00:00François Hollande, c'est quelqu'un qui a quand même de l'expérience.
00:02Il connaît sa propre histoire et l'histoire du Parti Socialiste,
00:05ce qui d'ailleurs l'invite à ne se déclarer que beaucoup plus tardivement,
00:10en attendant éventuellement que Raphaël Glussmann ou Olivier Faure
00:14se prennent les pieds dans le tapis,
00:15ce qui est quand même une éventualité possible,
00:18étant donné les résultats précédents.
00:20Et puis cette compréhension de ce qu'est l'élection présidentielle,
00:24qui est un rendez-vous entre un homme, une femme et des citoyens.
00:28C'est ça avant tout une élection présidentielle.
00:30Il est question de charisme, il est question de crédibilité,
00:34il est question de récits.
00:36Et on voit bien d'ailleurs qu'en publiant son ouvrage,
00:39François Hollande comprend qu'il faut justement donner un récit.
00:44Ce qu'il avait réussi à faire avec mon ennemi, c'est la finance en 2012.
00:49Alors que si vous regardez un petit peu ce qu'ont été les entrées en campagne
00:54de Raphaël Glussmann et Olivier Faure,
00:56honnêtement on a été un petit peu déçus parce qu'on n'y voit pas le souffle,
01:01on n'y voit pas véritablement le récit que pourrait attendre cette famille
01:04qui a été depuis des années en quelque sorte décapitée,
01:08en tout cas désappointée, qui est la famille social-démocrate.
01:11Il n'est pas en embuscade, il se prépare et de façon très transparente.
01:15En fait ce qui est intéressant dans la séquence,
01:17et ce que François Hollande dans ce débat a mis en évidence,
01:20c'est que la prochaine élection présidentielle va se faire
01:23à un moment de recomposition politique.
01:26Et c'est pour ça qu'il ne parle pas aux partis politiques,
01:29mais qu'il parle aux personnalités, aux gens, aux Français.
01:32On voit bien qu'en 2017, il y a eu un moment de décomposition politique,
01:36les partis politiques ont été complètement explosés,
01:39la gauche, la droite, c'était la même chose,
01:41c'était l'époque du en même temps.
01:43Dix ans plus tard, on est dans un moment de repolarisation politique,
01:47où la gauche et la droite retrouvent à nouveau du sens.
01:50Et ce qui était intéressant justement, c'est de voir que François Hollande,
01:53qui avait gagné en 2012 sur un programme très de gauche,
01:57avec mon ennemi c'est la finance,
01:59aujourd'hui il est toujours à gauche,
02:00mais en même temps une gauche qui est beaucoup plus centrée.
02:03Et l'objectif c'est effectivement de capter tout cet espace du centre,
02:07et on a vraiment une polarisation nouvelle,
02:09une recomposition de l'espace politique très net.
02:11Il y a une progression tendancielle de l'appréciation de François Hollande,
02:15notamment auprès des sympathisants socialistes,
02:17et qui vont mettre en avant plus la question d'expérience que la question du bilan.
02:20Quand vous interrogez les électeurs qui ont voté pour François Hollande en 2012,
02:24il y en a peu qui ont une vraie fierté d'avoir porté François Hollande à l'Elysée,
02:27contrairement aux électeurs de Nicolas Sarkozy en 2007,
02:30et à une partie des électeurs d'Emmanuel Macron en 2017.
02:34Mais il y a ce petit mec qui commence à apparaître,
02:36et qui n'était pas présent précédemment,
02:38il est président, il sait globalement comment fonctionnent nos institutions,
02:42donc il n'y a pas un élan considérable à l'égard de François Hollande,
02:44dans les intentions de vote,
02:45quand on le compare par exemple à Raphaël Luxman,
02:47il est nettement en dessous,
02:48mais il y a cette position, en fait,
02:52embusquée, entre guillemets, pour reprendre le titre du point,
02:55qui est identifiable de la part des électeurs de gauche,
02:57et notamment socialistes.