- il y a 3 mois
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec pour ma compagnie Gilles Boutin, bonsoir.
00:07Journaliste au Figaro, bonsoir Alexandre Malafaille.
00:10Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:11Fondateur du think tank Sinopia, bonsoir Eric Gueneau.
00:14Bonsoir.
00:14Merci d'être avec nous, vous avez été conseiller spécial de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012 à l'Elysée.
00:23Écoutons avant de vous interroger Maître Christophe Ingrain, il est l'un des avocats de Nicolas Sarkozy.
00:28Et il était avec l'ancien chef de l'Etat dans sa voiture qui le conduisait à la prison de la santé.
00:34Il a raconté à Laurence Ferrari tout à l'heure ce qu'il s'est dit, même si c'était peu de choses.
00:39Il était strictement identique au Nicolas Sarkozy, aux côtés duquel j'ai la chance de travailler depuis plusieurs années.
00:45Pas un mot pour se plaindre, mais pas un mot pour se plaindre.
00:48Pas un mot pour regretter des choses, on aurait mieux, on a mal fait ça.
00:53Exprimer de la peur, de l'appréhension.
00:55Aucune, aucune, aucune.
00:56Il a prononcé quelques mots au moment où il est sorti de la voiture ?
00:59Oui, oui, il s'est levé, il a juste dit bon à plus tard, il a caqué la porte, il avait des livres sous le bras,
01:05il est parti, les personnes de l'administration pénitentiaire l'attendaient pour effectuer les formalités administratives quand on arrive en détention.
01:13Voilà, il veut montrer à tous ceux qui étaient là qu'on ne l'atteint pas, il fait face, on ne l'atteint pas avec ça.
01:17Voilà, donc vous reconnaissez, j'imagine, Nicolas Sarkozy, son caractère, comme le décrit Maître Ingrain.
01:25Oui, sa personnalité, c'est toujours, il reste debout, comme s'il était invulnérable, en fait il ne l'est pas, c'est-à-dire qu'il y a la force,
01:40chez lui, ça a cette force de préserver les apparences, mais il y a aussi une blessure interne, donc il fait de cette épreuve une expérience qui va lui permettre de sortir plus fort.
02:00Donc moi je crois assez qu'elle le grandira, voilà.
02:03Dans quel sens ?
02:04Le grandira, c'est que la façon dont il l'affronte, même si elle est douloureuse, la dignité de son comportement, sa capacité à ne pas se laisser abattre,
02:18et quand même le fait que chez beaucoup de Français, il y a tout de même un doute sur tout ça, même si ce n'est pas clairement exprimé,
02:29donc il va sortir de là plus fort, mais les institutions, la République, la Nation, l'autorité, vont sortir profondément affaiblis.
02:41Alors pas tout de suite, parce que Maître Ingrain disait que la Cour d'appel a deux mois pour statuer sur cette demande de remise en liberté,
02:48qu'en général ils mettent entre trois semaines et un mois, donc ça veut dire qu'on a concrètement Nicolas Sarkozy derrière les barreaux, pendant trois semaines, un mois ?
02:56Alors je pense qu'ils vont aller un peu plus vite, si j'ai bien compris la moyenne des délais...
03:02Je répète ce que dit Christophe Ingrain.
03:03Oui, ils ont deux mois, en général à Paris c'est environ un mois.
03:06C'est ça, c'est ce que je viens de dire.
03:08Probablement ils iront peut-être un peu plus vite, mais il restera deux, trois semaines en prison au moins.
03:139 mètres carrés, une cellule individuelle, plusieurs sorties par jour, l'utilisation de la salle de sport, il a une radio, il a emporté avec lui, ça c'est totalement symbolique,
03:24les deux tomes du conte de Monte Cristo, on sait qu'il va écrire également un livre.
03:31Vous dites qu'il sortira grandi, ça me fait penser à ce matin, édition spéciale sur CNews et sur Europe 1, on entendait, je crois que c'est Vincent Hervouet,
03:40qui disait n'oubliez pas que Lula avait été incarcéré, il est ressorti, il est redevenu président, Donald Trump avait été embêté par la justice, il s'est représenté, il est devenu président.
03:51Vous croyez à un nouveau destin présidentiel de Nicolas Sarkozy ?
03:54Ça je n'en sais rien, je ne suis pas certain qu'il ait envie de se représenter à une élection, je ne sais pas, on verra, on verra.
04:03Quand je dis grandi, je parle de l'homme, je parle de manière dont son caractère va me permettre de transcender cette terrible épreuve.
04:14Alors les exemples que vous citez certes, mais Trump, la justice n'avait pas réussi encore, n'avait pas eu le temps de le mettre en prison.
