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  • il y a 3 mois
TRANSAT CAFÉ L'OR Le Havre Normandie 2025 - Interview avec Yoann Richomme & Corentin Horeau I IMOCA PAPREC AKÉA

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Sport
Transcription
00:00Ils ont passé l'été à naviguer ensemble sur Paprec Arkea.
00:04Johan Richaume et Corentin Oro seront à coup sûr des grands animateurs
00:07de la tête de flotte de cette Transat Café Lord.
00:10Bonjour messieurs, est-ce que Johan, tu peux me présenter ton voisin ?
00:13Je vous présente Corentin Oro, co-skipper de Paprec Arkea,
00:18vainqueur de la solitaire du Figaro 2023.
00:21Corentin, même question, est-ce que tu peux me présenter ton voisin ?
00:23Je vous présente Johan Richaume, skipper du bateau Paprec Arkea
00:30et double vainqueur de la solitaire, double vainqueur de la route du Rhum
00:33et deuxième du Vendée Globe. Pas mal.
00:37Alors, vous sortez tout juste de sept semaines ensemble à bord du bateau.
00:43Vous êtes finalement sur le plateau, l'équipe qui a le plus navigué ensemble ?
00:47On doit avoir un paquet d'heures sous la ceinture.
00:51On a fait cinq semaines de navigation avec des invités en juin
00:56et après on est parti faire la course du Fastnet plus The Ocean Race Europe
01:01et on est parti quasiment deux mois en fait en vadrouille ensemble
01:03du 20 juillet au 20 septembre. Donc on en a fait beaucoup effectivement.
01:07Et ça, cette cohésion que vous avez pu gagner au cours de l'été, ça peut faire la diff ?
01:13Ça va être utile en tout cas. Je pense qu'on s'entend bien, on passe une bonne saison ensemble.
01:18C'est d'autant plus motivant et pour moi et pour Corentin qu'en plus il va récupérer ce bateau à la fin de l'année.
01:28Donc il est très intéressé de savoir comment il fonctionne.
01:31Et voilà. Et puis en plus, on a eu un super planning sportif avec la course du Fastnet et The Ocean Race Europe.
01:38C'était quand même hyper engagé, c'était hyper intéressant, de la vraie régate au contact, ça nous a beaucoup plu.
01:43Là, on retrouve un petit peu plus l'océanique et du coup, c'est une nouvelle tranche un petit peu différente mais tout aussi plaisante.
01:50Corentin, raconte-nous un peu justement cette découverte de ton futur jouet, ton jouet actuel que tu partages encore pour l'instant un peu mais qui sera le tien à toi tout seul dès l'année prochaine.
02:01Bah ouais, exactement. C'est ça. J'ai eu la chance de le récupérer après, en 2026.
02:06Bah ouais, on a vu beaucoup de vidéos, on a suivi le Vendée Globe, on a vu les résultats assez extraordinaires qu'il a pu faire, Johan et l'équipe, avec ce bateau-là.
02:19Donc, non, non, j'avais des... Voilà, je le regardais avec des grands yeux et c'est vrai qu'il est fidèle à sa réfutation.
02:27C'est un beau bateau qui a vraiment des gros, gros points forts.
02:31Et voilà, on va essayer de pousser au maximum pour exploiter cette belle machine à travers l'Atlantique.
02:38Raconte-moi ce qui t'a surpris, ce qui t'a agréablement ou défavorablement surpris sur ces premières séances de navigation.
02:46Bah c'est vrai qu'on peut voir derrière ce fameux cockpit très ouvert, la véranda.
02:51Bah voilà, c'est très très agréable.
02:54On se sent vraiment bien à bord du bateau. Il est assez intuitif aussi.
02:57Johan et toute son équipe ont bien pensé le bateau. Donc, très très vite, on arrive à appréhender tous les bouts, toutes les cordes.
03:05Et voilà, mais sinon, ouais, ouais, j'ai été assez impressionné aussi par les vitesses.
