00:00Écoutez, tout d'abord, je crois que chacun peut le comprendre,
00:02il est dans une position particulière.
00:04D'abord, finalement, il n'a de légitimité à l'heure où nous parlons
00:08que parce que le président de la République lui a confié cette tâche-là,
00:10qui est une tâche d'ailleurs assez surprenante.
00:13Un grade, vous diriez ?
00:14Je ne sais pas, je laisserai ceux qui l'ont accepté la qualifier.
00:18Mais bon, voilà, il écoute, il entend, et comme il nous a dit,
00:21il doit remettre une synthèse au président de la République, dans tous les cas.
00:23Et je crois que c'est important de le rappeler.
00:25Aujourd'hui, la responsabilité de ce qui va se passer demain dans notre pays,
00:29est du ressort du président de la République.
00:31C'est Emmanuel Macron qui, aujourd'hui, a entre les mains l'avenir du pays.
00:35Que ce soit une nomination à Matignon, que ce soit une dissolution ou une démission,
00:40comme c'est évoqué par son...
00:41Et donc, la question de la stabilité dans notre pays,
00:44d'un budget avant le 31 décembre, est dans les mains d'Emmanuel Macron.
00:48Mais quand vous rentrez dans son bureau, M. Lecornu, est-ce qu'il vous parle
00:51ou est-ce qu'il est uniquement en train de prendre des notes ?
00:53Est-ce qu'il y a des échanges ?
00:54Et il vous dit un peu le fond de sa pensée ?
00:56Comment ça se passe concrètement ?
00:56Non, mais on est dans des échanges comme toujours,
00:58et comme avec tout ministre, donc oui, on discute...
01:01Ce n'est pas la première rencontre.
01:02On ne discute pas de tout et de rien, on discute du fond,
01:04y compris de la situation, de crise institutionnelle dans laquelle nous sommes
01:08et qu'il va nous falloir dépasser.
01:10Et ensuite, il prend effectivement énormément beaucoup de notes.
01:12Donc, il ne vous dit rien de ce que lui pourrait proposer au chef de l'État ?
01:14Non, parce que comme il nous l'a dit, il ne propose pas,
01:16il fera une synthèse de ce que nous avons dit.
01:18Et donc, il répète ce que nous venons de dire,
01:21et à partir de là, il remet sa copie, j'oserais dire, au chef de l'État ce soir.
01:27Qu'est-ce que vous avez porté, vous, comme solution, les communistes, dans son bureau ?
01:30Est-ce que vous lui avez dit, autour de la gauche, maintenant, à Matignon ?
01:34Vous savez, ça fait un peu plus d'un an, j'ai l'impression parfois de me répéter,
01:37j'en ai fait quelques-unes, des déplacements à Matignon, quelques-uns.
01:40Nous, nous lui avons redit, d'abord, dans un pays démocratique,
01:45on respecte le pouvoir et le suffrage des urnes.
01:48Donc, il faut appeler un Premier ministre issu de la gauche,
01:54parce que c'est ce qu'ont décidé les Français lors de l'élection législative de juin et juillet dernier.
02:00Deuxièmement, nous avons redit qu'il y a eu une vraie cassure démocratique
02:04au moment de la réforme des retraites, imposée par 49.3,
02:08alors qu'une grande partie, non pas de l'opinion, mais de nos concitoyens,
02:12n'y était pas favorable.
02:13Donc, il faut la suspendre.
02:14Vous avez aussi plaidé pour la suspension.
02:16Et donc, nous demandons l'abrogation de la réforme des retraites,
02:20qui passe par un temps de suspension,
02:23mais qui doit nous amener à l'abrogation de la réforme des retraites.
02:26Et nous avons demandé et réitéré plus de justice fiscale et sociale,
02:31n'ayant pas de…
02:33Après, on peut discuter des modalités,
02:35mais entre discuter des modalités et de remettre en cause nos objectifs,
02:40de cela, il n'en est pas question.
02:41J'ai une dernière question.
02:42S'il y avait une dissolution,
02:43que le chef d'État ne choisissait pas de nommer quelqu'un de gauche à Matinou,
02:46qu'il y avait une dissolution demain,
02:48est-ce que vous êtes sûr à gauche de ce qui se passerait
02:50en termes de circonscription, d'alliance avec le NFP ?
02:54C'est un retour à ce qui s'est passé l'année dernière avec le NFP
02:57ou est-ce qu'il y aurait une nouvelle donne à gauche,
02:59peut-être avec LFI à l'écart ?
03:00Vous savez, je crois qu'en politique, le réel s'impose toujours à nous
03:04et qu'en fait, les conséquences de l'annonce d'une dissolution
03:07et de la déflagration que cela peut donner dans la société,
03:10personne ne la connaît, personne ne la maîtrise.
03:13Il n'y a pas une tentative d'éloigner la LFI à gauche ?
03:16Les réunions où les communistes ne vont pas chez LFI ?
03:19Comment vont réagir les femmes et les hommes ?
03:21Est-ce que notre objectif,
03:23parce que s'il y a une annonce de dissolution,
03:24est tous, collectivement, d'empêcher le Rassemblement national
03:27le pouvoir dans notre pays ?
03:29Et de cela doit dépendre notre stratégie.
03:31Aujourd'hui, et à l'heure actuelle, les communistes,
03:34nous avons eu des rencontres avec le Parti Socialiste
03:36et Europe Écologie Les Verts.
03:39Pourquoi ?
03:39Parce que notre objectif aujourd'hui n'est pas la démission d'Emmanuel Macron.
03:44Notre objectif aujourd'hui est d'obtenir un Premier ministre de gauche.
03:47Si cela ne l'obtenons pas,
03:49nous verrons demain d'autres réunions très certainement
03:51et nous prendrons les décisions qui sont les nôtres
03:53pour répondre aux besoins et aux attentes des Françaises et des Français.
03:56Bien, merci.
03:57Merci.
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