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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00:00Face à l'info, 19h c'est l'heure, ravie de vous retrouver ce soir.
00:00:04On commence par les infos. Bonsoir Barbara.
00:00:06Bonsoir Christine, bonsoir à tous.
00:00:08A la une de l'actualité, Cédric Jubilard conteste toujours le meurtre de sa femme.
00:00:13Au premier jour de son procès devant les assises du Tarn,
00:00:15l'homme continue de nier son implication dans la disparition de Delphine, son ex-épouse.
00:00:20Cette infirmière de 33 ans a disparu en décembre 2020.
00:00:23Son corps n'a jamais été retrouvé.
00:00:26L'accusé est en détention depuis juin 2021.
00:00:28Le verdict est attendu le 17 octobre.
00:00:32Un camion transportant une tonne et demie de cocaïne interceptée au péage de Saint-Arnoux, c'est dans les Yvelines.
00:00:38Le chauffeur néerlandais effectuait la route depuis le sud du Portugal, a annoncé le parquet.
00:00:43L'homme a été présenté à un juge d'instruction pour être mis en examen.
00:00:47En 2024, les saisies de cocaïne en France ont atteint 53,5 tonnes du jamais vu.
00:00:53Enfin, alors que la France et plusieurs autres pays s'apprêtent à reconnaître l'état de Palestine, à Londres,
00:00:58la mission palestinienne a organisé ce lundi une cérémonie de levée du drapeau palestinien.
00:01:04L'autorité palestinienne peut établir une ambassade et nommer un ambassadeur, a déclaré la chef de la diplomatie britannique.
00:01:11Pour rappel, hier, le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada et le Portugal ont officiellement reconnu l'état de Palestine.
00:01:17Merci beaucoup à Barbara Durand.
00:01:21Au sommaire, ce soir, le témoignage de la mère de Philippine face à la douleur et à la mémoire.
00:01:28Un an déjà que Philippine a été tuée au bois de Boulogne, l'ombre de ce drame reste entière.
00:01:34Ce soir, sa maman accepte de rompre le silence d'en face à l'info,
00:01:38notamment sur les heures, les jours qui ont suivi la découverte du corps de sa fille.
00:01:42Elle revient sur l'incompréhension qui a suivi sur le vide laissé.
00:01:46Comment être mère dans l'absence, dans la tristesse, la colère, mais aussi dans la résistance ?
00:01:51Entre revendications de justice et besoins de vérité, son témoignage pose des questions pour nous tous,
00:01:57plongés avec une famille brisée par l'injustice.
00:02:01Blandine de Carlan, mère de Philippine, est en face à l'info ce soir.
00:02:06Reconnaissance de l'état de Palestine, Emmanuel Macron prêt à reconnaître officiellement l'état de Palestine ce soir à l'ONU.
00:02:12Une décision diplomatique qui divise tant à l'intérieur du pays qu'au plan international.
00:02:18Un état qui n'existe pas sur le terrain, qui n'a pas de frontières, qui n'a pas de cadre international,
00:02:23ni d'institution viable et une reconnaissance qui n'est assortie d'aucune exigence.
00:02:27Quelles conséquences face à un timing jugé inopportun par beaucoup
00:02:31et qui risque de raviver des conflits déjà vifs ?
00:02:35Symbole d'espoir ou d'embrasement, l'édito de Mathieu Bocoté.
00:02:38Journée du patrimoine.
00:02:40Quand les migrants investissent l'hôtel de ville de Paris,
00:02:43alors qu'il s'agit d'un jour de symbole de mémoire et d'histoire,
00:02:47il se transforme en scène de revendication.
00:02:49Le collectif des jeunes du parc de Belleville,
00:02:52qui avait organisé l'occupation de la gai ténérique au début de l'année,
00:02:56a organisé depuis l'intérieur de la mairie, cette fois, son occupation.
00:02:59L'objectif ? Demander, je cite,
00:03:02« l'hébergement pour tous les jeunes mineurs isolés à la rue.
00:03:06Ils viennent clandestileusement.
00:03:08Ils exigent un logement gratuit que comprendre le regard de Marc Menon. »
00:03:14Et puis, un hommage exceptionnel outre-Atlantique après l'assassinat de Charlie Kirk.
00:03:19Hier soir, une cérémonie hors du commun a surpris tout le monde.
00:03:21Erica Kirk a pris la parole pour pardonner au meurtrier de son mari
00:03:25au nom de la foi, au nom de la paix.
00:03:27Elle a dit « ne ressentir aucune haine, ni rancune,
00:03:31mais le souci d'élever la dignité dans la douleur. »
00:03:33Les médias avaient d'abord présenté cette soirée d'hommage,
00:03:36comme je cite, « de nazi ».
00:03:38Le nazisme prône-t-il le pardon ?
00:03:40Le nazisme prône-t-il l'abandon de la haine ?
00:03:43Peut-on imaginer que le pardon, au-delà de la douleur,
00:03:46devienne un vecteur de réconciliation et de transformation sociale ?
00:03:51Le décultage de Charlotte Bernalas.
00:03:53Une heure avec nos mousquetaires pour tous ce dire et sans tabou.
00:03:56C'est parti.
00:03:57D'abord, une inauguration exceptionnelle ce soir,
00:04:13l'École supérieure de journalisme de Paris transformée.
00:04:16Elle est inaugurée aujourd'hui.
00:04:18Un petit mot rapide pour dire que c'est la plus ancienne école de journalisme du monde.
00:04:23Elle a déjà formé plus de 6000 journalistes, plus de 200 étudiants
00:04:26et ont fait leur entrée cette année.
00:04:29Écoutez son président, Vianney d'Alençon, qui s'est exprimé ce matin.
00:04:34« Vous avez racheté cette école.
00:04:37Dites-nous pourquoi ? »
00:04:40Alors, cette école qui est la plus ancienne était en mauvaise situation,
00:04:45étant assez attachée au patrimoine.
00:04:48Depuis 130 ans, elle a pignon sur rue.
00:04:53Elle a en effet vu passer un certain nombre d'étudiants,
00:04:56dont des élèves et des grands journalistes très connus,
00:04:58comme Léon Zitrone, Patrick de Carolis, Philippe Bouvard,
00:05:01des tas de noms qui résonnent en nous.
00:05:02Il y en a qui sont encore vivants ou pas ?
00:05:03Bien sûr !
00:05:05Vous avez Geoffroy Lejeune, Pascal Pro et évidemment des milliers.
00:05:11Donc on a un actif, il y a un actif qui est très très fort.
00:05:15Elle était en mauvaise situation, mauvaise situation financière,
00:05:19délitement sur la formation, manque de moyens,
00:05:23un campus dégradé.
00:05:24Donc quand on voit évidemment un vieux bâtiment,
00:05:29une vieille histoire comme l'ESJ prendre l'eau,
00:05:31en tant qu'entrepreneur, avec tous les dirigeants
00:05:34avec lesquels nous avons repris cet établissement,
00:05:36ça nous semble quand même important de venir sauvegarder
00:05:39ce morceau de la formation du journaliste français et international.
00:05:45Voilà pour l'inauguration de l'ESJ Paris ce soir.
00:05:50La France et d'autres pays occidentaux ont voulu faire,
00:05:54Mathieu Bocoté, du 22 septembre, une journée historique
00:05:57en reconnaissant l'État de Palestine.
00:05:59Mais que cache cette formule et pourquoi maintenant ?
00:06:02Vous avez raison de poser la question, que cache cette formule ?
00:06:05Parce que normalement, reconnaître un État,
00:06:08c'est reconnaître un État de fait plutôt qu'un désir.
00:06:12C'est-à-dire un État, c'est une souveraineté,
00:06:14c'est un territoire, c'est une population,
00:06:16c'est une autorité reconnue et c'est cet État que nous reconnaissons,
00:06:19que nous ne reconnaissons pas, mais que nous reconnaissons.
00:06:21Dans les circonstances actuelles, que cherche-t-on à reconnaître ?
00:06:25Est-ce qu'on cherche à reconnaître la Palestine du Hamas ?
00:06:28Est-ce qu'on cherche à reconnaître la Palestine de l'autorité palestinienne ?
00:06:31Est-ce qu'on cherche à reconnaître une Palestine
00:06:33qui transcendrait le Hamas et l'autorité palestinienne de Mahmoud Abbas ?
00:06:38Donc, qu'est-ce qu'on cherche à reconnaître dans les circonstances ?
00:06:41Si on cherche à reconnaître le droit des Palestiniens à l'existence nationale,
00:06:45je dirais que c'est déjà fait.
00:06:47Dès lors que vous plaidez pour la solution des deux États,
00:06:50vous reconnaissez le droit fondamental du peuple palestinien
00:06:53à avoir sa propre existence étatique.
00:06:55Et je pense que c'est une solution qui, quoi qu'on en dise,
00:06:57continue de faire consensus non seulement en Occident, mais un peu partout.
00:07:01Mais manifestement, ce droit, tout le monde le reconnaît.
00:07:03Donc, quelle est l'étape de plus qu'on cherche à faire
00:07:05en disant qu'on reconnaît l'État de Palestine ?
00:07:09Et c'est à ce moment que cette reconnaissance prend une double dimension politique.
00:07:13La première dimension, c'est un geste à destination d'Israël et des États-Unis.
00:07:18Globalement, le monde occidental non-américain cherche à envoyer le signal
00:07:22qu'il faut faire pression sur les États-Unis pour faire pression sur Israël,
00:07:26pour dire qu'il faut trouver un débouché, autrement dit,
00:07:29il faut trouver une solution politique et pas strictement militaire
00:07:33à la question de l'avenir d'Israël dans la région.
00:07:35On se souvient que ce n'est pas inimaginable.
00:07:37Quand les Américains avec Trump avaient porté des accords d'Abraham,
00:07:40c'était l'idée de faire accepter définitivement l'existence d'Israël dans la région.
00:07:45Et maintenant, pour parachever cette reconnaissance,
00:07:48il faudrait que l'État de Palestine puisse être reconnu.
00:07:50Mais on n'a toujours pas répondu à la question de avec qui, comment,
00:07:54quelle sera l'autorité, quel sera l'interlocuteur, on ne le sait pas exactement.
00:07:58Autre élément qu'il faut comprendre, et je reviendrai dans un instant,
00:08:02dans l'imaginaire contemporain aujourd'hui,
00:08:04il y a un nouvel ordre international qui se met en place.
00:08:06Le nouvel ordre international se décentre de l'Occident.
00:08:09Le nouvel ordre international considère que l'Occident est le monde hier dominant
00:08:13et aujourd'hui non pas vaincu, non pas dominé, mais le monde un peu déphasé,
00:08:18le monde qui devient un peu muséal.