04:23Quant à Lula, c'est très intéressant parce qu'on cite parfois cet exemple, on dit regardez à l'étranger, mais Lula on s'est rendu compte après que sa condamnation était due à un complot des juges.
04:35Vous vous souvenez, on avait trouvé, on a trouvé dans des mails qui montraient que les juges, une partie des juges, en tout cas ceux qui l'avaient condamné, avaient comploté.
04:48D'ailleurs le procès a été annulé par la Cour suprême, pour motif d'irrégularité, donc la situation est un peu différente.
04:59Même si là il n'y a rien dans le dossier, enfin en tout cas ça a été privé.
05:01Non il n'y a rien dans le dossier, mais il y a un jugement.
05:03Ben oui c'est ça, on est d'accord.
05:05On n'a pas les mails.
05:06Je ne suis pas du tout en train de dire qu'il y a un complot des juges, mais en tout cas il n'y a pas grand chose dans le dossier.
05:09Je pense que ce n'est pas un complot comme au Brésil, mais donc c'est une situation très différente.
05:13Mais c'est quand même le fruit d'une dérive totale de l'institution judiciaire, qui n'est pas propre à la France, mais auquel on assiste aujourd'hui.
05:23C'est un événement considérable ce qui s'est passé, c'est-à-dire que dans cette évolution d'une justice qui veut se placer au-dessus de tout, en particulier au-dessus du pouvoir politique,
05:34là on vient de franchir un cap, c'est-à-dire qu'on vient d'achever la désacralisation de la fonction présidentielle.
05:40Et ça c'est terrible, comment voulez-vous après rétablir l'autorité dans notre pays ?
05:46Voilà, ça devient impossible.
05:49Gilles Boutin, du Figaro.
05:50Précisément, je pense que ce moment où l'on voit Nicolas Sarkozy se diriger vers sa voiture pour partir vers la prison...
05:58Et vous étiez là, Henri Guenet, vous étiez présent, et justement je voulais savoir le ressenti que vous avez pu constater sur place.
06:05C'est-à-dire que ça va rester dans l'histoire, parce que c'est la première fois qu'un président de la République se retrouve dans cette situation.
06:11Mais au-delà de ça, n'est-ce pas le malaise qui prédomine ?
06:15Puisqu'on a affaire à une décision qui repose sur une absence de preuves au sens strict du terme.
06:21Il y a tout un faisceau d'indices, des motivations qui sont largement contestées,
06:26et une absence d'explications, en tout cas de pédagogie satisfaisante de la part de la magistrature.
06:32Donc on peut s'imaginer que la colère était palpable là où vous étiez,
06:37mais y a-t-il un malaise également ressenti par rapport au pouvoir judiciaire,
06:42ou en tout cas à la justice telle qu'elle s'exerce aujourd'hui ?
06:44Et avec quelles conséquences dans l'opinion publique selon vous ?
06:48Alors, ce matin, il y avait d'abord de l'émotion,
06:51ensuite une forme de révolte,
06:54c'était contre ce sort qu'on lui fait.
06:58Aucun de ceux qui étaient là, il y avait des gens de toutes sortes,
07:02et même des gens qui venaient de province,
07:04malgré la difficulté de s'organiser en si peu de temps pour venir à Paris.
07:09A l'appel de Louis Sarkozy.
07:11A l'appel de Louis Sarkozy et de ses enfants, voilà.
07:17Mais il y a un profond malaise pour tous ceux qui réfléchissent aux conséquences
07:23de ce jugement et de cette incarcération sur nos institutions.
07:32Alors, vous l'avez très bien dit, c'est quand même inouï.
07:36Il y a eu dans l'histoire des jugements sans preuve.
07:39La première fois, d'autant plus qu'on est dans le domaine du droit pénal,
07:45et que dans le domaine du droit pénal, la preuve est libre,
07:48et que c'est l'intime conviction du juge qui emporte la décision.
07:53Donc, le faisceau de présomption, c'est quelque chose de tout à fait naturel en droit pénal.
07:58Le problème survient quand le juge ne se met plus de limites.
08:02C'est-à-dire, quand il n'y a plus que de la subjectivité.
08:05C'est-à-dire, on construit une histoire,
08:08et puis, on dit, bah, elle est belle mon histoire,
08:11vraisemblable mon histoire,
08:13donc vous êtes coupable.
08:14Et alors, le procès consiste à essayer, pour l'accusé,
08:20de démontrer qu'il n'est pas coupable.
08:22Voilà, donc, c'est quand même extraordinaire,
08:24c'est un renversement de toute la philosophie du droit,
08:28et d'ailleurs, c'est intéressant parce que...
