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  • il y a 4 mois
Le procès de Cédric Jubillar, soupçonné du meurtre de sa femme Delphine Jubillar, s'ouvre ce lundi 22 septembre. Il s'agit de sa première apparition devant les caméras depuis 2020.

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Transcription
00:00Devant la cour d'assises du Tarn à Albi, Cédric Jubilard, soupçonné, accusé du meurtre de son épouse,
00:06elle est fine, sauf que pratiquement 5 ans après les faits, il n'y a aucune preuve directe,
00:12pas de corps, pas d'aveu, pas d'ADN, mais une somme d'indices.
00:16On va évidemment y revenir longuement et redérouler tous les enjeux de ce procès,
00:20ainsi que les premières heures de l'audience.
00:22On est avec Maxime Brandstetter pour Ligne Rouge.
00:25Vous avez notamment rencontré la plus récente compagne de Cédric Jubilard.
00:30On est aussi sur place avec Mélanie Bertrand et c'est avec vous qu'on va commencer, Mélanie,
00:34parce qu'on l'a tous vu ce matin pour la première fois, Cédric Jubilard.
00:38Qu'est-ce qui vous a frappé, vous, dans son attitude ?
00:42C'est qu'il avait l'air finalement assez impassible alors que cela pouvait être impressionnant
00:48puisque dans la salle d'audience, il avait accepté d'être filmé.
00:51Nous étions une cinquantaine, peut-être 80 journalistes, des caméramans, des photographes, des rédacteurs.
00:57On entend des langues étrangères.
01:00Il y avait beaucoup, beaucoup de monde dans cette salle d'audience qui finalement n'est pas si grande.
01:03Et lui est rentré dans le box comme si finalement nous n'étions pas là.
01:07On l'a vu rentrer, donc le visage amaigri, le crâne rasé avec un survêtement bleu sur les épaules.
01:14Il s'est assis, il a échangé quelques mots avec ses avocats.
01:17On l'a même vu esquisser un bref sourire, une scène un petit peu hors norme.
01:21C'est rare qu'un accusé se laisse filmer à des procès.
01:24C'était le cas par exemple de Monique Olivier à Nanterre il y a quelques années.
01:28Cédric Jubilard qui ensuite a décliné son identité d'une voix assurée, tranquillement.
01:32Je m'appelle Jubilard Cédric, dit-il.
01:35Je suis peintre en bâtiment plaquiste.
01:37On n'aura pas entendu d'autres mots de sa bouche.
01:39Ensuite, il a fallu constituer le juré.
01:42Ce sont finalement quatre hommes et deux femmes qui ont été tirés au sort et pour eux, la tâche s'annonce lourde.
01:48Ce sont eux qui devront trancher d'ici quatre semaines si, oui ou non,
01:53Cédric Jubilard est considéré comme responsable du meurtre de sa femme Delphine.
01:57Mélanie, vous avez dit effectivement qu'il avait accepté d'être filmé.
02:00Est-ce que ça dit des choses sur la psychologie de l'accusé ou sur le message qu'il veut envoyer ?
02:07Alors, sans doute que son message, c'est qu'il n'a rien à cacher, qu'il, lui, se dit totalement innocent.
02:16Depuis quatre ans, il ne cesse de clamer son innocence.
02:19On a pu rencontrer il y a quelques jours Emmanuelle Franck, l'une de ses avocates, qui nous donnait un petit peu son état d'esprit.
02:25Elle disait qu'il est à la fois anxieux de se retrouver face à la courbe, mais il lui tarde de s'expliquer.
02:31Et finalement, comme il est persuadé de n'avoir rien fait, il pense que la justice va l'écouter et va la quitter.
02:37Donc, c'est peut-être cette étude qu'il a voulu montrer ce matin, un certain détachement.
02:41En tout cas, il n'avait pas l'air du tout impressionné par la présence des nombreuses caméras.
02:46Maxime, il y avait ce côté. Il était très fier d'être l'homme le plus connu du Tarn.
02:49Son département de France, aujourd'hui, en prison aussi, il joue un peu ce rôle.
