00:00Et Jérôme Baron, secrétaire CFDT d'ArcelorMittal.
00:03Florent, j'ai avec nous. Bonsoir.
00:04Bonsoir.
00:05Les négociations vous montrent un entre organisation syndicale et direction.
00:10Concrètement, où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
00:12Aujourd'hui, on a eu les premières revendications de la direction
00:14qui sont très loin du compte des revendications, en tout cas de la CFDT.
00:19Pour nous, la lutte, elle continue.
00:23Et ce qui est annoncé aujourd'hui par la direction est purement et simplement scandaleux.
00:28Alors, on parle surtout des primes de départ, qui sont de 15 000 euros,
00:32plus de 1 000 euros par année d'ancienneté.
00:34Vous, vous jugez insuffisant, tout simplement ?
00:36Insuffisant, exactement.
00:37C'est des salariés qui ont mis toute leur vie dans cette entreprise.
00:41C'est le savoir-faire français, c'est le savoir-faire lorrain.
00:44Et c'est surtout le savoir-faire Florent qui a été à l'honneur depuis des années pour ArcelorMittal.
00:50C'est tous nos amis du secteur.
00:55Donc, par rapport à ça, ça se paye.
00:58Ça se paye et cette compétence se paye.
01:00Et pour nous, ça sera 30 000 euros de talent avec 2 000 euros par année d'ancienneté.
01:07Donc, le double.
01:07Le double.
01:08Quel est le climat d'une manière générale lors de ces négociations entre les organisations syndicales, les directions ?
01:15En tout cas, en centrale, c'est compliqué parce qu'on part de loin.
01:19Chacun reste dans son camp et le groupe nous explique qu'il n'a pas les moyens.
01:25Mais aujourd'hui, tout est fait pour qu'on puisse y réussir.
01:31Il y a des choses qui ont été faites maintenant à l'Europe, qui ont été par M. Séjournet.
01:36Et aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies, même s'il veut de pouvoir annuler ce PSE.
01:43L'Europe a joué le jeu.
01:44La France a joué le jeu.
01:46Maintenant, on attend que ArcelorMittal soit franc dans ses bottes et qu'il vienne aujourd'hui à la table et nous remettre des investissements sur nos outils de travail
01:57qui gardent les emplois et qui ne prononcent plus aucun PSE durant un certain nombre d'années.
02:05Justement, pour revenir un petit peu en arrière, pour tous ceux qui n'ont pas forcément en tête ce dossier,
02:10pouvez-vous nous rappeler les principaux points du plan social présenté par ArcelorMittal ?
02:15Aujourd'hui, c'est deux projets qui s'additionnent.
02:19Il y a le projet Zénith qui est un projet européen où il y a des suppressions d'emplois de tout ce qui est fonction support.
02:25Mais spécialement, en tout cas sur AMF, sur les sites de Florange, d'Akerk et d'autres sites,
02:31ils appellent ça un projet REACT.
02:33C'est pour gagner de l'argent sur de la productivité.
02:36Mais en contrepartie, il n'y a rien qui est fait sur les outils, comme je vous dis,
02:41et sur la charge des outils afin de pouvoir atteindre les objectifs.
02:46Donc, leur premier choix, c'est de shooter dans la marche salariale.
02:50Alors, il y a deux autres points de crispation en plus des primes de départ.
02:54C'est le congé reclassement et le congé senior.
02:57Là, qu'est-ce que vous réclamez ?
02:58Là-dessus, sur le congé de reclassement, pour nous, c'est 24 mois rémunérés à 100%.
03:03Ce qui est tout à fait normal et ce qui est fait dans les grands groupes d'une taille comme ArcelorMittal ailleurs en France.
03:12Et sur le deuxième point, j'ai...
03:16Le congé senior.
03:17Le congé senior, oui. Donc, nous, on demandait une revendication de 7 ans rémunérés à 100%.
03:23Et aujourd'hui, la direction est loin de ça, avec 4 ans, avec une rémunération beaucoup plus basse.
03:29Donc, quelle est la suite ? Qu'est-ce qui va se passer dans les prochains jours, vu que pour l'instant, vous ne tombez pas d'accord ?
03:35Donc, mardi, une nouvelle réunion de négociation qui va se rajouter et remplacer une autre réunion qui a été mise en place.
03:44Et à partir de là, on verra maintenant à quoi la direction revient.
03:47Mais en tout cas, nous, ils nous auront en face d'eux et on laissera pas brader nos collègues de travail.
03:53Vous allez continuer à vous mobiliser tant que la situation reste telle qu'elle ?
03:57On est là à côté de nos collègues. On est là pour eux. Et comme je le répète encore une fois, c'est tout notre savoir-faire.
04:06C'est le cerveau de Florange, là, qu'on est en train de faire partir. Et nos outils de production, aujourd'hui, sont dans un terrible état.
04:16Donc, travailler sans avoir une réelle tour de contrôle à l'intérieur du site, ça sera impossible pour nous.
04:23Quel est le moral des troupes en ce moment, dans cette période très tumultueuse ?
04:29C'est compliqué. C'est compliqué avec une direction qui met la pression aux salariés.
04:33Et ce qui est purement inacceptable, de plus que ce plan social amène à ce que les salariés soient supprimés, soient perdent leur emploi à long terme.
04:44C'est pas une suppression, vous dites, demain, à partir de demain, plus la peine de venir.
04:48On dit aux salariés, écoute, je te garde, mais sache qu'en décembre 2026, tu n'appartiendras plus au groupe.
04:56Comment voulez-vous, en tant qu'être humain, supporter une chose comme ça ?
05:02C'est inhumain, en 2025, d'avoir à faire ces choix-là.
05:06Merci en tout cas, Jérôme Baron, d'avoir été avec nous ce soir pour nous éclairer sur ces enjeux cruciaux autour du plan social d'ArcelorMittal.
05:15Les négociations se poursuivent la semaine prochaine, nous suivrons évidemment leur évolution ici sur Moselle TV.
05:20Merci encore une fois à vous, Jérôme Baron.
05:22Merci, bonne soirée.
05:23Merci, bonne soirée.