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  • il y a 3 mois
À l’occasion d’une émission spéciale de C l’Hebdo diffusée sur France 5, Laeticia Hallyday et Jean-Claude Camus partagent souvenirs et émotions autour de Johnny. Entre confidences inédites et moments de tendresse, ils évoquent l’homme derrière la légende et l’héritage qu’il laisse dans le cœur de ses proches et de son public.

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Transcription
00:00On va accueillir maintenant quelqu'un qui a beaucoup compté dans la carrière de Johnny Hallyday, son producteur historique Jean-Claude Camus.
00:05Écoutez comment Johnny parlait de lui.
00:08Des fois ma folie va un petit peu trop loin, c'est-à-dire qu'à la limite il faudrait que je donne de l'argent pour pouvoir chanter plutôt que tout le monde gagne sa vie.
00:18Alors Camus est là un petit peu pour me stabiliser, un petit peu pour me rendre raisonnable.
00:24Mais c'est quelqu'un qui en même temps c'est un artiste.
00:28Donc souvent il dépasse lui-même les propres budgets qu'il s'était fixé.
00:33Donc c'est pour ça que je m'entends bien avec lui.
00:35Bonsoir Jean-Claude Camus, ça vous fait rigoler d'entendre ça ?
00:38Oui, ça me fait rigoler et ça me touche beaucoup parce que ça rappelle beaucoup de souvenirs en effet.
00:43Oui, c'était une grande aventure.
00:46Il disait que vous étiez un artiste.
00:49Après aller très loin pour lui.
00:50Je ne sais pas si je suis un artiste, je ne crois pas.
00:53Vous savez, moi quand on me disait, vous connaissez, vous avez les choses, etc.
01:06J'ai dit mais non, je ne suis pas un artiste, je ne suis pas ça.
01:09Moi je suis le goût du public.
01:11Et je crois que c'est ce qui m'a toujours guidé dans ma carrière et qui m'a guidé avec Johnny.
01:16C'est que je connaissais évidemment bien son public.
01:21Je connaissais évidemment bien tout ce que pouvait amener Johnny.
01:25Et c'est sans doute ce qui a permis qu'on aille aussi longue route, 35 ans.
01:30C'est un beau voyage.
01:32Vous avez dit on s'est aimé très vite, après vous vous êtes brouillé, après vous vous êtes réconcilié.
01:37C'est marrant parce qu'à chaque fois qu'on lit les interviews et quand on vous écoute, on se dit mais c'est le vocabulaire d'une histoire d'amour.
01:42Et après vous dites aussi quand vous étiez fâché qu'il y avait une souffrance insoutenable.
01:45C'est exact, mais j'irais presque que nous étions un vieux couple.
01:50Nous étions un vieux couple, évidemment qu'on a eu des prises de becs très sévères avec Johnny.
01:56Mais ça s'arrangeait toujours.
01:59J'ai des tas d'anecdotes où il m'a fait des coupes pendables.
02:06Il n'était pas simple avec vous.
02:07Mais vous savez, pour s'occuper d'un artiste, je crois qu'il faut avoir beaucoup de psychologie.
02:13Je ferais presque ouvrir un cabinet de psychologie.
02:15Mais c'est quoi un coup pendable quand on s'occupe d'un artiste ?
02:19Ça veut dire quoi ?
02:20Denis, c'est quand même quelqu'un de très cabossé.
02:22Et donc, il y a des moments où il était vraiment en bas moralement et tout.
02:31Vous ne voulez pas y aller ?
02:32Parfois, il vous a dit « je ne vais pas faire ce concert » ?
02:34Ça, c'était parfois vrai et parfois faux parce qu'il adorait me faire marcher.
02:40Combien de fois en tournée, j'arrivais, il était dans sa loge, assis sur le canapé.
02:47« Regarde, regarde, j'ai mes mains qui tremblent, j'ai mes mains qui tremblent.
02:51Je ne vais pas pouvoir chanter, Jean-Claude.
02:52Je ne vais pas pouvoir chanter.
02:53Appelle un médecin.
02:54Il attendait que j'appelle le médecin et quand je raccrochais, il est cathédré. »
02:59Ça, c'était Johnny.
03:00Ce qui est génial, Jean-Claude aussi, c'est qu'on parlait d'une histoire d'amour entre vous et Johnny.