02:53Oui, c'est vrai qu'on se demande si ce n'est pas aussi un petit peu, peut-être, un petit peu de ventardise de vouloir comme ça s'afficher partout.
02:59Vous avez raison, il le dit, il se vante en prison d'être l'homme le plus connu du Tarn.
03:03Il a même, et on me dit qu'il en est très fier, un surnom en détention, on l'appelle le magicien.
03:07Le magicien, pourquoi ? Parce qu'il aurait fait disparaître sa femme.
03:10Donc, on sait qu'il a toujours eu cette attitude un petit peu provocatrice, un petit peu ventardise depuis le début du dossier.
03:16Vous vous souvenez, les journalistes, il leur répondait en les envoyant bouler.
03:19Enfin, il a toujours cette attitude, donc on se demande s'il n'y a pas un petit peu d'envie de profiter de son moment,
03:26du moment où tout le monde va être autour de lui, ou alors est-ce que c'est peut-être une stratégie de la défense aussi, c'est possible ?
03:31Alors, aucune preuve directe, on l'a dit, répété, pas d'aveu, pas de corps, pas d'ADN.
03:34On ne va pas évidemment faire le procès ici à la télé, mais quand même, on va examiner un certain nombre d'éléments assez troublants.
03:39Le téléphone portable, d'abord, de Cédric Jubilard, qui cesse toute activité la nuit des faits.
03:45Oui, et alors, vous allez dire comme ça, et alors, il y a plein de gens qui éteignent leur téléphone la nuit,
03:50sauf que Cédric Jubilard, il ne le fait quasiment jamais.
03:53Cette année-là, il n'a éteint son portable pour dormir que deux fois.
03:56Et là, cette nuit, il l'éteint un petit peu avant, il le rallumera un peu plus tard.
04:00Donc forcément, ça fait partie des arguments, de nombreux arguments des gendarmes qui disent,
04:04regardez, c'est une attitude étrange, c'est ce qu'il ne fait pas, c'est associé avec d'autres éléments.
04:08Par exemple, le nombre de coups de fil qu'il passe à Delphine Jubilard quand il s'aperçoit qu'elle a disparu.
04:15Non, le soir, lorsqu'il se réveille à 4h du matin et qu'il appelle les gendarmes, il dit,
04:18voilà, j'ai constaté que ma femme avait disparu, je me suis réveillé en pleine nuit parce que ma fille pleurait.
04:23Et il appelle en boucle le téléphone de Delphine.
04:26Pareil, les enquêteurs mettent ça en parallèle avec un autre soir, c'est en août, un peu plus tôt,
04:31en août de cette année-là, en août 2020, Delphine a été sortie regarder les étoiles.
04:35Là, il ne l'avait appelé qu'une dizaine de fois et il l'avait demandé.
04:38Là, cette nuit-là, il l'appelle 189 fois, ce qui paraît étrange pour les gendarmes.
04:42On va continuer d'examiner tous les éléments un peu troublants, mais on va retourner dans le Tarn tout de suite.
04:46Oui, retrouvez Mélanie Bertrand, parce qu'il y a cette enquête de personnalité qui va être très intéressante cet après-midi.
04:54Oui, effectivement, c'est une enquêtrise de personnalité que l'on va entendre dans quelques instants.
04:59Elle va venir éclairer la course sur le parcours de vie, l'enfance, l'histoire familiale, la vie d'hommes mariés,
05:05de père de famille. Cédric Jubilard a eu deux enfants avec Delphine.
05:08Donc, c'est tout ce parcours qu'elle va venir retracer à la barre pour tenter de comprendre qui est cet homme.
05:13Alors, on l'a beaucoup vu dans les médias, mais lui, finalement, s'est peu exprimé.
05:17Et ça va nous donner un petit peu une idée de sa vie un petit peu chaotique qu'il a eue dans le passé.
05:21Et on va suivre ça, évidemment, avec vous en direct.
05:24On continue à examiner les faits, disons, un peu troublants, en tous les cas, qui interrogent.
