00:00Alors, en fait, là, en écoutant tous mes compatriotes, j'entends trois mots.
00:04J'entends « ras-le-bol », j'entends « rassemblement », « se rassembler »,
00:08et j'entends « on n'a rien à demander à monsieur le Premier ministre ».
00:13Et je vais répondre sur ces trois éléments-là.
00:15Déjà, oui, il y a un « ras-le-bol général ».
00:17Il y a un « ras-le-bol général » parce qu'on en a assez de voir,
00:20et c'est en cela que je suis parfaitement d'accord avec vous, docteur,
00:23on en a assez, en fait, de ces dogmatismes idéologiques,
00:26on en a assez de ces guerres partisanes.
00:28Aujourd'hui, et là, je vais en venir au deuxième mot,
00:30on a besoin de rassemblement.
00:32Moi, si je dois dire quelque chose à monsieur Lecornu,
00:34et je vais dire quelque chose à monsieur Lecornu
00:36qui va peut-être surprendre tout le monde,
00:38ce que je vous demande, c'est de sauver la France.
00:40Et alors, vous allez rire, de sauver la France,
00:42parce que la France a besoin d'être sauvée aujourd'hui, on est dans...
00:45Mais on est... Mais bien sûr, mais il faut trouver...
00:47Attendez, attendez, prenez le micro, Kevin.
00:50Mais simplement, le résultat du fait que tout le monde dise
00:55« moi, j'ai rien à demander à monsieur Lecornu »,
00:57c'est simplement parce qu'on est dans une situation
01:00d'une gravité tellement absurde
01:02que là, ce dont on a besoin, c'est un deus ex machina,
01:06un sauveur qui va venir régler tous les problèmes de la France.
01:11Et ces problèmes-là, ils sont réglables uniquement par l'entente.
01:14Et c'est pour ça que moi, je soutiens qu'on ait un premier ministre de centre,
01:17que ce soit monsieur Lecornu ou n'importe qui d'autre,
01:20mais un premier ministre qui soit capable de mettre à sa table
01:23la gauche, la droite, et qui soit capable d'engager des discussions
01:27démocratiques en toute assertivité.
01:31– Je précise que vous, vous êtes engagé au centre.
01:33– Oui, tout à fait.
01:34– Mais alors, quand vous dites à Sébastien Lecornu ce soir,
01:36qui nous regarde dans le bureau d'Emmanuel Macron, évidemment,
01:38comme chacun sait, ce soir, quand vous dites
01:40« Allez-y sauver la France », Kévin dit « Mais… »
01:43– Du coup, c'est « Tu demandes à Lecornu de sauver la France
01:46alors que c'est eux qui nous ont mis dans cette pagaille. »
01:48– Oui, mais en fait, ce sont les élus,
01:51ce sont les élus qui doivent, c'est leur responsabilité.
01:53– Oui, mais tu peux leur demander à sauver la France,
01:53ça va être la même politique.
01:54Et si l'Assemblée est dans cet état-là parce que le peuple a voté,
01:57c'est le fruit de cette politique.
01:59Donc on ne peut pas demander aujourd'hui à Lecornu
02:01« Sauver la France ».
02:02– Aujourd'hui, c'est le seul qui a cette responsabilité.
02:05Aujourd'hui, c'est le seul qui est en pouvoir de le faire.
02:08On ne peut pas, en fait, ça suffit,
02:10les discussions dans lesquelles on frappe sur tout le monde
02:13et on dit « Ils ne sont pas capables de le faire ».
02:15En fait, c'est bien beau, mais c'est une discussion,
02:18c'est un débat qui est stérile.
02:21C'est bien de le dire par catharsis,
02:24mais au bout d'un moment, le fait, c'est qu'on a un Premier ministre,
02:28qu'il est de centre, qu'on soit d'accord ou non avec le centre,
02:31et maintenant, il a un devoir, c'est d'essayer,
02:33de trouver un compromis,
02:35d'imposer une culture de la coalition,
02:38une culture du compromis.
02:39– Non, mais qu'est-ce que vous répondez à ce qu'il y a ?
02:41– Parce que je l'entends souvent, ça,
02:42et il y a des députés, il y a des professionnels de la politique,
02:45vu l'état de l'Assemblée, c'est pas possible.
02:47– Mais on fait quoi alors ?
02:48– Mais aujourd'hui, on a un Premier ministre
02:50qui est nommé de manière légitime.
02:53– Macron se remet devant les urnes.
02:54– Macron se remet devant les urnes.
02:55– D'institution, il fait…
02:56– Non, mais en fait, je crois que vous ne vous rendez pas compte
02:58de la gravité de…
02:59– Tout le monde cite la grandeur du général de Gaulle,
03:03et bien Macron, il nous a mis dans ce problème,
03:05il se remet devant les Français.
03:07On n'a pas craint la démocratie.
03:08– Alors déjà, ce n'était pas du tout la même situation,
03:09le général de Gaulle, quand il a fait son référendum,
03:12c'était magnifique à voir,
03:13il est parti dans les applaudissements.
03:17Aujourd'hui, on n'est pas dans la même situation,
03:19aujourd'hui, on ne peut pas se le permettre.
03:20On est dans une situation de crise,
03:22et je suis d'accord avec vous, docteur,
03:24sur le fait que cette guerre des idéologies dogmatiques
03:29et presque staliniennes,
03:31en fait, elle bloque la France.
03:33Le résultat, c'est que plus personne ne s'écoute,
03:35qu'on a complètement oublié le seul et unique intérêt,
03:38je le rappelle quand même,
03:39pour lequel les représentants de la République ont été élus,
03:42j'entends l'intérêt général.
03:44On ne sait plus où est-ce qu'il est passé,
03:45tout le monde a dans le viseur 2027,
03:47ce que je comprends, parce que c'est aussi le jeu de la politique,
03:49sauf qu'au bout d'un moment,
03:50moi, ce que je demande aux politiques aujourd'hui,
03:52c'est de, au moins, faire semblant de s'entendre,
03:55ne serait-ce que le temps qu'on réussisse
03:56à trouver une stabilité politique et économique,
03:58et ensuite de reprendre les jeux politiques.
04:00Alors, attendez, vous débattez à deux...
04:01En fait, on demande, en fait,
04:03que ce soit les élites qui nous gouvernent.
04:05Je demande que ce soit les élus,
04:07mais les élus sont...
04:07D'abord, on se remet aux yeux.
04:08Les élus...
04:09Là, ce n'est pas les élites,
04:09ils ne trouvent pas la solution.
04:10Non, ils sont élus par les Français,
04:11et les Français doivent aller voter.
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