00:00Il faudrait qu'on arrive à aller au-delà du show, il faudrait qu'on arrive à aller au-delà des projets qui ne sont pas finis,
00:06il faudrait qu'on arrive à aller au-delà de parler du Parlement, de parler, parler, parler, sans véritablement agir.
00:13Je me présente, s'écoute à Céline Marie-Emilma, directrice de la Fondation Gertrude François pour la santé mentale.
00:21À l'occasion de la journée de la santé mentale, le 10 octobre, comme chaque année,
00:25je voudrais faire passer un message, profiter au-delà même du Gabon, dans l'Afrique entière,
00:33parce que c'est un sujet qui se dit tabou en Afrique, qui n'a pas de raison aujourd'hui d'être tabou,
00:41de prendre soin de sa santé mentale par-dessus tout, de ne pas avoir honte d'en parler,
00:47de ne pas avoir honte de poser des questions, de consulter des médecins,
00:53de consulter aujourd'hui des associations qui leur paraissent responsables et en parler,
01:01et que ce n'est pas une honte de souffrir de santé mentale.
01:05Ma fondation Gertrude François, qui porte le prénom de mes deux grands-parents maternels,
01:12P.A. Le Rame, est une fondation qui a pour but de se battre contre les tabous
01:22et la sensibilisation concernant ce mal.
01:28Et elle existe, ça fera dix ans que ma fondation existe,
01:34qui a d'ailleurs agi fortement dans la sensibilisation,
01:40à travers les réseaux sociaux, à travers des actes posés
01:44envers le centre de santé mentale Bélène
01:48et plein d'autres centres dans des familles personnelles.
01:53Il m'est arrivé même, sans être médecin,
01:56d'accepter de recevoir des personnes pour pouvoir les soulager,
02:01parler de ceux dont ils souffraient,
02:05même des personnalités dont je tirerai les noms parce que c'est confidentiel.
02:10Et ma fondation a fait un projet il y a quelques années
02:15intitulé le projet Une Nouvelle Vie,
02:19qui est un projet, je crois, très très important
02:22pour la société humaine en tant que telle,
02:26pour le sujet de la santé mentale,
02:28parce que, comme je le dis souvent,
02:31je n'ai peut-être pas été au stade de la dite folie,
02:33mais j'ai souffert énormément de la santé,
02:37de la dépression qui a duré près de sept ans.
02:41Et j'ai écrit un livre,
02:43« Au nom de la vie »,
02:44qui parle, qui retrace un tout petit peu
02:47une partie de cette histoire-là.
02:48Le constat que je fais, ça c'est mon constat personnel,
02:51il faudrait que je précise ça avec insistance,
02:59c'est personnel, c'est mon avis,
03:00c'est qu'il n'y a pas d'avancée considérable.
03:02Il n'y a pas d'avancée considérable,
03:04peut-être des avancées au niveau où plus de monde en parle.
03:09Il y a quelques associations qui essayent plus ou moins
03:12de se débattre, d'en parler,
03:15de valoriser la journée de la santé mentale,
03:18la journée du 10, de la santé mentale.
03:22C'est surtout qu'il n'y a pas réellement,
03:26moi, à mon avis, des avancées considérables
03:29qui peuvent nous permettre aujourd'hui
03:32d'énumérer ceci, cela.
03:35Ce n'est pas assez consistant pour pouvoir en parler.
03:39Il n'y a pas d'avancée,
03:40il n'y a pas de loi qui a été prise,
03:41il n'y a pas de dimension.
03:43Mélen n'a pas évolué en tant que telle.
03:45Mais on ne peut pas éternellement sensibiliser.
03:48Il faut sensibiliser,
03:49parce qu'il faut sensibiliser tous les jours, chaque jour,
03:52parce que nous vivons en permanence
03:54avec des gens qui souffrent de santé mentale.
03:56Mais il faudrait qu'on arrive à aller
03:57au-delà de la sensibilisation.
04:00Il faudrait qu'on arrive à aller au-delà du chaud.
04:03Il faudrait qu'on arrive à aller au-delà
04:05des projets qui ne sont pas finis.
04:06Il faudrait qu'on arrive à aller au-delà
04:08de parler du Parlement,
04:10de parler, parler, parler,
04:12sans véritablement agir.
04:13Moi, je ne vais pas vous dévoiler aujourd'hui,
04:15avec les coups que j'ai eus de mon projet,
04:18qui a été boycotté,
04:19qui a été déchiqueté,
04:21qui a été...
04:22Je ne sais pas.
04:24Vous dévoilez ma deuxième phase d'attaque
04:27par rapport à moi.
04:29Parce que moi, je vis aujourd'hui pour ça,
04:31comme je vis pour l'art.
