00:00La taxe Zuckmann, un retour à l'ISF et même une suspension de la réforme des retraites, c'est ce qui s'appelle fermer des portes ?
00:07C'est ce qui s'appelle plutôt ouvrir aussi des perspectives, c'est-à-dire que le budget qui sera proposé à l'Assemblée, c'est le budget qui refuse toute forme de blocage.
00:14Vous citiez quelques exemples, par exemple la taxe Zuckmann, elle n'est pas écartée pour des raisons idéologiques, elle est écartée pour des raisons pragmatiques,
00:21c'est-à-dire que vous avez le Conseil d'analyse économique qui s'est prononcé sur la réalité de ce que pourrait rapporter fiscalement cette taxe-là
00:28et qui explique qu'en fait ce n'est pas 25 milliards comme certains voudraient nous le faire croire, c'est 5 milliards.
00:33Donc la fiscalité n'a aucun sens si elle est punitive, la fiscalité doit être équitable, qu'on lutte contre des phénomènes de suroptimisation,
00:40c'est parfaitement légitime et ça va dans le sens que les Français attendent, mais qu'on cherche à punir par la fiscalité.
00:45La punition, je le rappelle, c'est pour ceux qui fraudent, c'est pour ceux qui ne respectent pas la loi.
00:51Donc la fiscalité ne doit pas être punitive, la fiscalité doit avoir un objectif, c'est la recherche de l'intérêt général et de générer des recettes publiques
00:58pour justement pouvoir mener après des politiques que les Français ont l'occasion de choisir lors des élections.
01:03Donc ce n'est pas une idéologie de dire Zuckmann, on n'en veut pas, on ne veut pas de ci, on ne veut pas de ça, c'est juste du pragmatisme.
01:08Et ce mot-là, je pense que c'est celui qui caractérise la méthode de Sébastien Lecornu,
01:12et il serait temps, il faudrait que chacun aussi puisse en faire preuve.
01:16J'entendais dans les réactions que vous diffusiez des personnalités politiques qui nous disent
01:21« mais les Français ne veulent plus du macronisme ».
01:22Je rappelle juste la mathématique parlementaire.
01:25À l'Assemblée, vous avez trois blocs de taille égale.
01:27Et parmi ces trois blocs, il y a un bloc qui s'appelle le bloc central,
01:31qui justement est le bloc, on va dire, de soutien au président Emmanuel Macron.
01:35Donc la gauche n'a pas plus de députés que ce bloc-là.
01:37Donc de nous expliquer qu'eux sont légitimes et que nous ne le serions pas légitimes,
01:41c'est quand même assez problématique et c'est une forme d'aveuglement.
01:44Moi, il y a quelque chose que je n'ai pas compris en fait.
01:46J'avais cru comprendre que Sébastien Lecornu parlait d'une rupture par rapport à son prédécesseur,
01:50par rapport à François Bayrou.
01:51J'ai lu attentivement l'interview aux Parisiens.
01:53Honnêtement, je ne vois pas ce qui change. Elle est où la rupture, là ?
01:56La rupture, elle est dans une méthode qui est la méthode de la concertation
02:00et qui est plutôt, enfin, vous l'avez vu d'ailleurs, c'est sa première...
02:02Là, il s'est mis tout le monde à dos, manifestement.
02:04Vous avez eu les réactions.
02:05Oui, mais pour quelle raison ?
02:06Parce que justement, tout le monde, sauf Sébastien Lecornu, visiblement,
02:10est dans une optique du tout ou rien.
02:11C'est-à-dire, on veut tout notre programme ou rien du tout.
02:14Mais ce n'est pas la réalité, une fois de plus, de ce que les Français ont décidé
02:17par l'élection aux dernières législatives.
02:19Les Français ont donné, c'est leur responsabilité, c'est leur choix,
02:22il faut le respecter, on est en démocratie.
02:24Cette Assemblée-là, elle est parfaitement légitime.
02:26Je rappelle qu'il y a eu une participation massive et historique
02:28à ces élections législatives.
02:30Donc cette Assemblée-là, elle est parfaitement légitime, elle est démocratique.
02:33Chacun des 577 députés dispose de la même légitimité
02:38et incarne à son endroit une portion de la souveraineté nationale.
