00:00Bonjour cher Paul, ravi de vous retrouver en direct sur Europe 1 pour Eliott de Vallée-Vous.
00:05Et c'est vrai qu'on accorde une large page à cette décision historique.
00:10Cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé, exécution provisoire pour Nicolas Sarkozy.
00:18C'est une décision en première instance.
00:20Trois des quatre chefs d'accusation ont pourtant été balayés par les trois juges qui ont pris cette décision.
00:27Et la question, elle va au-delà du personnage.
00:30Elle va sur la justice avec un grand J.
00:32Est-ce que la justice en ressort grandit de cette affaire, Paul ?
00:36Non, la justice elle est compromise.
00:39Il y a une dérive complète au sein de la justice aujourd'hui.
00:43Moi je suis sur Bordeaux, je mets quiconque au défi de nous dire au niveau de...
00:47On n'a que des socialistes, nous, la région, le département, la ville, autres.
00:51Bon, il y a des dérives, il y a des affaires politico-financières, jamais elles sortent.
00:54Les juges cachent le dossier ou bacquent les dossiers.
00:57Le procureur qui représente l'État fait le même.
01:01Donc on a un problème effectivement en France avec la justice.
01:05Elle n'est pas objectif.
01:07Elle n'est pas impartiale.
01:09Elle ne représente pas la République.
01:11Tout à l'heure, à juste titre, Philippe de Villiers expliquait que c'était la République des juges.
01:18Mais la République, ça ne doit pas être la République des juges.
01:21Je ne sais pas, enfin, monsieur le constitutionnaliste, vous savez aussi bien que moi qu'il y a une anomalie.
01:26Vous le mettez en avant.
01:28Il faudrait que les pendules soient remises à l'heure.
01:31Alors vous interpellez le jeune Christopher Roland qui est dans le studio d'Europe 1, constitutionnaliste et maître de conférences à l'université Paris-Nanterre.
01:40Il y a eu des grands procès.
01:41Il y a eu des grandes plaidoiries.
01:43Il y a eu des grands réquisitoires.
01:45Des procès qui ont marqué l'histoire.
01:47Vous sortez du procès, vous dites, justice a été rendue.
01:51Justice avec un grand J.
01:52Là, ce qui est particulier avec cette décision en première instance, ce qui perturbe, ce qui choque, ce qui indigne certains, c'est ce sentiment d'injustice.
02:03C'est vraiment l'inversion, en fait.
02:05Alors, quand vous dites la justice est partielle ou n'est pas objective, la justice est de gauche, de généraliser peut être aussi problématique.
02:13Mais on peut entendre la parole de Paul.
02:16On peut entendre après des ministres de gauche, je pense tout de suite, d'ailleurs, celui qui vient de l'esprit, c'est Jérôme Cahuzac.
02:22Il n'a pas fait un jour de prison ?
02:23Pardonnez-moi, il n'a pas fait une heure en prison, M. Cahuzac.
02:30C'est l'aménagement parce que la peine était inférieure à deux ans, mais il y a eu Jean-Michel Boucheron.
02:34L'exemple Cahuzac qui est un exemple, pour le coup, c'est vraiment le contre-exemple qu'il ne faut pas donner si c'est pour parler d'une justice.
02:41Parce que moi, je pense que, pardonnez-moi, John Christopher Roland, je crois qu'en fait, ce n'est même pas tant une question de gauche ou de droite.
02:48C'est que le juge, ou certains juges, je ne vais pas dire tous les juges, certains se disent, vous allez vous mettre au pas.
02:55C'est nous qui décidons à la fin.
02:58C'est nous qui avons le pouvoir parce qu'en ce moment, vous faites n'importe quoi.
03:01Eh bien, moi, juge, je ne mets pas tous les juges, moi, juge, je sais ce qui peut se passer, ce qui peut être bon,
03:08au nom des droits de l'homme, au nom des libertés fondamentales, etc.
03:13Bravo.
03:14Pourquoi vous dites ça ? Bravo, Jean-Michel.
03:15Le juge, c'est exactement ça. C'est un pouvoir qui est grisant.
03:19D'ailleurs, il y a même eu un film, tout le monde s'en souvient, j'espère, Claude Chabrol,
03:23« L'ivresse du pouvoir », qui relatait l'action judiciaire que menait Vajoli en plein Paris,
03:28en interpellant Roland Dumas.
03:30C'est l'ivresse du pouvoir.
03:32Moi, quand j'étais jeune, j'étais jeune jeune, j'avais 30 ans, j'ai connu cette ivresse du pouvoir.
03:36Quand vous avez en face de vous un haut personnage de l'État, ça vous rend important.
03:41Vous comprenez ? Et il a raison.
03:43Et c'est moi qui ai raison, et c'est moi qui vais vous montrer qui a le pouvoir.
03:47C'est terrible, parce que là, vous êtes face à l'arbitraire le plus total.
03:50Paul, vous souhaitez réagir ?
03:52Oui, si je peux me permettre, effectivement.
03:54Il y a un problème d'idéologie chez les juges que l'on voit sur cette condamnation
03:58qui est extraordinairement dure, lourde et à un impact international.
04:04Il y a aussi chez certains journalistes, comme Jean-Michel Apathy.
04:09C'est vrai, vous mettiez en avant le tweet qu'il a fait.
