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Démission de Sébastien Lecornu : «Il faut une véritable rupture de fond avec le macronisme», déclare Arthur Delaporte, député PS du Calvados
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il y a 3 mois
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00:00
Et Pierre Devineau, on vous retrouve cet après-midi jusqu'à 16h sur Europe 1.
00:04
Bonjour Géraldine, bonjour à tous, merci d'être fidèle à Europe 1 pour évoquer ce moment de l'histoire politique importante.
00:11
Sébastien Lecornu devient, avec son court règne à Matignon, avec 27 jours, il sera resté moins d'un mois.
00:19
C'est le bail le plus court de la Vème République, on va en parler bien sûr, de cette démission,
00:25
de ce bail record, j'allais dire, pour Sébastien Lecornu, et surtout de ce qui va se passer maintenant.
00:30
Parce que les dés sont jetés, les cartes sont utilisées, la métaphore que vous voulez,
00:34
mais en tout cas, on parle de la France, et donc de nous, et donc de la nation française,
00:40
et non plus de parti, je fais référence bien sûr, au mot de Sébastien Lecornu,
00:44
qu'on va entendre dans un moment, autour de la table, les journalistes politiques les plus affûtés de la place de Paris.
00:50
Voici Maïlène Trémolet, faites pas l'amour, acceptez les compliments.
00:54
Maïlène Trémolet, du service politique d'Europe 1.
00:56
Bonjour Maïlène, bonjour Raphaël Starville, directeur adjoint de la rédaction du...
01:00
JDD, bonsoir Sébastien Ligné, chef du service politique de Valeurs Actuelles.
01:05
Avant de rejoindre Arthur Delaporte, qui trépigne et qui patiente,
01:08
et qui va nous donner son opinion dans un instant,
01:12
je voudrais qu'on écoute le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu,
01:16
qui explique dans son dernier message qu'il suffit de peu pour éviter une crise politique.
01:21
La composition du gouvernement au sein du socle commun n'a pas été fluide,
01:27
et a donné lieu au réveil de quelques appétits partisans,
01:30
parfois non sans lien, c'est d'ailleurs très légitime, avec la future élection présidentielle.
01:36
Je le dis, ou je le redis,
01:39
si ce moment est le moment le plus parlementaire de la Vème République,
01:45
en aucun cas, il faut revoir vivre ici les mauvais moments de la Vème République.
01:51
Et que donc, par définition, la construction d'un gouvernement
01:53
se fait en fonction de la Constitution,
01:56
sur proposition du Premier ministre,
01:58
nommé par le Président de la République.
02:01
Voilà donc, Sébastien Lecornu, démissionnaire,
02:05
ancien Premier ministre, on peut dire maintenant,
02:07
et qui gère, j'imagine, les affaires que rendent.
02:09
Bonjour, Arthur Delaporte, merci d'être avec nous en direct sur Europe 1.
02:13
Vous êtes député du Calvados et porte-parole du Parti Socialiste.
02:16
Est-ce que vous nous entendez, Arthur Delaporte ?
02:18
Je vous entends.
02:19
Quels sont vos premiers mots suite à cette démission, j'allais dire, express ?
02:23
C'était la suite logique, on va dire, d'une trahison de son propre camp,
02:28
avec un Bruno Retailleau, l'UDI et toutes les autres micro-composantes
02:32
de cet attelage baroque qui l'ont lâché les unes après les autres dans la nuit
02:36
parce que, peut-être, elle n'avait pas eu le quart de bout de pouvoir
02:40
de ce qu'elle souhaitait, alors même qu'il l'exerçait,
02:42
pour parler de Bruno Retailleau, depuis un an, la même chose.
02:45
Donc voilà, moi je considère que c'est des arguments
02:48
qui n'avaient pas lieu d'être, qui ont entraîné la chute de ce gouvernement.
02:51
On aurait pu avoir des arguments plus politiques, plus sur le fond,
02:54
mais malheureusement, voilà, on s'en est resté à des querelles de chapelle.
02:58
Suite logique, est-ce que vous, à votre échelle, vous comptez faire quelque chose ?
03:03
J'ai vu que Jean-Luc Mélenchon appelait à une grande réunion
03:06
de tous les partis de gauche, est-ce que vous allez y participer ?
03:09
Alors nous, on ne répond pas comme ça aux injonctions de Jean-Luc Mélenchon,
03:12
qui plus est, vu la manière dont il s'est comporté avec nous depuis...
03:15
C'est une invitation plus qu'une injonction, non ?
03:17
Oui, oui, bien sûr, mais nous, on préfère d'abord discuter avec ceux
03:21
avec lesquels on est en train aujourd'hui de construire une alternative,
03:24
notamment dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027, voire avant,
03:28
c'est-à-dire les Verts, le Parti communiste, Place publique, Génération, bref,
03:31
tous les partis de gauche, et les anciens insoumis, évidemment,
03:34
qui souhaitent passer à autre chose, et qui souhaitent aujourd'hui,
03:38
et qu'on disait déjà il y a un mois, potentiellement gouverner,
03:41
si le président de la République se rend compte que le macronisme
03:43
ne peut pas se survivre à lui-même.
