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  • il y a 5 mois
Le 1er décembre 2017, l’émission L’Heure des Pros sur CNews s’interroge sur la place de Johnny Hallyday dans les médias et dans la société. Les intervenants débattent autour d’une question centrale : faut-il laisser l’artiste vivre en paix face à la surexposition médiatique ? Une séquence qui reflète l’ampleur du phénomène Johnny, quelques jours seulement avant son décès.

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Transcription
00:00Choquant, déplacé, malséant, de gaieté, voire de chassé, comme cela depuis des semaines,
00:07celui qui occupe une place particulière dans nos vies, au risque d'apparaître comme des messagers mortifères.
00:14C'est une question et on peut se la poser.
00:18Alors évidemment c'est Johnny Hallyday et je voulais vraiment que vous la posez en toute...
00:21Comment dire ? Il ne s'agit pas de donner des leçons, ni de juger nos confrères, ni quoi que ce soit,
00:25mais d'avoir simplement cette réflexion.
00:27Moi j'ai été très choqué ce week-end de voir effectivement Eddie Mitchell sortir d'un hôpital
00:32et vous avez des journalistes qui sont là.
00:34Même les journalistes, on les met dans une position très compliquée
00:37parce qu'effectivement Eddie Mitchell il ne va pas répondre, c'est son pote, il n'a rien à dire.
00:40Donc voilà qu'on laisse Johnny tranquille.
00:42Non mais on avait l'impression qu'il était à la dernière heure, que c'était la fin.
00:47Je veux dire c'est ça qui est très très choquant, de deux choses l'une où il est très très malade.
00:52Non mais il est malade, c'est incontestable, on sait bien qu'il est malade.
00:55Toute l'agitation autour, on croyait qu'il allait mourir dans l'heure suivante, c'est ça qui est un peu indécent.
01:01Je comprends très bien le travail de la presse.
01:04Bien sûr, mais est-ce que les directeurs de rédaction pourraient dire Johnny, allez, on arrête.
01:07Voilà, on arrête, on ne fait plus une couverture, on ne parle plus, on ne parle plus de Johnny Hallyday.
01:14Mais aujourd'hui, on le laisse vivre sa maladie.
01:16Et s'il lui veut communiquer, en revanche, il communique.
01:19S'il a quelque chose à nous dire, il communique.
01:21Mais arrêtons de l'épier.
01:22Je vois tous les journalistes devant Marne la coquette.
01:24Mais enfin, il y a quelque chose de dérangeant.
01:27Vous avez parfaitement raison de vous indigner.
01:31C'est un débordement auquel on assiste qui n'existait pas il y a 20 ans encore.
01:35La vie privée, l'atteinte à la vie privée est condamnée en France.
01:38La maladie, la vie privée, c'est la maladie, c'est le mariage, l'amour.
01:44Ce sont des zones qui ne devraient pas être visitées comme elles le sont par les journalistes.
01:47Et là, des journalistes qui épient, effectivement, c'est mortifère.
01:50Qu'est-ce que ça apporte aux téléspectateurs d'attendre chaque heure des mauvaises nouvelles ?
01:54C'est malsain, c'est malsain.
01:56Et je répète, ce n'est pas agréable d'être un journaliste qui parle du travail de ses confrères.
02:01Je dis vraiment qu'il n'y a aucune intention de donner des leçons là-dedans, Jacques, ce qu'elle a vraiment fait.
02:06C'est l'info qui se mord la queue.
02:09Avec ce besoin du scoop à tout prix, etc., qui est absolument ridicule,
02:13et qui perd la notion sacrée du respect, du respect de l'ordre, du respect de leurs auditeurs, de leurs téléspectateurs,
02:22qui vont se détourner des téléspectateurs.
02:23Je pense que les gens nous en veulent dans ces cas-là, parce qu'ils donnent une image de la presse qui n'est pas une image.
02:27Il y a quelque chose qu'il faut oser dire ici sur ce plateau, c'est aussi encouragé par les chaînes infos.
02:33Il faut bien le dire.
02:33Mais bien sûr !
02:34C'est paradoxal à dire, mais...
02:38C'est pourquoi d'ailleurs, il n'y a aucun débat tabou ici.