04:12Je pense que Jean-Michel Apathy, il réagit à la peur.
04:15Il a peur parce que si vous regardez la réalité de Jean-Michel Apathy,
04:18bon, tout le monde sait qu'il est de gauche, il ne s'en cache pas d'être de gauche.
04:21Mais au-delà de ça, Jean-Michel Apathy, c'est un homme politique.
04:24Quand vous regardez que Jean-Michel Apathy est propriétaire, actionnaire majoritaire d'une société
04:28qui a comme nom commercial, politique-conseil, qui dans ses statuts est là pour conseiller les politiques.
04:36Ah bon ?
04:36Oui, tout à fait.
04:38Je n'avais pas cette info, Paul.
04:40Je vais vous le faire direct, je vais vous donner le numéro de sirène,
04:43vous pourrez vérifier aussi bien que moi.
04:45Non, ça ira, ça ira, mais bon.
04:47Ah mais 798-332-748...
04:49Non, non, mais attendez, Paul, c'est bon.
04:51Ah, c'est public, c'est public, c'est public.
04:53C'est public, c'est tout à fait, c'est public.
04:55Les auditeurs pourront vérifier.
04:56Alors, les auditeurs n'ont pas l'information.
04:59C'est des conseils en communication.
04:59Je ne parle pas du conseil, je parle du tweet.
05:02Non, mais je parle du tweet, je vais le lire, parce qu'il a fait un long message
05:05où justement, on ne peut pas le suspecter d'être un pro-sarkosiste, Jean-Michel Apathy,
05:11mais il est revenu en longueur sur cette décision de justice.
05:14Pardonnez-moi, ça prend quelque temps, mais c'est important de rappeler les éléments essentiels de son message.
05:18Il dit quoi ?
05:19L'enquête judiciaire a échoué à retrouver l'argent libyen.
05:22C'est un constat, pas une critique.
05:23L'enquête n'a pas établi que l'ancien président savait quoi, d'ailleurs.
05:28Aucune trace écrite, aucun enregistrement sonore, aucun témoignage sérieux.
05:32Les trois juges du tribunal correctionnel de Paris ont enjambé les difficultés d'une manière curieuse,
05:36qu'il faut expertiser.
05:37A propos des voyages en Libye de Brice Ortofeu et Claude Guéant,
05:40voyages curieux et fantaisistes, oui,
05:42les magistrats disent de l'ancien président,
05:44il ne pouvait ne pas savoir.
05:46Donc il savait ?
05:47Il savait quoi ?
05:48La justice ne le sait pas.
05:50Elle ne peut pas être rendue, il parle de la justice ainsi,
05:53sur l'affirmation que l'ignorance est impossible.
05:55Cela revient à enfermer quelqu'un par l'absurde,
05:57il y a un côté kafkaïen dans cette affaire,
05:59à le priver de sa liberté par un raisonnement,
06:02que rien ne corrobore, que personne ne valide.
06:05Cette décision porte en elle quelque chose d'effrayant.
06:08Et il conclut en disant
06:11« Je ne permets à personne ici d'insinuer que je ne peux pas ne pas savoir,
06:14parce que franchement je ne comprends pas comment des juges ont pu prendre,
06:18au nom du peuple français,
06:19une décision aussi aberrante, inquiétante et finalement injuste. »
06:23Moi je ne sonde pas les reins et les cœurs pour Jean-Michel Apatis,
06:26je ne sais pas s'il a peur ou pas peur.
06:28En tous les cas, factuellement, son message,
06:31il a été applaudi par des gens de gauche comme par des gens de droite, Thomas Bonnet.
06:34Justement, moi je signe le tweet de Jean-Michel Apatis,
06:37je n'enlève rien, je n'ajoute rien,
06:39je trouve le résumé parfait.
06:41Mais je veux juste interroger le succès de ce tweet,
06:43parce que vous le dites,
06:44il a été salué par des gens de gauche et des gens de droite.
06:46C'est comme s'il fallait, d'une certaine manière,
06:49se réfugier derrière quelqu'un dont on sait qu'il n'est pas un proche de Nicolas Sarkozy
06:53pour souligner l'absurdité de cette décision de justice.
06:55Je trouve ça dommage de devoir aller jusqu'à citer Jean-Michel Apatis,
07:00même si son tweet est très bien, il a très bien résumé l'affaire,
07:02mais on devrait pouvoir questionner cette décision de justice.
07:04Non, c'est Courage Fuyon, Thomas, ils ont tous peur.
07:05Justement, c'est ça que je veux interroger.
07:07Vous avez vu les réactions des gens de droite ?
07:08Le trouillomètre à zéro, ce n'est pas que du côté de la droite,
07:11ce n'est pas que du côté de la gauche, pardon.
07:12Moi, ce qui me choque le plus, c'est la famille Lair,
07:14qui publie des tweets de condoléances quasiment,
07:18en disant que c'est un ami, courage à sa famille,
07:20sans dire qu'au-delà de la personne, il y a un problème sur le fond.
07:24On doit sortir des logiques partisanes,
07:26on ne parle pas d'un homme politique, de droite, de gauche,
07:28on parle d'une décision de justice qui nous interroge
07:30et qui va peut-être créer un précédent qui est inquiétant.
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