00:08:20Et une partie de l'Occident aujourd'hui se dit qu'on va rattraper en fait
00:08:24le monde nouveau qui s'installe sous le signe du sud global,
00:08:26sous le signe des autres souverainetés qui déjà reconnaissent la Palestine
00:08:29d'une manière ou de l'autre.
00:08:29Et on va chercher à les rejoindre en se détachant des Américains
00:08:33qui eux seraient la dernière trace du vieux monde.
00:08:35Et il y a le statut d'Israël et de la Palestine là-dedans.
00:08:38On présentait autrefois Israël comme l'État, c'était la réponse finalement
00:08:41de l'humanité civilisée à l'Holocauste.
00:08:43Ce n'était pas que ça, le sionisme est antérieur à l'Holocauste,
00:08:46ne l'oublions pas.
00:08:48Mais qu'est-ce qu'on voit avec cela?
00:08:50Il y a cette idée qu'aujourd'hui il y a un renversement du crime.
00:08:53Maintenant ce n'est pas le crime, l'Holocauste qui est à l'origine d'Israël,
00:08:56qui est le crime inaugural de l'Occident, la modernité contemporaine.
00:09:00C'est maintenant le sort réservé aux Palestiniens qui serait le véritable crime
00:09:03autour duquel tous devraient se rassembler.
00:09:05Et dès lors, une manière de sortir de ce crime,
00:09:07une manière de sortir de la situation tragique qu'on connaît aujourd'hui,
00:09:11ce serait de reconnaître l'État de Palestine.
00:09:14Alors, je dis une chose, je ne suis pas de ceux qui contestent la souffrance
00:09:17de la population de Gaza.
00:09:19Manifestement, ce n'est pas agréable d'État Gaza aujourd'hui.
00:09:21Il ne faut pas relativiser cette souffrance-là.
00:09:23Ensuite, il faut se rappeler une chose fondamentale.
00:09:25Cette souffrance, elle s'inscrit dans un contexte qui s'appelle une guerre.
00:09:28Et vraiment, les Occidentaux ont oublié ce qu'était la guerre aujourd'hui.
00:09:32Ils ont oublié à quel point la guerre était tragique.
00:09:34On a cru que la guerre, c'était une opération onusienne après 1989.
00:09:37On a cru que c'était des casques bleus qui réglaient les...
00:09:40Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui?
00:09:41On voit l'horreur absolue de la guerre et on cherche un débouché,
00:09:44mais on ne le trouve pas parce que dans les circonstances,
00:09:46quelle est cette reconnaissance concrètement?
00:09:49C'est un geste de lobbying.
00:09:50C'est un geste de lobbying et rien de plus.
00:09:52On cherche à faire pression sur Washington.
00:09:54On cherche à faire pression sur Israël.
00:09:56Mais en dernier instant, c'est une politique parole, parole, parole.
00:09:59Et de ce point de vue, je ne suis pas certain qu'elle est à la portée qu'on lui souhaite.
00:10:03Alors plusieurs considèrent que cette décision relève davantage
00:10:05de la politique intérieure française que de la politique étrangère.
00:10:10Est-ce que c'est le cas selon vous?
00:10:11Sur deux points au moins.
00:10:12Le premier élément, pour Emmanuel Macron, on le voit, on le sait,
00:10:15ce n'est pas mystérieux, il cherche à exister sur la scène internationale
00:10:19à défaut d'exister sur la scène nationale.
00:10:20Et dès lors, il veut s'associer à un événement historique,
00:10:23la reconnaissance de la Palestine.
00:10:25Et d'un coup, ça permet, par effet de contraste, de se grandir.
00:10:27D'un côté, il y a les nains sautillants de l'Assemblée nationale
00:10:30qui cherchent désespérément à former un gouvernement sans y parvenir.
00:10:33Et de l'autre côté, il y a le fait de s'associer à cet événement historique,
00:10:36l'équivalent palestinien de 1948,
00:10:38la constitution de l'État de Palestine.
00:10:40On l'entend.
00:10:41Le deuxième élément est plus concret.
00:10:43Partout en Occident, on pourrait dire la rue arabe a migré en Occident.
00:10:47Partout en Occident, les dirigeants ont peur aujourd'hui
00:10:50de certaines communautés qui se sont installées au fil des vagues migratoires
00:10:53et qui se sont manifestées depuis le 7 octobre en disant
00:10:56« Notre camp, il est clair. »
00:10:58Notre camp, aujourd'hui, ce n'est pas le pays dont on a la nationalité,
00:11:01la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, les États-Unis, le Canada.
00:11:05Notre camp, c'est le sud global, c'est l'Houma dans certains cas,
00:11:09c'est assurément la Palestine qui a le drapeau qui nous fédère.
00:11:12Et on se souvient d'Emmanuel Macron ayant peur d'aller manifester
00:11:15contre l'antisémitisme, de peur de fragmenter la nation.
00:11:19Est-ce qu'on comprenait la portée de la chose à ce moment?
00:11:21Ensuite, il y a un autre élément qui me frappe aujourd'hui,
00:11:24et je l'évoquais dans un premier temps,
00:11:26c'est qu'on sort véritablement du cycle post-1945.
00:11:30La conscience post-1945 est une conscience centrée sur la Shoah,
00:11:33est une conscience centrée sur l'Holocauste.
00:11:36Aujourd'hui, ce crime est vu comme le crime de trop.
00:11:38Le crime qui nous encombre, le crime dont on doit dégager la mémoire
00:11:42pour faire de la place pour le nouveau crime apparemment fondateur de l'ordre présent,
00:11:46c'est justement le sort réservé aux Palestiniens.
00:11:48Et là, qu'est-ce qu'on voit dans le discours?
00:11:50C'est la nazification d'Israël.
00:11:51Quand on accuse Israël de faire un génocide,
00:11:53que la guerre à Gaza soit terrible, personne ne conteste.
00:11:57Mais quand on accuse Israël de faire un génocide,
00:11:59ça consiste à dire le crime qui vous a donné votre État,
00:12:02vous le reproduisez, et dès lors, vous vous délégitimez vous-même.
00:12:05Donc ce discours aujourd'hui, et on le voit partout dans le monde occidental,
00:12:09on le dit, la mémoire de 1945, la mémoire de la Deuxième Guerre,
00:12:13la mémoire plus largement de 1492, ce n'est plus la mémoire du monde.
00:12:17Le monde se désoccidentalise, et dès lors, la cause de Gaza est vue comme le symbole
00:12:21qui partout s'impose.
00:12:22Ailleurs qu'en Occident, mais chez les populations non-occidentales d'Occident,
00:12:26qui disent vous allez vous plier à nos demandes,
00:12:29vous allez vous plier à nos revendications,
00:12:31c'est-à-dire vous allez désormais plier le genou devant le drapeau palestinien,
00:12:35qui est aujourd'hui le symbole pour certains à la fois d'un refus de l'Occident
00:12:38et du seul nationalisme autorisé, celui qui se réclame de la Palestine.
00:12:42Près de deux ans, Mathieu Bocoté, après le 7 octobre,
00:12:45le Hamas peut-il crier victoire?
00:12:48Le premier élément qu'on note à propos de cette reconnaissance,
00:12:50c'est qu'Emmanuel Macron avait dit
00:12:51qu'il y a des conditions à la reconnaissance de l'État de Palestine.
00:12:56Manifestement, ces conditions n'étaient pas définitives.
00:13:00Qu'est-ce qu'on voit, c'est qu'il a sacrifié ses conditions.
00:13:02Maintenant, il y a une reconnaissance qui ne vient pas avec la libération des otages, par exemple,
00:13:06qui était la condition maintes fois répétée.
00:13:09Donc, on peut dire, première étape,
00:13:12la France elle-même a modéré sa position
00:13:14pour s'accommoder de la reconnaissance de l'État de Palestine.
00:13:17Deuxièmement, qu'on doit dire, c'est que le palestinisme,
00:13:19qui est un terme qu'on utilise pour parler de la mutation de la cause palestinienne,
00:13:23on est passé du nationalisme palestinien classique
00:13:25à un nationalisme palestinien transformé par l'islamisme
00:13:28et inscrit dans la logique du djihad global,
00:13:30eh bien, il fait des progrès.
00:13:32Il fait des progrès et il a mené une grande offensive le 7 octobre, on le sait.
00:13:36Une violence extrême, une violence génocidaire,
00:13:38une violence qui relève du pogrom.
00:13:40Et ce qu'on pourra dire le soir de cette reconnaissance,
00:13:42c'est que cette violence, quoi qu'on en dise, a porté à conséquence.
00:13:44Et c'est une victoire pour le Hamas.
00:13:46C'est une victoire pour une opération qui a commencé par un pogrom.
00:13:49Et la reconnaissance de l'État palestinien par l'Occident,
00:13:52quoi qu'on en dise, c'est moins un geste humanitaire
00:13:55qu'une défaite qui ne veut pas dire son nom dans les circonstances présentes.
00:13:59Et on suivra évidemment le discours d'Emmanuel Macron à 21h sur CNews.
00:14:04Donathan recevra dans Face à l'Info la maire de Philippines.
00:14:08On marque une pause et on revient tout de suite.
00:14:09Retour sur le plateau de Face à l'Info.
00:14:17Dans un instant, nous accueillons en direct la maire de Blandine
00:14:20qui a été tuée, de Philippines, Blandine Lecarland,
00:14:24et Philippine qui a été tuée il y a un an au Bois-de-Boulogne à Paris.
00:14:28Nous en parlons avec elle dans un instant.
00:14:29D'abord, la journée du patrimoine a été marquée, Marc Menon,
00:14:33par des migrants qui ont investi l'hôtel de ville de Paris.
00:14:38Dites-nous, pourquoi, par qui ils ont été emmenés sur place
00:14:43et que s'est-il passé concrètement ?
00:14:44On se reconnaissait.
00:14:47On s'était déjà vus, si je puis dire.
00:14:49La gaieté lyrique, qui a été occupée pendant des mois,
00:14:53elle était sous l'instigation du collectif des jeunes du parc de Belleville.
00:14:59Ce sont eux qui se sont présentés lors de la journée du patrimoine
00:15:02à l'hôtel de ville avec 12 gaillards
00:15:06et honte à ce pouvoir qui fait la guerre aux mineurs isolés.
00:15:14Alors, j'aimerais rappeler à ces jeunes personnes
00:15:17qui semblent imprégnées d'une sorte de mission humaniste
00:15:22devant laquelle tout le monde devrait se courber
00:15:25les réalités de cette immigration qui est clandestine
00:15:30et qui conduit à des drames épouvantables.
00:15:33Les drames épouvantables, c'est de vivre dans la rue
00:15:36et de, quand on essaie d'être à leur côté
00:15:40et de réclamer comme ça un logement, un logement, un logement,
00:15:43eh bien, on oublie la réalité de ceux
00:15:46qui ont toutes les régularités pour être sur le territoire
00:15:51et qui ne peuvent pas se loger.
