00:00Mesdames et Messieurs, chers compatriotes,
00:03Je m'adresse à vous aujourd'hui pour dénoncer avec la plus grande fermeté
00:06le communiqué publié le 5 octobre 2025 par le ministre de l'Intérieur
00:11fixant au 18 octobre la reprise du scrutin dans trois circonscriptions
00:15dont le premier siècle est connu, les courbes.
00:19Cette décision constitue une forfaiture caractérisée,
00:22une manipulation juridique délibérée et une violation flagrante du code électoral.
00:26Le Parti démocratique abonné la rejette catégoriquement et en exige le recret immédiat.
00:32Le ministre écrit en effet dans son communiqué, je cite,
00:35« Après saisine de la Cour constitutionnelle et conformant au décret numéro 030-PR-MISD du 1er octobre 2025. »
00:44Remarquez bien, il ne dit jamais « après décision de la Cour constitutionnelle ».
00:48Il dit seulement « après saisine ».
00:50Ce glissement sémantique n'est pas une maladresse, c'est une manipulation parfaitement calcule.
00:55En mentionnant la saisine, le ministre crée l'illusion du respect de la procédure.
00:59Le citoyen non averti pourrait croire que la Cour a été saisie,
01:02qu'elle a examiné le dossier, entendu les partis et rendu une décision motivée.
01:06Mais le ministre ne dit jamais qu'une décision existe.
01:09Pourquoi ? Parce qu'une telle décision, a priori, n'existerait pas.
01:14Réconstituons les faits.
01:15Le 29 septembre, la Cour constitutionnelle annonce officiellement l'ouverture de la phase des recours.
01:20Ce même jour, le ministre annonce les derniers résultats provisoires des élections législatives.
01:24La Cour ouvre un délai de dix jours pour les recours contentieux, conformément au code électoral.
01:30Ce délai court jusqu'au 9 octobre.
01:34Le 1er octobre, le président de la République prend le décret précité,
01:38portant convocation du collège électoral pour la reprise des élections
01:41dans les trois circonscriptions que le ministre avait innatéralement annulées le 28 septembre.
01:47Comprenez-vous l'énormité de ce qui vient de se passer, chers compatriotes ?
01:50Le décret présidentiel convoque le collège électoral alors que le délai contentieux de dix jours n'est pas encore écoulé.
01:58Avant même que la Cour constitutionnelle ait eu le temps matériel d'examiner les recours,
02:01d'entendre les parties, de vérifier les preuves, de délibérer et de rendre ses décisions.
02:06Le pouvoir exécutif prend des décisions définitives sur le contentieux électoral
02:10avant que le juge constitutionnel puisse exercer sa compétence exclusive.
02:15On appelle cela une violation frontale de la séparation de pouvoir,
02:20un mépris affiché de l'État de droit.
02:24Cette chronologie soulève trois questions troublantes.
02:28Trois hypothèses se présentent tout aussi graves les unes que les autres.
02:32Première hypothèse.
02:33La Cour aurait-elle été saisie le 29 ou le 30 septembre
02:37et aurait statuée entre ces dates et le 1er octobre,
02:39soit en 24 ou 48 heures, sans convoquer personne,
02:42sans entendre aucune partie, sans examiner aucune pièce,
02:45sans délibérer sérieusement ?
02:46Est-ce plausible ? Est-ce crédible ?
02:49Est-ce conforme aux exigences du procès équitable ?
02:52Deuxième hypothèse.
02:53La Cour n'a jamais été saisie et le décret du 1er octobre a été pris
02:56sans aucune base juridictionnelle.
02:58Le ministre et le Président ont décidé seuls,
03:00en dehors de tout contrôle juridictionnel,
03:02d'annuler des scrutins et de convoquer des reprises.
03:05Dans ce cas, la mention de la saisie de la Cour constitutionnelle
03:08serait un mensonge éhonté,
03:10destiné à donner rétroactivement une apparence d'inégalité
03:12à des décisions purement administratives.
03:15Troisième hypothèse, la plus plausible.
03:18La Cour a pu être formellement saisie,
03:21mais elle n'a pas eu l'autant matériel de statuer.
03:23Le pouvoir exécutif anticipe sa décision,
03:25préjuge son contenu,
03:26consécute son délai de délibération
03:28et lui dicte sa conduite en prenant un décret
03:31avant même qu'elle ait rendu son arrêt.
03:34C'est une pression inadmissible sur nos juges constitutionnels.
03:37C'est la négation même de l'État de droit.
03:39Mais ce n'est pas tout.
03:41Le communiqué du 5 octobre révèle une autre incohérence majeure
03:44qui confine à l'incompétence notoire.
03:45Rappelons que le 3 octobre,
03:48le ministre avait rendu public les résultats des élections locales
03:51en annulant, comme pour les législatives,
03:54les résultats de la liste communale,
03:55les connu, les cori,
03:56pourtant proclamés réguliers
03:58par la commission départementale électorale,
04:00avec 59,12% de suffrage pour le PDG
04:04contre 40,88% pour l'UDB.