03:03« Mais celui, celle qui vous réconcilie, c'est l'épouse. »
03:06C'est une sorte de ménage à fond.
03:08Écoutez, oui, tellement de mauvaises choses ont été écrites, etc.
03:15Laetitia m'a toujours été fidèle, toujours.
03:20Et je lui dois tellement, parce qu'évidemment, on a eu une séparation douloureuse
03:25et qui n'a d'ailleurs pas duré longtemps, cette séparation.
03:30Grâce à Laetitia, celle qui vous a réconciliée.
03:32Grâce à Laetitia, c'est Laetitia à Bruxelles qui m'a appelée, qui va passer Johnny.
03:38Parce que Johnny était quand même très, très fier.
03:40Je ne pense pas qu'il aurait fait le premier plat.
03:42Mais quand on s'est retrouvés tous les deux, seuls dans la loge, dans les bras l'un de l'autre,
03:47je suis tellement content, Jean-Claude.
03:49« Là, il vous dit que vous lui avez manqué. »
03:51Ça vous surprend parce que normalement, Johnny ne dit pas ce genre de choses.
03:53On a eu un moment de grâce ensemble qui a été formidable.
04:01Et après, on ne s'est plus quitté.
04:03On n'avait plus d'enjeu commercial.
04:05Moi, j'étais évidemment retraité.
04:07Et j'étais avec lui.
04:09Grâce à toi aussi, encore, deux jours avant qu'il s'en aille, j'étais avec lui.
04:12Vous avez fait vivre des choses, Johnny.
04:15Parce qu'en plus, le nom de Johnny, ça ouvrait des portes.
04:19On se souvient de Chirac, Sarkozy, Macron.
04:23Alors, il y a une anecdote, je crois, avec Jacques Chirac,
04:26qu'il réveille en pleine nuit parce qu'il avait planté la Ferrari
04:29dans le mur du ministère de l'Intérieur.
04:32Vous savez cela ?
04:33Ça ne vous reprend même pas.
04:35Il y en a eu des tas comme ça.
04:36Il y en a eu des Ferrari.
04:37Il y en a eu des tas comme ça.
04:38Oui, absolument.
04:39Et sa grande spécialité, c'était de téléphoner à ces gens-là
04:46ou à d'autres connus à 3h, 4h du matin.
04:50Il adorait ça.
04:52Michel Drucker, on sait quelque chose quand il a voulu.
04:55La seule fois où j'ai dit non à Johnny pour un spectacle,
04:57c'était le coup de l'hélicoptère.
04:59Je dis, écoute, là, je suis désolé, mais c'est interdit.
05:02Ce n'est pas moi qui te dis non.
05:04C'est interdit.
05:05À partir de ce moment-là, il savait que Michel Drucker
05:08a été pilote d'hélicoptère.
05:11Il a commencé à réveiller Michel toutes les nuits.
05:15Toutes les nuits.
05:15Toutes les nuits.
05:16Il fait très attention à sa santé et à son sommeil.
05:19Il l'appelait toutes les nuits.
05:21Toutes les nuits.
05:21Eh bien, il a eu raison.
05:23Michel a réussi à lui dégoter l'histoire de l'hélicoptère.
05:25Il lâchait rien.
05:26Il lâchait rien.
05:28Quand il voulait quelque chose, il faisait tout pour l'obtenir.
05:31Ah, ça, oui.
05:34Il lâchait rien.
05:35Et votre plus beau souvenir avec lui, est-ce que vous en avez un ?
05:38J'en ai tellement de beaux.
05:42Tellement de beaux, le Stade de France, la première Tour Eiffel, etc.
05:48Mais c'est certainement triste, ce que je vais vous dire.
05:53Mais mon plus grand souvenir avec Johnny,
05:56qui, vous savez, n'avait pas l'habitude de se lever tôt,
05:59ou plutôt de se coucher tôt.
06:01Et quand j'ai perdu mon papa, on l'emmenait à 150 kilomètres de là,
06:09et qui j'ai trouvé sur le parvis de l'église, Johnny qui était là.
06:12Sans vous prévenir avant ?
06:13Sans me prévenir.
06:15Voilà, ça, c'était Johnny.
06:17Mais on partageait tellement de choses,
06:20même dans la vie privée, dans l'intime.
06:23Même moi, si j'allais mal, apparemment, c'était un compagnon.
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