00:15:53Alors, il y a ceux qui sont mal logés, qui vivent dans des taudis,
00:15:58ceux qui sont dans de véritables lieux de pourrissement
00:16:01où respirer met la vie en danger,
00:16:05et puis il y a ceux qui sont carrément dans la rue.
00:16:09Il y a des chiffres étonnants.
00:16:12Tous les ans, depuis huit ans,
00:16:14il y a la journée de la solidarité,
00:16:16enfin la nuit de la solidarité,
00:16:18et vous avez des bénévoles qui y vont,
00:16:21dans les rues de Paris,
00:16:23dans les endroits aussi où éventuellement
00:16:25on peut trouver ceux qui n'ont pas de toit,
00:16:28et on essaie de dénombrer combien ils sont.
00:16:32Cette nuit, elle a eu lieu entre le 23 et le 24 janvier cette année.
00:16:38Combien de personnes ont été ainsi débusquées ?
00:16:433 507 personnes.
00:16:453 507 personnes qui ont le droit d'être sur notre sol
00:16:51et qui, malheureusement,
00:16:53ne peuvent pas, le soir, se mettre à l'abri.
00:16:58Parmi ces gens,
00:17:002 496 étaient là,
00:17:03acheminés lamentablement,
00:17:06dans les rues,
00:17:07ne prenant même pas la précaution de dormir,
00:17:10car ayant peur de l'agression,
00:17:13s'ils s'assoupissent dans une rue sombre.
00:17:17Cela allait plutôt solitaire.
00:17:20On en a trouvé 1049.
00:17:22Où ça ?
00:17:23Sur les talus,
00:17:25les bas côtés des périphériques.
00:17:28On en a trouvé aussi
00:17:29200 dans le métro,
00:17:32168 dans les gares,
00:17:3462 dans les hôpitaux,
00:17:3652 dans des parkings.
00:17:38Et il y a une histoire qui m'a bouleversé.
00:17:41Celle d'une jeune Congolaise
00:17:42qui a des papiers pour être chez nous,
00:17:45qui a deux petits-enfants.
00:17:46Elle a 24 ans, cette jeune femme.
00:17:48Elle a deux petits-enfants
00:17:49de 4 ans et 3 ans.
00:17:52Et elle n'a pas de logement.
00:17:54Et les enfants sont inscrits
00:17:55dans une école à Paris.
00:17:59Et la petite-fille de 4 ans disait
00:18:02« Moi, je ne dis pas à mes copines
00:18:03où je dors le soir,
00:18:05parce qu'avec mon nom, on ne sait pas. »
00:18:07Parfois, c'est loin, en banlieue.
00:18:09Alors, on se lève à 5h30.
00:18:11Et puis, il y a une heure et demie
00:18:15avant d'arriver à l'école
00:18:16et je ne sais pas
00:18:17où je dormirai le soir.
00:18:20Alors, au lieu d'avoir cet humanisme
00:18:22qui est un humanisme dogmatique
00:18:25où on se donne bonne conscience,
00:18:28penser à tout cela
00:18:29et accueillir pour accueillir
00:18:31ne fait que créer une inflation
00:18:33de la misère.
00:18:34Il est important pour nous
00:18:36de nous arrêter sur cette information
00:18:38puisque personne n'en parle.
00:18:40Merci beaucoup, Marc Menand.
00:18:41Hier se tenait aux Etats-Unis
00:18:43une cérémonie d'hommage à Charlie Kirk.
00:18:45Cérémonie qui a suscité
00:18:46les pires critiques
00:18:47de certains des détracteurs
00:18:49de Donald Trump
00:18:50et donc ces jours-ci aussi
00:18:52de Charlie Kirk.
00:18:53Charlotte, qu'est-ce qu'on pouvait
00:18:54retenir de cette cérémonie
00:18:56que vous avez suivie
00:18:58pendant 5h du début
00:18:59à la fin, mot après mot ?
00:19:01Oui, je l'ai suivie volontairement
00:19:04pendant 5h exactement
00:19:05pour être sûre de bien tout voir
00:19:07et de pouvoir analyser
00:19:08les commentaires qui en seraient faits
00:19:10ensuite dans la presse.
00:19:12Alors d'abord, on avait affaire
00:19:13à une cérémonie d'hommage
00:19:14qui était quasiment
00:19:15de l'ordre de l'enterrement religieux.
00:19:17Une figure publique
00:19:18considérée forcément
00:19:19par son camp
00:19:21comme le martyr de la cause
00:19:22qu'il défendait
00:19:23et qu'il défendait
00:19:24au moment où il a été assassiné.
00:19:26J'insiste sur ce point
00:19:27parce qu'on a eu une phrase
00:19:28étrange d'Aurélie Filippetti
00:19:29qui a dit, je la cite,
00:19:31« Tous les mouvements fascistes
00:19:32ont comme caractéristique
00:19:34de se victimiser
00:19:35et instrumentalisent
00:19:36leur prétendu héros
00:19:38mort au combat. »
00:19:39Alors je le dis à destination
00:19:40parce que personne ne l'a reprise
00:19:41quand elle a dit ça
00:19:42sur un plateau de télévision,
00:19:44c'est pas exactement
00:19:45une caractéristique fasciste
00:19:46mais absolument humaine.
00:19:48Rendre hommage
00:19:49à une personne qui meurt
00:19:50et en l'occurrence
00:19:51dans les circonstances
00:19:51qui est une victime
00:19:53qu'on peut détester par ailleurs
00:19:55ou bien aimer,
00:19:56être d'accord ou pas d'accord,
00:19:57c'est une victime d'un assassin
00:20:00et promettre de poursuivre son combat
00:20:02parce qu'elle a été victime
00:20:03de ce combat-là,
00:20:05c'est quelque chose
00:20:05absolument humain
00:20:06qu'on retrouve
00:20:07dans toutes les communautés humaines.
00:20:09C'est pas vraiment
00:20:09une caractéristique fasciste.
00:20:12Ensuite,
00:20:12c'était une cérémonie américaine
00:20:14en l'honneur
00:20:14d'un fervent américain.
00:20:16Indiscutablement,
00:20:17c'était une cérémonie
00:20:18très religieuse.
00:20:20Alors Le Monde,
00:20:20le journal cette fois-ci,
00:20:21parle d'un mélange des genres
00:20:22et sur ce point,
00:20:24il est vrai qu'un Français,
00:20:25en tout cas un Français
00:20:26post-révolution française,
00:20:27a un petit effort
00:20:28d'adaptation culturelle
00:20:29à faire devant
00:20:30la cérémonie
00:20:31qu'il y a eu hier
00:20:33aux Etats-Unis.
00:20:34Parce que l'athéisme d'État
00:20:35n'est pas une référence universelle.
00:20:37Il faudrait que
00:20:37les commentateurs français
00:20:39le comprennent
00:20:40et en effet,
00:20:40hier,
00:20:41tous,
00:20:41qu'ils soient politiques,
00:20:43militants,
00:20:43religieux,
00:20:44ont cité la Bible,
00:20:45Dieu,
00:20:46l'espérance,
00:20:46l'engagement religieux
00:20:47de Charlie Kirk
00:20:48et la vision de la société
00:20:50de Charlie Kirk
00:20:51qui découlait de cette foi
00:20:53et qui était donc chrétienne.
00:20:55Il y avait dans la foi
00:20:56de Charlie Kirk
00:20:57l'explication du modèle
00:20:58de société
00:20:59que par ailleurs
00:20:59il prônait.
00:21:00Et il y avait là
00:21:01le ferment
00:21:01de la division
00:21:03avec ses adversaires politiques.
00:21:04Pourquoi ?
00:21:05Parce que
00:21:05la modernité
00:21:06ou le progressisme
00:21:08dans son exception américaine
00:21:10mais qu'on retrouve largement
00:21:11en France,
00:21:12est très largement
00:21:14une révolte
00:21:14contre la dépendance.
00:21:16Dépendance
00:21:17évidemment à Dieu,
00:21:18dépendance
00:21:19à la naissance,
00:21:20c'est-à-dire que nous naissons
00:21:21avec un sexe,
00:21:22avec une famille,
00:21:23avec une lignée,
00:21:24avec une histoire,
00:21:25avec une culture
00:21:26qui nous est donnée,
00:21:27avec des limites évidemment,
00:21:29avec des limites par exemple
00:21:30dans la générosité,
00:21:31avec des limites
00:21:32dans ce que nous pouvons
00:21:33ou ne pouvons pas faire.
00:21:35Et le progressisme
00:21:36est très largement
00:21:36une révolte
00:21:37contre ça.
00:21:38Et la foi
00:21:39est évidemment
00:21:40une dépendance
00:21:41par rapport à Dieu,
00:21:42nous ne sommes que
00:21:43des créatures de Dieu
00:21:45et évidemment
00:21:45de cette foi,
00:21:47de cette dépendance
00:21:48en découle
00:21:48une infinité d'autres,
00:21:49notamment dans le respect
00:21:51de ce qu'on appelle
00:21:52la loi naturelle
00:21:54qui est respectée
00:21:55parce qu'elle est l'œuvre
00:21:56d'un créateur.
00:21:57Donc j'explique ça
00:21:57pour expliquer
00:21:58les différences
00:21:59de vision
00:21:59entre les deux
00:22:00et donc oui
00:22:00la foi de Charlie Kerr
00:22:01qui était évidemment
00:22:02le ferment
00:22:04on va dire
00:22:05de sa vision
00:22:06de la société.
00:22:08Alors c'est vrai
00:22:08que pour certains Français,
00:22:10pour un Français moderne
00:22:11on va dire
00:22:11la cérémonie était
00:22:12d'une incongruité totale
00:22:14avec en effet
00:22:14des membres du gouvernement
00:22:15jusqu'au président
00:22:16de la République
00:22:17des Etats-Unis
00:22:17bon c'était le moins à l'aise
00:22:18dans l'exercice religieux
00:22:19on va pas se mentir
00:22:20mais ils sont tous
00:22:21arrivés sur le podium
00:22:26pour expliquer
00:22:27qu'en effet
00:22:28le roi des rois
00:22:29était Dieu
00:22:29quelque chose
00:22:30qu'on n'imagine plus
00:22:31en France
00:22:32mais se tourner vers le ciel
00:22:33et particulièrement
00:22:34au moment d'honorer un mort
00:22:35n'est pas une incongruité
00:22:37dans l'histoire de l'humanité
00:22:38ni à travers les âges
00:22:39ni encore aujourd'hui.