03:45
Nous y voilà. Sébastien Ligné, de Valeurs Actuelles.
03:47
Oui, j'ai une question assez simple.
03:48
Il y a un nom qui revient depuis ce matin, en cas de non-dissolution,
03:53
c'est celui de Bernard Cazeneuve, homme de gauche, s'il en est un.
03:56
Si Bernard Cazeneuve venait d'être nommé Premier ministre,
03:59
est-ce que le Parti Socialiste et vos partenaires
04:02
seraient prêts à discuter avec lui
04:04
pour former un gouvernement de gauche avec certains macronistes ?
04:08
Ou est-ce que vous voulez un gouvernement de gauche,
04:10
géré par des hommes de gauche, pour la gauche ?
04:13
Ce qu'il faut, c'est une alternance dans la clarté.
04:15
Ça veut dire quoi, ça ne veut rien dire de l'accord ?
04:17
Si Bernard Cazeneuve vient défendre un programme de rupture,
04:19
moi c'est juste que je dis qu'il faut vous compter avec le macronisme sur le fond.
04:22
Donc, que ce soit Bernard Cazeneuve ou n'importe qui d'autre,
04:25
je dirais oui, d'autant que ça ne sera pas la même chose,
04:28
ça sera différent et surtout ça sera une politique
04:29
qui conviendra mieux aux aspirations des Françaises et des Français.
04:32
Mais Bernard Cazeneuve, il est dans le socle commun, non ?
04:34
Vous ne diriez pas ça ?
04:36
Moi, je dirais que Bernard Cazeneuve,
04:37
s'il accepte de défendre une politique qui n'est pas celle du macronisme,
04:40
non, il ne sera pas dans le socle commun.
04:42
Oui, c'est bien de le préciser parce que...
04:44
Par contre, il ne faut pas un gouvernement de grande confusion.
04:45
Voilà, je le dis.
04:47
Oui, mais que souhaitez-vous réellement et dans l'ordre ?
04:51
Tenter votre chance en participant avec un gouvernement et un programme clair ?
04:55
Ça, ça, ça, c'est pas un chamboule-tout non plus, on n'est pas au manège là.
04:57
Ou une dissolution, justement, qui permettrait une plus grande clarification
05:01
au sein de l'Assemblée nationale ?
05:03
Non, je ne pense pas que la dissolution clarifie grand-chose
05:05
et donc ça vous permet d'indiquer ma préférence personnelle.
05:09
Mais de toute façon, celui qui décide en définitive, c'est le président de la République.
05:12
C'est lui qui a les clés potentielles de ce chaos dans lequel il nous a entraînés.
05:16
Donc, moi, je pense, oui, en effet, qu'une alternative avec un gouvernement de gauche
05:21
est ce qui permettrait d'atteindre la stabilité dans la justice.
05:25
Pour autant, est-ce que c'est ce que souhaite le président de la République
05:27
ou est-ce qu'ils continuent de considérer que seuls des macronistes pourront donner un chemin à la France ?
05:33
Mais dans ce cas-là, ils connaîtront le même destin que ses prédécesseurs,
05:36
que François Bayrou, que Michel Barnier ou encore que Sébastien Lecornu.
05:40
Donc, non, voilà, moi, je suis plutôt partisan de cette alternative-là.
05:44
Après, je suis assez raisonnable.
05:46
Donc, c'est peut-être pas la plus probable puisque le président de la République ne s'y est jamais résolu.
05:51
Et peut-être qu'il faudra envisager une dissolution et dans ce cas-là, ils seront prêts.
05:55
Le président n'est pas tenu, selon la Constitution, à nommer immédiatement un Premier ministre.
06:03
Si cette situation devait durer, quelle serait votre position ?
06:08
Il y a besoin de changer de gouvernement.
06:11
On ne peut pas garder indéfiniment un ministre des missionnaires, surtout quand il s'agit de construire un...
06:14
La Constitution ne le dit pas ?
06:16
Oui, mais vous savez très bien que les ministres des missionnaires ne peuvent pas,
06:19
et c'est ce que disent toutes les jurisprudences, faire ce qu'ils souhaitent.
06:23
Ils doivent assurer la continuité de l'État, mais ils ne peuvent pas proposer.
06:27
Or, là, on a quand même besoin d'un État qui agit, vu la situation internationale,
06:31
vu les risques sur les marchés financiers, on a besoin d'un cap.
06:35
Et donc, pour trouver ce cap, ça ne peut pas être Sébastien Lecornu ad vitam aeternam.
06:39
Sinon, ça poserait des vrais problèmes, et démocratiques, et politiques,
06:42
puisqu'il n'aurait pas une capacité large d'action,
06:44
ne pouvant faire passer aucun texte de loi à l'Assemblée nationale.
06:47
Vous avez raison de dire que la situation financière est complexe.
