- il y a 5 mois
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Il est 16h14, je vous le disais, on va être dans une seconde avec Jean-Rémi Girard,
00:05mais je voulais qu'on écoute Elisabeth Borne précisément sur l'intelligence artificielle,
00:08c'était tout à l'heure parce que vous en parliez, Gauthier Lebrecht.
00:11Aujourd'hui, une grande majorité des élèves utilisent une IA générative
00:16sans toujours en comprendre les ressorts.
00:20Dès cette rentrée, pour les sensibiliser aux bonnes pratiques, comme aux limites de l'IA,
00:25des formations seront proposées à tous les collégiens et lycéens
00:28est rendue obligatoire pour les élèves de quatrième, de seconde et de première année de CAP.
00:35Sur l'IA, l'écart ne doit pas se creuser entre les élèves et leurs professeurs.
00:41Les professeurs seront eux aussi formés massivement
00:44et une IA sera mise à leur disposition dans les prochains mois.
00:48C'est l'urgence.
00:49Là, elle n'a pas peur d'ailleurs de proposer ça.
00:52Elle est très méprisante.
00:53Mais pourquoi ?
00:53Elle n'est pas au courant que tous nos enfants, c'est-à-dire tous les élèves,
00:59sont bien plus avancés que les profs sur l'intelligence artificielle,
01:02qu'ils l'utilisent beaucoup mieux qu'eux.
01:03Aujourd'hui, en France, il y a 80% des enseignants français
01:06qui n'ont reçu aucune formation sur l'intelligence artificielle.
01:09On a attrapé un retard par rapport à nos voisins européens
01:12qui ont un temps d'avance sur nous, sur l'intelligence artificielle,
01:16l'utilisation de l'intelligence artificielle.
01:18Je pense à la Finlande, je pense au Royaume-Uni.
01:20Il y a un programme qui a été mis en place en Belgique.
01:22Oui, au Danemark.
01:23Ce n'est pas forcément déconnant de se dire qu'aujourd'hui,
01:28il va peut-être falloir que les professeurs utilisent l'intelligence artificielle
01:32parce que dans cinq ans, lorsqu'on sera à la ramasse,
01:36on dira, mais pourquoi on n'a pas anticipé ?
01:38Mais attends, un bon professeur, tel qu'on se le rappelle, c'est quoi ?
01:42Moi, je me souviens d'un professeur sur cinquante que je voudrais citer,
01:45Monsieur de Casaban, c'était mon prof d'histoire, qu'on embrasse,
01:48qui était passionnant parce qu'il était passionné.
01:50Et moi, je veux un John Keating.
01:53Je veux un prof comme dans le cercle des poètes disparus.
01:55Je ne veux pas quelqu'un qui rabâche des connaissances
01:58qu'il allait accumuler grâce à l'intelligence artificielle sur Internet.
02:02Je veux un cours incarné et personnalisé qui soit drôle.
02:06J'entends, mais ce qui est intéressant là,
02:09de vouloir que les jeunes gens soient,
02:14on puisse leur apprendre comment ça marche avec les pièges en sac.
02:17Ce n'est pas les profs qui vont vous apprendre ça.
02:19Ça, ça ne me dérange pas.
02:20En revanche, ce qui peut me déranger, c'est ce qu'elle a dit à Brut,
02:23où elle a parlé de débroussailler le travail pour les profs.
02:26Ça, c'est complètement différent.
02:28Parce que ça, je trouve ça, pour le coup, pas très agréable pour les professeurs.
02:30Écoutez ce qu'elle a dit aux médias Bruts.
02:32On va proposer aux professeurs une intelligence artificielle
02:37pour les accompagner dans leur métier
02:38qui peut à la fois leur permettre de préparer les cours.
02:42Évidemment, à la fin, c'est le professeur qui doit finaliser son cours,
02:47mais lui débroussailler le travail, si je peux dire.
02:49Et on va les remplacer par de l'intelligence artificielle.
02:52Et puis demain, ça sera une intelligence artificielle qui présentera cette émission.
02:56Ça sera une intelligence artificielle, ça sera peut-être mieux,
02:58qui dirigera ce pays.
02:59On peut aussi essayer, qui sera au ministère de l'Éducation nationale
03:01à la place d'Elisabeth Borne.
03:03C'est d'un mépris total.
03:04Et puis, il y a une autre obsession qu'ils ont maintenant,
03:06c'est mettre des tablettes à chaque enfant.
03:08Il faut mettre des tablettes à tout le monde,
03:09des petits iPads pour chaque enfant.
03:11Alors que je le disais tout à l'heure,
03:12il y a des écoles qui sont quasiment en ruine.
