00:00Émission spéciale d'Europe 1 Soir, week-end consacré à cette folle séquence politique, une de plus.
00:07On connaîtra normalement avant 20h le nom du nouveau Premier ministre à l'issue d'une réunion à l'Elysée
00:12rassemblant tous les partis excepté le RN et LFI.
00:16Jacques-Aim est débatteur de la première heure, Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:20Bonsoir Jules.
00:20Bonsoir Stéphanie, quelle journée !
00:22Oui, encore une.
00:23Véronique Jacquier, journaliste politique à CNews. Bonsoir Véronique.
00:27Bonsoir Stéphanie, bonsoir à tous.
00:28Et puis mon invité Laurent Rossignol, sénatrice PS du Val-de-Marne, ancienne ministre.
00:33Bonsoir Madame Rossignol.
00:35Alors on a vu vos collègues, Olivier Faure, pas vraiment contents en sortant de l'Elysée.
00:41Ils se sont dit sidérés, très déçus, un petit peu perdus même parce qu'ils ont eu l'air de dire
00:46qu'Emmanuel Macron n'avait pas beaucoup de réponses, ils n'ont pas écarté la motion de censure.
00:52Aujourd'hui, clairement, quel est l'état d'esprit au PS, le PS qui tient en ce moment même un bureau national ?
00:58Exactement, le PS, c'est un bureau national, heureusement par visio, donc je m'en suis extraite quelques instants pour venir parler avec vous et vos auditeurs.
01:04Vous avez donc des informations.
01:06Écoutez, nous on est assez transparents et en plus on est assez constants dans cette affaire-là.
01:12Contrairement à d'autres, on n'a pas bougé depuis un mois, depuis en gros la démission,
01:16enfin la future démission de Bayrou depuis qu'on a compris que tout ça allait mal tourner pour lui.
01:21Oui, on a proposé non pas un contre-budget mais des amendements au budget, des exigences qui portent d'une part sur la justice fiscale,
01:31on a avancé la taxe Zuckman, on a dit que les hauts patrimoines à plus de 100 millions d'euros devaient contribuer davantage,
01:38on a proposé des mesures de soutien aux salaires, c'est-à-dire qu'on a proposé une baisse de la CSG sur les salaires à moins de 1900 euros,
01:49on a proposé une suspension de la réforme des retraites, je reviendrai peut-être pour expliquer ce que veut dire suspension de la réforme des retraites.
01:54Oui, parce que manifestement c'était le débat du jour.
01:56Je me mets à la place des auditeurs, c'est pas forcément évident parce que c'est technique.
02:02Et enfin on a proposé une trajectoire budgétaire qui soit à la fois conforme à notre objectif commun d'une réduction du déficit public et surtout des intérêts de la dette,
02:15et puis enfin une trajectoire qui sorte de la trajectoire de Bayrou.
02:19Ça a plutôt été retenu par Sébastien Lecornu, ces pistes-là, vous avez gagné certaines choses et fait bouger les lignes.
02:24Alors on va dire clairement, nous n'avons rien gagné, aucune ligne n'a bougé, pour le moment nous n'avons que des intentions, des marques d'intérêt, des portes entrebâillées,
02:34vous savez qu'il y a la chaîne qui est derrière la porte entrebâillée, pour être bien sûr qu'on ne mette pas le pied dans la porte de trop, pour le moment il n'y a rien.
02:41Toute la semaine, on a quand même été un peu maltraités, avant-hier c'était le très attendu discours du Premier ministre, on s'est tous installés,
02:50on a posé nos cuillères, on a écouté ça, et à la fin on s'est dit, un, la soupe est froide, on n'a pas mangé en écoutant, et deux, il n'a rien dit.
02:58Aujourd'hui, de nouveau, grande convocation, très étrange d'ailleurs, on est dans les formes.
03:03Oui, 1h53 le mail.
03:04Voilà, 1h53, un mail très étrange dans les formes, assez étrange aussi dans la configuration, disons-le clairement.
03:10Enfin, et, on ressort, il n'a rien dit.
03:14Si ce qu'on a entendu, c'est qu'il y avait toujours un socle commun, selon le Président de la République,
03:19soit c'est un déni de réalité, parce qu'à un moment donné, j'ai cru comprendre que les LR, et en particulier Bruno Rataillot,
03:25avaient assez clairement fait savoir qu'il n'était plus un socle commun.