00:22:40Et rappelons aussi
00:22:41qu'aux Etats-Unis
00:22:42leur devise
00:22:42c'est
00:22:43in God we trust
00:22:44la veuve de Charlie
00:22:46Cœur
00:22:46Charlotte Dornelas
00:22:47a fait un discours
00:22:48particulièrement religieux
00:22:51elle a annoncé
00:22:52qu'elle pardonnait
00:22:54au meurtrier
00:22:55de son mari
00:22:55comment analyser
00:22:57cette séquence
00:22:57qui a particulièrement marqué ?
00:22:59Alors c'est vrai
00:22:59qu'on a vu ce moment
00:23:00circuler absolument partout
00:23:02et il n'a pas empêché
00:23:03les accusations
00:23:03dans certains papiers
00:23:05dans certains commentaires
00:23:06de haine
00:23:06de fascisme
00:23:07voire vous l'avez dit
00:23:08de nazisme
00:23:09sur le service public
00:23:10tout simplement
00:23:10de comparer ce qui se passait
00:23:12à un meeting nazi
00:23:13il y a peut-être des limites
00:23:14quand même
00:23:14dans les comparaisons
00:23:16et il y a surtout
00:23:16des limites
00:23:17à la malhonnêteté
00:23:18je vais vous citer
00:23:19Érica Kerk
00:23:19quand elle prend la parole
00:23:20au cours des dix jours
00:23:22après l'assassinat de Charlie
00:23:23on n'a pas vu de violence
00:23:24on n'a pas vu d'émeutes
00:23:25on n'a pas vu de révolution
00:23:26au lieu de cela
00:23:27nous avons vu
00:23:28ce que mon mari
00:23:29avait souhaité
00:23:29pour ce pays
00:23:30dans ses prières
00:23:31nous avons vu
00:23:31un réveil
00:23:32dans cette phrase
00:23:34on a une femme
00:23:34qui se félicite
00:23:35de la sérénité
00:23:36de l'Amérique
00:23:37qui a été blessée
00:23:38par la mort de son mari
00:23:39par l'assassinat de son mari
00:23:40elle se félicite
00:23:42de cette sérénité
00:23:42et par ailleurs
00:23:43elle salue un réveil
00:23:44politique, culturel
00:23:45et religieux
00:23:46qu'elle a constaté
00:23:47après sa mort
00:23:47et elle annonce
00:23:49reprendre le flambeau
00:23:50pour accompagner ce réveil
00:23:52et donc servir
00:23:53les idées de son mari
00:23:54est-ce qu'il y a
00:23:55quelque chose
00:23:55de répréhensible à ça ?
00:23:57Est-ce qu'il y a
00:23:57quelque chose
00:23:58de comparable
00:23:58juste dans cette phrase
00:24:00au nazisme
00:24:01ou au fascisme ?
00:24:02Franchement
00:24:02je ne crois pas
00:24:04et elle poursuit
00:24:05et c'est le moment
00:24:06qui a le plus marqué
00:24:07évidemment
00:24:08Charlie se battait
00:24:09pour les jeunes hommes
00:24:09comme ce jeune homme
00:24:10qui lui a pris la vie
00:24:11sur la croix
00:24:12notre sauveur a dit
00:24:13père pardonne-leur
00:24:14ils ne savent pas
00:24:15ce qu'ils font
00:24:15cet homme
00:24:16ce jeune homme
00:24:17je lui pardonne
00:24:18parce que c'est ce que
00:24:18le Christ veut
00:24:19et c'est ce que Charlie
00:24:20aurait voulu
00:24:21on ne répond pas
00:24:22à la haine
00:24:22par la haine
00:24:22mais par l'amour
00:24:23alors
00:24:25elle dit ça
00:24:26on sent qu'il y a
00:24:26une douleur immense
00:24:28chez elle
00:24:28à prononcer cette phrase
00:24:29il y a vraiment
00:24:30un combat en elle
00:24:31pour réussir
00:24:32à prononcer cette phrase
00:24:33alors on peut
00:24:34ne pas comprendre la foi
00:24:35on peut ne pas
00:24:36comprendre le pardon
00:24:37on peut se méfier
00:24:39rester incrédule
00:24:41on peut aussi envier
00:24:42cette femme
00:24:43au moment où elle parle
00:24:44on peut être attiré
00:24:45par ce qu'elle fait
00:24:46on peut détester son combat
00:24:47on peut vouloir sa défaite
00:24:49mais je ne sais pas
00:24:50franchement
00:24:51quel degré
00:24:52de malhonnêteté
00:24:52il me faut
00:24:53pour déceler
00:24:54de la haine
00:24:54dans cette phrase
00:24:55vraiment
00:24:56et j'insiste là-dessus
00:24:57il faut au moins
00:24:58avoir l'honnêteté
00:24:59de reconnaître
00:25:00que cette femme
00:25:00dans son témoignage de foi
00:25:02est d'une cohérence
00:25:03qui est objectivement
00:25:04surnaturelle
00:25:05naturellement
00:25:06il est impossible
00:25:07de prononcer cette phrase
00:25:08dix jours après la mort
00:25:09de son mari
00:25:10et on sent au moment
00:25:11où elle le prononce
00:25:12elle-même
00:25:12que c'est encore
00:25:13un combat pour elle
00:25:14pour y parvenir
00:25:15et dans une Amérique
00:25:17que l'on décrit tous
00:25:18comme divisée
00:25:18et légitimement
00:25:19qui le demeure encore
00:25:21aujourd'hui
00:25:21qui est tentée
00:25:22par l'affrontement
00:25:22permanent
00:25:23cette parole
00:25:24est une parole
00:25:24d'apaisement
00:25:25comme nous n'entendons
00:25:26absolument jamais
00:25:27quelles que soient
00:25:28les circonstances
00:25:29des morts
00:25:30qui font l'actualité
00:25:31aujourd'hui
00:25:32nous aurions pu au moins
00:25:33avoir l'honnêteté tous
00:25:34de souligner
00:25:35que c'était une parole
00:25:36d'apaisement
00:25:36à un moment
00:25:37où l'Amérique
00:25:38en manque cruellement
00:25:39et pourtant
00:25:40certains ont fait remarquer
00:25:41que ce pardon
00:25:42n'a pas empêché
00:25:43les appels
00:25:44à poursuivre le combat
00:25:45la rhétorique
00:25:46du bien et du mal
00:25:48voire même
00:25:48la lutte du bien
00:25:50contre le mal
00:25:51comment le décrypter ?
00:25:52et bien là encore
00:25:53en effet
00:25:53une époque relativiste
00:25:54doit faire un petit effort
00:25:55d'adaptation
00:25:56si elle veut comprendre
00:25:57le combat que mène
00:25:57un chrétien dans le monde
00:25:59le chrétien croit
00:26:00à l'existence
00:26:01du bien et du mal
00:26:02et il y voit même
00:26:03l'affrontement ultime
00:26:04entre Dieu et le diable
00:26:06donc le but de la vie
00:26:07est de choisir le bien
00:26:08Dieu
00:26:09et de rejeter le mal
00:26:10c'est la vision
00:26:11d'un chrétien
00:26:12jusque dans le monde
00:26:13donc quand un chrétien
00:26:14pardonne
00:26:15il n'exerce pas
00:26:18une indifférence au mal
00:26:20vous savez parfois
00:26:20on a dit
00:26:20vous n'aurez pas ma haine
00:26:23sous-entendu
00:26:23je ne vous regarde même pas
00:26:25le pardon n'est pas
00:26:26une indifférence au mal
00:26:27c'est pardonner une personne
00:26:29malgré le mal qu'elle a fait
00:26:31qui lui est identifié
00:26:32et qui continue d'être combattu
00:26:34c'est le mal qui est combattu
00:26:35et non la personne
00:26:36qui le commet
00:26:37qui elle demeure
00:26:38dans la vision chrétienne toujours
00:26:40un enfant de Dieu
00:26:41raison pour laquelle
00:26:42le pardon n'empêche pas
00:26:43la justice
00:26:44n'empêche pas de vouloir
00:26:45que justice passe
00:26:46parce que le mal commis
00:26:47mérite d'être puni
00:26:48ni le combat pour discerner
00:26:50le vrai du faux
00:26:51et le bien du mal
00:26:52qui demeurent différents
00:26:53à l'inverse aujourd'hui
00:26:55notre relativisme
00:26:57se méfie et du bien
00:26:58et du mal
00:26:59et brouille
00:27:00il se méfie de cette vision
00:27:01qu'il juge trop morale
00:27:02ou trop religieuse
00:27:03et donc il brouille
00:27:04les frontières
00:27:05en jugeant que le bien
00:27:06et le mal
00:27:07ne se reconnaissent
00:27:08que relativement
00:27:10aux circonstances
00:27:10dans lesquelles
00:27:11on les observe
00:27:12jusque parfois
00:27:13jusqu'à la nausée
00:27:14parce que
00:27:15je dis jusqu'à la nausée
00:27:16parce que si tout est relatif
00:27:18aux circonstances
00:27:19alors on finit par brouiller
00:27:20les actes
00:27:22c'est-à-dire qu'on ne finit
00:27:22par ne plus reconnaître
00:27:23le bien et le mal
00:27:24dans les actes
00:27:24et on finit par haïr
00:27:25les personnes
00:27:25dans ce que l'on reconnaît
00:27:27soi-même
00:27:27avec sa subjectivité
00:27:28comme étant mauvais
00:27:30certains ne parviennent plus
00:27:31depuis quelques jours
00:27:32à voir simplement
00:27:33que tuer quelqu'un
00:27:33qui est en train de débattre
00:27:35parce qu'on ne supporte pas
00:27:35ses idées
00:27:36est un mal
00:27:37et les mêmes
00:27:38souvent malheureusement
00:27:39ne parviennent plus
00:27:40à admettre
00:27:40que réussir à pardonner
00:27:41c'est-à-dire à ne pas livrer
00:27:42son cœur à la haine
00:27:43dans de telles circonstances
00:27:44est un bien
00:27:45et je me répète
00:27:46sans doute
00:27:47mais il y a probablement
00:27:48ici l'affrontement
00:27:49profondément spirituel
00:27:50qui est le nôtre
00:27:51et que parfois
00:27:52en France
00:27:52on a du mal
00:27:53à regarder
00:27:55ou même à déceler
00:27:56tel qu'il est
00:27:57Merci beaucoup
00:27:59Charlotte Dornelas
00:28:00pour ces mots
00:28:01et cette analyse
00:28:02nous allons maintenant
00:28:04accueillir
00:28:05la mère de
00:28:07Philippine
00:28:08Blandine de Carlan
00:28:10qui nous a fait
00:28:11qui nous a accordé
00:28:12sa confiance
00:28:12pour venir sur le plateau
00:28:14ce soir
00:28:15rappelons que
00:28:16Philippine a été tuée
00:28:17il y a pile un an
00:28:20au bois de Boulogne
00:28:21au lendemain
00:28:21de sa disparition
00:28:22son corps a été retrouvé
00:28:24l'autopsie a conclu
00:28:26à une mort
00:28:26par asphyxie
00:28:27elle était étudiante
00:28:29en troisième année
00:28:30de licence économie
00:28:31et d'ingénierie financière
00:28:33à l'université
00:28:34de Paris Dauphine
00:28:35le meurtrier
00:28:36sous au QTF
00:28:37Tahao
00:28:38un marocain
00:28:39de 22 ans
00:28:40avait été
00:28:41arrêté
00:28:42en Suisse
00:28:42quelques jours plus tard
00:28:44il est depuis
00:28:44incarcéré
00:28:45et mis en examen
00:28:47pour
00:28:47je cite
00:28:48meurtre
00:28:49accompagné
00:28:50d'un autre crime
00:28:50et viol
00:28:51en récidive
00:28:53de la mort
00:28:56et la mort
00:28:57Abonnez vous ...