03:15Il y a des profs qui sont totalement sous-payés.
03:17On a des élèves qui ne savent pas lire.
03:18On a des élèves qui ne savent pas écrire un message à leurs parents
03:20sans faire 15 fautes d'orthographe.
03:22Mais l'urgence, c'est l'intelligence artificielle.
03:23La tablette, c'est insupportable.
03:25Permettre de mieux comprendre ce que dit un élève.
03:28Vous avez entendu ce qu'elle a dit également, Mme Borne.
03:30J'ai été très étonné de cette phrase.
03:32Écoutez-la.
03:34Permettre de mieux comprendre
03:36ce qu'un élève a compris
03:38et ce qu'il n'a pas compris
03:39et ce que sont ses blocages.
03:42Là, je pense que c'est quand même...
03:43Ce qui est intéressant,
03:45parce que là, on est vraiment dans un cerveau de techno,
03:47Gérard Carréau.
03:48On avait des profs
03:51qui avaient une intuition sur l'élève
03:52et qui précisément pouvaient deviner
03:55s'ils l'avaient compris ou pas
03:56et qui pouvaient s'adapter à l'élève ou pas.
03:59Alors, c'est peut-être idéal ce que je dis là.
04:01Ce n'est pas l'intelligence artificielle
04:03qui peut remplacer cela.
04:06C'est le travail du prof,
04:07la vocation du prof,
04:09d'être un pédago ou pas.
04:10Moi, j'ai été prof pendant 5 ans,
04:12avant d'être journaliste.
04:14J'ai aimé d'ailleurs ce métier.
04:15J'aurais pu y rester.
04:16Et il y a des passerelles.
04:17Et il y a des passerelles.
04:18Sur la pédagogie.
04:19On m'aurait dit,
04:20j'aurais été là pour la rentrée,
04:22j'aurais entendu le discours
04:23sur le débroussailler.
04:25On va vous aider à débroussailler.
04:26J'aurais eu l'impression,
04:28moi, jeune prof,
04:29que j'étais avec beaucoup d'espoir,
04:32d'ambition dans mon métier,
04:34j'aurais eu l'impression qu'on me dévaluait
04:36et qu'on me disait
04:37on va vous béquiller avec une machine
04:40qui va vous aider.
04:42Débroussailler, c'est ça que ça voulait dire pour moi.
04:44Au lieu de faire appel à votre capacité
04:47intrinsèque à vos possibilités,
04:49on me dit,
04:50de toute façon,
04:50il y aura la machine
04:51qui viendra à votre secours.
04:52Vous étiez professeur dans quelle discipline ?
04:54J'ai été professeur de français et d'anglais.
04:57Mais ce que je veux dire,
04:58c'est ça,
04:58c'est que le prof,
04:59on m'aurait dit ça,
05:01j'aurais éclaté de rire,
05:02j'aurais dit,
05:02mais attends,
05:03je ne suis pas devenu prof
05:04pour que quelqu'un me dise
05:05on va vous aider,
05:06on va vous débroussailler le travail.
05:07Oui, sauf qu'il y a un tabou aujourd'hui
05:09à l'éducation nationale
05:10qui est la question migratoire.
05:11C'est Joachim Lefloquimade
05:13qui en a parlé
05:14ces dernières heures
05:15sur Europe 1.
05:16Il expliquait qu'avec plus
05:17d'un élève de CM1 sur 5
05:19qui parle une autre langue
05:20que le français à la maison,
05:22ça représente
05:2341,6%
05:25des moins de 4 ans
05:25qui sont immigrés
05:26ou d'origine immigrée,
05:26et l'immigration transforme
05:27en profondeur notre école.
05:29Donc vous,
05:29le professeur que vous avez été,
05:30cher Gérard,
05:31n'est pas le même professeur de 2025.
05:33Et la passerelle,
05:34évidemment,
05:34avec le journalisme,
05:35c'est la volonté
05:36d'être compris
05:36par le plus grand nombre,
05:38la volonté,
05:39le plaisir à communiquer,
05:40le plaisir d'apprendre
05:42aux uns et aux autres
05:43et puis un souci pédagogique.
05:45Souvent, effectivement,
05:46et c'était le cas à TF1,
05:47c'est le cas dans des médias
05:48très populaires,
05:50celui qui parle
05:51est obsédé par l'idée
05:52que chacun comprenne
05:53ce qu'il dit.
05:54Et c'est la moindre des choses
05:55quand même
05:55quand il est journaliste.