04:07Je rappelle au passage
04:08que s'agissant du premier législatif annulé
04:11dès le 28 septembre,
04:12cette même commission avait donné vainqueur.
04:14Le candidat du PDG avec 56,46% des suffrages exprimés
04:18contre 43,54% pour ceux de l'UDB.
04:22Comme on atteste,
04:24le procès verbal publié et affiché
04:27à la commission départementale des communes de Cori
04:30dès le 28 septembre.
04:34Or, dans son communiqué du 5 octobre,
04:37lorsqu'il convoque les électeurs pour le 18 octobre,
04:40le ministre ne mentionne que la reprise du scrutin au premier siège.
04:43Aucune allusion n'est faite à la liste communale
04:45alors même qu'il en avait annulé les résultats
04:47deux jours auparavant.
04:49Que devons-nous comprendre ?
04:51Le ministre ignore-t-il que la circonscription communale
04:54du département de Cori n'est pas identique
04:56à celle du premier siège législatif,
04:59mais qu'elle couvre l'ensemble des quartiers
05:00du premier siège et quelques quartiers
05:02du second siège ?
05:04Dans ce cas, il faudrait nécessairement
05:06une nouvelle convocation distincte
05:08pour répondre à l'élection communale.
05:11Car en l'état, en annonçant la seule reprise du scrutin
05:14dans le premier siège,
05:15le ministre ne vise que l'élection législative
05:17par l'élection communale
05:18dont la circonscription n'a sûrement pas été convoquée.
05:22Ou bien faut-il admettre,
05:24hypothèse la plus probable,
05:26que le ministre n'a tout simplement
05:27rien compris au fonctionnement du système électoral
05:29et agit dans une improvisation totale ?
05:33Preuve manifeste de son incompétence
05:36à organiser ses élections.
05:40Mesdames et messieurs, chers compatriotes,
05:43comment un ministre de l'Intérieur,
05:45chargé d'organiser des élections,
05:46peut-il ignorer une donnée aussi élémentaire
05:48que la différence entre circonscription législative
05:51et circonscription communale ?
05:53Comment peut-il annuler d'un côté,
05:54convoquer de l'autre,
05:55et oublier entre-temps que son propre communiqué
05:58ne couvre pas l'ensemble des scrutins
06:00concernés par son annulation ?
06:02Cette incohérence n'est pas seulement pathétique,
06:04elle est dangereuse pour notre démocratie,
06:07car elle montre que des décisions aussi graves
06:09que l'annulation d'élections,
06:10qui engagent des milliers de voix de nos concitoyens,
06:12sont prises à la légère,
06:14sans préparation sérieuse,
06:15sans consultation des organes compétents
06:17et sans respect du code électoral.
06:20Le ministre doit, à ce stade,
06:22répondre immédiatement aux questions suivantes.
06:25Si la Cour a été saisie,
06:27quand l'a-t-elle été,
06:27quand l'a-t-elle statué ?
06:30Qui a été convoqué
06:32et entendu par la Cour ?
06:34Pourquoi convoquer le collège électoral
06:36par décret du 1er octobre,
06:37alors que le délai contentieux de 10 jours
06:39n'est pas encore écoulé ?
06:41La reprise du 18 octobre
06:43concerne-t-elle uniquement
06:44l'élection législative du 1er siècle
06:46de l'économie de Corie ?
06:48Une nouvelle convocation distincte
06:49sera-t-elle faite
06:50pour la liste communale également annulée ?
06:53Mesdames et messieurs,
06:54chers compatriotes,
06:55Je le dis et je le répète.
06:57Contrairement aux allégations
06:58sans preuve du ministre,
06:59le scrutin du 27 septembre
07:01dans l'économie de Corie
07:02s'est déroulé dans des conditions
07:03absolument exemplaires.
07:06Les bureaux de vote
07:07ont été ouverts normalement à l'heure,
07:09matériel électoral complet et conforme,
07:12vote s'est déroulé dans le calme,
07:13la sérénité et la discipline républicaine,
07:15les procès verbaux ont été établis
07:17dans les règles de l'art.
07:17Tous les scrutateurs, sans exception,
07:20ont signé ces procès verbaux
07:21sans formuler la moindre réserve.
07:23Les résultats,
07:24comme je viens de vous le montrer,
07:25ont été publiquement affichés
07:26conformément aux articles 157 et 159
07:29du Code électoral.
07:31Aucune réclamation n'a été formulée
07:33localement par aucun candidat.
07:35Aucun incident n'a été rapporté.
07:38Au démeurant,
07:39le 27 septembre,
07:40les réseaux sociaux gabonais
07:41ont été inondés d'images et de vidéos
07:43montrant des dysfonctionnements graves
07:45dans de nombreuses circonscriptions.
07:48De l'éconnu,
07:48l'écoré,
07:49aucune des images,
07:51aucune image de ce type n'a circulé.
07:53Aucune.
07:54Savez-vous pourquoi ?
07:55Parce qu'il ne s'est rien passé
07:56d'irrégulier dans notre département.
