00:00Je ne sais pas si je vais dire des choses qu'on a envie d'entendre.
00:03En fait, je pense que ce qui est terrible avec ce que vous racontez, Madame Brigitte,
00:07c'est que vous voyez votre revenu stagner,
00:10vous voyez que les actifs n'ont pas les moyens non plus.
00:12Donc, on arrive un peu à une situation.
00:13Qui va payer si ce n'est pas les retraités qui font des efforts ?
00:16Si ce n'est pas les actifs qui font des efforts, qu'est-ce qui reste ?
00:18La dette pour ceux qui ne sont pas encore en âge de travailler.
00:20C'est vraiment ça.
00:21C'est vraiment assez terrible.
00:24Ce qui va se passer, tout à l'heure, vous nous racontiez qu'on arrive au stade
00:26où on va geler les pensions.
00:28Ce n'est pas ce qu'on a fait ces dernières années.
00:29Il y a eu une augmentation de 14 milliards, puis une autre de plusieurs milliards aussi
00:32pendant l'année suivante, etc.
00:33Sur les deux dernières années, ça a augmenté de 20 milliards.
00:34Il y a eu plusieurs années où il n'y en a pas eu.
00:36C'est vrai, dans la fonction publique, 30 années comme ça.
00:38Mais en fait, ce qui est terrible, c'est qu'à l'heure même qu'on va geler les pensions,
00:42la facture monte.
00:43C'est-à-dire qu'on va passer de 400 milliards à 407 milliards.
00:46Donc, on a moins d'actifs, mais il faudra qu'on paye plus de pensions
00:48alors que la pension que vous touchez va baisser.
00:51On en est là.
00:52Comment c'est possible ? Il y a trois raisons à cela.
00:53La première, c'est qu'il y a plus de personnes comme vous, tout simplement.
00:56C'est l'équilibre comptable.
00:58Il y a plus de personnes retraitées.
00:59La deuxième raison pour laquelle la facture monte,
01:01c'est ce qu'on appelle l'effet de Noria en économie.
01:03Mais en fait, c'est assez simple.
01:04C'est que les personnes qui font valoir leurs droits aujourd'hui
01:07font valoir des droits supérieurs à ceux qui les ont fait valoir il y a 20 ans.
01:11Donc, en clair, pour les retraités qui aujourd'hui nous quittent, malheureusement,
01:14ils nous coûtaient tendanciellement moins cher quand ils ont 85 ans
01:16que quand ils en ont 65.
01:17Voilà, parce qu'il y a eu l'inflation, etc.
01:18Et la troisième raison, c'est l'inflation.
01:20Donc, vous mettez ça bout à bout.
01:22C'est ça, la vérité comptable de la France.
01:24Il n'y a que des choix terribles.
01:26Et donc, s'il faut faire un choix, je crains qu'il n'y en a qu'un.
01:30C'est l'avenir.
01:31C'est l'avenir.
01:32Et ça, aujourd'hui...
01:32Qu'est-ce que ça veut dire, Gabriel ?
01:33Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:35Je pense aux membres d'autres familles pour qui le logement, c'est terrible.
01:38On ne s'en sort pas.
01:39On ne s'en sort pas.
01:40Et donc, il faut réorienter vers ceux qui n'ont pas d'autre choix que de dépenser.
01:44Pour votre génération, mademoiselle, madame, je ne sais pas comment vous préférez qu'on le dise,
01:47mais votre génération, en général, on lui donne un euro, elle épargne huit centimes.
01:52Ce n'est peut-être même pas le cas de la plupart des gens.
01:53C'est vraiment ceux qui ont déjà de l'argent, par ailleurs.
01:55Donc, ça, c'est les vintenaires.
01:56Huit centimes sur un euro.
01:58Ils peuvent mettre de côté pour l'avenir.
02:00Et pour les personnes un peu plus âgées, vous parliez tout à l'heure, monsieur Charles,
02:03vous parliez de ce qu'on a comme épargne.
02:05Cette épargne, en réalité, elle est quelque part.
02:07Et elle n'est pas chez les vintenaires.
02:08En réalité, pour un euro qui va à septuagénaire, c'est 25 centimes qui peuvent être épargnés.
02:14Gabriel, il faut aller jusqu'au bout du raisonnement.
02:17Qu'est-ce que vous voulez dire ?
02:19Qui doit payer ?
02:21Je pense qu'on n'a pas le choix.
02:25Aujourd'hui, on a un endettement terrible.
02:27Il va falloir baisser les prestations.
02:31Parce que l'État français...
02:32Donc baisser les retraites ?
02:33Eh oui, je le crains.
02:34Et on verra comment, et doucement, et en s'assurant que les petites retraites sont protégées.
02:37Attendez.
02:37Que les petites retraites soient protégées.
02:39Que ceux qui sont minimo-vieillés, etc., qu'on s'entende.
02:41Mais pour ceux qui ont des retraites assez élevées,
02:43alors là, je crois que c'est là qu'il faudra enfin contribuer.
02:46C'est ça la difficulté.
02:47Ce n'est pas de gaieté de cœur.
02:48Mais vous savez, au fond, il n'y a pas tellement de choix.
02:51L'âge de la retraite...
02:51Regardez les prévisions du Conseil d'orientation des retraites.
02:53Il va vous dire que dans un scénario où on passe à 66 ans ou 67 ans de cotisation,
02:58il faudra que les retraites baissent à force d'inflation, et ainsi de suite.
03:00En fait, il n'y a pas vraiment de raison de penser qu'on va trouver de l'argent magique.
03:03S'il faut relancer la croissance, on fait comment ?
03:04On donne à ceux qui investissent et qui ont de l'énergie, aux jeunes.
03:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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