05:56Alors, celui qui a quitté l'école,
05:58parce que tout à l'heure,
05:59je l'ai un peu taquiné,
06:00mais le plus tard,
06:02c'est évidemment
06:02notre ami Olivier Guenegg,
06:05puisque vous,
06:06vous étiez en 1948,
06:08disiez-vous,
06:09lorsque vous êtes entré en CP,
06:11c'était en 1948,
06:12cher Gérard.
06:13Vous, lorsque vous êtes entré en CP,
06:15vous êtes de quelle année,
06:15Olivier Guenegg ?
06:16De 1999, chef.
06:18Donc, vous êtes entré en 2005 ?
06:20Tout à fait, tout à fait.
06:21A priori.
06:22Oui, a priori.
06:23Le 99 à 2005,
06:24c'est vrai.
06:24J'ai renouvelé ma transaction.
06:28Quand c'était en 2015.
06:31Le calcul était différent.
06:33Donc, vous êtes rentré,
06:34précisément,
06:3552,
06:36vous êtes rentré 57 ans
06:38à l'école,
06:39après Gérard Carré.
06:4157 ans.
06:41C'est pas de ta faute.
06:44C'est pas de ta faute.
06:46Bien évidemment,
06:47lorsque vous avez le bac,
06:49donc vous êtes formé,
06:50bien évidemment,
06:51donc vous êtes un jeune homme d'aujourd'hui,
06:54est-ce que vous avez le sentiment,
06:55lorsque vous êtes, par exemple,
06:56avec Gérard Carré,
06:57ou avec d'autres générations,
06:58que la culture générale,
07:00l'histoire,
07:01l'histoire,
07:02le français,
07:02est-ce que vous avez le sentiment
07:03d'être au même niveau
07:04que vos aînés ?
07:06Il faut répondre non.
07:10Évidemment, Pascal,
07:11on en a parlé mille fois,
07:12en plus,
07:13tous les deux hors antenne,
07:14mais il y a un fossé
07:15entre les générations
07:16qui m'ont précédé
07:17et évidemment la mienne.
07:18Moi, ce qui m'intéresse toujours,
07:20c'est l'histoire,
07:20la culture générale,
07:21le français.
07:21L'histoire,
07:22vous apprenez l'histoire ?
07:24Oui, on m'a appris l'histoire,
07:25oui, tout à fait.
07:25Mais j'ai l'impression aussi
07:26que le niveau
07:29qu'on en a conservé,
07:30par exemple,
07:31mes amis,
07:32je ne suis pas fondamentalement
07:34différent de mes amis.
07:35C'est-à-dire que je n'ai pas
07:35une culture générale
07:36qui est bien en dessous.
07:37On est tous au même niveau.
07:38Peut-être qu'ils se ressemblent,
07:39ça semble,
07:40il est possible
07:40que vous recrutiez vos amis.
07:42En fonction des noms.
07:45Le niveau n'est pas plus élevé
07:47dans nos amis avec Elliot.
07:50Non, mais par exemple,
07:51sérieusement,
07:53ce qu'on appelait la frise,
07:54prenons l'histoire,
07:55prenons l'exemple de l'histoire,
07:56par exemple.
07:57La frise chronologique,
07:59la frise chronologique,
08:02par exemple,
08:02on était tous perdus
08:04dans le Moyen-Âge.
08:06On était tous perdus
08:07dans le Moyen-Âge.
08:08Je suis bien d'accord avec vous.
08:09Mais disons qu'à partir
08:11de Henri IV, Louis XIII, Louis XIV,
08:13on était assez solide,
08:15globalement,
08:16sur qui avait gouverné
08:19la France
08:19depuis Henri IV.
08:21Je le dis à grands traits.
08:22Est-ce que vous,
08:23par exemple,
08:23si on vous dit Napoléon,
08:25immédiatement,
08:26vous ne savez pas
08:26dans quel siècle
08:28le placer ?
08:29Ce qui m'impressionne,
08:30c'est que ça fait
08:31cinq ans
08:31qu'on fait de l'antenne ensemble.
08:34Ça fait cinq ans
08:34que vous voyez bien
08:35que c'est pas acquis.
08:37Et au bout de cinq ans,
08:38vous vous posez la question.
08:39Bon,
08:39Jean-Rémi Girard,
08:40il est là.
08:42Et Jean-Rémi,
08:43alors d'abord,
08:43moi,
08:43j'aime beaucoup vous avoir,
08:44Jean-Rémi Girard,
08:45parce que vous êtes un homme positif,
08:46vous êtes président
08:47du syndicat d'enseignement
08:49collège et lycée.