08:30C'est le principe en France, c'est-à-dire qu'aux Etats-Unis, le principe est inversé.
08:33C'est-à-dire que vous êtes...
08:34En France, on doit, comme ailleurs, on doit démontrer,
08:37enfin, c'est à l'accusation de démontrer la culpabilité.
08:40Vous êtes résumé en innocent en France.
08:41Vous voulez dire qu'on a un système...
08:43Non, mais là, on a renversé.
08:44On a renversé les choses.
08:46C'est-à-dire, c'est comme le doute, le doute profite à l'accusé,
08:48ben non, là, le doute, il est au détriment de l'accusé.
08:55Donc, c'est quelque chose d'extraordinaire.
08:58Mais derrière ça, il y a quelque chose de beaucoup plus profond.
09:01C'est le terme d'une évolution
09:04qui, aujourd'hui, consacre l'avènement du juge justicier,
09:10l'avènement du juge et du droit au-dessus de tout.
09:13Vous savez, il y a une commission dans l'orbite de la Commission européenne
09:16qui s'occupe de réfléchir aux questions du droit,
09:19qui s'appelle la Commission de Venise.
09:20Et elle a une devise, la Commission de Venise,
09:22que moi, j'utilise souvent parce que je la trouve absolument...
09:25Je la trouve extraordinairement parlante.
09:27la devise de la Commission de Venise,
09:31c'est la démocratie par le droit.
09:34Or, jusqu'à présent, c'était le droit par la démocratie.
09:38Parce que le droit ne s'auto-légitime pas.
09:41Là, on a complètement renversé les choses.
09:43Et c'est exactement ce à quoi veulent aboutir
09:48les membres de l'institution judiciaire,
09:53mais pas seulement en France.
09:54Henri Guéno est l'invité d'Europe 1 Soir.
09:56Alexandre Malafaille.
09:57Oui, en tout cas, concernant l'attitude de Nicolas Sarkozy,
10:01je pense, comme vous, qu'il en ressortira renforcée.
10:03C'est Nietzsche qui disait
10:04« Ce qui ne vous tue pas, vous renforce ».
10:06Ça le prépare sans doute pour l'appel.
10:07C'est pas vrai pour tout le monde,
10:08mais en l'occurrence...
10:09Dans son cas, avec la personnalité qu'il a démontré,
10:10cette situation, elle est, politiquement,
10:14vous avez raison,
10:15elle est totalement contre-productive
10:16parce qu'elle affaiblit le système et le pays dans son ensemble.
10:19Sur un plan juridique,
10:20la décision est vraiment crétine
10:21parce qu'elle est tellement contestable, polémique,
10:24que tout ça ne fait qu'alimenter une machine absolument délirante.
10:28Sur un point humainement,
10:29j'ajoute que c'est cruel.
10:30Parce que je pense qu'effectivement,
10:31on est dans ce pays où on adore la passion,
10:34on a la passion de l'égalité.
10:35Mais c'est pas...
10:36Quand vous avez des chefs d'État,
10:37il n'y a plus de pied d'égalité.
10:38Et le fait de le mettre en prison ce soir
10:40et de le laisser dormir dans une prison
10:42avec tous les bruits qu'on peut imaginer,
10:43toutes les colibérées qui font sur la terre,
10:45c'est humainement extrêmement cruel.
10:46Moi, j'ai une question à vous poser
10:47sur le plan de la façon de traiter ce type de problème.
10:50Parce qu'après, qu'on mette en accusation quelqu'un,
10:52ça fait partie des règles du jeu,
10:53même si ça part sur un mauvais pied
10:55avec une pièce qui est fausse.
10:56Est-ce que ce type de juridiction est la bonne ?
10:58Est-ce qu'il ne faudrait pas revenir
10:59à des juridictions spécialisées
11:01comme on en a connues par le passé,
11:02au cours de justice ?
11:04Oui, mais pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas utilisée ?
11:07Parce qu'on n'a aucun moyen d'imposer
11:10ni au juge d'instruction,
11:14ni au tribunal,
11:16de se déporter au profit de la cour de justice.
11:22C'est-à-dire que c'est eux qui décident.
11:24C'est eux qui décident.
11:25Alors, il y a la chambre de l'instruction.
11:26Mais il ne faudra pas, au contraire,
11:27forcer le pas.
11:29Voilà, donc, à partir du moment
11:31où ce n'est pas la cour de justice
11:32qui a été saisie,
11:33la chambre des magistrats instructeurs,
11:37la chambre de l'instruction
11:38et le tribunal décident.
