00:00Oui, devant la condamnation de Nicolas Sarkozy, il y a une question.
00:03Les responsables politiques sont-ils capables de sortir de leur posture partisane ?
00:09La réponse, en ce qui concerne une bonne partie de la gauche, est non.
00:12J'ai vu hier une avalanche de tweets, tous plus immondes les uns que les autres,
00:17des élus de gauche qui n'ont pour seule réaction que le ricanement si caractéristique de leur part,
00:22un ricanement né de cette joie mauvaise, celle qu'on décrit Aristote, Nietzsche ou Schopenhauer,
00:27à défaut de tirer un plaisir de ses propres actions, certains se complaisent de l'accumulation du malheur de l'autre.
00:33C'est vieux comme le monde, mais en politique, cette joie mauvaise, c'est l'apanage de la gauche.
00:37Une gauche qui se compromet dans la bassesse et une absence de hauteur de vue.
00:41Que s'est-il passé depuis 30 ans ?
00:43Et cette matinée de 1995, à l'époque François Mitterrand préside son dernier conseil des ministres,
00:49il prononce cette phrase prophétique,
00:51« Méfiez-vous des juges, ils ont tué la monarchie, ils tueront la République ».
00:56Des années plus tard, les enfants politiques de Mitterrand jouent désormais les croques-morts
01:00pour accompagner le décès annoncé.
01:02Seule la gauche a réagi avec ce que vous appelez la joie mauvaise.
01:05Qu'est-ce que ça dit ?
01:06C'est vrai, les autres partis qui ont combattu Nicolas Sarkozy n'ont pas réagi de la même façon.
01:10C'est peu dire que le Rassemblement national a des raisons d'en vouloir à Nicolas Sarkozy.
01:14Et pourtant, Marine Le Pen a eu une réaction autrement plus intéressante
01:18que les montages pseudo-humoristiques de la gauche.
01:20Alors évidemment, on va me répondre que la réaction de Marine Le Pen est guidée par son propre destin judiciaire.
01:25Je crois plutôt qu'on est au cœur de la différence de rapport au monde qui régit la gauche et les autres.
01:30La gauche a compris depuis longtemps que ce qu'elle ne peut pas gagner dans les urnes,
01:33elle peut le gagner ailleurs.
01:34Et c'est pour ça qu'elle a remporté le combat culturel pendant des décennies.
01:38Mais à l'évidence, le magistère moral de la gauche est menacé par le réel,
01:42menacé aussi par une opinion qui se rend compte de la supercherie et des biais du récit médiatique.
01:47Dès lors, un vent de panique s'est levé et c'est le même vent qui souffle à la direction des médias publics,
01:53jusque dans les prétoirs des tribunaux.
01:55Vous estimez que la justice est politisée ?
01:58Je ne fais qu'observer, comme chacun d'entre vous, les faits judiciaires liés à la sphère politique.
02:02François Fillon, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy,
02:05force est de constater que le glaive de la justice penche à droite.
02:09Pire, l'échelle des peines pose beaucoup de questions.
02:11Donc comment expliquer que Nicolas Sarkozy soit condamné plus lourdement qu'un homme coupable d'avoir hébergé des terroristes,
02:17plus lourdement que ceux qui tabassent des policiers, plus lourdement que des violeurs ?
02:21C'est incompréhensible.
02:22La justice n'est pas laxiste ou sévère par nature.
02:25Elle oscille selon qui vous êtes et ce que vous représentez.
02:29Pour les jeunes délinquants, la culture de l'excuse est la règle.
02:32Pour les autres, elle est l'exception.
02:34La teinte politique des juges a été souvent démontrée.
02:37Mais plus qu'une appartenance partisane,
02:38je crois que la magistrature se rêve en défenseur d'un état de droit, d'un ordre établi.
02:43Elle se vit en garde-fou de ce qu'elle estime être des dérives politiques.
02:47Et soyons très clairs, ce sont les responsables politiques qui ont délaissé le pouvoir au profit de la justice.
02:52Alors, ceux qui aspirent aux plus hautes responsabilités dans le pays
02:55doivent désormais prendre la mesure du poids de l'autorité judiciaire.
02:59Parce que si nous n'avons toujours pas de gouvernement,
03:01le gouvernement des juges, lui, n'a jamais été censuré.
03:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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