- il y a 10 mois
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00:0018h19h sur CNews et Europe 1, Punchline, Laurence Ferrari.
00:07Pratiquement 40, on est en direct sur CNews et sur Europe 1, toujours avec Eric Nolot,
00:11Catherine Neloui de Ragnel, on a le plaisir d'accueillir Michel Monfray, bonsoir Michel.
00:14Bonsoir Laurence.
00:15Ravi de vous retrouver un soir, pour notre émission traditionnelle du samedi 13h.
00:20On va évoquer votre livre, Déambulation dans les ruines, aux éditions Albin Michel,
00:24et puis on va parler de l'actualité, évidemment l'actualité c'est ce qui s'est passé aujourd'hui,
00:28en ce jour de Kippour, le grand pardon pour les juifs, cet attentat devant une synagogue à Manchester,
00:35deux personnes ont été tuées, trois grillements blessés par un terroriste
00:38qui s'en est pris à eux avec une voiture bélier, puis coup de couteau,
00:42il a été tué par les policiers anglais, et alors évidemment il y a eu un concert de condamnation,
00:49le premier ministre Karsar-Nomer britannique s'est dit horrifié, Emmanuel Macron condamne aussi.
00:53il y a une résurgence de l'antisémitisme évidente qui se manifeste tous les jours dans notre pays
00:59depuis le 7 octobre dernier, 2020.
01:03Oui, moi je ne dirais pas résurgence, c'est là depuis très longtemps,
01:06avec notamment des intellectuels, j'ai fait un livre qui s'appelle L'autre collaboration,
01:10où j'ai découvert des choses effrayantes, chez Sartre, chez Beauvoir,
01:13chez Foucault, chez Deleuze, chez Jean Genet, chez Nancy, chez Badiou aujourd'hui,
01:17qui est toujours vivant, avec un antisémitisme qui s'est exposé dans les grandes maisons d'édition,
01:23avec des philosophes importants, ça commence même avec Alain, le philosophe,
01:27en passant par Ricoeur, dont on ne parle pas beaucoup sur ce terrain-là,
01:30qui a été pétiniste pendant la totalité de la guerre, alors qu'il a dit qu'il ne l'avait pas été,
01:34juste un peu, qu'il s'est trompé, etc.
01:36Et qui, quand on a commencé à parler de loi mémorielle, dans les années 90, du siècle dernier,
01:40a commencé par dire que le Front National, ça commençait à bien faire,
01:43avec leurs, les juifs, pardon, avec leur monopole de la mémoire, ça commençait à bien faire.
01:47Le temps, le récit, l'histoire, des textes de Ricoeur à cette époque-là.
01:50Donc c'est toujours là.
01:51Ça a toujours été là.
01:52C'est toujours là.
01:52Vous savez, la fin de la peste, il y a dix lignes, où Camus dit,
01:57mais le bacille, il est toujours là, dans les vieux draps, dans des papiers, dans des meubles,
02:01prêt à repartir.
02:02Donc, ce n'est pas le retour, ça continue, mais il y a une espèce de possibilité,
02:07aujourd'hui, c'est ce que dit Jean Kélévitch, d'être antisémite de manière démocratique,
02:10il suffit juste d'être antisioniste.
02:11Donc, ça continue.
02:13Et puis, je rappelle quand même que tout ça est à mettre en perspective avec Daesh,
02:16dont on dit depuis très longtemps qu'il n'existe plus, mais Daesh existe toujours.
02:19Ça nous a fait savoir qu'on ne disait pas Daesh, que ce n'était pas un État islamique.
02:22Alors, pas d'État, pas islamique, comme ça.
02:25Hollande nous disait Daesh, et quand il nous disait Daesh, il fallait éviter de dire État islamique.
02:30Il y a un État islamique qui nous a dit, faisons le djihad avec les couteaux, avec les voitures,
02:34avec les camions, avec les pierres, etc.
02:36On y est.
02:37C'est-à-dire, on a l'impression qu'il y a une espèce de réduction, mais pas du tout.
02:40C'est la guerre qui nous est menée par le djihadisme international,
02:44avec le silence, la complicité, la bénédiction d'un certain nombre d'individus.