00:29:27...
00:29:57Blandine de Carlin, bonsoir.
00:30:07Nous tenions absolument à rendre hommage à Philippine à travers ces photos que vous nous avez envoyées.
00:30:15Première question, comment est-ce que vous revivez ?
00:30:18Comment est-ce que vous avez vécu ce week-end, ce triste anniversaire depuis samedi ?
00:30:26Alors, j'ai eu la chance d'avoir des enfants qui ont proposé une marche pour que nous ne restions pas seuls, chacun de notre côté, à penser à Philippine.
00:30:38Et donc, nous avons organisé une grande marche, c'est-à-dire le dernier trajet de Philippine, de sa première tombe, où elle était enterrée par son assassin, jusqu'à la cathédrale, où il y a eu une messe qui a été dite.
00:30:55Puis, certains ont repris de la cathédrale de Versailles jusqu'au cimetière, où vous avez vu la tombe.
00:31:03Une trentaine de kilomètres ?
00:31:04Oui. Alors, pour être honnête, certains, comme moi, ont appris le train entre deux stations.
00:31:12Et à la cathédrale, combien de personnes se sont retrouvées ?
00:31:15Oui, on était plus de 200. Mais le matin, on avait choisi l'intimité familiale, pour faire les premiers kilomètres. Et ce n'était pas du tout triste, on a parlé de plein de choses.
00:31:29Mais on était ensemble. Et les personnes qui étaient là ont dit, mais vous nous avez invitées, c'était évident de venir pour Philippine, pour vous. Voilà.
00:31:42Ensemble, c'est un mot sur lequel je vais revenir dans un instant, qui est le paradoxe avec le mot « seul ». On en parlera dans un instant.
00:31:50Mais vous m'avez dit que vous voulez faire des remerciements. Vous y teniez particulièrement. Je ne sais pas lesquels, mais je veux vous le rappeler, par honnêteté.
00:31:58Alors, moi, je veux remercier de la part de mon mari et des enfants.
00:32:04Qui est ici, dans le studio, avec nous, votre époux.
00:32:06Oui. Des journalistes de CNews qui ont, il y a un an, tout de suite, pris ce fait d'hiver.
00:32:14Pour la population, c'était un fait d'hiver.
00:32:17Vous l'avez pris à bras-le-corps.
00:32:20Et vous avez choisi des mots forts.
00:32:23Et les personnes qui vous écoutent, qui vous regardent,
00:32:27se sont mis en route.
00:32:29Alors, et on a eu, voilà, ils ont eu beaucoup de compassion.
00:32:35Ils nous ont soutenus, que ce soit financièrement, que ce soit par la prière.
00:32:42Les non-croyants, ben, ils avaient de la compassion autant.
00:32:46Et on s'est sentus soutenus.
00:32:48Et alors, je voudrais remercier spécialement Mme Cluzel, de la part de mon mari et de mon fils.
00:32:53C'est grâce à elle que vous êtes là ce soir.
00:32:54Oui, mais ils m'ont dit, de toute façon, Gabriel, parce qu'il ne vous appelle pas votre petit nom,
00:33:03n'a jamais, enfin, on n'a jamais entendu un édito aussi beau que celui de Gabriel.
00:33:10Voilà. Donc, je voulais vous remercier.
00:33:13On s'en souvient encore.
00:33:14Vous avez décrit Philippine et ils l'ont retrouvé.
00:33:16Vous avez eu les mots justes.
00:33:18Donc, me voici ce soir avec vous.
00:33:20Merci pour votre confiance.
00:33:21Très touchée. C'est un très beau cadeau que vous me faites ce soir.
00:33:25On s'en souvient encore de cet édito, Gabriel Cluzel, sur le portrait de Philippine.
00:33:31Vous m'avez dit que, depuis ce week-end, vous ne vivez presque plus au jour d'aujourd'hui,
00:33:37mais au rythme de ce qui s'est passé il y a pile un an.
00:33:41C'est-à-dire que dimanche, pour vous, hier, c'était le jour de l'autopsie.
00:33:46Voilà. En fait, ça a été décalé d'un an.
00:33:49Donc, samedi, ça a été un peu sa mort, enfin, et sa recherche.
00:33:57Hier, c'était donc l'autopsie.
00:34:00On a découpé ma petite-fille.
00:34:02En fait, c'est ça, une autopsie.
00:34:05Et cette autopsie, on n'a pas eu vraiment les résultats.
00:34:09On les a eu au compte-gouttes.
00:34:13Par exemple, neuf mois après, j'ai su qu'elle n'avait eu aucun os cassé.
00:34:20Or, la radio avait été faite avant l'autopsie.
00:34:25Voilà.
00:34:26Donc, on a attendu l'autopsie.
00:34:28Et puis après, il fallait attendre qu'elle puisse être enterrée.
00:34:32Donc, et puis, on a attendu de pouvoir l'avoir à l'Institut Médico-Légal.
00:34:41Les policiers, le soir, nous avaient dit qu'on a retrouvé un corps.
00:34:46Ils nous ont très, très mal annoncé cette découverte d'un corps.
00:34:51On ne savait même pas que...
00:34:51Nous, on était persuadés que c'était Philippine.
00:34:55Ils n'avaient pas le droit de nous dire que c'était Philippine.
00:34:58Mais ils l'ont très, très mal annoncé.
00:34:59Qu'est-ce qu'ils vous ont dit ? Comment ils vous l'ont annoncé ?
00:35:03Alors, il y a une première policière qui nous a dit qu'on a retrouvé des habits.
00:35:08Parce qu'on s'était...
00:35:09Quand on a appris que le téléphone avait été retrouvé, on s'est réunis.
00:35:13Et puis, une policière dit qu'on a retrouvé des habits.
00:35:18Et voilà.
00:35:19Le monde s'est arrêté.
00:35:23Parce que nous, on avait vu beaucoup d'habits.
00:35:24Mais ce n'était pas la même chose.
00:35:27Ne vous affolez pas.
00:35:28Ce sont des habits.
00:35:29Puis, on a attendu, attendu.
00:35:31Je n'ai aucune notion du temps.
00:35:33Et une autre policière est arrivée et a dit...
00:35:35Bon, ceux qui ont vu le corps se mettent là et les autres se mettent là.
00:35:42Et le mot corps est arrivé.
00:35:44Comme ça.
00:35:45Devant moi.
00:35:47J'étais avec mon mari, mes enfants, ceux qui faisaient de la battue.
00:35:50Et ils ne pouvaient pas nous dire...
00:35:52Ah non, on ne sait pas si c'est Philippine ou pas.
00:35:55Mais voilà.
00:35:56Et j'ai dit...
00:35:57Laissez-moi y aller.
00:35:58Laissez-moi y aller.
00:36:00Ah bah non.
00:36:00Et voilà.
00:36:01Et là, j'ai été...
00:36:02J'ai attendu.
00:36:04J'ai attendu.
00:36:04J'ai dit...
00:36:05Mais c'est...
00:36:07Laissez-moi la déterrer, la toucher, la caresser.
00:36:10Je ne mettrai rien.
00:36:11Donnez-moi des gants.
00:36:13Non.
00:36:13Non.
00:36:14Non.
00:36:14Donc, tout ce qu'on avait fait pendant 24 heures, on a...
00:36:18Comme vous disiez, on a été seul.
00:36:20Seul.
00:36:20Seul.
00:36:22Mes fils ont vu l'assassin.
00:36:26Mon cadet lui a parlé.
00:36:29Il s'est enfui.
00:36:30Des gens de la battue l'ont poursuivi.
00:36:32S'il y avait eu deux policiers, il l'aurait arrêté.
00:36:36Et on était seul.
00:36:39Donc, après, le but des adultes, c'était d'éloigner les jeunes de ce tertre et d'appeler la police qui est venue.
00:36:47À partir de là, il y avait des rubalises et on était derrière.
00:36:52Et c'est là où vous avez dit le mot de dépossédé.
00:36:54Vous êtes battue seule pour retrouver le corps de Philippine, de votre fille.
00:37:02Battue pour pouvoir arriver, effectivement, à retrouver ce corps.
00:37:06Et lorsque vous êtes arrivée à l'Institut Médico-Légal, lorsqu'on vous a dit que vous alliez voir le corps de votre fille,
00:37:12là, vous dites que c'était le choc absolu puisque ça ne correspondait en rien à ce qu'on vous avait décrit en amont de ce que vous deviez voir.
00:37:21Voilà, la police, on nous a renvoyé en voiture.
00:37:25On a pris notre voiture, comme on fait tous les jours, en devant laisser notre petite-fille, notre soeur, notre fillancée, là, dans les bois.
00:37:35On est arrivés, puis quelques heures plus tard, ils se sont en disant, vous avez de la chance, vous ne serez pas obligés de faire une reconnaissance de corps
00:37:43parce que c'est bien ses habits, c'est bien sa chaîne, c'est bien la chance.
00:37:48Et elle n'a eu que quelques griffures.
00:37:49C'est ce qu'on vous dit en amont ?
00:37:52Oui.
00:37:52Et lorsque vous découvrez ?
00:37:54Elle est, d'abord, on ne voit que sa figure, même pas ses oreilles.
00:37:59On voit que sa figure qui est bleue et marquée de coups.
00:38:01Cécile, ma fille, me disait, on a tous, elles disent, je me souviens de ça, quand on est rentrées, parce qu'elle était derrière une vitre glacée.
00:38:15On est rentrées dans la salle, elle était face à nous, et tous sous le choc.
00:38:22C'était notre vie.
00:38:25Et je précise que vous ne savez jusqu'à aujourd'hui, à l'heure qu'il est, rien du calvaire qu'elle a subi.
00:38:34Rien.
00:38:34Si elle a été, c'est le secret de l'instruction manifestement qui fuit, elle aurait été étranglée.
00:38:40Mais on ne sait pas la durée du calvaire.