08:50Et à chaque fois
08:51que nous vous avons,
08:52ce qui nous frappe,
08:53c'est quand même
08:53votre enthousiasme,
08:54votre énergie,
08:56le plaisir que vous avez.
08:57Malgré tout,
08:58bien sûr que c'est pas facile,
08:59mais c'est un,
09:00on dit parfois,
09:00que c'est un des plus beaux
09:01métiers du monde.
09:02Donc,
09:03vous avez écouté
09:04Elisabeth Borne,
09:04je voulais d'abord savoir
09:05si vous avez été
09:07satisfait,
09:08si vous avez entendu
09:09ce que vous avez eu
09:10envie d'entendre,
09:11ou au contraire,
09:12si vous avez
09:13quelques remarques
09:14à formuler.
09:15Bonjour Jean-Rémi.
09:16Bonjour Pascal Praud.
09:18Non, je crois que,
09:19vous l'avez dit finalement
09:20assez bien,
09:21on avait plus l'impression
09:22d'assister à un discours
09:23fait par une intelligence
09:24artificielle
09:25que par le ministre
09:25de l'éducation nationale.
09:27En plus,
09:28la situation politique
09:29étant ce qu'elle est,
09:31il y a toujours ce côté
09:32de,
09:33on se projette très loin
09:34alors qu'on sait
09:35que dans dix jours,
09:35bon,
09:36c'est peut-être pas
09:37tout à fait ce qui va se passer.
09:39Donc,
09:39il y a un côté
09:39très artificiel,
09:40là aussi,
09:41d'une certaine manière.
09:43Mais,
09:43enfin voilà,
09:44c'était quand même
09:44beaucoup de grands mots,
09:46pas beaucoup de choses
09:47vraiment concrètes
09:48pour les autres
09:49qui sont quand même
09:50des problèmes majeurs
09:51de l'école aujourd'hui.
09:53C'est-à-dire,
09:53un,
09:54une crise d'attractivité,
09:55on n'arrive plus à recruter
09:56des enseignants,
09:58normalement.
09:59Deux,
10:00les grandes difficultés
10:01qu'on a sur l'école inclusive,
10:04l'inclusion des élèves
10:05en situation de handicap
10:07qui est faite au rabais
10:08et qui pose beaucoup,
10:09beaucoup de difficultés
10:09à tout le monde.
10:11là-dessus.
10:12Et trois,
10:12effectivement,
10:14des classes
10:14qui sont parmi
10:15les plus chargées d'Europe.
10:16Ça,
10:16on le sait toutes et tous.
10:18Ce n'est pas
10:18l'intelligence artificielle
10:19qui va nous aider
10:20véritablement
10:21à gérer tout ça.
10:22Alors,
10:22la liaison n'est pas parfaite.
10:24C'est dommage.
10:25Elle est convenable,
10:27mais elle n'est pas parfaite.
10:28C'est votre quantième rentrée,
10:31Jérémy.
10:32Vous êtes prof de français,
10:32je crois.
10:33Oui,
10:34je suis prof de français
10:34de lettre moderne.
10:36Donc,
10:37lettre,
10:38c'est drôle d'ailleurs.
10:40C'est qu'on dit aussi
10:41professeur des écoles
10:42alors qu'on disait
10:43dans le temps instituteur.
10:44Moi,
10:44j'aimais bien le mot maître
10:45par exemple
10:46et puis lettre moderne.
10:47Bon,
10:47c'est prof de français.
10:49Alors,
10:49c'est intéressant d'ailleurs,
10:50en sixième,
10:51un élève a combien
10:52d'heures de cours de français ?
10:54Oula,
10:55alors il en est à combien ?
10:56Il en est à 4h30,
10:57je crois.
10:57Bon,
10:58ça,
10:58c'est pas mal.
10:59C'est ce que j'avais aussi,
11:01je crois.
11:01J'avais 5 heures,
11:02on avait une heure.
11:03Non,
11:03vous aviez plus,
11:03vous aviez plus,
11:04parce qu'elle profite.
11:05Vous aviez plus
11:06que 4h30 en sixième.
11:08C'est ce qu'on a de,
11:09ça n'a jamais été aussi peu.
11:11Effectivement,
11:11ça a été 5 heures,
11:12ça a été 6 heures
11:13auparavant.
11:154h30,
11:16c'est le minimum.
11:18Et le nombre moyen
11:20d'élèves dans une classe,
11:22il est de combien ?
11:23Alors,
11:23on sait que les moyennes,
11:24ça ne veut pas dire grand-chose
11:25parce que les situations
11:27sont très variées.