02:48Et puis, les mains frottées de la France insoumise, du parti socialiste qui court derrière,
02:54et puis d'une partie des centristes qui court derrière les socialistes,
02:57qui court derrière la France insoumise.
02:59Et tout ça dit, c'est pas bien, il ne faut pas que ça continue, c'est tellement terrible.
03:03On a des nounours, on a des bougies, et puis des poèmes,
03:07et puis vous n'aurez pas notre haine, et ça continue.
03:09C'est une guerre qu'on nous mène, à laquelle nous ne répondons pas.
03:12Emmanuel Macron s'est exprimé, il a condamné cet attentat, évidemment, antisémite.
03:16Il a aussi demandé que les Français, à bord de la flottie pour Gaza, soient protégés.
03:19Alors, vous savez qu'il y a un certain nombre de bateaux à frêter,
03:23peut-être une vingtaine, sont en train d'être interceptés par l'armée israélienne,
03:26ils sont dans les eaux territoriales israéliennes,
03:28il y a parmi eux des personnalités comme Greta Thunberg.
03:31Vous vous étonnez qu'ils demandent, c'est normal, en même temps,
03:34que la protection des Français soit assurée ?
03:36Non, c'est une façon de dire que la police tue,
03:38y compris quand c'est la police de Thal, la police israélienne,
03:41que l'armée tue, et qu'il faut se protéger de cette armée qui tue, évidemment.
03:45Je rappelle que ces gens-là ne craignent rien de l'armée israélienne,
03:49ils risquent juste d'être mis sur un bateau,
03:50ils risquent juste d'avoir un plateau au repas, un show,
03:53avec la possibilité de donner un coup de fil à leur famille.
03:56Donc, on ne risque pas grand-chose, quand on est intercepté par les Israéliens,
03:59que ce soit la police ou que ce soit l'armée,
04:01ceux qui tuent, ce sont ceux qui sont dans les bateaux,
04:04et qui justifient du moins qu'on tue, ce sont ceux qui sont dans les bateaux.
04:06Donc, cette façon qu'a le Président de la République de dire
04:09« Attention, tenez-vous bien la police, tenez-vous bien l'armée »,
04:14c'est une façon toujours de faire la leçon à Israël, tout le temps, en permanence.
04:18Il ne fait pas la leçon au Hamas,
04:20il ne fait pas la leçon aux Palestiniens intégristes,
04:22il ne fait pas la leçon aux gens qui ont permettra le 7 octobre,
04:26jamais et jamais, mais en revanche, Israël fait trop ceci,
04:29Israël fait trop cela, Israël ne fait pas assez ceci,
04:31la police d'Israël est dangereuse, l'armée d'Israël est toxique,
04:34elle risquerait d'en finir avec Rima Hassan, dans quel pays vit-on ?
04:39Catherine, vous vous êtes penchée sur l'interview qu'a donnée Elisabeth Badinter,
04:44avec Richard Malka, nos confrères du Point,
04:47elle évoque l'antisémitisme, évidemment,
04:50elle dit que ça a rendu son époux, Robert Badinter, horrifié,
04:54et qu'il a été horrifié par son atelier monté dans le ciel.
04:56Oui, oui, elle dit même qu'après le 7 octobre,
04:58il a commencé à décliner et qu'il disait des phrases
05:02dans ses derniers moments, il va falloir qu'on parte,
05:05enfin, il a surtout découvert que ce qu'il croyait définitivement enterré,
05:09lui qui avait vécu dans toute sa vie le malheur d'être séparé d'un père
05:13qui avait été arrêté à Lyon et gazé en Pologne,
05:18que c'était quelque chose qui, voilà,
05:21qu'il y avait peut-être, comme le dit très bien M. Onfray,
05:24qu'il y avait plus qu'un résidu culturel,
05:28mais lui, il pensait que c'était fini,
05:32et là, il voyait que ça recommençait.
05:34Et je me dis, que dirait-il aujourd'hui ?
05:35Parce que ce qui se passe en France,
05:37maintenant, c'est des mouvements dans toute l'Europe,
05:39ce qui arrive à Manchester,
05:40et c'est que ça a fait repartir cet engouement pour la Palestine,
05:46la création d'un État dont on ne sait pas exactement où sera.