00:38:44Voilà.
00:38:44Moi, j'ai arrêté une pendule à 13h48, parce que je sais qu'à 13h48, elle vivait.
00:38:50À partir de 13h49, 10h s'est arrêtée.
00:38:54Je ne sais pas comment il l'a chopée.
00:38:56S'il lui a parlé, forcément, puisqu'il a pris son code.
00:39:00Quand il l'a menacée, quand il l'a griffée, quand il l'a traînée, quand il l'a violée, non, je ne le sais.
00:39:06Rien.
00:39:06Et là, vous dites que l'assassin a encore le pouvoir de vous torturer.
00:39:12Oui, parce que c'est son silence.
00:39:15Et même quand il parlera, et s'il mentait.
00:39:20S'il mentait.
00:39:22Oui, je voulais dire aussi, le dimanche, on a été entendus par la police.
00:39:28J'ai fini par reprendre, je ne sais plus le commandant ou le capitaine, je ne sais plus qui.
00:39:32J'ai dit, mais arrêtez de dire, le corps, le corps, le corps, c'est ma fille, dite Philippine.
00:39:41Le corps, voilà.
00:39:43Et je tiens à dire quand même que Thibaut, le fiancé, a été le premier suspect.
00:39:49Il avait 19 ans.
00:39:51Il a été entendu deux fois deux heures.
00:39:54par deux policiers en face.
00:39:57Et évidemment, étant majeur, il n'avait pas le droit d'avoir ses parents pour le soutenir.
00:40:02Ni personne.
00:40:05Et pendant ce temps, l'assassin, présumé, partait en Suisse.
00:40:09Oui, aidé par sa mère et sa soeur.
00:40:11Gabrielle Cluzel, j'ai encore beaucoup de questions à vous poser.
00:40:15Je laisse la place à Gabrielle Cluzel.
00:40:16C'est grâce à elle qu'on vous a sur le plateau.
00:40:19Merci encore de nous accorder votre confiance.
00:40:22Oui, alors moi, je voulais déjà vous dire toute mon émotion.
00:40:24Je pense qu'elle est partagée par les téléspectateurs de CNews
00:40:28qui voudraient vous aider, vous soutenir.
00:40:30C'est très difficile de savoir ce qu'il faut faire.
00:40:32Ils ont tous très envie de vous enturer, vous, votre mari, vos enfants.
00:40:37C'est assez évident.
00:40:40Alors, moi, j'aimerais qu'on parle de Philippines.
00:40:44Vous avez fait ériger une stèle dans le bois de Boulogne
00:40:47avec ces mots que je trouve très beaux.
00:40:49Pensez à elle, qu'elle vous protège.
00:40:52Pourquoi cette phrase est-elle si importante ?
00:40:54Est-ce que ça lui ressemble de protéger les autres ?
00:40:56Et est-ce que finalement, on nous peut tous aller fleurir cette stèle
00:40:59pour vous montrer notre compassion et notre soutien ?
00:41:03Voilà, voilà sa stèle.
00:41:04C'était depuis un an, dans une feuille que j'avais plastifiée.
00:41:10Personne n'en avait rien vu.
00:41:12Il a fallu la stèle qu'un marbrillé a fait avec beaucoup, beaucoup d'amour.
00:41:18Et l'amour, ça se transmet.
00:41:21Oui, qu'elle vous protège parce que le monde est difficile.
00:41:24Il y a, pour les jeunes, pour les moins jeunes,
00:41:28et que les jeunes viennent et qu'elle les protège parce que, oui,
00:41:38le monde est de plus en plus difficile quand même pour eux,
00:41:42quand on voit ce qui se passe tous les jours.
00:41:43Et je pense qu'elle avait une force déjà, et elle l'a certainement encore,
00:41:49cette force de l'amour.
00:41:51Elle aimait les gens.
00:41:53Mais c'était impressionnant.
00:41:55Et comme elle les aimait et qu'elle avait pour elle
00:41:57beaucoup de rigueur et d'envie d'être meilleure,
00:42:04pas la meilleure, mais d'être meilleure, de toujours progresser,
00:42:08et bien voilà, son amour faisait qu'elle disait des choses
00:42:12pour que les autres progressent.
00:42:13Mais c'était...
00:42:14Elle le faisait avec tellement d'amour qu'on était obligés
00:42:17de dire, oui, ma fifi.
00:42:21Même si...
00:42:23Et voilà, c'était Philippine.
00:42:25Oui, je suis sûre qu'elle est capable de protéger.
00:42:27Alors après, elle a peut-être beaucoup, beaucoup de travail.
00:42:30Parce qu'il y a beaucoup de gens à protéger.
00:42:32Oui, vous disiez qu'elle donnait beaucoup.
00:42:34Elle a même donné ses cheveux.
00:42:36Oui, mais moi, je n'avais jamais entendu ça.
00:42:39Je ne vous avais pas averti.
00:42:41Si, elle m'avait dit...
00:42:43Enfin, c'est au moment où elle m'a dit
00:42:45j'ai regardé bien deux entreprises,
00:42:47j'ai fait la comparaison,
00:42:49celle-là me semble mieux,
00:42:50j'ai coupé, je ne les avais jamais teints,
00:42:52jamais...
00:42:53Je n'ai fait que des soins naturels,
00:42:55c'est bon pour une femme qui en a besoin
00:42:57parce qu'elle a un cancer, moi je ne l'ai pas.
00:42:59C'est normal, mes cheveux poussent tout seuls.
00:43:02Et voilà, c'était ma Philippine.
00:43:04Elle donnait du temps.
00:43:07Elle donnait, voilà, à son cœur, à son fiancé.
00:43:10Ils étaient vraiment charmants.
00:43:13Ils se complétaient bien.
00:43:15C'était facile.
00:43:17Elle voulait fonder une famille, avoir des enfants.
00:43:19Je me souviens des paroles de votre époux.
00:43:21Alors moi, je ne les avais pas entendues,
00:43:22je n'étais pas dans l'église,
00:43:22mais je les ai lues dans la presse
00:43:24qui disaient,
00:43:24normalement, c'est dans ta robe blanche
00:43:26que j'aurais dû t'emmener.
00:43:27Et c'est vrai que tous ces projets-là
00:43:29sont, j'imagine, dans votre cœur
00:43:32et dans celui de son fiancé
00:43:34qui est un peu oublié peut-être dans cette affaire.
00:43:35J'espère qu'on ne l'oublie pas.
00:43:37Il reste très proche de la famille.
00:43:38Et alors, mon jean me montrait
00:43:44qu'en fait, Thibaut était toujours très en retrait.
00:43:49Mais quand on voit son année,
00:43:51qui a été horrible, totalement horrible,
00:43:55incompréhensible, intolérable,
00:43:58il a imité Philippine.
00:44:01Il est devenu scout.
00:44:04Alors qu'il nous avait dit dans son petit texte
00:44:08que lui, de toute façon,
00:44:10il avait fait sa prépa juste pour Philippine
00:44:12parce qu'il voulait donner un toit
00:44:14et avoir une bonne situation
00:44:15pour donner tout ce que Philippine voulait,
00:44:18dont les enfants.
00:44:20Parce qu'il me dit,
00:44:20oui, on avait dit trois,
00:44:21mais avec Philippine, ça aurait été cinq.
00:44:24Et le chien,
00:44:26il a continué à travailler.
00:44:27Il a eu son année.
00:44:29Alors que, voilà,
00:44:31il avait dit, je ne le fais que pour Philippine.
00:44:32Donc, on sent Philippine vivre en lui.
00:44:36Et une gentillesse avec nous
00:44:37et avec les neveux de Philippine.
00:44:41Vraiment, c'est un oncle.
00:44:43C'est presque un parrain
00:44:44puisqu'il y en a deux qui ont perdu leur marraine.
00:44:47Deux petits qui n'ont plus jamais de marraine.
00:44:50Parce que, oui, c'est ça que je voulais dire aussi,
00:44:51c'est que l'assassin a pris la vie de Philippine
00:44:55et sera jugé pour ça.
00:44:57Mais il ne sera pas jugé
00:45:00pour tout l'avenir qu'elle avait
00:45:02et tout l'amour qu'elle devait nous donner
00:45:05et nous lui donner.
00:45:07Et il y avait, à la marche,
00:45:09il y avait beaucoup de jeunes
00:45:10qui sont venus discuter après.
00:45:12Et j'aurais dit, mais aimer, aimer ?
00:45:15Il me dit, oui, mais Philippine,
00:45:16elle savait faire.
00:45:17J'ai dit, mais vous savez faire
00:45:18puisqu'elle est devenue comme ça.
00:45:19C'est grâce à vous ?
00:45:21C'est grâce aux gens qu'elle a rencontrés ?
00:45:22Et après, elle n'est pas tombée du ciel.
00:45:25Je ne pense pas.
00:45:26Voilà.
00:45:27Donc...
00:45:29Qu'est-ce qui vous aide à tenir,
00:45:31à continuer dans la douleur ?
00:45:37Alors, j'aurais envie de dire la prière, mais non.
00:45:41Peut-être, mais je ne le ressens pas.
00:45:44Ce qui m'aide à tenir, c'est que Philippine,
00:45:47c'était un peu serre les dents.
00:45:50Elle se le disait quand elle a eu sa maladie,
00:45:52quand elle a eu des échecs,
00:45:53c'est serre les dents.
00:45:55Ou quand, voilà, elle a raté son code,
00:45:56on ne sait même pas combien de fois.
00:45:59Serre les dents et tu recommences.
00:46:01Et tu te remets debout.
00:46:03Et peut-être...
00:46:05Et sa cousine préférée, chérie,
00:46:09sa soeur,
00:46:11la disait, on ne peut pas rater
00:46:13si Philippine est à côté de nous.
00:46:17On est obligé de se lever tous les matins.
00:46:19Donc vous serrez les dents comme elle.
00:46:21Comme elle.
00:46:21Et en plus, moi, j'ai un travail quand même
00:46:24très bien pour ça.
00:46:27Parce que quand je suis devant ma classe,
00:46:31c'est les 55 minutes
00:46:32où je ne pense pas à Philippine.
00:46:34Vous êtes prof de maths.
00:46:35Oui.
00:46:36J'ai beau avoir des jeunes devant moi,
00:46:39je me réjouis qu'ils soient vivants.
00:46:42Avant de rentrer dans ma salle,
00:46:43je pense à Philippine.
00:46:44Après, je penserai à Philippine.
00:46:47Et pendant les 55 minutes,
00:46:49je suis avec eux.
00:46:50Et c'est parti.
00:46:51Est-ce qu'il y a un message que vous souhaiteriez
00:46:53adresser aux autres familles
00:46:54confrontées à des drames similaires ?
00:46:57Non, je crois que la souffrance est très personnelle.