07:59Voilà donc le paradoxe insoutenable
08:01qui condamne la décision du ministre.
08:03Il annule le scrutin précisément
08:04là où aucune irrégularité n'a été constatée,
08:06documentée,
08:07ni même alléguée,
08:08mais valide tranquillement
08:09les résultats dans des circonscriptions
08:10où les fraudes massives sont documentées,
08:13filmées et largement relayées.
08:15Pourquoi cet acharnement
08:16contre l'éconnu,
08:17l'écoré ?
08:18Eh bien,
08:18la raison est simple.
08:20Sur les cinq scrutins
08:21organisés dans le département
08:22l'éconnu,
08:22l'écoré le 27 septembre,
08:24le Parti démocratique gabonais
08:25a remporté quatre victoires
08:26sur cinq.
08:28Deux sièges de députés,
08:29une liste communale
08:30et une liste départementale
08:31comme l'atteste au procès verbal
08:32que je vous ai montré tout à l'heure.
08:35L'éconnu,
08:35l'écoré est le seul département du pays,
08:38le seul sur l'ensemble
08:39du territoire national
08:40à avoir infligé une telle défaite
08:42au parti présidentiel.
08:43Voilà le véritable motif
08:45de l'acharnement.
08:46Voilà le seul tort,
08:47le seul crime
08:48de l'éconnu,
08:48l'écoré,
08:49avoir massivement,
08:50démocratiquement
08:51et pacifiquement
08:51rejeté le pouvoir en place.
08:54L'annulation du vote
08:55dans le premier siège
08:56de l'écoré
08:57est un acte politique
08:58pur et simple.
09:00C'est un règlement
09:00de compte à peine déguisé.
09:03Face à cette forfaiture
09:04sans précédent,
09:06le Parti démocratique gabonais
09:07formule les exigences suivantes.
09:09Le ministre de l'Intérieur
09:10doit publier immédiatement
09:12intégralement
09:12la saisine de la Coupe
09:13constitutionnelle
09:14avec tous ses motifs,
09:15cette date précise
09:16et toutes les preuves
09:17des prétendus
09:18faits graves
09:20allégués contre
09:21le premier siège
09:22du département,
09:23l'écoré,
09:23ainsi que sa liste communale.
09:26Deuxièmement,
09:27retirer son communiqué
09:28du 5 octobre
09:29concernant le premier
09:30siège de l'écoré,
09:31l'écoré,
09:32car il n'a pas
09:33la compétence légale
09:34pour annuler
09:34l'élection législative,
09:35il n'a pas la compétence
09:37pour fixer une date
09:37de reprise sans décision
09:38préalable de la Cour constitutionnelle
09:39sans communiquer
09:40et donc un excès
09:41de pouvoir manifeste.
09:44Mesdames et Messieurs
09:45et chers compatriotes,
09:47nous interpellons
09:47solennellement
09:48la communauté internationale,
09:50les observateurs électoraux,
09:51la société civile gabonaise,
09:52l'ensemble des médias.
09:54Nous lançons un appel
09:54solennellement
09:55à la Cour constitutionnelle
09:56pour qu'elle joue
09:57pleinement son rôle
09:57de garant de la Constitution
09:59et ne se laisse pas
10:00instrumentaliser
10:00ni consécuter
10:01par le pouvoir exécutif.
10:04Le communiqué
10:04du 5 octobre
10:05révèle toute l'imposture
10:07de ce système.
10:08C'est soit
10:08de l'incompétence crasse,
10:10soit de la malhonnêteté
10:11délibérée.
10:11Dans les deux cas,
10:12c'est extrêmement grave
10:13et profondement préoccupant
10:14pour notre démocratie.
10:16Mesdames et Messieurs,
10:17chers compatriotes,
10:18ce qui se passe aujourd'hui
10:19à l'éconnu de Corie
10:19constitue un test décisif
10:21pour notre démocratie naissante.
10:23Si nous acceptons
10:24qu'un ministre
10:24puisse annuler
10:25de son propre chef
10:26le scrutin
10:26d'une circonscription électorale
10:27entière sans preuve,
10:29sans décision de justice,
10:30alors nous acceptons
10:31de subir l'arbitraire
10:32le plus brutal.
10:34Ce qui arrive
10:34à l'éconnu de Corie
10:35aujourd'hui
10:36peut arriver demain
10:36à n'importe quelle
10:37circonscription du pays
10:38où les citoyens
10:39oseraient voter
10:40contre le pouvoir.
10:41C'est pourquoi
10:42ce combat dépasse largement
10:43le parti démocratique
10:44gabonais
10:45et la circonscription
10:46du premier siège
10:46de l'éconnu de Corie.
10:48C'est un combat
10:48pour l'État de droit,
10:50pour la séparation
10:50des pouvoirs,
10:51pour le respect
10:52de la volonté populaire.
10:54Les populations
10:55de l'éconnu de Corie
10:56ne demandent pas
10:56des faveurs.
10:58Elles demandent juste
10:58que leur vote
10:59soit respecté.
11:00Je vous remercie.
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