00:04Et l'actualité c'est bien sûr l'interview de Sébastien Lecornu à la télévision.
00:09Ce soir il y a environ 210 députés, dit Sébastien Lecornu,
00:13qui veulent toujours une plateforme de stabilité avec des conditions à débattre pour le budget.
00:18Ils rajoutent, la France aura-t-elle un budget ?
00:20Tous les partis hors LFI et RN m'ont dit qu'il fallait un budget avant la fin décembre.
00:24En tout cas, quand on écoute Sébastien Lecornu ce soir,
00:28on a compris qu'il ne voulait plus d'une chose, c'est qu'il ne voulait plus retourner à Matignon.
00:33On écoute.
00:34Moi j'ai présenté ma démission lundi matin.
00:38Je pense donc démontrer que je ne cours pas après le job dans la mesure où j'ai démissionné.
00:42J'ai accepté de faire 48 heures dans des conditions qui ne sont pas que faciles.
00:46J'ai un côté moins de soldats, donc j'ai accepté évidemment la mission que le président m'a demandé.
00:51Ce soir je considère que ma mission est terminée.
00:52Et ce que je peux donc vous dire, c'est que je sens qu'un chemin est possible encore,
00:56il est difficile, et j'ai dit au président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient
01:02et que je pense que la situation permet pour le président de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures.
01:07Arnaud Benedetti, vous me disiez pendant la pause publicitaire, en fait il n'a rien dit.
01:12Il n'y a pas d'annonce en fait.
01:14Il dit qu'il y a 210 parlementaires pour former une coalition gouvernementale.
01:18Si je fais mes calculs, ça ne fait pas le compte.
01:21Tout simplement, il reste exposé à une motion de censure à tout moment.
01:25Quand il nous dit qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale pour ne pas vouloir une dissolution,
01:29je rappelle que de toute façon ce n'est pas à l'Assemblée nationale de savoir s'il faut une dissolution ou pas,
01:33c'est au président de la République.
01:35Donc très objectivement, je ne crois pas qu'on ait beaucoup avancé.
01:38Et je ne vois pas tellement l'intérêt de cette interview ce soir,
01:42si ce n'est finalement de donner le sentiment que pour l'instant on patine et qu'on est en lisé et qu'on ne trouve pas de solution.
01:47Oui, à part de dire qu'il y a quand même cette majorité qui ne veulent pas d'une dissolution.
01:54Oui, peut-être.
01:56Oui, peut-être.
01:57Il n'y a pas envie de retourner au feu.
02:00Pardon, je me corrige, ce n'est pas une majorité.
02:02Il y a environ 210 députés, dit Sébastien Léon,
02:05qui veulent toujours une plateforme de stabilité avec des conditions à débattre pour le budget.
02:09Oui, ça ne fait pas une majorité.
02:11Ça ne fait pas une majorité si on calcule.
02:13Et puis, non, non, bien sûr que non.
02:14Non, non, ça veut dire qu'il y en a 367 qui, soit pensent le contraire, soit les sans-opinion, comme on dit dans le sondage.
02:22Qui peuvent voter une censure, en tout cas.
02:24Le président de la République a désormais en main la totalité du dossier.
02:30Il ne souhaite pas, si on a bien compris, il ne souhaite pas lui non plus dissoudre.
02:35C'est vrai que la première fois n'a pas été un franc succès, c'est le moins qu'on puisse dire.
02:39Donc, il n'a pas envie de recommencer.
02:41Il met toujours des semaines et des semaines avant de prendre des décisions sensibles.
02:46Là, qu'est-ce qu'il souhaite, au fond, le président de la République, si je puis risquer cette interprétation ?
02:53Il veut essayer d'aller jusqu'au pouvoir, s'entend, à l'Élysée.
02:57Il veut aller au moins jusqu'au municipal du mois de mars, c'est ça ?
03:01Après mars, les commentaires qui suivront, et s'engagera quasi immédiatement la campagne présidentielle.
03:12Et il se dit que peut-être les opposants le lâcheront un peu.
03:15On a vu depuis 48 heures que ses anciens premiers ministres ne le ménageaient pas.
03:20Il veut, à tout prix, aller au bout de son mandat.
03:24J'espère que ça ne va pas nous coûter une réforme des retraites.
03:27Toute l'Europe a traité sérieusement ce dossier.
03:30On en est incapables.
03:32On pensait que le président de la République allait s'échiner à garder cette réforme qui lui a tant coûté.