04:33C'est une deuxième passion
04:35qui a fait ressortir mon côté humain
04:40plus qu'hier.
04:42Et j'ai repris,
04:47j'ai réouvert mes tiroirs,
04:48j'ai remis mon projet en place.
04:50Je suis allée vers les autorités compétentes
04:52parce que c'est le but.
04:53Vous savez, depuis plus de dix ans,
04:56tous les ministres qui ont eu de la santé
04:58pendant les dix ans,
04:59je les ai tous eus.
05:00Je les ai tous côtoyés,
05:03les projets,
05:03jusqu'au stade de signer des conventions.
05:06La santé mentale est un mal,
05:08vraiment.
05:11Il faut vivre ça personnellement
05:14pour le comprendre.
05:15Moi, j'ai vécu la santé mentale
05:17en phase de dépression.
05:21Parce qu'il faut savoir
05:22dissocier la dépression,
05:24la ditfolie,
05:25le burn-out,
05:26toute la déprime.
05:30C'est vraiment des...
05:31Il faut savoir les...
05:32Et c'est un mal
05:34très douloureux
05:37qui détruit les familles,
05:39qui détruit le tissu social,
05:40qui détruit les rêves,
05:41qui détruit les enfants.
05:43Parce qu'elle ne choisit pas
05:45la santé mentale,
05:47la dépression.
05:48Elle attaque les vieux,
05:50les jeunes,
05:50quels que soient nos milieux sociaux,
05:52et que nous soyons,
05:54que nous ayons.
05:55Elle ne fait pas de distinction
05:56de race, d'âge et tout le reste.
05:59Moi, je peux vous en parler
06:00parce qu'il y a eu des répercussions
06:02sur mes enfants.
06:03J'ai vécu la santé mentale.
06:05J'ai mes trois enfants
06:06qui ont vécu la santé mentale
06:08à des phases différentes.
06:10Je vous en parlerai dans le futur
06:12parce que ça fait partie
06:13de mon projet futur.
06:15Mais c'est un mal
06:16qu'il faut prendre
06:17très, très, très, très au sérieux.
06:19Il faut que les dirigeants
06:20nous écoutent,
06:22nous accompagnent,
06:23nous prennent au sérieux
06:24parce que ça n'arrive pas
06:26qu'aux autres.
06:27Ça n'arrive pas qu'aux autres
06:29d'avoir son enfant
06:30qui se balance
06:30par un immeuble.
06:32Ça n'arrive pas qu'aux autres,
06:34son enfant,
06:35qu'on ouvre la chambre
06:36un matin et puis
06:37l'enfant s'est pendu,
06:40le mari s'est jeté
06:41d'un immeuble.
06:42Et en Afrique particulièrement,
06:44dès que quelqu'un
06:45s'est suicidé,
06:46il ne peut pas s'est suicidé,
06:47on l'a tué,
06:48c'est l'effectif.
06:48Non.
06:49La santé mentale existe.
06:51Vous avez quelqu'un
06:52qui peut parler,
06:53je peux vous parler aujourd'hui
06:54en bonne santé,
06:56mais qu'est-ce qu'elle a fait
06:56madame Asselet ?
06:58Et puis dans ma tête,
06:58je sais que cette soirée-là,
07:01j'ai décidé de passer à l'art.
07:03Et c'est ça
07:04le plus grand danger
07:05de cette maladie.
07:07Elle est tellement vicieuse
07:08que les gens
07:09les plus en souffrance
07:11sont en apparence
07:12les gens les plus en forme
07:14et les mieux nantis.
07:16Donc, il faut faire
07:16très, très attention.
07:17Et surtout,
07:19il faut avoir un regard
07:20sur les enfants
07:21parce que quand on souffre
07:22de santé mentale,
07:23quand il y a des bases,
07:24après on finit souvent
07:25dans la drogue.
07:26Il y a beaucoup d'enfants
07:27de la rue drogués
07:28qui ont des...
07:30que quand on condamne,
07:31oh, regardez,
07:32cet enfant est drogué.
07:33Non.
07:33Il faut avoir
07:34un autre regard
07:35parce que cet enfant
07:36a peut-être eu des bases
07:38de souffrance
07:39de sa santé mentale
07:40qui agit
07:41et il s'est retrouvé
07:42dans la rue,
07:43dans la drogue,
07:44dans la prostitution,
07:45dans le bridandage,
07:47en prison,
07:48violenté,
07:49tout.
07:49Alors que la base
07:51de son problème,
07:53c'est le mal-être.
07:54Il faut vraiment
07:55prendre ce mal au sérieux
07:57qui est le fléau
07:58actuel du siècle.
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