaillot.
22:53Pardonnez-moi,
22:53c'est pour comprendre
22:54qu'est-ce qu'on a obtenu
22:57du bras de fer ?
22:58Voilà la question.
22:59Qu'est-ce qu'on a obtenu
22:59du bras de fer ?
22:59Je ne sais pas,
23:00monsieur le ministre.
23:01Nous avons toujours...
23:02L'avons-nous mené, vraiment ?
23:04Les Algériens ne sont pas repris.
23:05Avons-nous mené ce bras de fer ?
23:07Les Algériens ne sont pas repris
23:08et on n'a plus
23:08d'échange sécuritaire.
23:10Avons-nous mené ce bras de fer ?
23:12Avons-nous utilisé
23:12l'un des leviers de pression ?
23:14Oui, c'est en cours.
23:15Oui, bien sûr.
23:16Non, non, mais bien sûr.
23:16Bien sûr, il y a eu des mesures
23:17qui ont été prises sur les visas,
23:19des mesures qui ont été prises
23:24contre, évidemment,
23:24je le précise,
23:25les visas des étudiants algériens,
23:27mais ils ont été augmentés
23:28ces visas d'étudiants algériens
23:29pour un signal de fermeté.
23:32Il n'y a plus ferme, on va dire.
23:32Oui, il n'y a plus ferme.
23:33Oui, oui, c'est effectivement
23:34un problème, je vous le concède.
23:35Restons sur le côté
23:36qui nous intéresse,
23:36la sécurité des Français.
23:38Vous avez été préfet de police,
23:40monsieur Nunez.
23:40D'ailleurs, l'acronyme au QTF
23:42qui est très utilisé
23:43permettez-moi ce matin
23:44de rappeler une réalité
23:44qui n'est pas une généralité
23:46et là, je reprends
23:47vos propos nuancés,
23:48mais derrière cette réalité,
23:49elle est bouleversante.
23:50Il y a un procès bouleversant,
23:52horrible, tragique.
23:53C'est le procès
23:54de la meurtrière présumée
23:55de la petite Lola,
23:56une Algérienne sous OQTF,
23:58d'Abbiya Benkéret
23:59qui n'avait rien à faire
23:59sur notre territoire
24:00et permettez-moi de lire
24:01ce qu'elle a dit
24:02au sujet de son maintien en France.
24:05Elle a dit qu'elle voulait
24:05rester en France
24:06parce qu'elle se sentait libre,
24:07libre d'être dans notre pays,
24:09donc libre de violer,
24:10d'avoir torturé la petite Lola.
24:13Qu'attend l'État
24:13pour réagir
24:14et pour protéger nos enfants ?
24:16Mais c'est ce que nous faisons.
24:18Alors, évidemment,
24:19c'est un drame,
24:19le meurtre et le viol horrible
24:23de la petite Lola.
24:23Moi, j'étais préfet de police
24:25pendant les faits,
24:26donc on a vécu ça
24:27de très près.
24:28L'enquête,
24:29c'est évidemment un drame
24:32et c'est pour cela
24:33qu'il faut être absolument
24:34intraitable
24:34dans le traitement des OQTF
24:35et qu'il faut qu'on continue
24:37à poursuivre
24:38l'exécution effective
24:40des OQTF.
24:42C'est là,
24:42au moment où je vous parle,
24:43par rapport à l'an passé,
24:44on est à plus de 22%.
24:46L'année dernière,
24:47on avait une augmentation
24:47significative.
24:48100%,
24:48on se souvient du président.
24:50Oui, enfin,
24:51pour tout,
24:52chaque fois qu'on a des OQTF
24:53qui sont des individus
24:54identifiés comme étant dangereux,
24:56ils sont placés
24:56en centre de rétention administrative
24:57et on fait tout
24:58pour les reconduire.
24:59Après,
24:59il faut avoir dit
24:59qu'il faut obtenir
25:00délaisser passer.
25:01Il y a des contraintes,
25:02il y a le délai de rétention
25:03qui est une mesure...
25:03Vous allez mener le combat,
25:04si je puis dire,
25:05l'action de Bruno Rotaillot
25:06pour prolonger
25:07le délai de rétention
25:08en CRA ?
25:08Bien sûr.
25:09Mais bien sûr,
25:10je vais reprendre ce texte.
25:11Il a d'ailleurs
25:11fait travailler les services
25:13puisqu'il y a une censure
25:15du Conseil constitutionnel
25:16à l'été.
25:16Je vais évidemment
25:17reprendre cette mesure
25:18qui permet de porter
25:19le délai de rétention
25:20pour que vos téléspectateurs
25:21comprennent bien
25:22jusqu'à 210 jours,
25:23c'est-à-dire 7 mois.
25:25Donc, c'est énorme
25:25et qui nous permettra
25:26de garder, certes,
25:28en centre de rétention administrative,
25:29mais pas sur l'espace public,
25:31les individus
25:31qui sont les plus dangereux.
