00:00...
00:00Alors nous on est là aujourd'hui en soutien à Claire et à Mathilde, on fait partie du collectif Éclat de Femmes.
00:27Donc voilà, on travaille activement pour soutenir toutes les victimes d'agressions, spécialement aujourd'hui Claire et Mathilde pour le procès de l'agresseur qui a lieu en ce moment même et sur trois jours.
00:37Mais bien sûr, en fait, avec l'association Éclat de Femmes, on envoie aussi un message fort de soutien à toutes les victimes d'agressions.
00:44Du coup, le collectif Éclat de Femmes, il a été fondé par Claire Géronimie suite à son agression, donc du coup, il y a deux ans de cela.
00:51Elle a subi un parcours très compliqué à la suite de son agression, notamment à partir du moment où elle a dû déposer plainte, etc.
01:00Toutes les complications qui se sont suivies derrière jusqu'à aujourd'hui ce procès, les examens qu'elle a passés, etc.
01:06Et donc du coup, en fait, elle a fondé l'association pour qu'on aide toutes les victimes dans ce genre de situation à prendre, enfin, on les aide à prendre en charge tout ce qui est l'administratif, le psychologique, les avocats.
01:22Tout le processus, en fait, du dépôt de plainte au procès qui aujourd'hui est très compliqué et très lourd pour une victime à assumer seule.
01:28L'association, elle est là pour les aider, relayer et leur donner le plus d'informations possibles de la voie à suivre.
01:34Alors nous, on propose essentiellement déjà une première écoute pour les victimes, on accueille leurs témoignages, etc.
01:40Des victimes qui ne sont pas toujours soutenues, qui ne savent pas forcément vers qui se tourner.
01:45Alors évidemment, on a aussi des aides au niveau psychologique et juridique.
01:50Nous, on a des psychologues et des avocats qui travaillent avec nous, qui peuvent accompagner les victimes un peu partout en France.
01:58Donc voilà, on propose notre aide au niveau, effectivement, psychologique et juridique avec les personnes qui sont bénévoles de l'association.
02:07Alors aujourd'hui, l'association, officiellement, donc on a trois personnes qui travaillent à plein temps dans l'association.
02:13Et il y a une soixantaine de bénévoles au sein de l'association et des professionnels en plus, qui sont autour d'une dizaine de professionnels en plus.
02:24Au total, en nombre d'adhérents, au total, ça va faire quasiment une centaine de personnes.
02:30Alors vous pouvez nous retrouver du coup sur les réseaux sociaux.
02:32On communique beaucoup sur Instagram, notamment, arrobaseéclatdefemmes.
02:36Vous avez également les agences locales, enfin voilà, les postes locaux d'éclatdefemmes dont on a du coup à Nantes, à Nice et puis à Reims.
02:46Du coup, la référence de Reims qui est avec nous aujourd'hui.
02:50Vous pouvez également les retrouver sur les réseaux sociaux de la même façon.
02:53On est présents sur tous les réseaux sociaux, TikTok, Instagram, YouTube, X, etc., arrobaseéclatdefemmes.
02:59Honnêtement, c'est un début d'audience extrêmement compliqué parce qu'on est face à un homme d'un mètre 80, 80 kilos, qui n'a visiblement aucun regret.
03:08On est face à quelqu'un qui n'a aucune empathie.
03:11D'ailleurs, c'est totalement ce que la police a remarqué, ce que le contrôle psychologique qui a eu derrière a remarqué.
03:17Aucune empathie pour les victimes.
03:19On est face à quelqu'un qui a été condamné 12 fois, 12 fois, et qui a notamment été aussi l'objet de violences sexuelles dans le cadre des condamnations qu'il a eues.
03:29C'est-à-dire que quand il a été arrêté pour les deux viols de ces deux jeunes femmes, il a été placé en détention.
03:34Et dans le cadre de sa détention, il a agressé sexuellement une pénitentiaire qui s'occupait de le contrôler.
03:42Il a voulu se masturber sur elle et il a même expliqué, dans le cadre de son audition suite à cet acte, qu'il ne regrettait rien et que s'il pouvait le refaire, il le referait.