05:27D'abord, l'altercation. L'altercation, donc, quelques heures avant la disparition de Delphine Jubilard, racontée par Louis.
05:34Louis, à l'époque, il a 6 ans. C'est l'un des deux enfants du couple Jubilard, extrait du document Ligne Rouge.
05:40L'enfant du couple a, lui aussi, été entendu à trois reprises par les enquêteurs.
05:46Dans sa dernière audition, il évoque une dispute entre ses parents.
05:49Le petit Guy, moi, j'ai regardé dans l'embrasure de la porte.
05:54Comme ça chauffait, j'ai fait comme ça.
05:57J'ai essayé de faire du bruit pour les séparer.
06:00Parce que c'était son réflexe.
06:01Il voulait qu'ils arrêtent de se disputer.
06:03Donc, il fait du bruit.
06:04Il file dans sa chambre.
06:06Il se met dans le lit.
06:07Il a pour habitude de dormir avec la porte de la chambre entrebâillée parce qu'il a un petit peu peur dans la nuit.
06:14Et là, il entend quelqu'un qui vient fermer la porte de sa chambre.
06:17Et il s'endort.
06:19Et pour être tout à fait honnête, c'est une source inextinguible de culpabilité pour ce jeune garçon.
06:26C'est-à-dire qu'il regrette de s'être endormi.
06:28Alors, le témoignage de Louis est très important et en même temps très fragile.
06:32Par nature, c'est un enfant de 6 ans au moment de la disparition de sa maman.
06:36Avec toutes les difficultés que l'on peut imaginer sur la crédibilité, la temporalité
06:41de ce que ce gamin peut avoir retenu et vu de la soirée.
06:45Et c'est surtout un témoignage qui va être évolutif.
06:48Cet enfant qui a été entendu trois fois va faire trois déclarations complètement différentes.
06:53Et là, il va complètement changer de version et expliquer qu'il aurait vu des choses cette nuit-là.
06:57Et notamment, une empoignade de ses parents et des arrêtes-arrêtes.
07:02Et qu'après, il était retourné se coucher.
07:04Alors, que faire de ce témoignage-là ?
07:06À mon avis, pas grand-chose.
07:08Et c'est fort heureux, puisque faire porter la responsabilité d'une accusation sur un gamin de 6 ans est quand même un peu dérangeant.
07:15C'est ça, Maxime.
07:16En fait, à chaque fois, pour les avocats, les éléments ne tiennent pas.
07:19Ils les démontent un à un.
07:20Bien sûr, c'est le travail des avocats de la Défense.
07:24Si ce n'est que là, il y a une originalité.
07:25C'est que dans la plupart des dossiers, on a souvent une preuve un petit peu formelle.
07:29Norda Lelandais, on avait retrouvé l'ADN de Mylis dans son coffre.
07:32Enfin, vous voyez, il y a une preuve qui fait qu'au bout d'un moment, les avocats interprètent toujours.
07:35Mais jamais pour dire qu'il est innocent.
07:38Là, les avocats de la Défense, ils démontent tous les arguments de l'enquête, parce qu'il veut dire que ce n'est pas lui.
07:43Alors justement, Jean-Boufri de Forquès, vous avez discuté ce matin avec les avocats de Cédric Jubilard.
07:48Qu'est-ce qu'ils disent ? Comment ils vont orienter leur Défense ?
07:53Écoutez, les avocats de Cédric Jubilard, Christophe, redoutaient cet instant.
08:00Savoir comment leurs clients allaient réagir.
08:03Pour l'instant, c'est un Cédric Jubilard qu'on voit un peu préoccupé, un petit peu tendu dans son box.
08:09Mais on sent que c'est un Cédric Jubilard qui manifestement a envie de travailler, coopérer avec la justice.
08:15Ce n'est pas un Cédric Jubilard qui est observateur de son procès.
08:19On a le sentiment que c'est un Cédric Jubilard qui veut avancer, donner la main à la justice
08:24pour expliquer que ce soir-là, il n'a rien fait, qu'il n'est pas l'auteur de la mort de Delphine Jubilard.