03:27Nous, on a fait des propositions, et comme on est cohérent, et que depuis un an, un peu plus d'un an, depuis juillet 2024,
03:33le Président de la République n'a essayé que la même forme de combinaison, avec Barnier, LR, ensuite Bayrou-Modem,
03:42ensuite Le Cornu-Macroniste.
03:45On dit, mais dans cette assemblée sans majorité claire, disons-le clairement, sans que personne n'ait gagné l'élection législative,
03:52il y a quand même une équation que vous n'avez pas essayée, c'est celle de confier Matignon à la gauche.
03:57Nous, nous avons des propositions...
03:58Mais quelle majorité, Laurence Rossignol ?
04:00Mais la même, ni plus ni moins que les autres.
04:01Oui, mais plutôt moins que plus.
04:04Écoutez, aujourd'hui, personne n'a de majorité.
04:07Ce qui tiendra, tiendra sur un accord de non-censure pour le vote du budget.
04:12Donc, en fait, on cherche moins une majorité qu'une non-majorité de censure.
04:17Voilà, et donc la gauche est autant capable que les autres de chercher une non-majorité de censure
04:22autour des propositions qui sont...
04:23Et nous, c'est clair, si le Premier ministre, si le Président de la République, ne veut pas nommer un Premier ministre de gauche,
04:30on peut un peu comprendre ça de ce qu'il a dit ?
04:32Mais manifestement, c'est non, ce soir.
04:34C'est l'information, pour l'instant, qu'on a, mais il n'y aura pas de ministre de gauche.
04:38Sauf grosse surprise.
04:39Sauf grosse surprise, voilà.
04:41Et comme si le Président de la République nommait un Premier ministre de gauche,
04:44et qu'il en nomme un autre, à condition que ce ne soit pas une provocation, quand même.
04:48C'est quoi une provocation ?
04:50Enfin, moi je trouve que ce ne serait pas bien pour les Français de renommer le même, par exemple.
04:54Ce serait une provocation pour vous de renommer Sébastien Lecornu ?
04:58Mais pas tant pour nous qui sommes capables.
05:00Nous, on est capables de comprendre un certain nombre de mécanismes de la vie politique,
05:04mais je pense aux Français, qu'on a amusé toute la semaine avec quelque chose qui aboutirait à ce...
05:08Nous, de toute façon.
05:09Mais même, nous, on a toujours dit, en fait, peu importe qui, ce qui compte, c'est pour faire quoi.
05:13Mais justement, vous ne trouvez pas que Sébastien Lecornu est celui, finalement, avec lequel vous avez le mieux avancé ?
05:17Avec Michel Barnier, on a bien vu que c'était rompu.
05:20François Bayrou, orgueilleux comme il est, c'est extrêmement difficile de parler avec lui.
05:23Et d'ailleurs, je crois que le tweet d'Olivier Faure, quand Sébastien Lecornu démissionne,
05:28quand il dit, bon, finalement, on a le dernier gaulliste,
05:30montre quand même qu'avec Sébastien Lecornu, on pouvait parler,
05:32qu'il ne vous prenait pas pour des lapins de six semaines,
05:35et que, bon, finalement, c'est peut-être aujourd'hui ce qu'il y a de mieux pour négocier.
05:39Non, mais on n'a jamais mis de veto et d'exclusive sur personne du socle commun
05:46pour discuter de nos propositions budgétaires.
05:49Alors, si ça devait être Lecornu, on rediscuterait, bien entendu, avec Sébastien Lecornu.
05:54Mais quand même, je ne sais pas comment il arrivait à faire passer l'idée
05:57qu'il avait vachement discuté avec nous.
06:00En fait, oui, il nous a vus deux fois.
06:02C'est le tweet d'Olivier Faure, auquel je me réfère.
06:04Non, mais Olivier Faure a dit que son discours de fin de démission
06:11était un discours honorable et digne.
06:13Voilà ce qu'a dit Olivier Faure.
06:15Mais pour le moment, personne n'a d'engagement sur le lien.