03:40J'en suis moins sûr ce soir.
03:42J'espère me tromper.
03:43Mais sincèrement, si on bricole encore la réforme des retraites, là on est mal parti.
03:47En tout cas, parce qu'on parle alors que Sébastien Lecornu continue de parler à la télévision.
03:55Dans son interne, il lit d'autres choses.
03:56Il y a une autre chose sur laquelle il est revenu, sur la suspension de la réforme des retraites,
04:02qui a éventualisé, ça existe éventualisé, envisagé, Mme Borne dans le journal.
04:09Voilà ce qu'il dit.
04:10On ne peut pas être dans un déni démographique, mais il faut être sourd pour ne pas entendre qu'il y a une blessure démographique.
04:17Alors ça c'est dû en même temps copier-coller du président de la République.
04:22Il s'est installé, dit M. Lecornu, l'idée qu'il n'y a pas eu de vote, ça c'est le 49-3.
04:27Ce n'est pas complètement vrai.
04:29Ce que je crois, c'est que c'est une source de blocage.
04:32Il y aura un débat pour la prochaine présidentielle.
04:35Il faudra trouver un chemin.
04:37Tout à l'heure, Maël Hassani me faisait remarquer que dans les gestes et dans les expressions, il est très proche du président.
04:42C'est vrai.
04:43Il faudra trouver un chemin.
04:44Je n'ai pas ouvert le débat.
04:46Je dis juste qu'entre suspendre et dire circuler, il n'y a rien à voir.
04:51C'est difficile.
04:52Et puis, quand on l'interroge sur les holdings, il dit, je ne peux pas parler du budget, j'ai démissionné.
04:58Aucun budget n'a été présenté.
05:00Il faut que la crise se dénoue.
05:01On est mal parti.
05:02Pour l'instant, ce qu'on constate, c'est que la crise n'est pas dénouée en la matière.
05:09Parce que si quelqu'un comprend ce que veut dire le Premier ministre, si ce n'est qu'il n'a pas finalement trouvé de solution dans les 48 heures qui viennent de s'écouler,
05:21que finalement, d'une certaine façon, il met le président de la République face à ses responsabilités,
05:28et je ne suis pas sûr que le président de la République ait à ce stade les moyens de sortir de la situation dans laquelle il a mis finalement le pays,
05:34parce que c'est quand même la dissolution qui est responsable de ce contexte.
05:37Écoutez, justement, Sébastien Lecornu sur les retraites.
05:41À la fois, c'est une source de blocage.
05:43Regardez la fin du conclave, CFDT, CFTC, MEDEF.
05:46C'est une source de blocage au Parlement.
05:48On aura bien du mal à dire qu'il ne faut pas qu'il y ait un débat.
05:50En tout cas, je l'ai dit au président de la République, il faudra trouver un chemin pour que le débat ait lieu sur la réforme des retraites.
05:56Ça va coûter combien à la France si on suspend la réforme Borne ?
06:00Pas moins de 3 milliards d'euros en fonction du périmètre de ce qui peut être suspendu en 2027.
06:04Donc c'est quand même une somme qui est considérable.
06:06C'est pratiquement 0,1% de notre PIB.
06:10En fait, il ne veut pas s'associer non plus, M. Lecornu,
06:13qui connaît et qui fréquente depuis longtemps le président de la République,
06:18et qui le connaît bien, je crois qu'il y a une entente amicale très forte entre les deux.
06:22Mais je crois que là, la messe est dite.
06:24Et je pense qu'il ne va pas très loin, même sur la réforme des retraites,
06:28puisqu'il semble suggérer un débat.
06:30Ça veut donc dire un projet de loi qui modifiera la réforme des retraites
06:35telle qu'elle a été votée dans les conditions qu'on connaît.
06:39Donc on n'est pas sorti de l'auberge.
06:41Le président de la République, plus que jamais, va devoir tout seul désormais
06:44éventuellement nommer un premier ministre.
06:49S'il nomme un socialiste dans un pays où la dernière candidate du PS
06:54a dû faire moins de 2% des voix, ça va quand même secouer très fort.
06:58Et si j'ai bien compris, sur les retraites aussi, ça va secouer très fort.
07:01La crise n'est pas terminée, loin s'en faut.
07:04Ce qui est assez impressionnant, c'est que cette interview, elle continue.
07:08Alors qu'on parle, il y a 20h38, il continue son dialogue avec notre consœur Léa Salamé.
07:13Et c'est pas pour rien dire, mais on y est presque.
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