08:31Merci beaucoup Jean-Wilfrey.
08:33Donc on évoquait le témoignage du petit garçon, 6 ans à l'époque, 11 aujourd'hui.
08:36Il y a des voisines aussi.
08:37Il y a un élément matériel également.
08:40La paire de lunettes cassées.
08:42Des lunettes dont elles ne se séparaient jamais.
08:44Extrait du document ligne rouge d'Isabelle Quintard et vous Maxime.
08:47Les enquêteurs vont raconter à la cour les constatations qui ont été faites dans la maison.
08:55L'élément matériel le plus fort, c'est que les gendarmes retrouvent les lunettes de Delphine dans un état complètement cassé, inutilisable.
09:05Dans la maison, il n'y a pas de traces de sang, il n'y a pas de meubles cassés.
09:12Le seul indice matériel, ce sont ces lunettes brisées.
09:15Il va y avoir des expertises très précises, très techniques, qui arrivent à la conclusion formelle
09:21que ces lunettes n'ont pas pu se casser simplement en tombant ou en marchant dessus,
09:27mais qu'il fallait une force très importante pour les briser.
09:31Et cela vient caractériser l'idée qu'il y a bien eu une dispute, une altercation physique ce soir-là.
09:40Si cet homme avait frappé Delphine ce soir-là au point de lui casser les lunettes,
09:47à ce moment-là, il les aurait fait disparaître.
09:48Au même titre qu'il aurait fait disparaître le corps, le téléphone,
09:52les éléments que l'on n'a pas retrouvés.
09:54Il ne les aurait pas laissés au vu ou au su des gendarmes.
09:57Vous le voyez sur les photos, elles sont là, sur le bar, elles ont toujours été.
10:01Et ça n'a intéressé personne parce qu'on savait de toute façon que Delphine avait des lunettes cassées.
10:06Et ce jour-là, on a une photo, elle va au parking puisqu'elle va faire des courses à la banque d'Albi.
10:11Et elle n'a pas de lunettes parce qu'elle portait des lentilles.
10:14– Les lunettes, encore un élément donc qui est dénoncé,
10:19qui est considéré comme non fiable par les avocats de Cédric Jubilard.
10:21– Oui, parce qu'à charge, vous avez des lunettes cassées.
10:24Vous avez des experts de la direction générale de l'armement qui vous disent
10:28« ces lunettes, elles ont été cassées par un coup, elles ne peuvent pas seulement être tombées. »
10:32– Une force venant de l'extérieur vers l'intérieur.
10:35Donc ça, c'est accablant.
10:36On se dit forcément, il a dû la frapper, il y a eu de la violence
10:38et c'est pour ça que les lunettes ont cassé.
10:40Mais de l'autre côté, et au passage, elle ne serait jamais sortie sans ses lunettes
10:43parce qu'elle ne voit pas grand-chose, Delphine Jubilard.
10:45Et de l'autre côté, vous avez un peu la version à décharge.
10:48Il y a les avocats qui disent « oui, mais ses lunettes, elles étaient déjà un petit peu cassées avant. »
10:52Alors certes, elles sont plus cassées,
10:53mais du coup, les expertises qui ont été faites sur des lunettes neuves, ça ne marche pas.
10:57Et surtout qu'ils disent « Delphine, elle a très bien pu partir avec des lentilles.
10:59On la voit au volant d'une voiture avec des lentilles. »
11:02Donc voilà, à charge, à décharge, que faire de cet élément ?
11:04– Et puis on va parler dans un instant de ces pseudo-aveux.
11:06Jean-Wilfrid, justement, on vous retrouve en direct.
11:09Il a eu une attitude un peu de fanfaron jusqu'à présent, Cédric Jubilard.
11:12Est-ce que c'est le cas, toujours, ce matin, vous trouvez ?
11:16– Écoutez, Roselyne, effectivement, le risque, c'est qu'il fanfaronne un petit peu,
11:21comme on dit dans le Sud-Ouest, faire le mariole.