11:27suivant qu'on est en éducation
11:28prioritaire ou ailleurs,
11:31dans une classe
11:32qui n'est pas
11:32éducation prioritaire,
11:34qui est une classe
11:34assez classique,
11:35on va dire,
11:36en sixième,
11:37on va être entre 25 et 30,
11:38assez couramment.
11:40C'est ce que j'ai été,
11:4125,
11:42c'est pas mal quand même,
11:42de 25.
11:44Si on est à 25,
11:45on est content,
11:45je le confirme.
11:46Si on est à 30,
11:46on l'est un peu moins.
11:47On a déjà eu des sixièmes
11:48à 31,
11:49c'est pas idéal.
11:50Bon,
11:50on va marquer une pause.
11:51Vous avez resté avec nous,
11:52on va essayer,
11:53pourquoi pas,
11:54de sécuriser cette ligne.
11:58Gérard Carreau disait également
11:59qu'il se souvenait
12:00de tous ces instituteurs.
12:01Vous vous souvenez
12:01de votre premier instituteur
12:02en CP,
12:03par exemple,
12:03Caroline Turbide ?
12:04Madame Laval,
12:05absolument,
12:06je m'en souviens.
12:07Mais c'était sympa aussi,
12:08pour la même raison,
12:09c'était incarné,
12:10c'était imparfait,
12:12il y avait plein de failles humaines,
12:14mais c'était ça.
12:15Chacun se souvient
12:16de votre premier instituteur ?
12:19Absolument pas,
12:20je me rappelle de ma maîtresse
12:22de CM2,
12:23Madame Delorme.
12:24Ah,
12:25Madame Delorme.
12:25Je pense que je les ai tous,
12:28moi.
12:28Madame Piffon,
12:29parce que vous avez une grande mémoire.
12:29Madame Piffon,
12:30je vous jure que c'est vrai,
12:34Madame Piffon.
12:34Vous étiez au premier rang,
12:35vous.
12:37Il est 16h27,
12:38à tout de suite.
12:39La rentrée,
12:41c'est lundi,
12:42et la sortie,
12:43c'est aussi ces jours-ci
12:44pour le gouvernement.
12:45Mais Elisabeth Borne
12:46est ministre de l'Éducation nationale,
12:48elle a parlé de 400 armes saisies
12:50dans plus de 6000 fouilles.
12:51Écoutez.
12:52Depuis le mois de mars,
12:53et la diffusion d'un télégramme conjoint
12:55avec Bruno Retailleau,
12:56près de 400 armes ont été saisies
12:58lors de plus de 6200 fouilles
13:01menées partout en France.
13:03Désormais,
13:04tout élève qui introduit une arme
13:05dans un établissement
13:06sera traduit systématiquement
13:08devant un conseil de discipline.
13:11Dans le même temps,
13:11un signalement sera transmis au procureur.
13:14C'est fou.
13:15C'est-à-dire que,
13:16vous vous rendez compte,
13:17c'est-à-dire qu'elle ne dit pas
13:18quelqu'un qui rentre avec une arme blanche
13:20est exclu.
13:21Mais c'est fou.
13:21Il sera dans un conseil de discipline.
13:24C'est pour ça que c'est le plus important
13:25quand vous parlez de l'autorité,
13:26Pascal Pro,
13:27parce que lorsqu'on a passé 10 minutes
13:29sur Tchad GPT,
13:31Tchad GPT c'est un détail,
13:33l'intelligence artificielle,
13:34pardonnez-moi,
13:35c'est un détail dans tout son discours.
13:36Vous disiez le contraire tout à l'heure,
13:37que c'était très important.
13:38Non, on a parlé.
13:39Non, moi ce que j'ai dit,
13:39c'était que c'était intéressant
13:41d'avoir un temps d'avance
13:43sur les autres
13:43et de rejoindre parfois
13:44des pays qui ont peut-être
13:46commencé avant nous
13:46sur l'intelligence artificielle.
13:48La clé de ce discours-là,
13:49c'est l'absence
13:50du mot autorité.
13:52Et quand on parle
13:52de la sécurité dans les écoles,
13:54c'est cette phrase
13:55où elle dit qu'il y aura
13:56un conseil de discipline
13:57encore heureux.
13:58On va écouter Elisabeth Borne
14:01et puis on va confronter
14:02ce qu'elle dit
14:02à Jean-Rémi Gérard,
14:05président du SNALC,
14:06puisqu'elle parle
14:07d'une réunion de rentrée
14:08pour garantir
14:08un climat scolaire apaisé.
14:10Est-ce que ça,
14:11c'est important ?
14:12On va poser la question
14:13à Jean-Rémi Gérard,
14:15mais écoutons d'abord
14:16Elisabeth Borne.
