00:00Emmanuel Lechypre, vous venez d'entendre, Frédéric Souillot, il va voir le Premier ministre,
00:05il a une liste de revendications longues comme le bras, pas sûr que le Premier ministre s'apprête à céder sur tout.
00:10Ça s'annonce quand même assez compliqué, ces discussions.
00:13Elle est où la marge de manœuvre de Sébastien Lecornu aujourd'hui ?
00:16Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a des mesures qui sont des symboles politiques importants
00:21et qui n'auraient pas un coût très important pour l'économie française,
00:24et donc que Sébastien Lecornu pourrait accepter.
00:27Et si on prend par exemple la taxation des plus riches,
00:30on voit bien que la solution qui se profile, c'est surtout une hausse de la flat tax sur les revenus du capital.
00:35Emmanuel Macron l'avait baissé à 30%, il peut la remonter.
00:38Pourquoi pas une petite contribution type impôt sur la fortune ?
00:41Ou pourquoi pas aussi le maintien de la fameuse contribution différentielle sur les hauts revenus ?
00:45Ça c'est jouable, et les patrons, tant qu'on ne touche pas à l'outil de production,
00:48comme le faisait la taxe Zucman, c'est possible qu'ils acceptent.
00:51Après, sur les autres concessions, pas de nouvelle réforme de l'assurance chômage.
00:55Mais la réalité, c'est qu'il y en a déjà eu trois des réformes de l'assurance chômage depuis 2017,
00:59et que l'essentiel du boulot a été fait.
01:01C'est vrai que le système français était particulièrement généreux,
01:04on a beaucoup raboté, la nouvelle réforme, là franchement, il n'y a pas grand chose à gagner.
01:08L'année blanche, pour les retraités modestes, c'est difficilement envisageable de ne pas le faire,
01:14même si on maintient le principe de l'année blanche.
01:15Il faut épargner les retraités les plus modèles.
01:17Les deux jours fériés, franchement, c'était la mesure la plus stupide du budget Bérou,
01:21puisque ça faisait travailler davantage ceux qui ont déjà un boulot,
01:24alors que le défi pour l'économie française, c'est de faire travailler davantage de gens.
01:29Les aides aux entreprises, alors on entend tout et n'importe quoi,
01:32211 milliards, c'est mélangé des torchons et des serviettes.
01:35Les vrais chiffres, on est plutôt proche de 80 milliards,
01:39et il faut quand même se rappeler que, même si vous prenez en compte ces aides,
01:42la France est quand même un des pays qui ponctionne le plus les entreprises.
01:44Après, il n'a pas peur sur le contrôle des entreprises.
01:47En revanche, vous avez fait une chronique sur les milliards qu'on pourrait gagner
01:51en luttant contre les gaspillages.
01:52Mais bien évidemment, notamment du côté du crédit impôt recherche,
01:55honnêtement, sur ces aides aux entreprises, là encore,
01:57il y a quelques milliards à gratter assez facilement.
02:02Donc, il y a quand même...
02:04La vraie ligne rouge, ça va être cette histoire des retraites, bien évidemment.
02:07C'est-à-dire que le gouvernement ne reviendra pas, sans doute, sur les 64 ans.
02:11En revanche, il y a des mesures qui avaient été proposées pendant le conclave
02:14qui sont en suspens aujourd'hui et qui pourraient tout à fait revenir sur la table.
02:19On parle des mesures qui étaient favorables aux femmes, notamment.
02:22On parle des avancées sur la pénibilité qu'on n'arrive pas à faire encore aujourd'hui.
02:28Mais pourquoi pas ?
02:29Donc, franchement, il y a des marges pour contenter quand même un peu les syndicats
02:34sans trop pénaliser l'économie.
02:36Mais peut-être pas tous.
02:36Contenter la CDT et diviser l'inter-syndical,
02:40il faudra que tout le monde fasse des concessions aussi.
02:41Merci, Emmanuel.
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