11:40D'ailleurs, le tribunal,
11:41la question a été posée,
11:42a été soulevée,
11:43cette nudité a été soulevée
11:45par les avocats.
11:46Et le tribunal a dit,
11:47on verra ça à la fin,
11:48c'est-à-dire à la fin du procès,
11:49au moment du jugement.
11:51Et au moment du jugement,
11:51ils ont dit,
11:52écoutez, en fait,
11:53le ministre de l'Intérieur
11:54était en même temps candidat,
11:55et donc c'est le candidat
11:57dont on parle.
11:58C'est le candidat,
11:59ce qui est quand même extraordinaire,
12:01en l'occurrence,
12:02c'est ça qui, moi,
12:03m'a le plus choqué
12:03au-delà du traitement
12:04qu'on fait à cet homme
12:05du procès sans preuve.
12:08Mais sans preuve,
12:09c'est le tribunal
12:10qui dit qu'il n'y a pas de preuve.
12:11C'est la première fois
12:12qu'un tribunal assume
12:13à ce point l'absence de preuve.
12:15Il dit, voilà,
12:15il n'y a pas de preuve,
12:16donc je suis obligé
12:16de relaxer sur les trois
12:17délits potentiels.
12:19Et je me raccroche
12:20à l'association de ma setteur.
12:22Mais il y a autre chose
12:25qui est très choquant,
12:27c'est la violation
12:28de la séparation des pouvoirs.
12:29Alors ça, on va en parler.
12:30Il faut un grand développement
12:31là-dessus.
12:32Et si vous voulez bien,
12:33on va marquer une pause
12:33et on va en parler après.
12:34Henri Guénaud,
12:35qui est l'invité
12:35d'Europe 1 Soir.
12:38Europe 1 Soir.
12:3919h, 21h,
12:40Pierre de Villeneau.
12:41Toujours avec Gilles Boutin
12:43du Figaro,
12:43avec Alexandre Malafaille
12:44et Henri Guénaud
12:45qui nous fait l'amabilité
12:46d'être là
12:47en ce jour particulier.
12:50Particulier est un doux euphémisme
12:52où un président,
12:54pour la première fois,
12:55a été incarcéré
12:56sous la Ve République.
12:57que ça ne s'était jamais produit.
12:59Henri Guénaud,
13:00vous aviez abordé
13:01la question de la séparation
13:02des pouvoirs
13:03qui est remise en doute
13:05avec cette affaire.
13:08Oui, je pense d'ailleurs
13:08que c'est une démotivation
13:10peut-être inconsciente
13:11mais de ce jugement.
13:16Tous les débats du procès
13:19ont tourné autour
13:21de cette idée
13:22que
13:22on demandait
13:27aux Libyens
13:29de financer la campagne
13:31et il fallait une contrepartie.
13:34Et que la contrepartie
13:35était dans l'action extérieure
13:37du ministre de l'Intérieur
13:38et la politique étrangère
13:40du président de la République.
13:42Puisqu'il n'y a pas
13:43d'autres contreparties
13:44en fait dans cette histoire.
13:46Et donc on a mis en procès
13:47pendant des mois
13:48la politique extérieure
13:51et la politique étrangère
13:52de la France.
13:53Alors le jugement
13:56contourne habilement
13:57le sujet
13:58mais il n'empêche
13:59si vous enlevez
14:00la contrepartie
14:01dans la politique
14:02dans l'action extérieure
14:03du ministre de l'Intérieur
14:04et la politique étrangère
14:05de la France
14:06vous n'avez plus
14:07de contrepartie.
