00:00Les deux, ma peine pour l'homme qui ne mérite absolument pas le traitement qu'on lui fait subir,
00:06et ma colère parce que je trouve ce jugement incompréhensible, inconcevable.
00:13– Vous l'avez lu le jugement entièrement ?
00:14– Oui, oui, je l'ai lu, oui. Je ne suis pas le seul à l'avoir lu.
00:18– Non mais parce que Philippe Bilger trouve que le jugement est formidable.
00:21– Je trouve que le jugement est très bon en effet,
00:24et que malheureusement l'exécution provisoire que je n'aurais pas faite
00:29occulte ce qu'il a de bon, c'est dramatique.
00:33– Moi je rejoins l'opinion de Pierre-Olivier Sur, l'ancien bâtonnier de Paris,
00:38qui a fait un article dans La Croix, que je l'ai trouvé remarquable,
00:42qui l'a lu et qui dit jusqu'à cette page-là, c'est remarquable,
00:47et puis ensuite il a été embardé une sortie de route
00:49qui arrive avec l'association de malfaiteurs.
00:53Je veux dire, à un moment donné, on se dit mais on l'a relaxé
00:59sur tous les chefs d'inculpation et on le condamne quand même
01:02parce qu'on est persuadé qu'il est coupable.
01:06Et donc on a cette phrase terrible, c'est « il ne pouvait pas ne pas savoir ».
01:11C'est tout ce qu'on a, c'est tout ce qu'on a, c'est pas possible.
01:14– Et vous dites ben oui.
01:15– Bien sûr, il ne pouvait pas ne pas savoir.
01:18– Il faut alors qu'on arrête de dire que l'aveu n'est plus la reine des preuves.
01:24À partir du moment, et encore une fois, je ne me prononce pas,
01:29il a fait appel, je n'aurais, j'estime inutile de le mettre en prison,
01:35je n'ai vraiment, je n'éprouve rien de joyeux, c'est terrible pour lui,
01:43j'en ai conscience, mais le jugement est valable.
01:47J'entends par là que l'association de malfaiteurs,
01:52ça n'est pas quelque chose qu'on jette en fin de parcours
01:55pour condamner à toute force Nicolas Sarkozy,
01:58dont j'ose dire que depuis le jugement,
02:01il bénéficie d'un soutien qui dépasse l'entendement
02:07de la part de tous ceux qui ne sont pas dans le monde judiciaire.
02:11– Mais pardonnez-moi, c'est la France qui est choquée.
02:12– Non, pas du tout.
02:14– Mais vous êtes allé sur un marché, vous vous êtes baladé en France,
02:17vous sortez parfois de Paris, pardonnez-moi de le dire comme ça.
02:21– Mais mon cher Pascal, je suis sûr que vous rencontrez des gens
02:24qui pensent comme vous.
02:25– Ah pas du tout, parce que les gens, ils nous viennent nous voir naturellement,
02:28ils sont un peu sidérés de ce qui se passe.
02:30Je vous le répète, qu'un ancien président de la République
02:33aille en prison alors qu'il est présumé innocent avec ce qui se passe,
02:37tout le monde est sidéré, tout le monde est sidéré,
02:39le monde entier est sidéré.
02:41– Je ne peux pas vous dire autre chose parce que je le pense.
02:43– Alors, d'abord, cher Philippe Bisgère,
02:48le monde judiciaire n'est pas là pour parler au monde judiciaire,
02:53il est là pour parler aux Français.
02:55Donc une décision, et une décision aussi lourde,
02:57qui engage autant la nation, puisque cet homme a quand même été,
03:01pendant cinq ans, le visage de la France.
03:04elle doit être compréhensible par la quasi-totalité des Français.
03:10Compréhensible, or là, elle n'est compréhensible par pratiquement personne.
03:14Alors, il y a ceux qui vous disent, il n'y a pas de fumée sans feu,
03:16il y a ceux qui vous disent, je déteste Sarkozy,
03:18donc c'est bien fait pour lui, etc.
03:19Mais moi, je vois bien que la plupart des citoyens
03:23qui ne sont pas dans le monde judiciaire ne comprennent pas cette décision.
03:27et je viens au monde judiciaire.
03:29Je constate qu'il y a énormément d'avocats qui ne la comprennent pas non plus.
03:32Et si vous me permettez,
03:35je rencontre un certain nombre de magistrats
03:38qui ne le disent pas en public, mais qui ne la comprennent pas non plus.
03:40C'est fini.
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