03:54De la même manière, il a expliqué s'être masturbé sur une directrice pendant qu'elle était à la télé.
04:00Il lui a expliqué ça ensuite dans les coureurs quand il est passé.
04:03On est face à quelqu'un qui est totalement soumis à ses pulsions, qui est dirigé par ses pulsions, mais qui derrière ne regrette rien.
04:09Il a eu un comportement outrancier durant toute l'audience, où il a insulté l'avocat de la victime, de Claire Géronimie,
04:16où il a pris à partie également son propre avocat, et où il a osé dire en présence des deux victimes qui étaient là,
04:25et sous la pression, visiblement il ne supportait pas la pression des questions qui lui étaient posées,
04:30il a fini par répondre, vous savez, parfois par amour on s'exprime mal.
04:33Est-ce que vous vous rendez compte de la violence vis-à-vis des victimes qui étaient là, de dire ce genre de phrase ?
04:39Et d'ailleurs Claire Géronimie a dû quitter à ce moment-là le procès, parce que je pense que psychologiquement c'était juste trop pour elle.
04:47Et c'est grave de se dire qu'aujourd'hui on est face à ce genre de situation finalement.
04:52On est face à un homme qui, dès son enfance, a commencé à commettre des actes de violence,
04:58et arrivé en avion par son oncle qui habitait en France, il est arrivé de manière illégale,
05:02il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance rapidement, placé en foyer,
05:07il a été auteur d'attouchement, en tout cas accusé d'attouchement sur une jeune fille de la famille où il avait été placé par la suite,
05:15donc il est retourné en foyer, il serait tombé dans le cannabis,
05:18et il justifie d'ailleurs ses actions actuelles en disant que c'est parce qu'il est tombé dans la partie obscure de la force,
05:25et que c'est ce qui le mène aujourd'hui à violer des femmes dans la rue.
05:28C'est pour soutenir la victime, c'est pour soutenir Claire, soutenir Mathilde,
05:31parce que c'est juste hallucinant de voir ce genre de situation, mais c'est aussi énormément de colère.
05:36Moi quand je vois le parcours de ce jeune homme qui depuis 2012 est condamné,
05:41il est en prison là depuis 2023, ça fait depuis 2012 qu'il a eu 12 condamnations, une par an,
05:47et si vous voulez même plus qu'une par an, et si vous voulez aujourd'hui,
05:51il y avait mille moyens de protéger Claire Géronimi, à mille moments il aurait pu être expulsé,
05:57ça n'a visiblement pas été fait, et force est de constater que ces jeunes hommes-là arrivent sur notre sol,
06:02on ne sait pas dans quelle mesure ils n'ont pas un passé également dans leur pays d'origine,
06:07et aujourd'hui on est les cobayes d'une politique migratoire qui n'est pas maîtrisée.
06:12Une colère très juste, mais aussi une colère qui est fortement augmentée par le comportement de cet homme
06:17dans le cadre, et aussi toutes les chances qu'on lui a données.
06:20Et il y a une phrase qui m'a choquée là aussi, il dit, oui j'ai l'impression qu'on ne m'a pas donné ma chance dans ce pays.
06:26Il a eu toutes les chances, on lui a tout offert quand il est arrivé en France,
06:29l'éducation, un foyer, une autre famille, de pouvoir se nourrir,
06:33une éducation qu'il n'aurait peut-être pas eu dans sa famille centrafricaine,
06:37et non, et malgré ça, il se comporte d'une manière extrêmement violente,
06:41il était connu pour être un grand bagarreur, pourquoi cet homme n'a pas été renvoyé,
06:45pourquoi on en est avec des femmes violées aujourd'hui dans leur old immeuble, je ne comprends pas.
06:47Oui, je pense, parce que de toute façon, pour ces faits de bagarre,
06:51quand il était mineur, il a pris quelques mois de sursis qu'il n'a jamais fait,
06:54quand plus tard il a commencé à être violent, il a eu des peines de travaux d'intérêt généraux,
07:01mais il n'a jamais été renvoyé en fait, et d'ailleurs, il le dit très bien,
07:05pendant l'audience il l'a dit, quand on lui a demandé pourquoi n'êtes-vous pas rentré chez vous
07:08quand vous aviez été frappé d'opi d'ef, il a dit, pourquoi faire ?