14:08Et ça va assez loin
14:10parce que quand on dit
14:11par exemple
14:11que
14:12un ministre délégué
14:16et le directeur de cabinet
14:17du ministre de l'Intérieur
14:17sont allés voir
14:18un salopard terroriste
14:21qui a été
14:21le beau frère
14:26ou le genre
14:27je ne sais plus
14:27de Kadhafi
14:28et que
14:30ça prouve bien
14:31que
14:31ça ne prouve rien du tout
14:33quand vous allez
14:34avoir des contacts
14:35dans la matière
14:37de politique étrangère
14:38avec un salaud
14:39c'est le quotidien
14:41le contre-espionnage
14:42le fait tous les jours
14:43mais il y a le contre-espionnage
14:44et puis pas que le contre-espionnage
14:45parfois
14:45des responsables politiques
14:47des responsables politiques
14:48on a l'impression
14:49de découvrir l'Amérique
14:50avec ça
14:51c'est quand même fou
14:51parce qu'il y a quelque chose
14:52il faut quand même
14:53comprendre que
14:54la société
14:55elle délègue
14:56au pouvoir politique
14:58tout ce qui
14:59lui est nécessaire
15:01mais qui ne peut
15:02se produire
15:05que
15:05si on se salit
15:06des mains
15:06voilà
15:07il faut dire
15:08les choses en face
15:08c'est à dire que
15:09ben oui
15:09on rencontre
15:10des dictateurs
15:12des gens couverts de sang
15:13des intermédiaires douteux
15:15des
15:15voilà
15:16je répète sans arrêt
15:17on pourrait prendre
15:18100 exemples
15:19mais
15:19quand M. Carter
15:21Jimmy Carter
15:21icône des droits de l'homme
15:23reçoit
15:24Akin David
15:25Anwar El Sadat
15:27et M. Beguin
15:28il reçoit
15:29deux terroristes
15:30couverts de sang
15:30mais parce qu'à un moment
15:32il faut tenter
15:33d'arrêter le massacre
15:34d'arrêter les tueries
15:35et bien
15:36voilà
15:36on va serrer la main
15:38à des gens
15:38qui sont absolument
15:40infréquentables
15:41il n'est pas passé
15:41devant les juges
15:42Jimmy Carter
15:42oui mais
15:42Churchill est bien
15:43la serrée la main
15:44de Staline
15:44on a bien
15:45la France de De Gaulle
15:46a bien reconnu
15:47il a même fait
15:47la conférence de Yalta
15:48avec lui
15:49oui et puis celle
15:49après il y a eu
15:50celle de Pottsam
15:50aussi
15:51qui a livré
15:52quand même
15:53une partie de l'Europe
15:55au communisme
15:59en évinçant
16:01ou en épurant
16:0212 millions d'Allemands
16:0312 à 15 millions d'Allemands
16:04c'est la plus grande
16:05épuration technique
16:05la plus grande
16:07épuration ethnique
16:07de l'histoire
16:08tout ça
16:10tout le monde
16:11l'a assumé
16:11c'est caché
16:13ce sein
16:13que je ne saurais voir
16:14voilà
16:15on ne veut pas le voir
16:16mais c'est très bien
16:17qu'on ne le voit pas
16:17monsieur Hollande
16:18avait dit
16:19avoué à des journalistes
16:22ce qui n'était pas avouable
16:23c'est à dire
16:23qu'il avait délivré
16:24pendant son mandat
16:25des permis de tuer
16:26tous les chefs d'état
16:29tous les chefs d'état
16:30des grands pays démocratiques
16:31délivrent un jour ou autre
16:33des permis de tuer
16:33ça n'est écrit
16:34dans aucune loi
16:35aucune loi
16:37ne leur donne ce pouvoir
16:37mais si vous n'exercez pas
16:39ce pouvoir
16:40vous mettez votre pays
16:41en danger
16:42voilà
16:42donc tout ça
16:43ça s'appelle
16:44la raison d'état
16:45voilà
16:45et les juges
16:46ne supportent pas
16:47la raison d'état
16:48je cite toujours
16:49cette citation attribuée
16:52au général de Gaulle
16:52par Jean Foyer
16:53Jean Foyer
16:54qui était son garde des Sceaux
16:55et auquel il aurait dit
16:57un jour
16:57un jour où
16:58Jean Foyer venait
16:59lui parler d'une réforme
17:00judiciaire
17:01qui a participé
17:01à l'écriture de la constitution
17:02qui a participé
17:03qui était un grand juriste
17:04c'est le prof
17:05d'un grand professeur
17:06de droit civil
17:06et le général
17:08lui dit
17:09mais monsieur le ministre
17:10il y a le droit
17:12au dessus du droit
17:13il y a l'état
17:14au dessus de l'état
17:15il y a la France
17:16voilà
17:16et si vous voulez ça
17:18c'est ce que
17:19les juristes d'aujourd'hui
17:20les magistrats
17:22de tous les pays occidentaux
17:23ne peuvent pas supporter
17:24voilà
17:25et pour eux
17:26il y a le droit
17:27le juge
