00:00RTL Matin, Thomas Soto
00:02Il est 8h18, face à Fogiel, l'interview de Marc-Olivier Fogiel, 5 ans après la disparition de Delphine.
00:11Son mari, Cédric Jubilard, va donc se retrouver face au juge à partir de ce matin.
00:15Dans cette affaire, on le répète, il n'y a pas d'aveu, il n'y a pas de corps, il n'y a pas de trace ADN ni de scène de crime.
00:20Mais il y a un témoignage, rare ce matin, celui de Jennifer, son ex-compagne.
00:25Cédric Jubilard lui aurait tout avoué. Elle est votre invitée, Marc-Olivier.
00:28Bonjour Jennifer.
00:30Bonjour.
00:31Pour commencer, pouvez-vous nous raconter la première fois que vous avez rencontré Cédric Jubilard ?
00:35En fait, on s'est parlé quand il était dehors, on s'est parlé sur les réseaux sociaux, ça devait être au début de l'année 2021.
00:44Donc Delphine avait déjà disparu en fait ?
00:46C'est ça, Delphine avait déjà disparu. Il y a ce moment-là, moi je ne l'accusais pas du tout en fait.
00:51Il y a une relation amoureuse qui s'est installée tout de suite ou ça a été une relation amicale ?
00:55Non, pas du tout, ça a été une relation amicale.
00:58Et ça se passait comment ? Parce qu'à ce moment-là, il avait déjà perdu Delphine. Vous le trouviez inquiet ?
01:03Non, en fait avec le recul, je me suis rendu compte qu'il n'était pas du tout inquiet. Il partait à la montagne.
01:09Il écoutait de la musique le soir assez fort. Il fumait joint sur joint.
01:14Vous vous êtes rencontré aussi à ce moment-là ?
01:16Non, parce qu'en fait, il voulait passer le soir, etc. et tout. Il voulait qu'on se rencontre, mais à ce moment-là, ça commençait à parler de plus en plus de lui. J'avais peur que ça me créait des amis ou j'avais peur d'être dans la lumière.
01:29Je n'étais pas prête. Et en fait, au bout d'un moment, il s'en est lassé et c'est là qu'il s'est tourné vers Séverine en fait.
01:35Donc là, il a eu une histoire amoureuse avec quelqu'un d'autre à un moment. C'était un moment où il y avait pas mal de recherches pour essayer de retrouver le corps de Delphine Jubilard.
01:42À un moment donné, il a été suspecté et il a été emprisonné. Vous vous êtes dit quoi à ce moment-là ?
01:46Ça ne m'a pas étonné en fait. Il faut en fait placer un garde à Dieu. Parce qu'en fait, je me suis rendu compte de beaucoup de choses qu'il m'avait dit quelques semaines avant, qui étaient des mensonges.
01:56Et j'avais cerné des choses qui étaient un peu bizarres chez lui.
01:59Mais du genre, par exemple, puisque pendant un long moment, vous ne l'avez pas suspecté, qu'est-ce qui vous a semblé bizarre au point de ne pas être étonné quand il a été arrêté ?
02:07C'est comment il parlait de Delphine en fait. Il m'en parlait au passé et il ne m'en parlait pas forcément bien.
02:12Puis après, quand j'ai vu qu'il allait venir Séverine chez lui, je me suis dit en fait que s'il allait venir Séverine chez lui, qu'elle dort chez lui ou qu'il dort chez elle, c'est comme s'il sait que sa femme ne reviendra pas.
02:21Il a donc été arrêté, emprisonné. Comment s'est transformé votre relation à ce moment-là ? Vous avez commencé à lui écrire, vous avez commencé à aller le voir.
02:29Avec Cédric, on s'est beaucoup écrits ensuite. On a demandé les parloirs téléphoniques qui nous ont été accordés.
02:34On s'appelait peut-être deux fois par semaine. En 2023, je demande les parloirs. Les parloirs nous sont autorisés.
02:40Mais moi, c'est impossible de rentrer dans une prison, donc je ne veux pas la loi qu'à partir de 2024. Et c'est là que je vois Cédric.
02:47C'est à ce moment-là que votre relation devient amoureuse avec Cédric ?
02:50Oui, en fait, elle était plus ou moins déjà. Mais là, on est rentré dans le concret, on va dire. On s'est vus. Ce n'était pas que des appels, ce n'était pas que des lettres.
02:59Vous allez nous raconter après ces aveux qu'il vous aurait faits. Mais qu'est-ce qui vous a plu chez Cédric Jubilard au point de pouvoir tomber amoureuse de lui ?
03:05Je précise qu'à ce moment-là, on l'avait beaucoup au téléphone. Il clamait son innocence. Le reste, c'était comme une alchimie.
03:11Dans le privé, c'était quelqu'un qui se montrait avec un grand cœur. Il avait des bons côtés. Sinon, je n'aurais pas entamé une vision avec ça.
03:20À quel moment il vous a dit qu'il avait tué sa femme ?
03:22Quasiment tous les jours, il me parle de Delphine. Et là, moi, la moitié que je me suis dit, tu aurais un problème là, en fait.