06:18On entendait tout à l'heure, Alexandre Cheveau, notre reporter sur le terrain.
06:23D'après ces informations, s'il y avait l'abandon du 49-3,
06:27comme l'avait déjà proposé Sébastien Lecornu,
06:29et un geste sur les retraites,
06:31il y aurait un abandon et un accord, en tout cas, de non-censure.
06:35Est-ce que vous nous confirmez, ce soir, cette information ?
06:38Alors, je ne sais pas qui a dit ça,
06:41ce n'est pas exactement les termes de ce que nous avons proposé.
06:44Parce que s'il y a une suspension de la réforme des retraites,
06:48non une suspension, ça veut dire quoi la suspension ?
06:50Ça veut dire qu'au temps T, où nous sommes aujourd'hui,
06:53c'est 62 ans et 9 mois, l'âge légal de départ à la retraite.
06:57Mais que les salariés qui ont cotisé,
07:00qui ont tous leurs trimestres,
07:02les gens savent ce que c'est les trimestres,
07:03qui ont tous leurs trimestres,
07:05et qui ont déjà atteint son temps de 2 ans et 9 mois,
07:07ne peuvent pas partir aujourd'hui dans le cadre de la réforme borne.
07:10Ce que nous proposons, c'est que ceux qui ont leur carrière complète,
07:13leur trimestre, partent aujourd'hui.
07:15Et après, ceci pour 2026 et 2027.
07:18Et ensuite, en 2027, il y a l'élection présidentielle,
07:22et je crois, et tout le monde le sait,
07:23la question de l'avenir de notre système de retraite
07:25sera un des sujets de la présidentielle,
07:26et les Français trancheront ce qu'ils veulent pour la retraite.
07:28Et justement, ce décalage que semble proposer Emmanuel Macron,
07:31qui refuse aujourd'hui de suspendre et d'abroger cette réforme de la retraite,
07:35en même temps, c'est sa mesure symbolique de son quinquennat.
07:39Est-ce que ça, ça vous conviendrait ?
07:41Ça serait audible pour vous, ce décalage ?
07:44On n'a pas que ça.
07:46Le décalage, sous réserve des vérifications et des ajustements,
07:50si c'est sa façon à lui de ne pas vouloir dire que c'est l'abrogation,
07:53ou la suspension, que c'est la suspension,
07:55et que ça a le même résultat pour les salariés,
07:57moi ça me va, ce qui compte c'est les gens,
07:59ce n'est pas la manière dont on se parle,
08:01c'est les gens et comment ils peuvent profiter de leur retraite
08:05en bonne santé le plus longtemps possible.
08:07Mais après, nous avons aussi un autre sujet,
08:09qui est la trajectoire du budget Bayrou,
08:13avec ce qu'elle suppose comme insuffisance de recettes nouvelles
08:17pour réduire les injustices fiscales,
08:19et aussi de l'insuffisance de...
08:20Enfin, de suspendre la retraite,
08:22Mme Rossignol ne va pas arranger la trajectoire budgétaire.
08:24C'est pour ça que nous proposons des recettes nouvelles.
08:26Oui, mais alors lesquelles ?
08:28Pardonnez-moi, mais le fait de réduire les dépenses,
08:31tout simplement, le train de vie de l'État.
08:33Oui, mais enfin...
08:34Non mais ça, je pense que des socialistes
08:36pourraient être capables d'en parler.
08:37Je pense qu'il pourrait y avoir...
08:38Réduire le train de vie de l'État,
08:40nous sommes absolument d'accord,
08:42il n'y a aucun problème là-dessus.
08:43Réduire les fonctionnaires, par exemple ?
08:45Ben, vous savez...
08:46Non mais pourquoi pas ?
08:47Enfin, quand on a 300 milliards de dettes...
08:49Réduire les fonctionnaires,
08:50vous allez un peu dans les territoires
08:52où les services publics disparaissent,
08:55où il y a de moins en moins de fonctionnaires,
08:56ou je veux qu'on me dise maintenant
08:57où sur le terrain on réduit les fonctionnaires ?
09:00Je ne sais pas.
09:00Non, il y a peut-être un peu trop de suradministration.
09:01Je te reste, mesdames,
09:02on reprend cette suradministration depuis le temps qu'on dit.
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