02:40Aucun débat tabou.
02:41C'est un débat qu'on pourrait avoir d'ailleurs dans la conférence de rédaction.
02:43Je trouve ça indécent s'il n'y a pas, si je puis dire, une aggravation médicale, chirurgicale...
02:48Là où je rejoins, moi, totalement, Jean Descartes, c'est-à-dire, qu'est-ce que l'information ?
02:52À partir de quand ce qu'on dit, et ce que nous, journalistes, professons, est une information ?
02:57D'essayer comme ça, d'avoir par des tiers des mini-témoignages ou des refus de témoignages,
03:03ce n'est pas de l'information.
03:04Si tout d'un coup, on nous dit, oui, ça y est, on est au dernier moment, les médecins le communiquent,
03:08ou la famille le communique, là, ça devient de l'information.
03:10Mais c'est vrai qu'on est dans un flot continu, permanent,
03:14avec cette espèce de concurrence des réseaux sociaux qui met la presse sous pression.
03:18Et pour arriver à ce qu'on cesse d'avoir cette attitude totalement voyeuriste,
03:23il faudrait mettre tout le monde d'accord.
03:24Et c'est l'éternel problème.
03:26C'est-à-dire, comment on met tout le monde d'accord et être sûr que personne ne casse cet accord ?
03:30C'est une décision à chaque fois de chaque...
03:32Qu'est-ce qu'a demandé la famille s'ils ont demandé quelque chose ?
03:36Alors, il y a aussi ça, la famille ne s'exprime pas, à mon avis, suffisamment.
03:39Elle devrait prendre la parole pour dire, écoutez, ça suffit, laisser...
03:41Je pense que Laetitia devrait faire un appel.
03:44Elle pourrait le dire.
03:47Protéger Johnny.
03:48Laisse-le tranquille pour le moment.
03:51Il est souffrant, malade.
03:53Et d'abord, on lui souhaite, évidemment...
03:55Exactement.
03:56On l'étouffe une seconde fois.
03:58La presse l'étouffe une seconde fois.
03:59Il a une maladie respiratoire très grave.
04:01Et la presse l'étouffe.
04:02Autre sujet.
04:02Il lui met un hydrodon sur le visage.
04:05Autre sujet avant de parler des 70 ans de la reine d'Angleterre.
04:0870 ans de son mariage.
04:10Bien évidemment.
04:10Elle a 91 ans.
04:13Juste parce que ça aussi, on est dans une société...
04:16Si on disait ce qu'on vient de dire avant, pendant la publicité, on est dans une société de fous.
04:21On ne va plus pouvoir représenter la cigarette au cinéma.
04:24C'est bien ça ?
04:25C'est ce qui a été décidé ces heures dernières ?
04:28La semaine dernière ?
04:29Sophie Obadiah, vous que vous avez dit ?
04:30Alors, moi, honnêtement, je ne sais pas où cela a été décidé.
04:33En tout cas, je partage les mots qui est le vôtre.
04:36Et celui d'Elisabeth Lévy ?
04:38Et celui d'Elisabeth Lévy ?
04:39Je vous réponds.
04:40Elle a raison.
04:40Le ministre de la Santé a déclaré vouloir une action ferme sur la présence du tabac dans les films français.
04:45C'est le prochain plan national de réduction du tabagisme.
04:48Pour lutter contre le tabagisme en France, le gouvernement compte porter d'ici 2020 à 10 euros, d'ailleurs, le paquet de cigarettes.
04:54Donc, c'est le ministre de la Santé.
04:55Que deviendra les films français sans la cigarette ?
04:57En 2012, la Ligue contre le cancer avait mené une étude sur 180 films français à succès.
05:02Et selon l'étude, 80% d'entre eux comportaient au moins une présentation.
05:05Mais donc, est-ce qu'il y a une volonté politique de les supprimer, donc ?
05:08Oui ?
05:08Ah ben oui, le ministre de la Santé a déclaré vouloir une action ferme sur la présence du tabagisme.
05:11Bon, c'est très grave pour les scénaristes.
05:12Ça, il faut en finir avec cette pilibonderie de merde.
05:16Qu'est-ce que c'est que ce pays ?