02:42Les députés ne sont pas des porte-parole de leur parti,
02:44ce sont les porte-parole des Français.
02:46Ce budget-là, ce ne sera pas le budget d'Emmanuel Macron,
02:48ce ne sera pas le budget de Sébastien Lecornu,
02:49ce sera le budget de la France.
02:51Et donc c'est aux parlementaires, c'est ce que rappelle le Premier ministre,
02:54c'est l'Assemblée qui décidera de ce budget.
02:56Justement pour ce budget, il y a une forme d'urgence.
02:59On est face à un chef de gouvernement
03:01qui pour le moment est sans gouvernement,
03:04un jour record sous la Ve République.
03:06En France, tout est paralysé,
03:08tout est en attente d'un gouvernement,
03:10de prise de décision, d'un budget.
03:12Et on a l'impression que le Premier ministre
03:14se dit qu'il a le temps.
03:16Mais personne n'a le temps.
03:16Alors, personnellement, mieux vaut,
03:19enfin je trouve, mieux vaut prendre effectivement le temps
03:21pour consulter l'ensemble des oppositions,
03:23les partenaires sociaux,
03:24parce que je rappelle que le Premier ministre
03:25consulte aussi les syndicats, les organisations patronales,
03:28plutôt que de nommer un gouvernement
03:29dans une forme de précipitation en se disant
03:30on n'a pas le temps,
03:31donc on va nommer tout de suite un gouvernement
03:33qui serait censuré dans quelques jours,
03:35dans quelques semaines.
03:36On a vu ces 18 derniers mois
03:38une valse des gouvernements
03:39qui coûte cher aussi,
03:41en termes de suivi des politiques publiques,
03:43en termes aussi d'incarnation d'une politique,
03:44parce que les Français ont besoin d'avoir,
03:47et je dis les Français de manière très générale,
03:48les entreprises, les investisseurs
03:49ont besoin aussi d'avoir une confiance,
03:51c'est-à-dire une forme de stabilité
03:53dans la prolongation des politiques publiques.
03:55Donc si c'est pour avoir un gouvernement
03:56qu'on nomme en 48 heures
03:57et finalement qui va sauter en deux semaines,
04:00ça n'a pas beaucoup d'intérêt.
04:01Mais Michel Barnier avait aussi pris son temps
04:02et son gouvernement a tenu trois mois.
04:04Donc ce n'est pas non plus un gage.
04:05Oui, je pense qu'il a fallu aussi,
04:06c'est malheureux,
04:07mais c'est le temps aussi de la politique,
04:08il a fallu aussi qu'un certain nombre,
04:10et j'espère que c'est le cas maintenant,
04:10qu'un certain nombre de parlementaires
04:12ait un peu infusé cette idée
04:14qu'ils n'ont pas de majorité,
04:15que personne n'a de majorité,
04:17et que pour voter,
04:17il va falloir qu'on s'entende.
04:19C'est tout le sens au titre du discours
04:20et de la méthode de Sébastien Lucornu,
04:22c'est-à-dire que le Parlement
04:23n'a jamais été aussi fort que maintenant.
04:25C'est au Parlement que ça se passe.
04:26Et il l'a dit d'ailleurs,
04:27en disant je suis un Premier ministre faible,
04:29ça ne veut pas dire que lui-même est faible,
04:31ça veut dire que le pouvoir,
04:32il est au Parlement.
04:33Mais si chacun des trois blocs,
04:34puisqu'on parlait des trois tiers
04:36de cette tripartition,
04:37estime que lui seul est légitime
04:39et lui seul a la science infuse,
04:41on n'avancera pas.
04:42Il va falloir qu'il se parle
04:42et qu'on trouve des compromis.
04:44C'est tout l'enjeu aussi de ce budget
04:45qu'il va falloir construire
04:46quand il parle d'une feuille blanche.
04:48C'est au Parlementaire
04:49de se mettre autour de la table.
04:50Et moi, j'invite nos parlementaires
04:51de Renaissance notamment
04:52à aller dans toutes les commissions,
04:54à défendre chacun de nos amendements
04:55dans l'hémicycle
04:56et de proposer un budget.
04:57Merci.
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