00:47:02Je ne me vois pas ni adhérer à une association,
00:47:05ni donner des conseils.
00:47:08Je suis très entourée.
00:47:09autant la famille,
00:47:13les amis,
00:47:15et puis similaires.
00:47:19Moi, je sais
00:47:20qu'on a retrouvé Philippine
00:47:22et qu'elle repose en paix.
00:47:26Le cimetière,
00:47:27c'est vraiment un endroit d'apaisement.
00:47:29Pour vous, lorsque vous allez au cimetière,
00:47:31c'est là où vous êtes en paix.
00:47:34Oui, et je pleure beaucoup
00:47:35au cimetière qu'il y a.
00:47:37Oui.
00:47:38Oui.
00:47:39Alors, est-ce qu'elle est en paix
00:47:40quand elle voit
00:47:41tout ce qui se passe ici ?
00:47:44Je ne sais pas.
00:47:47Elle doit faire
00:47:48tout ce qu'elle peut.
00:47:50Mais,
00:47:51mais bon,
00:47:53elle est près du père.
00:47:54Alors après, moi,
00:47:55je ne sais pas comment c'est,
00:47:56mais elle est près du père.
00:47:58et elle fait ce qu'elle peut pour nous.
00:48:01Si elle était là aujourd'hui,
00:48:02qu'est-ce que vous auriez aimé lui dire ?
00:48:06Pardon.
00:48:07Pourquoi ?
00:48:08Pardon pour tout ce que je n'ai pas fait,
00:48:10tout ce que je ne t'ai pas dit
00:48:12assez que je t'aimais.
00:48:15Pardon.
00:48:18Voilà, parce que
00:48:19il y avait tellement de choses
00:48:20à faire avec toi
00:48:21où je t'ai dit non,
00:48:22où j'étais fatiguée,
00:48:23je ne me suis pas promenée.
00:48:25Tu as été une lumière
00:48:26et
00:48:27et je n'étais pas à la hauteur.
00:48:29Pourquoi vous culpabilisez ?
00:48:32Je culpabilise parce que
00:48:33non,
00:48:34pas du tout,
00:48:35enfin,
00:48:36pas du tout,
00:48:36non,
00:48:36pas,
00:48:37voilà,
00:48:38j'aurais préféré,
00:48:40voilà,
00:48:40alors je lui ai dit,
00:48:41je vais essayer d'être une bonne grand-mère.
00:48:43Vous avez été une mère exceptionnelle,
00:48:45exceptionnelle,
00:48:46de la part menée.
00:48:47Non, non, non,
00:48:47ne dites pas ça,
00:48:48les enfants vont,
00:48:50non, non, non.
00:48:51On sait tous que vous avez été
00:48:52une mère exceptionnelle.
00:48:53J'ai,
00:48:54voilà,
00:48:55ce que j'ai pu le faire,
00:48:57c'est la retrouver.
00:48:58Et ça,
00:48:59mon frère m'avait dit,
00:48:59on arrête la battue.
00:49:00J'ai dit non,
00:49:01elle est là,
00:49:02je le sais.
00:49:04Et c'est la seule chose
00:49:05que j'ai faite.
00:49:08Gabrielle,
00:49:08c'est vous qui avez fait Philippine
00:49:10et c'était un beau rayon de soleil.
00:49:13Donc, c'est magnifique.
00:49:14C'est magnifique.
00:49:14C'est magnifique.
00:49:16On a le sentiment,
00:49:17j'ai lu l'entretien que vous avez accordé
00:49:18au Figaro,
00:49:19que vous avez quand même été
00:49:20presque abandonnée.
00:49:22Vous avez fait face
00:49:23à une forme d'indifférence,
00:49:24dans une dilution des responsabilités,
00:49:26donc,
00:49:27et une chaîne de dysfonctionnement
00:49:29pour parler pudiquement.
00:49:30Donc,
00:49:31vous expliquez que,
00:49:33finalement,
00:49:33il n'y a pas eu de gerbe
00:49:34sur la tombe de Philippine,
00:49:35il n'y a pas de sentiment
00:49:36de ceux qui auraient pu
00:49:38se sentir responsables.
00:49:39Vous avez été entourée par qui ?
00:49:41Par votre paroisse et vos amis,
00:49:42mais sinon,
00:49:43au lieu,
00:49:43personne ne s'est manifesté ?
00:49:44Monsieur Retailleau.
00:49:46Monsieur Retailleau était présent
00:49:47et il nous a montré la loi
00:49:50qu'il voulait faire passer.
00:49:51Et donc,
00:49:52là,
00:49:53on s'est...
00:49:54On a assisté au débat.
00:49:56Oui.
00:49:57Le préfet,
00:49:58des Yvelines aussi,
00:50:00a dit
00:50:00tout ce que vous voulez.
00:50:02Enfin,
00:50:03raisonnablement.
00:50:05Voilà.
00:50:06Oui.
00:50:06Et notre maire,
00:50:08parce qu'il a...
00:50:09voilà.
00:50:10Mais,
00:50:11non,
00:50:11non,
00:50:11non.
00:50:11Les personnes
00:50:12que je considère,
00:50:16mais après,
00:50:17je ne connais pas la loi.
00:50:18Je ne suis pas avocate,
00:50:19je ne suis pas juriste.
00:50:21Les personnes
00:50:22qui ont...
00:50:25qui,
00:50:26pour moi,
00:50:27ont manqué
00:50:28à leur responsabilité
00:50:29et même
00:50:31quand ils m'ont accueilli
00:50:33ou non accueilli
00:50:34au premier commissariat,
00:50:37je n'ai pas eu de mots,
00:50:38je n'ai pas vu
00:50:40de gerbe,
00:50:41je n'ai rien.
00:50:43Rien.
00:50:43Moi,
00:50:43je pense qu'ils dorment bien.
00:50:45Parce que nous,
00:50:46on en a pris
00:50:46à perpétuité.
00:50:48Eux,
00:50:48manifestement,
00:50:49pas.
00:50:50Je ne comprends pas
00:50:51cet envers du décor
00:50:52où vous êtes...
00:50:54La battue,
00:50:55c'est vous.
00:50:56Vous vous sentez seule.
00:50:57Vous êtes...
00:50:58Seule, mais...
00:50:58Seule,
00:50:59par...
00:51:00Non,
00:51:01c'est seule...
00:51:02Vous n'avez pas
00:51:03les informations qu'il faut.
00:51:04Oui,
00:51:04par rapport aux institutions.
00:51:06Oui.
00:51:07Voilà.
00:51:07Parce que sinon,
00:51:08vous êtes entouré
00:51:08par votre famille,
00:51:09vos amis...
00:51:10Oui,
00:51:10mais c'est stupéfiant
00:51:12de vous entendre
00:51:13et c'est terrifiant
00:51:13de vous entendre
00:51:15comme ça isolé
00:51:16avec des informations
00:51:17qui vous parviennent
00:51:17six mois,
00:51:18neuf mois plus tard
00:51:19qui sont des informations
00:51:20capitales.
00:51:21C'est stupéfiant
00:51:22d'entendre
00:51:23le témoignage
00:51:24de l'autre côté,
00:51:25effectivement,
00:51:27de la part
00:51:27d'une famille.
00:51:28C'est vraiment terrifiant.
00:51:29Alors...
00:51:30Ensuite, Mathieu.
00:51:31Ah, pardon.
00:51:32Non, allez-y.
00:51:33Non, parce que...
00:51:33Moi, il n'y a pas à dire.
00:51:35C'est un truc bête
00:51:37que je vais dire,
00:51:37mais j'aime la France,
00:51:39mais je suis comme Philippine.
00:51:40Il y a des trucs
00:51:41qui ne vont pas.
00:51:43Voilà.
00:51:43Elle était comme ça.
00:51:44Elle aimait une personne.
00:51:45Elle lui disait
00:51:45ce truc-là,
00:51:46ça ne va pas.
00:51:47Et qu'est-ce qui ne va pas
00:51:48pour vous en France ?
00:51:49Eh bien,
00:51:50la loi qui a été retoquée.
00:51:52Enfin, non.
00:51:53Censurée.
00:51:53Conseil constitutionnel.
00:51:54Une loi qui censure
00:51:55une loi qui aurait...
00:51:56Si elle avait été votée,
00:51:58aurait...
00:51:58Enfin, avant,
00:51:59aurait sauvé ma fille.
00:52:00Et on aurait sauvé
00:52:01d'autres qu'on ne connaîtrait
00:52:02même pas.
00:52:03Puisqu'elles auraient été
00:52:04sauvées par définition.
00:52:07La justice qui est lente.
00:52:08Alors, ils disent
00:52:09que c'est des manques
00:52:09de moyens.
00:52:10Nous, on demande...
00:52:11On n'a pas d'autres procès
00:52:12d'ailleurs.
00:52:13Ah ben non.
00:52:16On a demandé,
00:52:17par exemple,
00:52:17que la date
00:52:19de la mort de Philippine
00:52:20soit...
00:52:21passe légalement
00:52:23du 21 découvert
00:52:24de son corps
00:52:24et ça, c'est légal
00:52:25au 20.
00:52:26Parce que tout le monde
00:52:27sait qu'elle est morte
00:52:28le 20.
00:52:28et on a mis sur ça
00:52:30donc le 20.
00:52:33Eh ben,
00:52:33rien n'a été fait.
00:52:35Il faudrait que maintenant
00:52:36prenne un avocat
00:52:38et qu'on passe
00:52:38au tribunal administratif.
00:52:40mais...
00:52:41Juste pour une date.
00:52:43Oui, puis là...
00:52:44Oui.
00:52:44Voilà, par exemple.
00:52:45Mathieu.
00:52:46Mathieu, ensuite Charles.
00:52:47Je vous poserai une question
00:52:48sous le signe du malaise.
00:52:50Mais vous réussissez
00:52:51à dépasser
00:52:52tout simplement
00:52:52la colère
00:52:53et je dirais presque
00:52:54le désir de vengeance.
00:52:55Je me mets dans votre...
00:52:56C'est impossible
00:52:57de se mettre dans votre peau.
00:52:58Mais si je me projette
00:53:00un instant,
00:53:01je serais incapable
00:53:01de transcender
00:53:02ce désir de...
00:53:04Cette colère
00:53:04et ce désir de vengeance.
00:53:06Vous parvenez
00:53:06à ne pas être dévorée
00:53:07par ça ?
00:53:09Alors, la colère
00:53:10envers les personnes
00:53:12des institutions,
00:53:15j'attends un mot,
00:53:16quand même.
00:53:17J'attends un mot
00:53:17de leur part.
00:53:19Qui, par exemple ?
00:53:21Ben, la juge
00:53:22qui l'a libérée,
00:53:23qui n'a...
00:53:24Qui...
00:53:25Voilà.
