00:00Et c'est l'heure de parler cinéma avec Olivier Benkemoun.
00:03Et alors ce matin, vous vouliez nous parler d'un documentaire qui sort mercredi en salle.
00:07Ça s'appelle Sacré-Cœur et Europe 1 en est partenaire.
00:10Sacré-Cœur comme ? Comme là ?
00:12La valise bien sûr du Sacré-Cœur, mais aussi comme la représentation que l'on fait du cœur de Jésus.
00:16Le culte du Sacré-Cœur a démarré au XVIIe siècle en Bourgogne, à Parélemonial,
00:21dans un couvent où une jeune religieuse a une vision dans laquelle Jésus lui montre son cœur en flamme.
00:25Et c'est le point de départ d'une adoration qui existe beaucoup à l'étranger.
00:29mais qui a plutôt disparu en France.
00:32Et c'est cette histoire que voulaient raconter les réalisateurs,
00:34qui s'appellent Sabrina et Steven Guinel,
00:36dans un documentaire qui mène des entretiens, il y a une quinzaine, et de la fiction.
00:41Par exemple, Jésus sur le Golgotha face à ce soldat romain qui plante sa lance dans le flamme de Jésus,
00:45qui sera le premier converti.
00:47Les visions de Marguerite Marie dans son couvent, etc.
00:49C'est rejoué avec des acteurs.
00:51Et tout ça dans un film évidemment très engagé et très inédit.
00:54Steven Guinel.
00:55Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes.
00:57On ne fait pas des films feel good en disant, voilà, on raconte une belle histoire,
01:01c'est sympa, on sort de là, du cinéma, c'est super.
01:03Non.
01:04On propose un acte de foi, on propose un acte d'amour.
01:08C'est une séquence méditative.
01:09C'est une séquence qui fait que, voilà, on regarde quelque chose.
01:12Et peut-être qu'en rentrant dans cette séance,
01:15on n'en sort pas tout à fait indemne.
01:16Ça, c'est le cœur.
01:19Le sacré cœur, bien sûr, t'as entendu.
01:20C'est un film engagé à sa manière.
01:22Mais oui, bien sûr, le film sort mercredi dans une combinaison d'environ 150 salles.
01:26Alors, c'est pas simple.
01:28Toutes les salles n'en volent pas.
01:29C'est-à-dire que moi, je trouve ça fou.
01:31Certains trouvent ça trop polémique.
01:33Et puis, les régies publicitaires d'affichage,
01:35beaucoup d'entre elles ont refusé l'affichage,
01:37de faire la promotion du film.
01:38Donc, pas d'affiches dans le métro, ni dans les gares.
01:40Oui, il y a une partie de boycott, il y a une partie de crainte.
01:43Il y a des cinémas qui refusent ce film parce qu'ils ont peur,
01:46parce qu'ils se disent que ça peut créer des troubles.
01:49À l'ordre public, Jésus, non.
01:51Voilà.
01:51L'Anon, 3, 4, 5, ils veulent bien.
01:53L'Exorciste, 5, 8, 12, ils veulent bien.
01:56Jésus, non.
01:57Et pareil, pour les campagnes d'affichage,
01:59on ne verra pas l'affiche du film dans le métro,
02:01dans les gares, dans les aéroports, les bus et autres, les abribus.
02:05Les compagnies d'affichage, il y en a carrément une qui nous a dit,
02:08on ne la nommera pas,
02:08on ne le fera pas parce que c'est trop prosélyte.
02:12Incroyable.
02:12Oui, Jésus fait peur.
02:13Jésus, pas politiquement correct dans les couloirs de la RATP et de la SNCF.
02:17C'est quand même un sujet qui, à mon avis, va faire polémique.
02:19Donc là, c'est Steven Gunel qu'on entendait
02:21et ça me dit quelque chose.
02:26Alias, 1997, t'es-tu ?
02:29La machinaïte aussi, Alias.
02:31Steven était l'un des quatre
02:32et puis après deux ans, deux ans et demi,
02:34tout s'est effondré.
02:34artistiquement, j'étais blackboulé,
02:37marqué au fer rouge sur le front,
02:39Boys Band,
02:40le théâtre, tout oublie,
02:41le cinéma, tout oublie,
02:42une carrière solo après, tout oublie,
02:46avec les dettes qui vont avec, évidemment,
02:48la solitude, l'angoisse
02:50et plus personne pour m'aider.
02:54Et c'est là qu'il y a eu un grand gouffre,
02:56l'exil en Angleterre pendant quelque temps,
03:00les idées suicidaires qui me traversent l'esprit
03:02parce qu'à force de souffrir
03:03et de ne pas voir d'issue,
03:04on se dit que ça ne sert à rien.
03:07Et une petite bouteille à la mer
03:09envoyée comme ça,
03:10un coup de téléphone in extremis
03:12à ma maman,
03:14à qui je dis je vais faire une bêtise
03:15et qui me dit mon fils, je t'aime,
03:17je te demande pardon.
03:18Rentre dans une chapelle
03:19avant de faire une bêtise.
03:21Et c'est là que tout a recommencé.
03:23Voilà, tout a recommencé.
03:25Vous savez pourquoi Steven fait des films
03:27sur la foi, sur Jésus, voilà.
03:29Il les fait avec son épouse
03:30et c'est leur neuvième film
03:31et le premier qui sort en salle
03:32et je trouvais que ce témoignage était important.
03:34Vous l'avez rencontré, Steven Gunnell,
03:35il va bien aujourd'hui.
03:36Il va très bien,
03:37mais il fait du cinéma,
03:38il se dit à chaque fois une nouvelle vie.
03:40Recommencement à chaque fois,
03:41c'est un petit combat de faire des films
03:43qui sont effectivement engagés
03:45pour ce en quoi il croit.
03:48C'est dingue le ravage des boys' band
03:49qui nous ont fait tant danser, etc.
03:51Aujourd'hui, très peu,
03:52c'en sortent indemnes de cette période boys' band.
03:54C'est compliqué pour eux, évidemment.
03:55Et en tout cas, il y a ce film,
03:56donc documentaire Sacré-Cœur
03:58qui est en salle mercredi
04:00grâce à Canal+,
04:00avec le soutien d'Europe 1.
04:02Merci, Olivier Benkemoun.
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