07:11Je me suis habituée à la France, pourquoi je rentrerais ?
07:13C'est-à-dire qu'à aucun moment, ce jeune homme, on le a mis au pied de l'autre en disant,
07:16maintenant, plus rentre, je ne suis même pas sûre qu'il ait fait un séjour en centre de rétention administratif,
07:21voilà, donc c'est ça la situation de la France aujourd'hui, on est avec des femmes qui ont été victimes,
07:25et honnêtement, je ne vais pas vous expliquer, on a eu le détail des agressions qu'on subit clair,
07:29et Mathilde, c'est inhumain, voilà, et il ne regrette rien.
07:34Le gouvernement est responsable, évidemment,
07:37aujourd'hui, depuis 2012, il y a un million de QTF qui ne sont pas appliqués,
07:41on se retrouve à financer par nous-mêmes l'aide juridictionnelle,
07:46qui va prendre en charge les frais des migrants qui font des recours sur des OQTF pour pouvoir rester sur le pays,
07:52on va nous aussi financer par des subventions qui sont allouées à la CIMED,
07:58qui sont allouées au secours catholique,
08:01et ça, c'est notre argent qui parle là-dedans, c'est le gouvernement qui décide de mettre ça là-dedans.
08:04De la même manière, le gouvernement est responsable,
08:07puisque Emmanuel Macron, rappelez-vous, s'était engagé à 100% d'application des OQTF,
08:12même dans une dictature, ça n'existe pas,
08:14mais Emmanuel Macron pensait que c'était possible,
08:15et bien non, ce n'est pas possible, on est à 7%,
08:17même Emmanuel Valls, en 2012, faisait mieux, il était à 22%.
08:20Il y a plusieurs choses, d'abord, avoir une véritable diplomatie,
08:23et que les pays d'où viennent ces jeunes hommes-là,
08:26et s'il n'y a pas de diplomatie possible, appliquer des sanctions,
08:28évidemment, ça suffit, la majorité des OQTF nous viennent d'Algérie,
08:32on va voir qu'on règle notre problème avec l'Algérie,
08:33il y a une autre chose à faire aussi,
08:36c'est que, par exemple, en cas de personnes qui sont violentes,
08:40normalement, ils sont censés être envoyés à la frontière par le policier,
08:42à 60% des cas, ce n'est jamais fait,
08:45ces jeunes hommes sont lâchés totalement dans la nature,
08:47ils ne pointent pas,
08:49tout est très payé avec des hôtels,
08:52ils sont pris en charge quand ils sortent des centres de rétention administratif,
08:55il y a la loi Marlex, qui était une très bonne loi,
08:56qui permettait justement qu'ils puissent rester plus longtemps au centre de rétention administratif,
09:00mais visiblement, ça n'est pas délu,
09:02puisque le conseil constitutionnel a sanctionné leur Marlex.
09:07Je suis présente aujourd'hui pour le procès de l'agresseur de Claire et Mathilde,
09:11l'agression qui a lieu il y a deux ans,
09:13et aujourd'hui, le procès a lieu sur trois jours,
09:16elle verra dix soir, vendredi.
09:18Moi, je ne suis pas témoin de scène,
09:20je suis témoin pour Claire,
09:22parce que je la connais depuis quelques années,
09:24un peu plus de dix ans,
09:25enfin, un petit peu moins de dix ans plutôt,
09:25et je travaille avec elle au quotidien,
09:28donc je peux témoigner de l'avant, de l'après,
09:31et de l'impact qu'il y a une agression sur une femme.
09:33C'est toujours très violent,
09:34je pense que c'est une banalité à dire,
09:36mais qui est une réalité,
09:37c'est que c'est très violent,
09:38et on ne se rend même pas compte de ce que la personne vit.