05:49C'est, je dirais, qu'Israël a perdu la bataille de la communication.
05:54Michel Enfray ?
05:55Oui, il y a une espèce de panthéonisation avant l'heure de Robert Badinter,
05:59tout ça est fort sympathique,
06:00mais je veux dire que moi, je me souviens du Bétard,
06:02qui fort heureusement disait à François Mitterrand
06:04qu'il avait été défenseur de la mille pétiniste,
06:09vichiste, maréchaliste, qu'il avait eu la francisque,
06:11qu'il avait même, moi j'ai écrit un livre sur un portrait Mitterrand et De Gaulle,
06:17et j'ai découvert que Mitterrand a écrit pendant la guerre en 1943
06:20que la milice n'est pas assez agressive.
06:22C'est ce Mitterrand-là que les garçons du Bétard à l'époque,
06:27je ne sais pas s'ils l'insultaient, mais enfin du moins,
06:29et on a eu un Badinter qui était vociférant contre ces garçons-là,
06:32en disant « vous me faites honte ».
06:33Exactement.
06:34Donc il y avait deux Badinter, il y en avait un.
06:36Oui, mais parce qu'il disait que ce n'était pas le lieu et pas le moment.
06:38Et c'est jamais le lieu, c'est jamais le moment.
06:39C'était un moment sacré, un lieu important.
06:42C'est un moment sacré quand effectivement les juifs ne veulent pas
06:44qu'un président de la République qui a eu la francisque,
06:47qui a été vichiste, qui a défendu la milice,
06:49puisse prendre la parole parce qu'il n'est pas légitime,
06:51ça me paraissait normal.
06:52Et peut-être que le minimum aurait été le silence de Robert Badinter
06:55et pas du tout le fait qu'il ait suivi l'homme à la francisque.
06:58Oui, il y a aussi ce moment où...
07:01J'ai perdu les...
07:03Où il a été pas très...
07:05J'ai oublié.
07:06Non, surbousqué, surbousqué aussi.
07:09Je veux dire, là aussi,
07:10alors sa femme dit qu'il a écrit une lettre au président Mitterrand
07:13pour lui dire ce qu'il pensait, mais il ne l'a pas publiée.
07:15Le dernier Mitterrand, le dernier déjeuner,
07:17quand il quitte l'Elysée et qu'il sait qu'il quitte l'Elysée,
07:20le dernier déjeuner, c'est quand même éminemment symbolique,
07:21il le passe avec Jean Dormeson,
07:23il savait comme ça qu'on allait parler dans Paris,
07:24en nous parlant du formidable lobby juif,
07:27François Mitterrand.
07:28C'est-à-dire jusqu'à la fin.
07:29Jusqu'à la fin.
07:30Dernier jour.
07:30Voilà, jusqu'au dernier jour.
07:31Et dans le lieu symbolique qui était l'Elysée,
07:33en disant, le dernier repas,
07:35je vais encore balancer cette information-là.
07:37Donc, je pense qu'on ne peut pas dire,
07:38ah, l'antisémitisme revient,
07:39quand on y a un peu contribué.
07:41Parce que quand les jeunes juifs,
07:43à l'époque, faisaient savoir
07:44qu'effectivement, il y avait cet antisémitisme-là,
07:46et qu'il n'était pas résiduel,
07:48eh bien, il y avait une espèce de grand silence
07:50et de la colère de Robert Badinter.
07:51Donc, bon.
07:52Éric Nelot.
07:52Mais comment vous expliquez
07:53l'affaiblissement des anticorps
07:55contre l'antisémitisme ?
07:56Parce que vous avez quand même un parti,
07:58et bien, nommons-le, la France Insoumise,
07:59qui en fait un ressort obsessionnel,
08:01un ressort de discours et d'actes.
08:04Et puis, vous avez quand même des slogans
08:05comme la Palestine de la rivière à la mer,
08:07qui est l'équivalent de mort aux juifs.
