A chaque rentrée parlementaire, tous les postes clés de la Chambre basse sont remis en jeu. Ces postes ont une fonction particulièrement stratégique et sont donc particulièrement plébiscités.
00:00FM, la politique encore avec Loïc Besson, vous nous parlez ce matin Loïc, d'une autre bataille dont on ne parle pas, mais pour laquelle chacun s'active aux coulisses.
00:07Oui, ça va se passer la semaine prochaine à l'Assemblée, ça pourrait bouleverser l'équilibre justement à l'Assemblée nationale et peut-être même le destin du Premier ministre.
00:13Vous allez comprendre, c'est la règle, à chaque rentrée parlementaire, tous les postes clés à l'Assemblée sont remis en jeu, il y en a une vingtaine en tout.
00:19Ok, mais pourquoi c'est important ? Parce que ce sont ceux qui composent la direction collégiale du Palais Bourbon en quelque sorte, c'est stratégique,
00:26ne serait-ce que parce qu'ils ont par exemple le pouvoir d'invalider une proposition de destitution du Président de la République. Je dis ça, c'est juste un exemple.
00:35C'est notamment pour ça qu'il n'y aura pas de gouvernement avant la fin de la semaine prochaine Loïc ?
00:39Oui, d'abord parce que lorsqu'un député est nommé au gouvernement, il a bien un suppléant qui prend son siège, qui ne sert qu'à ça d'ailleurs, c'est sa seule utilité, mais pas avant un délai d'un mois.
00:47Et là, c'est comme dans Koh-Lanta, chaque voix compte et la voix c'est important, Damien, le temps que c'est serré, ça ne serait pas très malin de manquer à l'appel à ce moment-là.
00:53En plus, dans cette période potentiellement où tout député, ou presque, peut se voir proposer un ministère, ça les oblige tous à faire preuve d'un peu de loyauté.
01:01C'est un bon moyen de tenir ses troupes, c'est un bon conseil professionnel aussi.
01:05Alors c'est démenti officiellement, mais oui, Matignon se crue de ça, bien sûr, de très près, parce que disons que ça va être un crash test pour la suite.
01:11Je m'explique. Le Premier ministre considère que la bataille va jouer au Parlement et que les arbitrages seront pris, non pas par le gouvernement, mais par l'Assemblée nationale.
01:18Léant bon ministre des Armées, qu'il est toujours d'ailleurs, il sait que quand on va à la guerre, il faut être en bloc, c'est d'ailleurs ce qu'il s'attelle à faire, au moins une fois par semaine, verrouiller le socle commun.
01:26On ne peut pas se permettre de commencer la bataille par la même défaite que l'an dernier, me confier un soutien du Premier ministre.
01:32La suite serait franchement de mauvais augure, d'autant qu'on l'a déjà vécu.
01:35Il y a un an, chacun faisait des siennes dans le socle commun, entre Laurent Wauquiez et Gabriel Attal d'un côté.
01:39Des résultats, Michel Barnier, qui avait promis déjà lui aussi de laisser le Parlement travailler, il a vu son budget devenir la maison des horreurs, comme certains le qualifiaient à l'époque.
01:48Résultat, il avait dû passer en force, qui a fini par crisper tout le monde, 49-3, censure.
01:54Bref, la suite, on la connaît, tout ce qu'espérait Sébastien Lecornu.
01:58L'objectif étant pour lui d'accepter la copie budgétaire qui viendra du Parlement, ou en tout cas quelque chose qui pourrait y ressembler.
02:04Mais pour tout ça, ça nécessite un front uni.
02:05Et on devrait assister au grand retour du RN ?
02:07Oui, c'est très vraisemblable. Alors la gauche s'en offuse, il y a un certain malaise dans les rangs macronistes.
02:13Aujourd'hui, c'est Marine Le Pen qui a le plus gros groupe.
02:15La présidente de l'Assemblée nationale le dit clairement, il faut que chacun soit représenté en fonction de sa proportion.
02:20Le RN qui n'a aucun poste pour l'instant dans la direction collégiale.
02:23Alors mieux intégrer le RN, ne pas le boycotter, c'est aussi accepter de travailler avec, et donc aussi accepter de passer parfois des accords sur certains votes.
02:30Et disons que ça pourrait pas mal aider le Premier ministre.
02:33Prenons la taxe Zuckman, par exemple, que la gauche a réussi à mettre au cœur du débat.
02:36Et bien si le socle commun et le RN votent contre, c'est terminé, on n'en parle plus.
02:41Ça serait même pas un coup de force du Premier ministre, non, ça serait le Parlement.
02:44Alors oui, il peut y avoir des deals sur des points précis.
02:46Ça ne veut pas dire un deal de non-censure, bien sûr, mais disons que ça peut permettre d'y arriver à la fin.
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