05:18Qu'est-ce que c'était la France ?
05:19Non, ce qui est très grave, c'est pour les scénaristes.
05:21Lorsqu'ils sont en panne, la cigarette qu'on allume, ça fait une petite séquence.
05:25On a terminé, Jacques Seguéla.
05:26En plus, c'est totalement imbécile.
05:29On va supprimer cent ans de cinéma ?
05:32Nos gosses ne pourront plus voir les grands succès du cinéma, les grands films des années 45, de toute façon.
05:37Bogart, Malinétrich.
05:38Bogart, Malinétrich.
05:38Mais c'est ridicule.
05:40C'est imbécile.
05:42On ne peut pas être gouverné par des gens pareils.
05:44Enfin, voyons.
05:46C'est vous qui le dites.
05:47Alors, on va reprendre tous les films et on va supprimer les plans.
05:50On va mettre un petit écran noir chaque fois qu'il y aura une cigarette qui va s'allumer.
05:53Non, mais elles sont déjà remplacées par les téléphones portables.
05:58Et en plus, ce sera aussi inutile que l'augmentation du prix du tabac, qui est une atteinte sociale irrémédiable.
06:05Ce qu'il faut, c'est interdire une bonne fois pour toutes le tabac.
06:09Il faut arriver à trouver un tabac sain.
06:11Je sais que Philippe Maurice est en train de travailler là-dessus.
06:13Il faut donner tous les moyens pour supprimer.
06:15L'État est proxénète dans cette affaire.
06:17Il y a quand même 5 millions de morts par an dans le monde.
06:20100 000 Français qui meurent chaque année.
06:22C'est là où nous nous rejoignons, M. Séguéla.
06:24Je donne la parole à celui que vous découvrez peut-être ce matin qui est avec nous.
06:28C'est Joachim Sonforget.
06:29Vous êtes un jeune député de La République En Marche.
06:31Vous représentez les Français de l'étranger.
06:32Vous êtes aussi médecin et radiologue.
06:34Est-ce que tu fumes ?
06:36Mais non, il ne fume pas, il est jeune, il ne fume pas.
06:38Il ne va pas répondre.
06:39C'est là où nous nous rejoignons, M. Séguéla.
06:40Il y a des millions de morts tous les ans en France à cause du tabac.
06:45Et donc, on a fait ce PLFSS qui comprenait le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
06:52Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, ces deux grands pans, sont la prévention et l'innovation.
06:58Et donc, dans la prévention, il y a la lutte contre la consommation de tabac.
07:02Parce que, comme grand libéral, et je serai assez d'accord avec vous, en étant tenté de dire, mais qu'est-ce que c'est que cette censure, etc.
07:11Néanmoins, il faut voir qu'on a une surreprésentation de la consommation de tabac dans, aujourd'hui, l'audiovisuel, enfin visuel, le cinéma et la télévision française.
07:20Il n'y a pas que la France qui soit concernée par ce débat.
07:23C'est un débat qui a été présent aussi dans les milieux anglo-saxons.
07:25Il ne s'agit pas d'être dans la censure. Il s'agit d'être dans l'équilibre pour qu'on ne soit pas, je dirais, incitatif, aujourd'hui, pour les jeunes générations à consommer.
07:35Par contre, moi, comme personne amoureuse de la culture, je suis musicien, j'aime la culture, je vous comprends.
07:42Mais il faut tempérer ça.
07:43On sait aussi qu'il y a une surreprésentation, par exemple, positive de la consommation de cocaïne, par exemple,
07:49qui a pu induire des déconfortements, je dirais, embêtants, aujourd'hui, dans nos jeunes générations.
07:54Ça, il faut en avoir conscience également.
07:55Adélaïne de Clairement-Tenère.
07:56Donc, la réponse n'est pas blanche ou noire.
07:57Oui, il ne faut pas de réponse blanche ou noire.
08:00Je crois que les gens sont plus intelligents que ce qu'on veut bien dire.
08:03Pas forcément face à l'addiction.
08:05Pas forcément face à l'addiction.
08:07Je pense que... Oui, mais on ne peut pas généraliser.
08:09Je veux dire, toute la population française n'est pas addicte.