06:50
BNP Paribas, Davis, moins 4,5%, la Société Générale, 5,85%,
06:54
le Crédit Agricole, 4,25%, ce sont les grandes banques françaises
06:57
qui pâtissent de cette instabilité politique.
06:58
Merci beaucoup, Arthur Delaporte, d'avoir été avec nous en direct
07:02
pour ces premières réactions.
07:05
Donc, on a compris, pas de, comment dirais-je, d'acceptation,
07:09
de l'invitation, slash, de l'injonction de Jean-Luc Mélenchon
07:13
à réfléchir sur un grand pôle de gauche.
07:16
Maintenant, je vous sommets, alors vous allez avoir un peu moins de deux heures
07:19
pour, c'est pas comme au bac, pour plancher là-dessus,
07:21
mais regardez bien, on nous propose, et on va l'entendre tout à l'heure,
07:26
Mme Le Pen, par exemple, qui demande soit la démission,
07:28
même si elle n'y croit pas, d'Emmanuel Macron,
07:30
soit une dissolution qu'elle pense inéluctable.
07:33
Soit la troisième solution, ça serait un Premier ministre,
07:37
on l'a dit, de gauche, et le nom de Bernard Cazeneuve
07:39
commence à être, j'allais dire, plus stabilo-bossé que les autres,
07:42
mais, souvenez-vous, en 2017,
07:45
Emmanuel Macron veut tuer le clivage gauche-droite.
07:48
Il réussit plus ou moins, et d'ailleurs plutôt bien,
07:51
à dynamiter la gauche, mais il reste la droite.
07:54
Et la droite, ces derniers mois, a pris beaucoup d'ampleur,
07:56
notamment avec Bruno Retailleau.
07:57
Est-ce qu'aujourd'hui, on ne serait pas dans un scénario machiavélique,
08:01
puisque le Président nous a habitués à beaucoup de choses,
08:05
comme quoi Bruno Le Maire aurait servi, j'allais dire,
08:08
de stratège, pour justement savonner la planche de Bruno Retailleau,
08:14
qui ensuite dit, ah ben non, mais s'il y a Le Maire, je ne viens pas,
08:16
et puis je n'aime pas la méthode, puisque je viens de passer une heure et demie
08:19
avec le Premier ministre, il ne m'a pas parlé de Bruno Le Maire.
08:22
Résultat des courses, Sébastien Lecornu démissionne.
08:26
Tout ça, j'entends bien, en complicité avec le Président de la République.
08:32
Et le Président de la République, qu'est-ce qu'il fait ?
08:33
Il dit, ah ben vous voyez, la seule décision, la seule possibilité que j'ai,
08:37
c'est de mettre un Premier ministre de gauche.
08:39
Et là, on a...
08:39
Dans ce cas-là, pourquoi il ne l'a pas fait tout de suite ?
08:41
Ah ouais, mais alors là, regardez, est-ce qu'on a suffisamment,
08:44
est-ce qu'on a suffisamment de députés pour censurer un Premier ministre de gauche ?
08:48
C'est ça la question.
08:49
Parce que le RN va y aller, les LR vont y aller très bien, peut-être,
08:55
les, comment dirais-je, le socle commun, ça commence à se compliquer,
08:58
est-ce que vous allez avoir les IDI, les centristes, qui vont tous y aller comme un seul homme
09:02
pour censurer un Bernard Cazeneuve ?
09:04
Non, bien sûr.
09:05
Est-ce qu'on va arriver à une majorité qui pourrait censurer un Premier ministre de gauche ?
09:10
Voilà.
09:10
Je ne sais pas, c'est sorti de ma tête malade,
09:13
c'est vous aussi parce qu'on mange de la politique 24h sur 24.
09:17
J'entends le plan machiavélique, mais j'ai peur qu'en réalité,
09:20
la nomination de Bruno Le Maire ne réponde pas à un plan machiavélique,
09:23
mais simplement à l'incompétence crasse de ce gouvernement.
09:26
Évidemment, hélas, j'aimerais au fond que vous ayez raison.
09:29
Vous voyez les choses par le bas, vous ne croyez pas au plan de Machiavélique.
09:31
Et qu'il y a un grand plan sur 5 ans préparé par Emmanuel Macron,
09:35
mais je ne pense pas, je pense que le choix de Bruno Le Maire répond simplement
09:39
à une déconnexion totale, c'est-à-dire qu'ils ne se sont pas rendus compte
09:43
une seule seconde de l'impact qu'aurait la nomination de Bruno Le Maire
09:47
sur l'opinion publique, et c'est ça le plus dramatique.
09:49
Ils ne comprennent plus les Français.
09:51
De toute façon, on a l'occasion d'en parler, on est là jusqu'à 16h, n'est-ce pas Géraldine ?
09:54
Exactement, avec Pierre Devineau, nous revenons bien sûr sur la démission
09:58
du Premier ministre Sébastien Lecornu.
10:01
Excellente après-midi, il est 14h13 sur Europe 1.
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