00:53:26Les gendarmes
00:53:27qui n'ont pas...
00:53:29qui n'ont pas vu
00:53:30que depuis 8 jours,
00:53:31ils n'étaient pas au CERC,
00:53:32ils n'avaient jamais...
00:53:33Alors qu'ils devaient
00:53:34tous les jours
00:53:34dire...
00:53:36Passer au commissariat,
00:53:37il ne l'a pas fait.
00:53:38et les gendarmes
00:53:39ont mis 8 jours
00:53:40à le réaliser,
00:53:41ma fille serait vivante.
00:53:44Mais ils vont tous dire
00:53:45c'était l'autre,
00:53:46c'était l'autre,
00:53:47c'était l'autre,
00:53:47c'était l'autre.
00:53:48Et voilà.
00:53:49Ils ne prennent pas
00:53:50leur responsabilité.
00:53:52Voilà.
00:53:52Mais par rapport
00:53:54à l'assassin,
00:53:55alors j'ai écouté
00:53:56votre...
00:53:58votre...
00:53:58L'introduction.
00:53:59Votre introduction
00:54:00et surtout
00:54:01votre commentaire.
00:54:04Je n'ai pas envie
00:54:06de lui pardonner.
00:54:08Je n'ai pas envie
00:54:09de lui pardonner.
00:54:10C'est horrible,
00:54:10je suis chrétienne,
00:54:11je crois.
00:54:14Non.
00:54:16Non.
00:54:16Non.
00:54:16Mais...
00:54:17Non.
00:54:18Je ne peux pas.
00:54:20Je n'ai pas envie.
00:54:21Alors,
00:54:21quand j'aurai envie,
00:54:22je ne sais pas
00:54:23si j'y arriverai.
00:54:25Mais là,
00:54:25oui,
00:54:25non,
00:54:26je n'ai pas dépassé.
00:54:27Mais vous êtes humaine,
00:54:28madame,
00:54:28vous êtes humaine.
00:54:29Et...
00:54:30Et...
00:54:31Pas la femme
00:54:33de monsieur.
00:54:34Chacun,
00:54:35chacun,
00:54:36voilà,
00:54:37sa vision des choses,
00:54:38chacun,
00:54:39comme vous dites,
00:54:39sa personnalisation
00:54:40de la souffrance
00:54:41et ô combien
00:54:43de téléspectateurs
00:54:44vous regardent
00:54:45et vous soutiennent
00:54:46dans votre nom,
00:54:48pardon,
00:54:48qui vous appartient.
00:54:50Charlotte Dornelas.
00:54:51Oui,
00:54:51puis il y a une souffrance
00:54:52des situations
00:54:52qui ne sont pas les mêmes.
00:54:54Ça,
00:54:55c'est une évidence.
00:54:55et moi,
00:54:57j'ai une question
00:54:57sur vos enfants,
00:54:59les autres enfants,
00:55:01les frères et sœurs
00:55:01de Philippines.
00:55:02Aujourd'hui,
00:55:03justement,
00:55:03comment est-ce que...
00:55:04Vous disiez qu'ensemble,
00:55:06justement,
00:55:06vous arriviez
00:55:07à continuer à vivre.
00:55:09Quel est leur chemin
00:55:10à eux ?
00:55:12Alors,
00:55:13au départ,
00:55:15ils nous ont vraiment
00:55:16beaucoup aidés
00:55:18dans le sens
00:55:18où ils ont été très présents
00:55:20pendant les week-ends.
00:55:21Puis même,
00:55:21on est restés trois semaines
00:55:22quasiment tous ensemble.
00:55:24Il y en a qui allent au travail
00:55:24mais qui revenaient pour...
00:55:26De toute façon,
00:55:26moi,
00:55:26je ne me souviens de rien.
00:55:28Mais ils étaient là
00:55:29puisque les repas étaient faits,
00:55:31tout était fait.
00:55:33J'étais debout,
00:55:34mais je ne sais plus.
00:55:36Maintenant,
00:55:37ils nous aident,
00:55:38enfin,
00:55:38ils m'aident
00:55:39parce que,
00:55:40justement,
00:55:40ils sont jeunes
00:55:41et qu'ils ont la vie.
00:55:42Je ne connais pas
00:55:44leur souffrance
00:55:44puisque c'est très personnel.
00:55:47Mais ils souffrent.
00:55:49Mais eux,
00:55:51ils vont de l'avant.
00:55:52et c'est merveilleux
00:55:54et ça m'aide.
00:55:55Ça m'aide de voir
00:55:56un de mes fils
00:55:57qui veut se marier.
00:55:59Et voilà,
00:56:00je veux dire,
00:56:00rien que ça,
00:56:02mes petits-enfants
00:56:03qui courent dans mes bras,
00:56:05je me dis,
00:56:05ben voilà,
00:56:07ce n'est pas dans les bras
00:56:08de leur marraine philippine,
00:56:09mais ils sont là,
00:56:10ils vont grandir
00:56:11et ils n'ont pas le droit
00:56:12d'avoir une grand-mère
00:56:13au lit,
00:56:16au fond de leur salle.
00:56:17Qui baisse les bras ?
00:56:17Marc Menand.
00:56:18Au-delà de la brisure du cœur,
00:56:20quand on vous écoute,
00:56:22il y a une sorte
00:56:22de message d'espoir.
00:56:25Il y a une force
00:56:26dans l'évocation
00:56:26de votre fille
00:56:27et très sincèrement,
00:56:30j'avais l'impression,
00:56:31en vous écoutant,
00:56:33qu'elle était là,
00:56:34c'est-à-dire que moi
00:56:35qui suis un pi,
00:56:36qui avait une sorte
00:56:37de force spirituelle
00:56:38qu'elle incarnait
00:56:39et que cela,
00:56:41non seulement,
00:56:43vous propulsait,
00:56:45mais c'était une force
00:56:47qui accompagnait
00:56:49les autres
00:56:50et que la stèle
00:56:51que vous avez déposée,
00:56:53c'était la source
00:56:54de cette force.
00:56:57La stèle est le symbole.
00:56:59Oui.
00:57:00Oui, oui, non mais...
00:57:01Ce n'est pas la source.
00:57:01Non, non, mais c'est elle,
00:57:03mais elle est le vecteur
00:57:04d'une certaine façon
00:57:05de la rencontre
00:57:05avec elle aussi.
00:57:07Pour ceux qui vont aller
00:57:08à la stèle,
00:57:09oui.
00:57:10Oui, parce qu'il y a
00:57:11son nom.
00:57:12ceux qui veulent mettre
00:57:15des bougies
00:57:16parce que ça leur parle,
00:57:17voilà.
00:57:18Alors,
00:57:19je n'ai pas le droit
00:57:20de prendre le terrain
00:57:21de Paris,
00:57:21mais qu'ils y aillent,
00:57:24qu'ils mettent
00:57:24les fleurs qu'ils veulent,
00:57:25qu'ils mettent
00:57:26le bracelet qu'ils veulent,
00:57:27voilà.
00:57:28Parce que l'amour
00:57:30se traduit toujours
00:57:31différemment.
00:57:33Moi,
00:57:33j'aurais plutôt tendance
00:57:34à dire que c'est sa tombe,
00:57:35qui est pour moi
00:57:37la source d'apaisement
00:57:39où je peux repartir après.
00:57:40Blandine de Carlin,
00:57:42je sais que vous avez
00:57:43cherché à projeter
00:57:46votre fille dans l'éternité
00:57:47par des mots
00:57:49sur une chanson,
00:57:50sur une musique
00:57:51et vous avez trouvé
00:57:52des auteurs
00:57:53qui vous ont dit
00:57:54que cette souffrance
00:57:55est indicible.
00:57:56Si,
00:57:57et moi je lance le message,
00:57:58s'il y a des téléspectateurs
00:57:59qui peuvent peut-être
00:58:00mettre une petite musique,
00:58:02une petite musique
00:58:03d'éternité
00:58:03et faire la chanson,
00:58:05ça vous toucherait ça ?
00:58:06Ah oui.
00:58:07Ah oui.
00:58:07si on pouvait passer
00:58:09une musique
00:58:10sur Philippines,
00:58:14moi ça me,
00:58:15les musiques,
00:58:16vraiment ça me touche.
00:58:17Le message est passé.
00:58:19Voilà.
00:58:20Une musique,
00:58:20enfin moi les poèmes,
00:58:21je ne suis pas très sensible,
00:58:22mais les musiques,
00:58:24ça me reste dans la tête
00:58:25et ça m'accompagnerait.
00:58:27Je suis sûre
00:58:28que je ne serai pas la seule.
00:58:29Et dernière question,
00:58:30Blandine de Carlin,
00:58:31qu'est-ce que vous aimeriez dire
00:58:32aujourd'hui aux personnes
00:58:33qui suivent votre histoire,
00:58:35nos téléspectateurs,
00:58:36et qui pensent à Philippines ?
00:58:39Un dernier mot.
00:58:45Que l'avenir n'est...
00:58:50Pour Philippines,
00:58:52ce qui me fait souffrir aussi,
00:58:54c'est que Philippines
00:58:54aura pour toujours 19 ans.
00:58:56Ce n'est pas la peine
00:58:57de faire semblant
00:58:58de fêter ses 20 ans
00:58:59puis cette année,
00:59:00ses 21 ans.
00:59:00Elle aura toujours 19 ans.
00:59:02Donc,
00:59:03on a chacun nos souffrances
00:59:05et on ne peut pas passer...
00:59:07Ça nous arrivera
00:59:08tous d'avoir
00:59:09des souffrances différentes.
00:59:11Mais il y a toujours
00:59:13des gens pour nous accompagner,
00:59:16pour aller plus loin.
00:59:19Voilà.
00:59:19Se sentir accompagné
00:59:21par des proches
00:59:23ou des moins proches
00:59:24et savoir apprendre à écouter.
00:59:27Merci pour votre dignité.
00:59:30Merci pour votre authenticité.
00:59:32Et avec les mousquetaires,
00:59:34on a voulu vous offrir
00:59:35un symbole de paix,
00:59:37un symbole d'espoir,
00:59:38un symbole de force,
00:59:39un symbole de sagesse,
00:59:41un symbole de spiritualité
00:59:42qui est un olivier.
00:59:45C'est trop gentil.
00:59:46Merci à tous.
00:59:53Et j'aime les fleurs.
00:59:54Merci beaucoup,
00:59:55Blandine de Carlin.
00:59:56Merci à votre époux,
00:59:57Loïc,
00:59:57qui est aussi dans les coulisses.
00:59:59Merci à tous.
01:00:00Pardon,
01:00:00Pascal Pro pour ce retard.
01:00:02Tout de suite,
01:00:02Pascal Pro pour l'heure
01:00:03des produits.
01:00:03Merci à tous.
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