03:11C'est quasiment maintenant des vitesses de multicoque.
03:15Alors, on est presque en multicoque avec ses foils, enfin, entre guillemets.
03:19C'est large.
03:19Donc voilà, c'est ça qui est très très impressionnant.
03:22Et la découverte et la maîtrise du vol, qui est un peu nouveau aussi ?
03:28Ouais, c'est sûr que c'est nouveau.
03:29Surtout, j'ai fait pas mal de multicoque, notamment sur les ultimes.
03:35Mais c'est vrai que là, c'est un petit peu différent parce qu'on a juste la quille et les foils pour essayer de tenir en équilibre.
03:41Donc ça, c'est pas facile. Il y a beaucoup de réglages.
03:43On sait que la quille, elle pivote.
03:45Les foils, on peut les rentrer et les sortir, mais aussi mettre de l'incidence ou pas.
03:49Donc, il faut être assez précis, mais j'ai bénéficié de toute l'expérience de Johan sur le bateau.
03:54Et aussi, comme l'a dit Johan, on a eu la chance de faire une belle course en équipage.
03:58Donc avec Marianne Allobato, c'est qui nous a apporté beaucoup de choses.
04:01Pascal Vidégory aussi, et Yann Eliès et Gaston Morvan.
04:04Donc ça, c'est tout un partage qu'on a pu faire.
04:07Chacun a donné ses sensations.
04:09Et c'est vrai que je pense qu'on a bien progressé justement sur cette appréhension du vol sur ce bateau.
04:17Donc voilà, on arrive, on est armé, on va dire.
04:20Johan, tu venais chercher aussi avec Corentin un compétiteur.
04:24Vous avez ce goût-là du sport en commun.
04:27On va avoir là, sur cette Transat, un super match avec des super duos.
04:33Raconte-nous l'excitation, j'imagine, que vous avez de vous mesurer à des gens qui sont en pleine maîtrise de leur bateau sur un sprint.
04:41Oui, écoute, ce qui est génial dans cette classe Imoka, c'est que le plateau, il est relevé.
04:47Donc là, je pense qu'on parle de cinq ou six bateaux pour la victoire, sans vraiment pouvoir donner de trios vraiment favoris.
04:54Ça peut aussi dépendre des conditions.
04:55C'est des bateaux qui sont des prototypes.
04:57Donc ils sont tous un peu optimisés pour des conditions différentes.
05:00Donc on va retrouver plutôt les massifs et keguinères dans des vents légers, médiums.
05:06Et puis nous, avec MAPEI, plutôt dans des vents forts, portants.
05:11Donc chacun a son petit quart d'heure de gloire.
05:14Voilà, donc la météo va forcément dicter une partie de la réussite sportive.
05:19Mais ce qui est intéressant, c'est que le niveau est élevé.
05:20Et donc on a un intérêt de bien performer.
05:24Et puis un intérêt aussi de découvrir quelles sont les caractéristiques techniques des bateaux qui font qu'ils gagnent des rigates.
05:30Comment est-ce qu'on peut améliorer notre bateau pour la suite et tout ça.
05:32Donc on a toujours un intérêt un peu d'ingénieur et d'un petit regard performance.
05:38Donc voilà, c'est vraiment une catégorie hyper intéressante en ce moment.
05:41Tu n'as pas cité Charal ?
05:42Bon, je n'ai pas fait tous, mais il y a clairement Charal.
05:46Clairement, on ne l'a jamais oublié Charal.
05:47Raconte-moi, Corentin, ce qu'est cette Route du Café pour toi.
05:55Cette Route du Café, c'est quelque chose que je regarde depuis que je suis tout petit.
06:00Elle fait partie des murs de la course au large.
06:04Donc déjà, je suis très heureux d'être ici dans ce bassin.
06:07C'est vrai qu'un bassin qui est magnifique pour accueillir tous ces bateaux.