11:23Et ses avocats lui ont dit « il ne faut surtout pas faire le mariole,
11:26il faut rester dans son couloir, ne pas sortir de ce couloir,
11:30dire toute la vérité, dire ce que vous avez vécu ».
11:33Voilà, ça, c'est la stratégie des avocats.
11:35Mais c'est difficile, parce que le pire adversaire,
11:38le pire ennemi de Jubilard, on le sait, c'est Cédric Jubilard.
11:41Et parfois, Cédric Jubilard, il est no limites, sans contrôle, sans frein,
11:46ça part dans tous les sens.
11:47Un jour, il dit noir, un jour, il dit rouge,
11:49le lendemain, il dit violet.
11:50C'est très, très difficile à contrôler.
11:52Et ça, c'est la difficulté majeure pour les avocats.
11:55J'en ai parlé longuement avec eux, je les ai rencontrés souvent,
11:58mais la semaine dernière, on a discuté pendant une heure,
12:00et ils m'ont dit que ces derniers temps, ils avaient beaucoup coaché,
12:03d'une certaine façon, Cédric Jubilard, si on peut le coacher.
12:06Le thème « attention, il faut rester dans son couloir,
12:09il faut être très attentif, rester concentré ».
12:11Mais la difficulté, c'est que ce procès, c'est 18 jours d'audience,
12:15ça commencerait tôt le matin, ça finit très tard le soir.
12:17Cédric Jubilard ne reste pas à la maison d'arrêt ici, à Albi.
12:21Il rentre tous les soirs à Toulouse.
12:23Donc ça va être très, très compliqué, très, très dur,
12:26physiquement, nerveusement, pour tenir et rester dans son couloir.
12:30Maxime, il a fanforonné auprès de ses co-détenus en détention,
12:34Cédric Jubilard. Qu'est-ce qu'il leur a dit ?
12:36Alors déjà, il a un espèce de réflexe,
12:38c'est que quand on lui demande « est-ce que c'est toi qui as tué Delphine »,
12:42il a tendance à répondre « oui », visiblement, en détention.
12:45Ses avocats à ça disent « oui, c'est normal,
12:46c'est parce qu'il en a marre qu'on lui pose la question ».
12:48Donc à la fin, il dit « oui » pour que les détenus le laissent tranquille.
12:50Mais il y a un détenu avec qui il serait allé un petit peu plus loin.
12:54C'est un détenu qui se nomme Marco.
12:56Il était à côté de lui à l'isolement
12:58et il a été libéré de détention.
13:01Il assure avoir recueilli des aveux de Cédric Jubilard
13:03et donc il est allé voir les gendarmes dès qu'il a été libéré
13:05pour leur dire tout ce qu'avait raconté Cédric.
13:08Il lui aurait dit notamment qu'il avait poignardé Delphine,
13:11qu'il avait caché le corps près d'une ferme qui a brûlé.
13:14Manque de peau, poignardé, ça ne correspond pas
13:16parce qu'il y aurait eu du sang partout
13:17ou alors c'est qu'on n'a pas retrouvé la scène de crime.
13:19Et la ferme qui a brûlé, la terre a été retournée par les gendarmes,
13:22ils n'ont rien trouvé.
13:23Donc est-ce que c'est des vrais aveux ?
13:24Est-ce qu'il fait des aveux bidons ?
13:26Est-ce qu'il manipule tout le monde ?
13:27Ou est-ce que c'est le détenu qui invente ?
13:29Là aussi, c'est le mystère.
13:29Et on se pose les mêmes questions avec ses ex-compagnes,
13:31deux qui disent avoir eu des aveux,
13:34notamment celle que vous avez rencontrée,
13:35la dernière petite amie en date, Jennifer,
13:37à qui il aurait mimé comment il avait tué sa femme.
13:40Regardez.
13:41Il se met derrière moi, en fait.
13:43Il met son avant-bras sur mon front
13:48et son autre bras en clé de coude.
13:51Et du coup, il fait comme s'il m'étranglait.
13:54Il m'a dit « Mais là, est-ce que tu peux crier
13:56pour montrer qu'on ne peut pas crier quand on se fait étrangler ? »
14:00Maxime, à chaque fois, la question qu'on se pose est la suivante.