17:28et puis le reste
17:29derrière
17:29voilà
17:29et ça
17:30c'est la fin
17:30d'une certaine idée
17:31de l'état
17:32d'une certaine idée
17:32de la nation
17:33d'une certaine idée
17:34de la république
17:34voilà
17:35et c'est ça
17:35qui est en cause
17:36dans cette histoire
17:36allez
17:37Phil Boutin
17:37par rapport à cette justice
17:39totémique
17:39inattaquable
17:41avez-vous le sentiment
17:42que le débat politique
17:43est à la hauteur
17:43parce que j'ai relevé
17:45notamment que Patrick Caner
17:46par exemple
17:46le sénateur PS
17:47a reproché au président du Sénat
17:49Gérard Larcher
17:50d'avoir précisément critiqué
17:51l'exécution provisoire
17:53en tout cas
17:53de l'avoir remise en question
17:54et d'avoir émis l'idée
17:55qu'on puisse réfléchir
17:58et amender
17:58le droit
17:59là-dessus
18:00il faut bien amender le droit
18:01quand on est
18:01exactement
18:02donc le législateur se propose
18:03de débattre
18:04quand on se rend compte
18:05que l'interprétation du droit
18:07ne correspond pas
18:08à la volonté du législateur
18:10ou à l'esprit de la loi
18:11mais à entendre
18:11un certain nombre de politiques
18:12c'est le droit
18:13effectivement
18:14et donc
18:14ils ont cette position
18:15quand c'est pas leur camp
18:16qui est en cause
18:17déjà premièrement
18:18et puis deuxièmement
18:19mais dans la classe politique
18:22il n'y a quasiment plus
18:23aujourd'hui
18:23que des politiciens
18:24vous pouvez pas demander
18:25aux politiciens
18:26de se comporter
18:26comme le général de Gaulle
18:27ça c'est pas possible
18:28donc ils trouvent
18:30tous les moyens
18:30d'échapper à ce débat
18:33et ils se font rattraper
18:36par le débat
18:36c'est-à-dire que
18:37ils passent leur temps
18:38à faire des lois
18:39débiles
18:40sur la transparence
18:41sur le maximum
18:42toujours plus
18:43on lave toujours plus blanc
18:45et puis ils se font dévorer
18:46ensuite par les lois
18:47qu'ils ont votées
18:47qui sont d'ailleurs
18:48très mal écrites
18:49donc il faudra réécrire les lois
18:51mais un homme politique
18:53responsable
18:53devant ce qui se passe
18:55aujourd'hui
18:56devant ce qui s'est passé là
18:57a quelque chose à dire
18:58sur ce qui s'est passé
18:59parce que ça a
19:00une importance politique
19:01considérable
19:02mais personne ne veut
19:04ouvrir ce débat
19:05en réalité
19:05c'est personne
19:06et quand parler
19:08de ceux qui ont critiqué
19:09enfin qui ont dit
19:10il faudrait réfléchir
19:11à l'exécution provisoire
19:12qui n'est pas faite du tout
19:13pour le cas
19:14qui est celui de Nicolas Sarkozy
19:16c'est déjà
19:17c'est comme si on avait
19:19proféré
19:20un sacrilège
19:22non mais
19:23sauf que la justice
19:24c'est pas
19:25c'est pas une église
19:26les juges sont pas des dieux
19:27et que dans une démocratie
19:29tout le monde a le droit
19:30de débattre de tout
19:32de critiquer tout
19:33ce qu'on n'a pas le droit
19:33de faire
19:34c'est de menacer
19:34les magistrats
19:35c'est d'appeler
19:36à la violence
19:37mais en revanche
19:39vous de les insulter
19:40bon ça c'est puni
19:41par le code pénal
19:42très bien
19:42mais en revanche
19:43le minimum
19:45de contrepartie
19:46à l'indépendance
19:46de la justice
19:47c'est quand même
19:48qu'on puisse critiquer
19:49voire protester
19:50voilà
19:51parce qu'il n'y a que
19:52dans les démocraties
19:53où on peut critiquer
19:54ce que font les institutions
19:55et où l'on peut protester
19:57puisque Churchill disait
19:58que la démocratie
19:59était le pire des régimes
20:01à l'exception de ceux
20:01qu'on n'avait pas essayé
20:02et donc du coup
20:04il dénonçait les dictatures
20:06le mot de Voltaire
20:07avant que la démocratie
20:08ne gagne toute l'Europe
20:11il disait
20:12honte au pays
20:12où l'on se tait
20:13ben oui
20:13ben oui
20:14il savait de quoi il parlait
20:15mais ici on débat justement
20:18oui mais vous savez pas
20:20les politiques sont tellement timorées
20:23sont tellement peu conscients
20:25de leurs devoirs
20:26qu'ils préfèrent ne pas débattre
20:28et se réfugier
20:29derrière des mots creux
20:29des formules creuses
20:30voilà
