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  • il y a 4 mois

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00:00On va évoquer évidemment ce drame dans cette école, dans ce collège du Barin,
00:03cette professeure de musique qui a 66 ans, et on pense à elle ce soir,
00:07qui a été blessée à coup de couteau, au visage et au cou,
00:11par un jeune de 14 ans dont on va voir évidemment qu'il avait un parcours chaotique,
00:15un parcours personnel chaotique.
00:17Il est lui-même dans un état grave parce qu'il s'est poignardé
00:19avant l'arrivée des policiers et des secours.
00:23La procureure de Strasbourg a tenu une conférence de presse.
00:26On écoute le profil psychologique de ce jeune de 14 ans.
00:29C'est donc un garçon de 14 ans à ce jour qui n'avait pas d'antécédent pénaux.
00:34C'est un jeune homme qui a été suivi sur le plan éducatif quasiment depuis sa naissance,
00:40étant d'abord placé en famille d'accueil,
00:45où il a subi des violences de la part de la famille d'accueil,
00:49violences qui ont abouti à la condamnation de l'assistante familiale en 2024
00:55par la cour d'appel de Colmar.
00:57Il a ensuite été placé en établissement où il se trouve encore à ce jour
01:03avec sa scolarité au collège de Benfeld.
01:06Il avait attiré l'attention pour son goût, pour les armes,
01:13pour tout ce qui a trait à la Seconde Guerre mondiale,
01:17avec des références nettes au nazisme.
01:19Voilà pour la procureure de la République de Strasbourg, Tanguy Hamon.
01:23On n'en sait plus désormais sur le profil de ce jeune de 14 ans
01:26qui est actuellement entre la vie et la mort.
01:28Exactement. On nous le présentait au cours de la journée
01:30comme un jeune adolescent avec de graves problèmes psychiatriques,
01:35en grande difficulté et très suivi par le corps enseignant du collège.
01:39C'est le rectorat qui nous avait indiqué ça.
01:41C'est ce qu'a donc confirmé la procureure avec son placement en famille d'accueil
01:46dès sa naissance où il a donc subi des violences.
01:50Il a ensuite été placé dans un foyer de l'ASE où il se trouvait donc au moment des faits.
01:55Et on confirme aussi ce profil avec son attrait pour les armes,
01:59pour la Seconde Guerre mondiale, pour le nazisme visiblement,
02:02puisqu'il avait aussi fait deux dessins sur des cahiers.
02:05Un l'année dernière, au mois de mars, c'était un soldat avec le bras levé,
02:09un autre plus récemment avec le signe SS.
02:13Est-ce que c'est ça qui a entraîné son passage à l'acte ?
02:18On a appris aussi que la victime était bel et bien sa prof.
02:21On se demandait vraiment s'il était encore dans cette classe
02:23et si sa victime était sa prof.
02:26Manifestement, oui.
02:27Est-ce que c'était dans ce cours-là qu'il avait fait ce dessin avec le signe SS ?
02:31L'enquête va devoir encore le déterminer.
02:34On sait que le parquet national antiterroriste est en observation à l'heure où on se parle.
02:39Ça va être des éléments extrêmement importants pour la suite de l'enquête.
02:42Absolument.
02:42Donc le parquet national antiterroriste n'est pas encore saisi du dossier,
02:45mais il est en train d'investiguer.
02:48On va écouter quelques élèves et puis on va ensuite débattre du cas de ce jeune homme
02:52et de la succession de ces attaques aux coteaux qui sont devenues un véritable fléau.
02:56Quelques élèves sous le choc, évidemment, après ce qui s'est passé dans ce collège.
02:59J'ai entendu un cri qui venait, qui était un peu très aigu, mais qui était un peu étouffé.
03:08On a tout fermé à clé dans la salle et après tout le monde a couru.
03:15On est tous allés dans la salle polyvalente pour appeler les parents qui viennent nous chercher.