09:40Il y a tout ce qui est à côté,
09:41il y a les personnes qui ne vont pas comprendre,
09:43il y a les dommages collatéraux de la famille,
09:44les amis,
09:45et c'est un changement radical,
09:48c'est un changement de vie.
09:48Claire a dû tout arrêter du jour au lendemain.
09:51Nous, avec l'association,
09:52on sait qu'une femme sur trois vient un burn-out,
09:54après une agression sexuelle.
09:55Ça, c'est important de s'en rendre compte.
09:57Elle était ce qu'elle veut montrer à tout le monde,
09:59c'est une femme forte,
09:59parce qu'elle a décidé d'en faire un engagement.
10:02Elle s'engage pour les femmes qui ont vécu ça,
10:04et qui sont restées en silence,
10:05et elle s'engage pour les femmes qui risquent de le vivre,
10:07parce que malheureusement, c'est une réalité.
10:09Et moi, les premiers mots que Claire m'a dit,
10:11c'est ce que j'ai vécu,
10:11je ne veux pas qu'on le vive ensuite.
10:13Je ne veux pas qu'on connaisse la solitude que j'ai eue après.
10:15Je pense que je ne suis pas la personne
10:18qui en a le plus souffert,
10:19parce que je ne suis pas ses parents.
10:21Je ne suis pas...
10:23Je pense que le plus dur qui a été pour les parents
10:25est la famille très très proche.
10:26Je pense qu'en tant qu'amis, on doit être là.
10:28On se doit d'être là, et on est là.
10:29On sera encore là.
10:31Mais c'est un rôle qui est totalement différent.
10:33Nous, on a un rôle de soutien,
10:35et la famille encaisse.
10:36L'OQTF est un fait.
10:39Après, tous les agresseurs ne sont pas des hommes sous OQTF.
10:42Et c'est triste à dire,
10:43mais les OQTF ne sont qu'un pourcentage.
10:45Donc, le gouvernement est responsable ou est non ?
10:48Aujourd'hui, c'est un homme sous OQTF.
10:50Demain, ça sera un citoyen français,
10:52et ça ne changera rien.
10:53La chose est la même.
10:55Le traumatisme est le même.
10:55La victime sera la même.
10:57Ça, c'est un sujet encore autre.
10:59Nous, avec l'association,
11:00on ne préfère pas parler de ce type de sujet.
11:02Aujourd'hui, on ne fait pas de tri dans les victimes.
11:03Que ce soit une personne qui a été agressée
11:05par un homme sous OQTF ou pas,
11:07on ne fait pas de tri dans les victimes.
11:08Donc, je ne vous cache pas que nous,
11:10on ne s'exprime pas sur ce genre de sujet.
11:11Un OQTF est un OQTF,
11:13et une victime reste une victime.
11:14Nous, ce qui nous importe,
11:15c'est les victimes, leur suivi,
11:16et ce qui se passe après.
11:18Qu'il soit juste,
11:19mais on n'en doute pas vraiment,
11:20parce que les faits sont là.
11:22L'agresseur est quand même reconnu,
11:24et il n'a pas l'air d'essayer
11:25de se défendre plus que ça.
11:26Donc, je pense que la justice sera faite,
11:28et on a totalement confiance dans notre pays.
11:30Et nous, ce qui nous importe,
11:31c'est surtout l'impact que ça va avoir derrière.
11:33Se dire que les victimes
11:35qu'on va accompagner ensuite
11:36auront conscience
11:36qu'une justice peut être faite.
11:39Complètement.
11:40Il y a deux femmes.
11:42Du même homme.
11:44Il n'y a pas de...
11:45Je pense qu'il n'y a pas de bonnes agresseurs,
11:47il n'y a pas de bonnes victimes.
11:48Elles se sont retrouvées au mauvais endroit,
11:49au mauvais moment, malheureusement.
11:50Il est passé par là,
11:51et ça aurait pu être une, trois.
11:53Ça reste des victimes.
11:54C'est compliqué de vous dire
11:55si c'est normal ou pas normal.
11:57C'est passé comme ça, c'est passé.
11:58On ne peut pas faire autrement.
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