08:09La Palestine de la rivière à la mer,
08:10ça veut dire,
08:11Israël doit cesser d'exister,
08:12et les juifs qui peuplent Israël
08:14doivent cesser d'exister.
08:15Et il y a eu une époque
08:16où ça aurait quand même,
08:17enfin, suscité une levée de boucliers,
08:20des protestations.
08:20Là, c'est très bon, hein ?
08:21Oui, parce qu'on est à une époque d'inculture.
08:23Une époque d'inculture.
08:24Quand on a Mathilde Panot elle-même,
08:27ils s'en viennent dire
08:27quand la question lui est posée par un journaliste,
08:29est-ce que c'est à l'est ou à l'ouest du Jourdain ?
08:31Une question quand même extrêmement simple.
08:33Je ne pense pas que ce soit une question piège.
08:35Et qu'il dit, je ne comprends pas votre question.
08:36Moi, je comprends qu'elle ne comprenne pas
08:37parce qu'elle dit, je ne sais pas répondre.
08:39Comment est-ce que je vais répondre à cette question ?
08:40Et puis elle tourne autour du pot.
08:42Et puis elle dit, mais ce n'est pas la question,
08:43ce n'est pas le problème.
08:43Bien sûr que si, c'est un problème.
08:44Si on veut un État palestinien, il est où ?
08:46S'il est à l'est du Jourdain,
08:47ce n'est évidemment pas en Israël.
08:49S'il est à l'ouest, c'est Israël.
08:50Ça veut dire qu'Israël, vous avez raison de le rappeler,
08:52est disparu de la carte
08:55et que, pour le coup,
08:55les Palestiniens ont la totalité de la maîtrise
08:57de cette terre-là.
09:00L'inculture, elle est enseignée, l'inculture, maintenant.
09:03Et dans les collèges, et dans les lycées.
09:05Quand on a des profs extrêmement militants
09:06qui viennent nous expliquer,
09:07non pas l'histoire, mais l'idéologie.
09:09Donc moi, je vois bien dans la rue
09:10les personnes qui m'agressent
09:11et les personnes qui me disent des choses sympathiques.
09:13C'est une question de génération.
09:15Les gens qui ont appris à lire, à écrire, à compter, à penser
09:17sont des gens qui savent ce qu'est le réel,
09:19connaissent l'histoire,
09:20et ils sont capables de savoir ce qu'est la Palestine,
09:22ce qu'est Israël, ce qu'est le Jourdain,
09:24l'Est et l'Ouest du Jourdain.
09:25Ce qui se joue dans cette aventure,
09:27les gamins qui n'ont connu que l'école 68 Ard,
09:30je dirais, à qui on a dit,
09:31pas d'histoire, pas de chronologie,
09:34des mises en perspective,
09:36mais pas du tout des problématisations.
09:38Évidemment, ces gens-là,
09:39ils ont l'impression que c'est le drapeau de la haine de l'Occident.
09:42C'est ça, essentiellement, le drapeau de la haine de l'Occident
09:43pour ces gens-là, pour ces gamins.
09:45Si vous leur demandez ce que signifient les couleurs,
09:47ils sont incapables.
09:49Les Omeyades, les Abbasides, ils sont incapables.
09:51Ce qui définit, par exemple, un califat,
09:53ils ne savent pas.
09:54Ceux qui étaient à l'Andalus,
09:55quelle est l'époque d'Al-Andalus ?
09:56Ils ne savent pas.
09:58Cordoue qui nous est présenté,
09:59ou Averroès,
10:00Averroès qui est présenté aujourd'hui
10:02comme le parangon du musulman des Lumières.
10:05Mais il dit à un moment donné,
10:06il dit très précisément à Averroès
10:09qu'il faut tuer les hérétiques.
10:11Voilà des gens qu'on nous présente aujourd'hui
10:12comme des parangons de lumière
10:14parce qu'il y a une inculture,
10:15parce que les gens sont incultes.
10:16Et qu'ils écoutent Mélenchon,
10:18ils regardent les réseaux sociaux,
10:20et puis ils ont trois bouts de phrase
10:21et ça leur suffit pour penser,
10:23pour croire qu'ils pensent.
10:24Merci.
10:25Merci.
10:26Merci.
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