03:21Et pour nous expliquer, on a dû aller dans le hall du collège.
03:25Voilà, pour ces élèves, Gauthier Lebret, on est sur une multiplication de ces attaques aux coteaux.
03:29Là, c'est un cas très particulier avec un jeune vraiment dont le parcours est édifiant et terrible.
03:34Mais maintenant, le processus, le mode opératoire, c'est les attaques aux coteaux.
03:39Et la fameuse question à chaque fois, c'est est-ce que ce drame aurait pu être évité ?
03:42Alors là, Tanguy nous l'a très bien rappelé.
03:43Il y avait des premiers signaux, des croix gammées, un parcours totalement chaotique.
03:51Mais vous ne pouvez pas mettre, de manière très difficile, des portiques de sécurité à l'entrée de chaque école.
03:56Alors, on peut faire des fouilles systématiques.
03:57Mais enfin, vous demandez aux professeurs, ce n'est pas aux professeurs de les faire.
03:59Parce que fouille systématique, vous ouvrez un sac, il y a un couteau dedans.
04:03Quelle réaction vous avez de l'élève envers son professeur ?
04:05Par contre, ce que je ne supporte plus, c'est les discours de nos ministres qui disent toujours la même chose.
04:12L'école doit rester un sanctuaire comme un vôtre.
04:14C'est ce qu'a dit Mme Borne.
04:15Exactement.
04:16Et qui ne font ensuite absolument rien.
04:18On a eu le même discours à la sortie de l'établissement scolaire à Nantes,
04:23quand cette jeune femme a été massacrée de dizaines de coups de couteau par l'un de ses camarades.
04:28Il y avait François Vérot, qui était encore Premier ministre, avec la même Elisabeth Borne,
04:31qui nous dit l'école doit rester un sanctuaire.
04:33L'école n'est plus un sanctuaire.
04:35L'école, maintenant, est un lieu aussi dangereux que le reste de la société française.
04:40Quand on a eu Dominique Bernard, quand on a eu Samuel Paty, quand on a eu cette élève à Nantes,
04:44quand on a eu Agnès Lassalle, quand on a aujourd'hui cette prof de musique,
04:48l'école n'est pas un sanctuaire.
04:50Donc, ça ne sert à rien de nous le répéter, si c'est pour ne rien faire ensuite aux quelques fouilles, ici et là.
04:55C'est juste la parole politique qui ne vaut plus rien, qui est démonétisée.
04:58Et donc, on est dans l'incantatoire.
05:00En fait, on dit des choses et on aimerait que ça soit la réalité, mais ça ne l'est pas.
05:03Ça ne l'est pas, ça ne l'est plus.
05:04Les ministres prennent leur voiture ou parfois l'avion, ils se rendent sur place, ils font un petit discours,
05:09ils disent...
05:09Ils rentrent chez eux et puis voilà.
05:10L'État ne se laissera pas faire, c'est toujours la même chose.
05:13Et au suivant.
05:13Oui, mais là, en même temps, comment éviter ce passage à l'acte, Rachel Kahn,
05:18avec un tel profil, avec un enfant de l'AZE, de l'aide sociale à l'enfance,
05:24qui à un moment a une bouffée délirante et qui s'en prend en sa prof.
05:26Oui, mais les services sociaux étaient quand même alertés, c'est-à-dire qu'ils avaient déjà vu ces dessins,
05:32ils avaient déjà...
05:33Donc en fait, il y avait déjà des signes avant-coureurs.
05:36Moi, je suis inquiète aussi, de manière générale, pour notre jeunesse.
05:40Notre jeunesse avec de plus en plus de drames, effectivement, de plus en plus de violences,
05:44un manque de sens, un manque de repères.
05:46Et j'en veux aussi à la classe politique, toujours dans le mode incontactoire,
05:51sur le développement durable, les générations futures,
05:54sauf qu'en fait, ils ne s'occupent pas des générations futures au présent.