08:12Ce n'est pas vrai.
08:13Je crois qu'on est en train de créer une société de mineurs irresponsables,
08:16où, systématiquement, on a besoin de les traiter comme des enfants.
08:21Deuxième chose, je pense que c'est toujours une erreur grave de revisiter l'histoire,
08:26même si c'est l'histoire de la culture et du cinéma, du point de vue de notre époque.
08:30C'est la production à venir.
08:31Oui, oui, c'est la production à venir.
08:33Oui, mais aussi, c'est-à-dire que si on considère et si on disqualifie tout ce qui a été fait dans l'histoire du cinéma
08:38parce que c'est une représentation positive de la cigarette, c'est quand même terrible.
08:41Et puis, il faut un tout petit peu, là je parle en tant que romancière, de liberté créative.
08:45Il y a un moment où, quand même, je veux dire, je sais que l'art naît de contraintes et meurt de liberté,
08:51mais laissons-lui un tout petit peu d'espace d'expression.
08:54Et je trouve qu'on se dirige vers quelque chose d'éminemment répressif.
08:59Et a fortiori, la cigarette, je veux dire, oui, il faut lutter contre, c'est une évidence.
09:03Mais arrêtons de penser que des images ont toute puissance sur les gens.
09:06Les gens sont dotés d'esprits critiques.
09:08Oui, même chose pour la consommation d'alcool.
09:10Est-ce qu'il va falloir couper les séquences où on boit un goût, un verre de whisky, un verre de vin ?
09:15Je veux dire, ça devient ce côté hypocrite de purification sociale me paraît extrêmement dangereux.
09:24Et puis, on pourrait imaginer effectivement de retirer aussi le pistolet parce que ça peut donner des idées à des gens qui veulent tuer des gens.
09:30Je ne vois pas où on s'arrête, on peut prendre des voitures, on n'a pas le droit de rouler vite non plus en voiture, on enlève le film taxi parce qu'il fait des...
09:38Bon, voilà, on met le droit dans un engrenage et on...
09:41Et ça va devenir une vie très ennuyeuse.
09:45Alors, est-ce que la reine d'Angleterre fume ?
09:49Est-ce qu'elle fume ? Est-ce que Philippe fume ?
09:52Non, mais est-ce qu'elle...
09:53Alors, elle ne fume pas en public, ça rejoint finalement.
09:55Non, mais est-ce qu'elle fume la reine d'Angleterre ?
09:56On ne la voit pas, on ne la...
09:58On ne la voit pas, elle ne fume pas.
09:58Mais elle a quand même fumé, elle aime le tabac, elle a fumé ?
10:00Je crois qu'elle a fumé un peu, effectivement, mais elle n'a jamais fumé en public.
10:04Mais là, c'était une question d'éducation, d'image, donc peut-être effectivement ça rejoint un peu vos idées.
10:09Alors, vraiment, malheureusement, je crois que les gens ont en effet un esprit critique qui reste à développer.
10:14Je pense que dans l'éducation de nos enfants, c'est quelque chose qui m'a vraiment poussé.
10:17Ah oui, vous revenez à l'autre débat, là. J'avais fait une petite transition pour parler, habile pour parler de la reine d'Angleterre.
10:22Je me permets de dire quand même qu'il y a quelque chose que nous, on ne connaît pas bien encore,
10:25qui est très présent dans les milieux anglo-saxons, c'est ce qu'on appelle le nudge ou l'économie comportementale.
10:29C'est quelque chose qui est balbutiant ici.
10:31Il y a des façons, des stratégies d'influence, de commerciaux, de politiques publiques,
10:36qui permettent d'utiliser l'irrationalité des gens, leurs biais cognitifs, pour les influencer dans un comportement ou l'autre.
10:41Et la consommation de tabac en est une.
10:44Ça existe ?
10:45Je suis d'accord, mais là on parle de la...
10:47On va repartir sur la reine angleterre, mais c'était...
10:48C'est déjà fait.
10:49Est-ce qu'on pourrait revenir à l'actualité ?
10:51Merci en tout cas. Je crois que je dois vous libérer à 10h30 aujourd'hui.
10:55Donc je vous remercie.
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