06:11Et puis après, pouvoir être là et sur un bateau, comme l'a dit Johan,
06:15qui fait partie des 5, 6, 7 bateaux favoris, c'est génial.
06:19Et voilà, on va essayer de performer.
06:23Ce serait top de faire un podium, pourquoi pas, sur cette course.
06:29Johan, dans ton imaginaire, la Route du Café,
06:31tu l'as déjà fait à de nombreuses reprises, 5 fois, je crois.
06:35C'est bien possible.
06:36Qu'est-ce que c'est pour toi, ce rendez-vous qui arrive comme ça tous les deux ans,
06:42qui rythme un peu le calendrier, où on retrouve le plaisir de naviguer à deux ?
06:47Oui, c'est un événement plaisant, effectivement.
06:50J'adore naviguer à deux.
06:51J'ai toujours dit que je préférais ça un petit peu plus que le solitaire.
06:56Et puis après, des souvenirs ici, effectivement,
06:58parce qu'en 2011, on était tout au fond du bassin,
07:02en classe 40 avec Damien Seguin.
07:03On était beaucoup moins de bateaux à l'époque.
07:05On allait au Costa Rica.
07:07Et donc, c'est forcément des souvenirs de découverte
07:10de mes premières transatlantiques en course,
07:12de ma première transatlantique en course.
07:14J'avais l'impression de préparer ça comme une expédition à l'époque.
07:18Maintenant, j'ai l'impression de préparer ça comme un tour de 48 heures
07:20au large de la Bretagne.
07:23La confiance n'est pas la même, l'habitude n'est pas la même.
07:27Et puis un événement toujours aussi plaisant,
07:28Corentin disait, c'est vrai que l'accueil ici au Havre
07:30est hyper sympa dans le bassin.
07:31Puis voilà, on va en Martinique, on va au chaud,
07:34alors que l'hiver va s'installer sur la France.
07:36C'est toujours un petit moment assez sympathique.
07:39Et puis, voilà, toujours ce plaisir de faire une belle course sur l'Atlantique,
07:44qui est un terrain de jeu fantastique.
07:46Puis voilà, c'est juste...
07:48C'est vraiment un grand plaisir, cette transat café-là.
07:51On est encore un peu loin pour avoir des certitudes sur la météo qui nous attend.
07:57Mais globalement, on va repartir dans un train de dépression, j'ai l'impression.
08:01Est-ce que tu peux nous raconter à quoi ça pourrait ressembler,
08:05ce début de course et les enjeux clés du parcours ?
08:08Effectivement, donc là, on est à une semaine du départ
08:11et on sent qu'il y a plutôt le retour des tempêtes, des dépressions.
08:16En tout cas pour jeudi et vendredi.
08:17Alors nous, ça nous concernait puisqu'on voulait sortir naviguer un peu.
08:20Donc on va voir si on doit revoir notre planning.
08:23Après, pour le week-end,
08:24on peut peut-être espérer un petit répit entre deux tempêtes,
08:28mais on sait que de toute façon, il va y avoir un coup de vent.
08:32Ça, c'est quasi...
08:33Enfin, il vaut mieux se le dire d'ailleurs.
08:34C'est quasi obligatoire.
08:36Souvent, ça vient nous cueillir à la sortie de la manche.
08:39Ça fait un scénario de course qui fait du tri d'entrée.
08:44Donc il faut être hyper bon tout de suite dans l'action.
08:47Donc c'est de mon vécu assez atypique
08:51parce qu'on part dans un mode très régate, très rase-cailloux,
08:54à se protéger du courant ici en Manche.
08:57Et puis d'un seul coup, on sort de la Manche,
09:00on arrive de l'Atlantique et puis on va passer des fronts.
09:02On rentre vraiment dans l'océanique pur.
09:04Et puis ça va très, très vite.
09:05En deux, trois jours, ça enchaîne.