05:56André Valigny, vous êtes ancien magistrat, vous êtes aussi élu,
06:01vous avez été emprise à ces sujets.
06:02Président d'un département, oui.
06:03D'un département.
06:04Parce que l'AZE est une compétence départementale.
06:06Avant, on appelait ça l'assistance publique, les enfants de l'assistance, c'était l'État.
06:09Après, c'était les enfants de l'ADAS.
06:11Maintenant, ce sont les enfants de l'AZE.
06:12Aide sociale à l'enfance, compétence des départements.
06:15Bon, ce sont la plupart du temps des profils très douloureux,
06:18que c'est les enfants qui sont confiés à l'AZE.
06:21Et puis alors, lui, en plus, non seulement il était confié à l'AZE,
06:23mais il a été confié à une famille d'accueil, enlevé à ses parents à la naissance,
06:28confié à une famille d'accueil qu'il a violenté.
06:30Donc, il a vraiment eu un parcours très douloureux,
06:33ce qui n'excuse pas du tout ce qu'il a fait,
06:35mais je crois qu'en plus, il devait être dérangé mentalement
06:37pour admirer Hitler et le nazisme.
06:39Il était en situation de handicap, comme l'a précisé la procureure.
06:42Handicap physique ou mental, on ne sait pas.
06:44Mais moi, la question que ça pose, plus généralement,
06:47c'est celle de la psychiatrie, des pédopsychiatres
06:50qui sont insuffisamment nombreux,
06:52des psychiatres qui sont insuffisamment nombreux,
06:54et de cette mode, entre guillemets,
06:56de la psychiatrie en milieu ouvert depuis 30 ou 40 ans,
06:59sans que je n'y connaisse grand-chose.
07:01J'ai quand même lu deux ou trois articles sur ces sujets depuis quelque temps.
07:04Et c'est vrai que Foucault et d'autres ont culpabilisé, entre guillemets,
07:09la société à cause des asiles psychiatriques qui, c'est vrai,
07:12étaient très souvent des endroits où il se passait des choses horribles.
07:17On peut avoir aujourd'hui des établissements spécialisés en psychiatrie,
07:20en pédopsychiatrie, où on traite les gens convenablement,
07:23plutôt que de les laisser en milieu ouvert avec le danger que ça représente.
07:26– Michel Kahn, on apprend là que le pronostic vital de ce jeune est engagé,
07:32parce qu'il s'est poignardé lui-même, après avoir poignardé sa prof,
07:34ce qui en dit long sur l'état dans lequel il se trouvait.
07:38Il n'y a pas de solution miracle, en vérité.
07:40Il faut suivre ses enfants comme le lait sur le feu, en réalité.
07:43– Oui, comme le lait sur le feu.
07:44Et puis toujours, peut-être ce même proverbe, dit-on,
07:48à un enfant, ça s'élève avec tout un village aussi.
07:51C'est-à-dire le rôle des adultes.
07:53Après, on a l'impression que sa vie était en sursis,
07:56en fait, finalement, quand on vous écoute, monsieur le ministre,
07:59c'est-à-dire que quand on voit depuis la naissance abandonner
08:02la maltraitance d'une famille d'accueil, etc.,
08:06bon, voilà, et puis là, le fait même de se violenter lui-même,
08:11bon, ça dit beaucoup de choses.
08:12– Rapidement, Guillaume, Thérault, Geoffroy.
08:15– Sous ce qui vient d'être dit, je me demande simplement
08:17si pour le protéger contre lui-même et protéger les gens autour de lui,
08:21il n'aurait pas été préférable de le mettre, en effet,
08:24dans une structure fermée.
08:27Est-ce que ce n'est pas un effet indirect
08:29de l'engouement pour l'école inclusive,
08:33où il faut à tout prix être inclusif
08:35et que tous les mêmes publics soient fréquents,
08:39les mêmes établissements ?