14:17C'est pourquoi,
14:18dès septembre,
14:19une réunion de rentrée
14:20par niveau
14:20sera systématisée
14:22dans chaque école,
14:24dans chaque collège
14:24et dans chaque lycée.
14:27Lors de ce temps d'accueil,
14:28outre la présentation
14:29de l'année scolaire,
14:31sera rappelé
14:31le rôle essentiel
14:32des familles
14:33aux côtés
14:34des équipes éducatives
14:35pour garantir
14:37un climat scolaire apaisé.
14:40Ces réunions de rentrée
14:41doivent devenir
14:42des vrais moments fondateurs.
14:44Elles permettront
14:44de poser avec clarté
14:46les grandes lignes
14:47de l'action collective
14:48menées par l'école
14:48et les parents.
14:49la vigilance partagée
14:52contre le harcèlement,
14:53l'application
14:54du dispositif
14:55portable en pause
14:56et l'importance
14:58d'un usage
14:59raisonné
14:59des écrans,
15:00mais aussi
15:01la transmission
15:02des valeurs
15:02de la République.
15:03La transmission
15:05des valeurs
15:05de la République
15:06dans une réunion,
15:07un temps d'accueil.
15:08Moi, j'en peux plus
15:08de vocabulaire
15:10de cette grammaire,
15:11je n'en peux plus.
15:11Un temps d'accueil.
15:12Bon,
15:13Jean-Rémi Gérard,
15:14est-ce que c'est une bonne chose
15:15que cette réunion,
15:17oui ou non ?
15:17Et je rappelle
15:18que vous êtes le président
15:19du syndicat d'enseignants,
15:21collège et lycée.
15:22Et école aussi,
15:23d'ailleurs.
15:23Mais effectivement,
15:24en fait,
15:25ce qu'elle décrit
15:25ce sont les réunions
15:26parents-professeurs.
15:28C'est ça.
15:31Pour vous dire,
15:33oui, c'est une bonne chose.
15:34Ça l'a toujours été.
15:36C'est toujours une bonne chose
15:36de voir les parents.
15:37C'est très important.
15:39La difficulté,
15:40parfois,
15:40c'est justement
15:41de les voir.
15:41Parce que,
15:42moi,
15:42je me souviens
15:43de réunions professeurs
15:43dans mon précédent collège
15:45où,
15:46sur une classe
15:46de 30 élèves,
15:47il y avait parfois
15:477 ou 8 parents.
15:48Alors,
15:48ils ont des problématiques
15:49diverses et variées,
15:51y compris professionnelles,
15:52sur les oeuvres.
15:53On l'entend.
15:55Néanmoins,
15:56ce n'est pas une réunion
15:58comme ça,
15:58ex cathédra,
15:59qui va d'un seul coup
16:00transmettre les valeurs
16:01de la République
16:02et les dangers
16:02des écrans non plus.
16:04Mais oui,
16:05c'est bien de voir les parents
16:06et j'ai envie de dire
16:06ça tombe bien.
16:07On le sait déjà.
16:09Elisabeth Borne,
16:09chaque école disposera
16:12d'une charte,
16:12dit-elle.
16:13Écoutons-la.
16:14L'école et les familles
16:15ont chacune
16:16leur rôle propre,
16:17mais c'est bien
16:17leur complémentarité
16:19qui fait la force
16:20de la co-éducation.
16:22Pour inscrire
16:23noir sur blanc
16:23ces principes
16:24et sur la base
16:25des expérimentations
16:26conduites
16:27dans certaines académies,
16:29chaque école
16:30et chaque établissement
16:31devra disposer
16:32d'une charte
16:32des relations
16:33école-parents.
16:35Cette charte
16:36permettra
16:37de fixer
16:37des repères clairs
16:39sur les droits,
16:40les devoirs
16:41et les engagements
16:42réciproques de chacun
16:43afin d'instaurer
16:45un climat
16:45de confiance,
16:46d'écoute
16:47et de collaboration
16:48durable.
16:49Elle sera affichée
16:50dans l'établissement
16:51et publiée
16:52sur l'espace numérique
16:53de travail.
16:55Mais ça,
16:55c'est quoi,
16:56Jean-Rémi Girard ?
16:57C'est chaque école
16:58aura sa propre charte ?
17:00Oui,
17:00c'est une très bonne question.
17:01Pascal Pro,
17:02moi je connais
17:03le règlement intérieur,
17:04ça me paraît déjà
17:05un objet
17:05assez suffisant
17:08en lui-même
17:08dans lequel on peut
17:09d'ailleurs inscrire
17:10beaucoup de choses
17:10et qui est d'ailleurs
17:11travaillé avec
17:12les représentants
17:13des élèves
17:13et les représentants
17:14des familles.