14:03C'est de la provoque ou ce sont des aveux ?
14:06Ce qui est sûr, c'est qu'en l'occurrence,
14:09le détenu, ils ont essayé de vérifier ses aveux circonstanciés
14:12et ça n'a pas marché avec le dossier.
14:14Donc, est-ce que c'est de la provoque
14:15ou est-ce que c'est le détenu qui invente ?
14:16On se pose la question.
14:18Là, on sait que Jennifer C,
14:19sa dernière petite amie en date,
14:21elle a parlé au gendarme,
14:22elle a raconté tout ce qu'elle nous raconte.
14:24On va l'entendre au cours du procès ?
14:26On va l'entendre, évidemment,
14:27comme on va entendre l'ex-détenu au procès.
14:29Et donc, elle a raconté tout ça au gendarme
14:30et on sait que ça n'a pas donné lieu à des fouilles.
14:32Alors, en même temps, il ne lui a pas donné d'endroit.
14:34Il lui a dit « c'est mon jardin secret,
14:35je ne te dirai pas où je l'ai caché. »
14:37Je te dis tout le reste, mais je ne dis pas ça.
14:38Et donc, est-ce que c'est vraiment considéré
14:40comme quelque chose de crédible par les gens ?
14:42On imagine que s'ils le considéraient crédible,
14:44ils auraient reporté le procès
14:45et ils se seraient mis à faire des investigations dessus.
14:48Là, il n'y a rien.
14:49Donc, on a du mal à savoir
14:49si c'est vraiment crédible ou pas.
14:51Jean-Wilfrid Forkest, le couple jubilard,
14:53a deux enfants, un garçon et une fille.
14:56Le garçon, d'ailleurs, il est âgé de quel âge aujourd'hui ?
14:58Il a 11 ans aujourd'hui.
14:59Est-ce qu'il a des relations avec ses enfants ?
15:01Est-ce qu'il a des relations avec ses enfants, Jean-Wilfrid ?
15:04Le fils s'appelle Louis, il a 11 ans,
15:07il avait 6 ans au moment des faits.
15:08La fille s'appelle Elia, elle a 6 ans.
15:10Elle, elle avait 18 mois.
15:11Ce soir-là, elle dormait, elle était à l'étage.
15:14Elle n'a rien entendu, évidemment.
15:15Et puis, elle n'avait que forcément, je l'ai dit, 18 mois.
15:18La relation avec Louis, elle est très compliquée.
15:21Louis, me disait, l'avocat du jeune homme,
15:27il a écrit à son père, il a écrit à son père
15:30à 4 reprises durant cette longue détention préventive.
15:34À 4 reprises.
15:35Il n'a répondu, c'est-à-dire que jubilard, à son fils que 2 fois.
15:39Et l'avocat me dit des lettres d'une platitude,
15:43mais d'abord un truc absolument incroyable.
15:45Il n'y avait aucune émotion dans les lettres du fils,
15:48parce que le fils, évidemment, on voulait savoir sur le thème,
15:51en gros, papa, c'est toi qui as fait ça.
15:53Il n'y a jamais eu de réponse.
15:54C'est vraiment des lettres d'une platitude absolument extrême.
15:58Mais juste un mot, est-ce qu'il les a revus, ses enfants ?
16:01Ça fait 4 ans.
16:01Il les a revus physiquement, par loi, ou pas ?
16:04De ce qu'on sait, non, il n'a pas revu ses enfants.
16:06C'est vrai qu'il, d'après tous les témoins,
16:09il n'avait pas forcément une bonne relation avec ses enfants.
16:11Alors vous me dites, c'est des témoins qui sont entendus
16:12dans le cadre du meurtre au potentiel de sa femme.
16:14Mais il disait que, notamment, Louis en avait peur,
16:16qu'il pouvait être violent avec lui.
16:18Il avait souvent des propos dégradants envers Elia.
16:20Donc la relation n'était pas forcément bonne.
16:23Mais d'après ce qu'on sait, non, il ne les a pas revus.