08:40– Bien sûr, bien sûr.
08:41– C'est très bien sur le papier, ça permet aussi de se faire applaudir,
08:44de dire qu'on est inclusif, mais sur le…
08:47– C'est un vrai débat de société.
08:48– Les principes, a priori, peuvent avoir des résultats désastreux.
08:52– Je vous ferai les jeunes.
08:53– Pour rebondir sur ce que disait André sur la santé mentale, en fait,
08:56la santé mentale en général et celle des enfants en particulier,
08:59ça fait quelques années maintenant qu'on est alerté,
09:01que l'opinion publique, je pense, est sensibilisée au fait
09:02qu'il y a vraiment un problème, que moi je ne serais pas qualifié d'ailleurs,
09:05mais qu'il y a un problème de malaise ou de mal-être généralisé
09:08qu'on peut attribuer peut-être, et d'ailleurs la liste n'est pas exhaustive,
09:13mais aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo, au confinement,
09:15à beaucoup de choses dont les conséquences n'ont pas été réellement appréhendées
09:18puisque c'est nouveau, ça n'est jamais arrivé dans l'histoire
09:21que toutes ces choses s'entrechoquent en même temps
09:23et on voit de plus en plus de problèmes liés à des jeunes
09:26qui font des choses qui ne sont pas des choses de jeunes.
09:27On est passé d'une violence des enfants ou des jeunes ou des adolescents
09:31qui ne ressemblent pas à celle de la guerre des boutons il y a 100 ans
09:33quand c'était des bagarres bon enfant, entre guillemets.
09:36Et par rapport à tout ça, on s'est beaucoup moqué
09:38au début du passage de Michel Barnier à Matignon
09:41sur le fait qu'il avait donné, je crois, il me semble,
09:45que c'était à Marie-Claire Carragé qui devait être à l'époque ministre
09:48et qui avait cette mission de la santé mentale.
09:50On s'est un peu moqué en disant
09:51qu'elle n'a pas d'attribution à part celle-là, etc.
09:52La réalité, c'est qu'en fait, c'est un sujet très important.
09:55Elle était rattachée directement au Premier ministre
09:56et on aurait dû garder ça parce que c'est quelque chose
09:58dont on ne mesure pas encore complètement les conséquences
10:00et c'est une vraie politique publique
10:01où il faut décider, à un moment donné, d'investir le sujet
10:04à la fois financièrement parce qu'il y a un manque,
10:07une carence évidente et en même temps,
10:09en termes de connaissances pour savoir se qualifier
10:11ce qu'on est en train d'avoir sous les yeux
10:12que pour l'instant, on découvre au fur et à mesure
10:15des faits divers de manière un peu sordide.
10:16Oui, un mot simplement, Geoffroy a raison de le rappeler,
10:18Michel Barnier avait surpris tout le monde
10:20avec cette priorité qu'il voulait donner
10:22à la santé mentale des enfants et des adolescents.
10:24Et moi, j'avais trouvé ça très bien.
10:26Ça avait paru un peu exotique, entre guillemets,
10:28à tout le monde.
10:29Et pour Barnier, c'était un sujet très important.
10:31Vous avez raison de le rappeler.
10:32Allez, petite pause, on se retrouve dans un instant.
10:34Gauthier, vous avez évoqué le fait
10:36que les politiques ne sont plus entendues.
10:38Mais vous avez raison.
10:39Hier, Emmanuel Macron a pris la parole
10:41chez nos confrères de BFM.
10:43Sale vide, pratiquement.
10:45Ces news ont été très...
10:47C'était quelques personnes qui zappaient,
10:48qui sont tombées dessus.
10:49Christine Kelly a fait le double de l'audience
10:50du président Macron.
10:51Bravo à elle.
10:52On se retrouve dans un instant, on en débat.
10:53Merci.
10:54Merci.
10:55Merci.
10:56Merci.
10:57Merci.
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