20:31et ça c'est terrifiant
20:33c'est ça qui est le plus terrifiant
20:34parce que ce qu'ils font
20:35dans le domaine de la justice
20:36ils le font dans tous les domaines
20:38je voudrais vous faire réagir
20:39à une interview
20:39que fait Bruno Retailleau
20:42à nos confrères du Figaro
20:43sur la participation
20:47de six ministres LR
20:48au gouvernement
20:49le cornu de
20:50voilà ce qu'il dit
20:50je considère que ceux
20:52dont vous parlez
20:52ne sont plus LR
20:53ils ne peuvent pas être
20:54la caution de notre famille
20:55politique au gouvernement
20:56c'est pourquoi il doit y avoir
20:58et il y aura une sanction
20:59pas dans deux mois
21:01ou dans deux ans
21:02mais dès ce mercredi soir
21:03lors du bureau politique
21:05comment est-ce que vous interprétez
21:06ces propos de Bruno Retailleau
21:07on se croit qu'il avait besoin
21:09de faire un acte d'autorité
21:10bon après moi
21:11je ne veux pas rentrer
21:13dans un débat
21:15avec LR
21:16j'observe simplement
21:17comme citoyen
21:18que
21:19les mêmes
21:20qui ont demandé
21:21à voter
21:21la confiance
21:22au gouvernement
21:23Bérou
21:23sur un projet de budget
21:26qui était à peu près
21:26le même
21:27considèrent maintenant
21:29qu'on a sombré
21:30dans le socialisme
21:31et
21:31presque
21:34à demander
21:34la censure
21:35systématique
21:36du gouvernement
21:36si quelqu'un
21:38y comprend quelque chose
21:39on a vu les rôles
21:40d'ailleurs
21:40les positions s'inverser
21:41à l'intérieur même
21:42des familles politiques
21:43je pense à
21:44celle qui a été
21:44ma famille politique
21:45personne n'y comprend plus rien
21:47voilà
21:47je pense que
21:50l'exclusion peut se justifier
21:51dans certains cas
21:52elle n'est pas un moyen
21:53de régler
21:54de régler
21:55et de remplir
21:56de régler
21:56le dysfonctionnement
21:57d'un parti
21:58qui n'a hélas
21:59plus grand chose à dire
22:00et de remplir le vide
22:01mais alors où est la droite
22:02aujourd'hui Henri Guéno ?
22:04elle est nulle part
22:04comme d'habitude
22:05ou elle est partout
22:06comme vous voudrez
22:07c'est à dire que
22:07c'est assez métaphysique
22:08de temps en temps
22:10il faut essayer
22:11de remonter
22:12peut-être jusqu'à la métaphysique
22:13en tout cas jusqu'à la pensée
22:14ce qui là aussi
22:15est très difficile
22:16pour les politiciens
22:16je ne fais pas de métaphysique
22:18je fais un peu comme
22:18les chefs cuisiniers
22:19c'est à dire que
22:19j'ouvre le frigo
22:20je vois ce qu'il y a
22:20donc aujourd'hui
22:21qu'est-ce qu'on fait
22:21qu'est-ce que les français font
22:22sur quoi ils peuvent
22:24se raccrocher
22:25ça c'est les français
22:27mais pour qu'ils puissent
22:28se raccrocher à quelque chose
22:28il faut qu'il y ait
22:29des familles politiques
22:30quelque chose à leur dire
22:31voilà
22:32donc la droite
22:33moi je n'ai jamais su
22:35ce que c'était vraiment
22:36c'est à dire
22:36c'est plusieurs familles
22:38qui sont à peine compatibles
22:40entre elles
22:40c'est la droite orléaniste
22:41la droite traditionnaliste
22:43etc
22:43et puis
22:45ce qu'on peut classer
22:46la gauche classerait à droite
22:47la gauche classerait ailleurs
22:48qui est
22:49le gaullisme
22:49et le bonapartisme
22:50mais
22:52ce qu'était le RPR
22:55a disparu
22:55la famille gaulliste
22:57elle a disparu
22:57ce qu'elle est
22:59aujourd'hui
22:59c'est un parti
23:01qui a laissé
23:02tout libre
23:03le champ qu'occupait
23:05à la fois politiquement
23:06et sociologiquement
23:07le gaullisme
23:09dans notre pays
23:09depuis le début
23:10de la 5ème république
23:10et même depuis
23:11la 4ème république
23:12donc
23:12depuis 200 ans
23:17ce qu'on appelle
23:18aujourd'hui la droite
23:18ce qu'on désigne
23:19par la droite
23:20aujourd'hui
23:20n'a pratiquement
23:21jamais gouverné
23:22ce qui n'était pas
23:23la gauche
23:24qui a gouverné
23:24ça a été la 3ème force
23:26le centre
23:27des démocrates chrétiens
23:27mais qu'est-ce que vous auriez dit
23:28justement de Nicolas Sarkozy
23:30vous qui avez été
23:30le conseiller spécial
23:31Nicolas Sarkozy
23:32ce n'était pas une forme
23:34de droite ?