17:16En fait,
17:17c'est le règlement intérieur,
17:18vous avez raison.
17:18C'est une charte en plus,
17:20mais la surimposition
17:21d'objets
17:22et les chartes
17:23n'ont aucune valeur,
17:24il faut quand même
17:24se le dire.
17:25Ça n'a aucune valeur,
17:26c'est juste du papier
17:27ou du numérique
17:29qui donne
17:30les bonnes pratiques.
17:32De toute façon,
17:32elle ne sera plus là
17:33dans dix jours.
17:33En fait,
17:34c'est ça le sentiment
17:35qu'elle donne.
17:36Elle donne le sentiment
17:37que ça y est,
17:38l'affaire est pliée,
17:39elle ne sera plus là
17:40dans dix jours.
17:40Donc,
17:40après tout,
17:41pourquoi se fatiguer
17:42à faire un discours
17:43et vous parler
17:44d'un manque d'autorité ?
17:45Mais en fait,
17:45son discours,
17:46il est à l'image
17:47de ce qu'elle est
17:48puisque même dans son discours,
17:49il n'y a pas d'autorité,
17:50il n'y a rien qui se passe,
17:51c'est vraiment
17:52en céphalogramme plat
17:53et en plus,
17:55elle est à côté de la plaque
17:55sur énormément de sujets.
17:57Je rappelle que ces derniers mots
17:58ont été terribles,
17:58je pense à Mélanie,
17:59cette surveillante
18:00d'un collège à Anogent,
18:01tuée le 10 juin
18:02par un élève de 14 ans
18:03armé d'un couteau,
18:04Lorraine,
18:0515 ans,
18:06lycéenne,
18:06tuée à Nantes
18:07au mois d'avril
18:08dans son établissement
18:09par un élève
18:09de 57 coups de couteau.
18:11Écoutez ce que disait
18:11François Bayrou,
18:12il était ministre
18:13de l'éducation nationale,
18:14c'était le 15 février 1996,
18:17il y a 30 ans.
18:18Un sanctuaire,
18:19c'est un lieu
18:20où la violence
18:20n'a pas le droit
18:21de rentrer.
18:22Je considère qu'en effet
18:23notre mission à tous,
18:24c'est que l'école
18:25soit un lieu
18:25où la violence
18:26soit bannie.
18:29Et depuis,
18:3013 plans de prévention
18:31et de lutte
18:31contre la violence
18:32à l'école
18:32ont été pris
18:33par les différents
18:34ministres de l'éducation
18:34nationale.
18:35Depuis 1986,
18:36vous voyez le résultat,
18:3712% des élèves
18:38ont déjà déclaré
18:39avoir vu un camarade
18:40avec un couteau
18:41ou une arme à feu
18:42dans leur établissement.
18:43Écoutez,
18:43malgré ça,
18:44bonne rentrée,
18:45Jean-Rémi Girard.
18:45Une chose est certaine,
18:46vous serez toujours prof.
18:48Vous allez enseigner
18:49pendant combien de temps ?
18:51Alors,
18:51moi,
18:51j'enseigne en première
18:52sur la spécialité
18:54littérature.
18:55Oui.
18:56Une spécialité
18:56absolument passionnante.
18:57Mais je sais.
18:59Humanité,
19:00littérature et philosophie,
19:01c'est une sorte
19:01de supplément d'âme,
19:03c'est de la culture générale,
19:04c'est énormément.
19:05Et les élèves
19:06sont réceptifs,
19:07j'imagine.
19:07Qu'est-ce qui est
19:08au programme
19:08de cette littérature,
19:10de cette première,
19:11d'un élève de première ?
19:13Alors,
19:13on a deux thèmes.
19:14On travaille sur la parole,
19:15donc on va travailler
19:16sur la rhétorique,
19:17les discours,
19:19la rhétorique antique,
19:21si c'est rond,
19:22des choses comme ça.
19:23Et on a la question
19:23des représentations du monde,
19:25on va aller chez Montaigne,
19:26on va travailler
19:27sur les utopies
19:28et les dystopies
19:29également.
19:31Donc,
19:31vraiment un programme
19:32qui...
19:32Faites venir
19:33Elisabeth Borne,
19:34parce que sur la parole,
19:36je pense que vous avez
19:37peut-être deux ou trois choses
19:38à lui apprendre,
19:39pourquoi pas ?