16:24Et Louis, qu'on n'entendra pas au procès,
16:26il est représenté par son avocate, qui lui dit très stressé.
16:28Non, c'est un petit peu le problème.
16:30Parce que Louis, le témoignage de Louis, on l'a dit,
16:32c'est un élément extrêmement important pour l'accusation,
16:35la culpabilité de Cédric Jubilat.
16:36Mais il a été décidé de ne pas le faire comparaître.
16:39Parce que c'est un enfant de 11 ans.
16:416 ans à l'époque.
16:426 ans à l'époque.
16:43Sa mère a disparu.
16:44Et là, c'est le procès de son père.
16:45Imaginez ce que ça pourrait représenter pour lui
16:47de devoir porter l'accusation contre son propre père à la cour d'assises.
16:50Donc pour l'épargner, il a été décidé qu'il ne viendrait pas.
16:53Et on lira ses dépositions.
16:55Alors c'est un procès, évidemment, qui est passionnant.
16:57Il y avait des dizaines et des dizaines de personnes
16:58très très tôt ce matin devant la cour d'assises du Tarn à Albi.
17:02Tout le monde, d'ailleurs, n'a pas pu entrer dans la petite salle d'audience.
17:04Écoutez les témoignages et les raisons pour lesquelles
17:07ces hommes et ces femmes, d'ailleurs, avaient envie d'assister
17:10à cette première audience.
17:12On a pris six recherches.
17:14Donc ça nous tenait à cœur d'être là.
17:16Parce que, bon, peut-être avoir des réponses.
17:18On est émus en même temps.
17:21Oui.
17:22Il y a des émotions là ?
17:22Oui, beaucoup.
17:23Parce que c'est vrai qu'on était quand même impliqués dans cette affaire.
17:28Donc oui, il y a beaucoup d'émotions, oui.
17:30On espère que face aux personnes qui veulent en parler,
17:36qu'ils connaissent, qu'ils dévoileront certaines choses peut-être.
17:41Donc on pense, peut-être, il peut craquer.
17:42On ne sait pas.
17:43Encore un mot, Maxime, du jury.
17:45Ils sont six, quatre hommes, deux femmes.
17:47Il y a aussi des magistrats professionnels à côté.
17:49Le sexe des jurés, ça peut jouer dans une affaire comme ça ?
17:52Bien sûr.
17:53Vous savez, il y a beaucoup de jurés qui ont été récusés ce matin.
17:55Pour vous donner une idée, jury, vous êtes tirés au sort sur les listes électorales
17:59et il faut avoir plus de 23 ans, je crois, de mémoire.
18:01Et il y a beaucoup de jurés qui viennent à la salle.
18:03Il y a six qui sont sélectionnés et six remplaçants.
18:06Et au tout début de la cour d'assises, ce qu'on fait, c'est qu'ils sont devant.
18:09Ils doivent chacun leur tour venir.
18:10Et l'avocat général ou les avocats de la défense de Cédric Jubilard
18:13ont jusqu'au moment où ils vont s'asseoir pour dire
18:15« Non, je décide de récuser cette personne ».
18:18Ils n'expliquent pas pourquoi.
18:19Mais alors, pourquoi vous récusez quelqu'un ?
18:20Parce que selon son attitude, selon la personne, selon son sexe,
18:24vous vous dites « Il va être partiel et il ne va pas juger correctement mon client ».
18:28Et donc, forcément, peut-être qu'il y a eu beaucoup de personnes récusées,
18:32peut-être des femmes, parce que les avocats de la défense se sont dit
18:34« Bon, si c'est une femme, peut-être qu'elle va se projeter et qu'il vaut mieux le récuser ».
18:38Si vous voulez tout comprendre des enjeux de ce procès,
18:40vraiment, on vous conseille de regarder cet incroyable document.
18:44Cédric Jubilard, et s'il était acquitté, disponible sur l'appli RMC BFM Play,
18:49remarquable travail du service police-justice.
18:52Oui, avec la collaboration, évidemment, du service police-justice de BFM Ligne Rouge, bien sûr.
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