23:35non mais si vous voulez
23:35considérer
23:36est-ce que l'UMP
23:36était une forme de droite ?
23:37alors d'abord
23:37il y avait une forme
23:39de bonapartisme
23:39peut-être pas consciente
23:41mais chez Nicolas Sarkozy
23:42et puis je vous rappelle
23:44que
23:44à laquelle vous avez adhéré ?
23:46oui oui
23:46j'ai adhéré
23:47oui mais il venait
23:47de ma famille politique
23:48il avait commencé
23:49avec Chabon
23:49enfin la campagne
23:51de Chabon
23:51et si vous voulez
23:52Nicolas Sarkozy
23:53il était
23:53en fait
23:54il n'incarnait pas du tout
23:55ce qu'incarne
23:56la droite d'aujourd'hui
23:57il faut comprendre
23:59une chose
24:00c'est que
24:00cette famille politique
24:03elle n'a gagné
24:04que depuis
24:04Georges Pompidou
24:05elle n'a gagné
24:05que deux fois
24:06l'élection présidentielle
24:07une fois Jacques Chirac
24:08avec la fracture sociale
24:09que M. Juppé
24:10s'est empressé
24:11de jeter à la poubelle
24:12en 95
24:12et transformer ainsi
24:14un septennant
24:15en semestre
24:16après on ne pouvait plus
24:17gouverner
24:17après on a dissous
24:18et puis Nicolas Sarkozy
24:19qui attaquait la gauche
24:22non pas parce qu'elle
24:23était la gauche
24:23mais parce qu'elle n'était
24:24plus la gauche
24:24qui allait dans les usines
24:27parler aux ouvriers
24:28qui citait
24:30Georges et Blum
24:30et qui n'était pas
24:32un bolchevik
24:32et qui a littéralement
24:36pompé
24:37une bonne partie
24:38des voix
24:38de ce qui est devenu
24:40le Rassemblement National
24:41voilà
24:41s'il n'y a pas
24:43cette dimension
24:44à la fois
24:45populaire
24:46sociale
24:47et en même temps
24:50d'autorité
24:50est-ce que c'est pas
24:51le RN aujourd'hui ça ?
24:52c'est le positionnement
24:53que le RN a choisi
24:54comme Madame Le Pen a choisi
24:55ça ne veut pas dire
24:56moi je ne vais pas
24:57me donner des
24:57je ne vais pas distribuer
24:58des brevets
24:59de gaullisme
25:00de bonapartisme
25:01non non mais il ne s'agit pas de ça
25:02mais les électeurs
25:03se retrouvent
25:03quelque part
25:04c'est ce qu'elle a
25:06très intelligemment fait
25:07c'est-à-dire
25:07c'est le positionnement
25:08qu'elle a choisi
25:09alors qu'une partie
25:09de la droite
25:10et de ses intellectuels
25:11je ne pense pas
25:12à Patrick Buisson
25:13le regretté
25:14Patrick Buisson
25:15pensait que
25:16ça c'était une erreur
25:17totale
25:18c'était une erreur
25:18qu'elle allait perdre
25:19parce que
25:20le social
25:21l'économique
25:22tout ça
25:22ce n'était pas dans la politique
25:23et en fait
25:25c'est ça qui a fait sa fortune
25:26c'est-à-dire qu'elle a
25:27réussi par son positionnement
25:29je ne parle pas
25:30de son programme
25:31du fonds
25:31et de ce qu'ils sont
25:32capables de faire
25:32mais son positionnement
25:34d'ailleurs elle dit
25:35je ne suis pas à droite
25:35elle dit moi
25:36je ne suis pas un parti de droite
25:37d'ailleurs ça n'excuse pas
25:39les gens de LR
25:41qui disent
25:41non non
25:42c'est un parti de gauche
25:43en fait
25:44parce qu'il n'a pas voté
25:44la réforme des retraites
25:45qui est quand même
25:45la plus grande imbécilité
25:46qu'on puisse imaginer
25:47bon
25:48mais si vous voulez
25:49elle a réussi
25:50elle a réussi à capter
25:52à capter
25:53l'électorat populaire
25:54et une bonne partie
25:55des classes moyennes
25:55ce que LR aujourd'hui
25:57est incapable de faire
25:58ce que le RPR faisait très bien
25:59voilà
26:00c'est ça le problème
26:02de la droite
26:03avant de penser
26:04aux alliances
26:05qu'est-ce qu'elle a
26:05à dire aux français
26:07qu'est-ce qu'elle a
26:08à dire aux français
26:08à part
26:09je suis la droite
26:10la France est la droite
26:11donc je devrais être au pouvoir
26:11je pense qu'elle a
Écris le tout premier commentaire