19:40En tout cas,
19:40ce qui est sûr,
19:40c'est que vous serez encore prof
19:41qu'elle ne sera plus ministre.
19:42Elisabeth Borne veut venir,
19:44c'est en région parisienne,
19:45c'est pas loin.
19:46Et il vous reste...
19:47Vous avez quel âge,
19:48Jean-Rémi,
19:49sans indiscrétion ?
19:50Ah,
19:51moi,
19:51j'ai 44 ans
19:52dans deux jours.
19:53Donc,
19:54ah oui,
19:54vous êtes née
19:55sous le signe de la Vierge,
19:56je vous félicite.
19:58Et vous...
19:59Mais d'ailleurs,
20:00il y a beaucoup de Vierges
20:01qui sont épreuves
20:03et qui sont journalistes,
20:04parce que je rappelle
20:04que le signe de la Vierge
20:06est un passeur,
20:07il est au service.
20:08C'est ça,
20:09la Vierge.
20:09C'est la soif de connaissances.
20:10Oui,
20:10mais c'est surtout le passeur,
20:12si vous me permettez,
20:13c'est l'iconographie de la Vierge.
20:15Le passeur,
20:16ce n'est qu'un maillon.
20:17Ben,
20:17bien sûr.
20:19Vous n'êtes pas Vierge,
20:20vous,
20:20non ?
20:20Et vous allez enseigner
20:21pendant combien de temps encore,
20:22Jean-Rémi Girard ?
20:24Eh bien,
20:24je vais...
20:25Si,
20:26avec la dernière réforme
20:27des retraites,
20:28mon taux plein est à 67 ans,
20:30parce qu'elle...
20:30Ah oui,
20:30donc vous avez encore 23 ans ?
20:32Je ne suis pas encore
20:33à la moitié de ma carrière.
20:34Oui,
20:34donc parfois,
20:35on dit beaucoup de bêtises,
20:36parce que 67 ans,
20:38vous serez encore dans les classes
20:39et ça demande une énergie folle.
20:41Je vais vous dire...
20:41Il n'y a pas une réforme
20:42des retraites encore d'ici, là ?
20:44Je vais vous dire,
20:44de tout ce que j'ai fait
20:46dans ma vie,
20:47c'est lorsqu'on intervenait
20:50comme prof
20:50dans des écoles de journalisme
20:51où j'ai trouvé
20:52que ça demandait
20:53le plus d'énergie,
20:55le plus de...
20:56C'est là qu'on était
20:57le plus fatigué.
20:58C'est-à-dire que
20:59le soir,
21:00après 5 heures de cours,
21:02et nous,
21:02on fait pourtant de l'antenne,
21:03mais ce n'est pas du tout
21:04la même chose.
21:04C'est plus facile
21:05de faire de l'antenne
21:06que de faire 5 heures de cours
21:07dans une classe
21:08et de parler pendant 5 heures.
21:10Ah, vous avez été prof, vous ?
21:11Prof, c'est un bien grand mot,
21:12mais tu interviens...
21:13Il y avait des élèves devant vous ?
21:14Oui...
21:16Mais c'est un bien grand mot...
21:17On vous parlez tout seul,
21:18comme d'habitude !
21:20On a tous été plus ou moins
21:25dans des écoles de journalisme,
21:26une année, deux saisons,
21:27vous intervenez,
21:28moi je faisais un module
21:30de journalisme de sport,
21:31et puis tu interviens,
21:32et puis tu fais ça le même...
21:33Mais il y a la Deval Académie
21:34qui est très célèbre.
21:35Ah bah écoutez,
21:36on ne vous pourrait jamais
21:37dans la Deval Académie.
21:38Merci Jean-Rémi,
21:39mais ils sont turbulents,
21:41franchement...
21:42C'est la rentrée,
21:43c'est normal !
21:44Par contre, il y a un drame,
21:45depuis 2022,
21:46et la réélection d'Emmanuel Macron,
21:47c'est le nombre de ministres
21:48de l'éducation nationale.
21:49C'est infolant.
21:49On doit être à 6 ministres
21:50de l'éducation nationale.
21:51Mais surtout s'il y avait
21:53une cohérence dans les ministres.
21:54Papin Diaye,
21:55Gabriel Attal,
21:56Jean-Michel Blanquer,
21:57il y a Amélie Oudea Castera
21:58qui a été très performante.
21:59C'était la meilleure.
22:02Vous faites l'affaire !
22:04Je ne sais pas si le gouvernement
22:06nous écoute,
22:06mais s'ils nous écoutent,
22:08ils en ont pour leur argent,
22:09si j'ose dire.
Écris le tout premier commentaire