09:06Tu arrives à Madère et puis après, tu commences à enlever les couches
09:10et puis tu te retrouves au Canary, au soleil, au chaud,
09:14dans une ambiance alisée dans laquelle tu as un rythme beaucoup plus long,
09:17beaucoup plus coulé sur quasiment une dizaine de jours.
09:20Voilà, c'est un peu le tempo habituel d'une Transat Café-Land.
09:25Corentin, en termes de stratégie, le fait qu'il y ait une marque de parcours,
09:29ça canalise un peu la flotte.
09:32Raconte-nous comment vous envisagez stratégiquement de jouer votre jeu.
09:39Ben ouais, comme tu l'as dit, il y a une marque de parcours obligatoire au niveau des Canaries.
09:42Ça bloque un petit peu le jeu, mais quelque part, nous, ça nous arrange.
09:47On aime bien le vent portant.
09:49Donc voilà, tous les bateaux devraient se diriger vers les Canaries
09:54avant de choisir option nord ou sud.
09:56Mais ce sera, je pense, dans l'Alysée, parce qu'on est déjà très sud au niveau des Canaries.
10:02Donc voilà, puis après, stratégiquement, on en parlera dans une semaine,
10:05parce que c'est encore un peu flou.
10:06Mais ouais, l'objectif, c'est, comme l'a dit Johan, de mettre un gros, gros rythme d'entrée.
10:11Ben ouais, tout simplement pour essayer d'être vite avec les bateaux favoris devant.
10:16Et puis ensuite, on rentre dans un rythme où ce sera vraiment de la stratégie,
10:21essayer de faire avancer le plus vite possible le bateau.
10:23Et ce sera plus des petits décalages pour essayer de gagner le petit centimètre
10:29qui fera la différence à la fin.
10:30Johan, j'ai le souvenir d'une transat la dernière fois
10:34où on était un peu contraint par cette zone d'exclusion au nord de l'Amérique du Sud.
10:44Comment l'arrivée sur la Martinique se fait ?
10:47Est-ce qu'il y a du jeu ?
10:48Est-ce que, voilà, il y a le rocher du diamant qui est une espèce de borne
10:52qui vraiment marque le sprint dans ces derniers milles ?
10:57Raconte-nous un peu cet atterrissage sur la Martinique.
10:59L'atterrissage, il se fait par plein ouest, par les Canaries, globalement.
11:03Donc c'est plutôt ouvert sur l'Atlantique.
11:05C'est moins contraint que les schémas qui venaient longer l'Amérique du Sud.
11:10Donc on peut imaginer que ça, ça laisse quand même pas mal de place à la stratégie.
11:13C'est ce qui est cool.
11:14C'est ce qu'on aime bien aussi, quand il y a un peu de jeu.
11:16Qu'on peut créer de la séparation, avoir de la distance entre les bateaux.
11:20Et puis on arrive après entre la passe entre la Martinique et Saint-Lucie.
11:23Ça, c'est assez cadré.
11:24Le passage du rocher du diamant, il est notre point de contournement obligatoire.
11:31Donc ça, ça concentre tout le monde.
11:34Et puis la dernière fois, on a quand même eu un petit match jusqu'à la fin,
11:37jusqu'à la ligne d'arrivée avec Sam Goodchild et Antoine Coche.
11:41Où, je ne sais pas, une demi-heure, une heure de la ligne,
11:45on ne savait pas qui allait prendre la deuxième place.
11:48Donc voilà, c'est toujours cool que ça garde un peu de jeu.
11:50Je m'attends probablement à un scénario un peu comme ça.
11:53Les courses Imoka sont quand même très serrées.
11:56Et donc, ce n'est pas à négliger l'engagement à maintenir jusqu'au bout
12:01et le fait qu'on ait des écarts assez restreints à la fin.
12:05Merci, bonne course.
12:06Merci à vous.
12:07Merci beaucoup, je vous donne à moi.

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