25:32Il ne s'agit pas
25:33de tomber dans le populisme
25:35ou la démagogie,
25:35mais on ne peut pas
25:36se retenir,
25:37en lisant vraiment,
25:38c'est un haut-cœur,
25:39de se dire
25:40comment l'État
25:41n'a pas pu éloigner
25:42une telle personne.
25:43Comment ?
25:43Comment ?
25:44C'est ce que nous faisons.
25:46Croyez bien que...
25:47Moi, je connais
25:48les enquêteurs personnellement
25:50qui ont travaillé
25:50sur cette affaire.
25:51Je peux vous dire
25:51qu'ils sont bouleversés.
25:52On est tous bouleversés
25:53et c'est bien pour cela
25:54que nous voulons
25:55appliquer ces OQTF
25:55et exécuter ces OQTF.
25:58C'était extrêmement important.
26:00Maintenant, un mot,
26:01puisque vous dites
26:01je vais reprendre ça.
26:02Moi, je m'inscris
26:03dans une continuité
26:04comme ministre de l'Intérieur
26:05de ce qui s'est fait auparavant.
26:06Malgré ce que vous avez dit,
26:07je n'utiliserai pas
26:08le ministère
26:08comme une tribune politique.
26:09Je n'instrumentaliserai pas
26:10le ministère de l'Intérieur.
26:12Bien sûr.
26:12Vous pensez forcément...
26:13Mais non, mais attendez.
26:14Ne confondez pas
26:15le fond et la forme.
26:16Moi, je vais m'inscrire dans la...
26:17J'ai travaillé pendant un an
26:18avec Bruno Rotaio
26:19comme préfet de police.
26:20C'est un homme
26:20pour lequel j'ai
26:21beaucoup d'estime.
26:22Beaucoup d'estime.
26:23Il a poussé très loin
26:25un certain nombre de dossiers.
26:26Mais comme l'ont fait
26:27certains de ses prédécesseurs.
26:28Comme l'a fait
26:28Gérald Darmanin également.
26:30Comme l'a fait avant lui
26:31Christophe Castaner
26:32aux côtés du...
26:32Reconnaissons que c'est
26:33une autre ligne
26:33Christophe Castaner.
26:35Voilà.
26:35C'est une autre ligne.
26:36Conseillez-moi que j'incarnais
26:37une ligne un peu dure
26:38à ses côtés.
26:38Un peu plus dure
26:39et certainement plus dure
26:40à ses côtés.
26:40Donc, il y a une continuité
26:41dans l'action régalienne
26:42que je vais continuer à mener.
26:44Je vais reporter
26:45les dossiers de Bruno Rotaio,
26:47porter ceux
26:48de mes prédécesseurs.
26:48Et depuis 2017,
26:50on a fait beaucoup
26:51sur la sécurité.
26:52Après, il n'y a pas
26:53de rupture de fonds.
26:54Mais vous m'attraînez
26:56sur le mot
26:56l'instrumentalisation du...
26:58D'abord, il y a une rupture
27:00de forme.
27:00Il y a des mots
27:00que je n'utiliserai pas
27:01et que j'assume
27:02de ne pas utiliser
27:03pour la raison que je vous fais.
27:04Même s'ils vont faire réagir
27:04ce matin, vous le savez parfaitement.
27:06Ce qui ne m'empêche pas
27:07d'être un homme d'action
27:08et d'agir de manière
27:09extrêmement concrète.
27:10Et deuxièmement,
27:11moi, je suis déconnecté
27:12de tout projet partisan.
27:14Je ne suis pas candidat
27:15à l'élection présidentielle.
27:16Je suis candidat à rien.
27:17Et c'est en ce sens
27:18où je dis,
27:19et j'ai pu dire
27:20qu'il n'y avait pas...
27:21Il n'y a pas d'instrumentalisation
27:23du ministère de l'Intérieur.
27:24Pour moi, c'est un tremplin.
27:25Ce n'est pas du tout un tremplin.
27:26On ne regardait pas
27:26tous les matins vers 2027
27:28ce que vous vouliez dire.
27:29Non, c'est ce que je voulais dire.
27:30Voilà.
27:30Il n'y a aucun caractère blessant
27:32dans ce que je dis.
27:33C'est une posture.
27:34Et voilà, c'est la posture
27:35de celui qui est là
27:36pour servir l'intérêt général
27:37au service du public,
27:39à la demande du président
27:40de la République,
27:41du Premier ministre.
27:42Et c'est ce à quoi
27:42je vais m'employer.
27:44Voilà.
27:44Donc, sans aucun esprit partisan,
27:45dans l'état d'esprit
27:46qui a toujours été le mien,
27:47de parler à tout le monde,
27:49d'être ouvert,
27:49d'un homme de consensus
27:50et dialogue,
27:51mais ce qui ne m'empêche pas
27:52d'être extrêmement ferme.
27:53Et je le saurais totalement.
27:54Merci Laurent Nunez.
27:56Merci pour cette interview ce matin.
27:57Je vous ai dit une bonne journée
27:58et je vous dis à bientôt.
27:59Merci.
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