03:27Et quelques temps après, il a commencé toujours au téléphone à me dire, je crains que tu viennes au procès parce que tu vas entendre des choses horribles.
03:34Et c'était comme ça, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Comme si il avait un truc à me dire.
03:37Je lui ai dit, mais c'est toi ? Je ne parlais plus, non ?
03:39Il me dit, oui. Je lui ai dit, mais je l'ai attrapé contre moi. Je lui ai parlé à l'oreille. Et je lui ai dit, mais comment t'as fait ?
03:45Il nous dit, je vais étrangler. Et là, je lui ai dit, mais elle est où ?
03:47Et là, il m'a dit, 15 milliers tout 15 kilomètres. Je ne sais plus, vraiment, je ne sais plus.
03:51Je lui ai dit, mais l'endroit où il est le corps, on peut le retrouver ?
03:54Il me dit, si la détructeur fait des travaux, oui. Et après, ça s'est passé sur plusieurs parloirs.
03:58C'est là que je me suis dit, c'est lui, déjà, c'est sûr. Il m'a dit qu'il n'avait pas de complice, qu'il avait fait de vrais aveux à personne, à part à moi.
04:04Lui m'a dit que si je racontais ça aux gendarmes, ils allaient trouver l'endroit.
04:07Parce que moi, j'ai tout, tout dit qu'il avait le lieu depuis un mois, en passant devant pour un chantier.
04:13Et quand vous lui avez dit, c'est toi, il vous a raconté dans quelles conditions il a tué ?
04:16Si c'était un excès de colère ou si c'était quelque chose qu'il avait prémédité ?
04:20Ah non, moi, il m'a dit que c'était très médité. Il m'a dit que ce soir-là, c'était parfait.
04:24Parce que le lendemain, il y avait un déconfinement, je crois, quelque chose comme ça.
04:27Il m'a dit, le fait qu'elle soit devant la France à un incroyable talent et que ce soit la finale, et qu'elle le regarde avec le petit,
04:32c'est un très amalibi. Le lendemain, c'était un déconfinement. Je crois que c'est ça, je ne vais pas dire que c'est bien.
04:36Une histoire de confinement, déconfinement le lendemain. Il avait prévu que ce soit ce soir-là, vraiment.
04:40Quand il vous raconte ça, comme vous, quelle est votre réaction ?
04:43Mon cerveau, il ne veut pas y croire, en fait. Jusqu'au jour où je fais le trajet inverse pour rentrer sur Roche,
04:47et je pense que quand il m'embratte, etc., je me mets quand même dans mes cheveux.
04:51Et là, un jour, je m'oublie, et c'est vrai, que moi, quand je rentre à la maison,
04:56les mêles-là, en fait, elles ont vraiment déjà étranglé quelqu'un.
04:59Et là, petit à petit, j'irai allé. Et au fur et à mesure qu'après, j'écarte mes parloirs,
05:03j'y vais de moins à moins, là, je commente à réaliser, à espacer mes appels, à espacer les visites.
05:08Et ça, c'était quand, à peu près, cette période-là ?
05:10C'était au printemps 2025.
05:12C'était le printemps dernier.
05:14Oui, c'est ça.
05:14Il vous a dit, donc, que c'était prémédité, qu'il voulait la tuer. Pourquoi ?
05:18Il m'a dit, elle va me faire chier avec les enfants et avec la maison.
05:20Et je lui ai dit, mais c'est vrai que toutes les personnes qui divorcent, ça se passe pas, t'aurais dû la laisser par.
05:25Il me dit, ah non, non, je ne comprends pas.
05:27Je lui ai dit, mais t'es au courant qu'en plus, là, tu vas prendre 30 ans.
05:29Il me dit, non, j'ai une chance d'être acquittée.
05:31Et puis, dans tous les cas, c'était le risque à prendre.
05:33Et puis, avec toi, la présence, c'est le Club Med.
05:35Il me dit que c'était à refaire et referait.
05:42L'idée de tout ça, c'est qu'ils sont dans un conflit très fort.
05:45Et comme il vous le dit, il ne veut pas qu'elle le fasse chier pour la maison et les enfants.
05:48Donc, il décide de la tuer. C'est ce qu'il vous dit ?
05:50Oui, c'est ça.
05:51Et il vous dit qu'il la préparait bien à l'avance, qu'il savait depuis longtemps que c'était à cette date-là qu'il voulait la tuer ?
05:57Eh bien, oui, il me le dit, oui.
05:58Il avait le lieu, il m'a dit qu'il n'avait pas fait de trou, mais qu'elle était recouverte par quelque chose.
06:03Et en fait, il me dit qu'il avait le lieu un mois avant.
06:08Donc, s'il avait le lieu un mois avant, il l'avait ainsi aidé depuis un peu plus longtemps.
06:12Et en fait, oui, il avait le lieu un mois avant. Je peux vous le confirmer. Il me l'a réellement dit.
06:17Et il vous a dit comment il l'avait tué ? Il vous a dit qu'il l'avait étranglé ?
06:20Oui, il m'a dit qu'en fait, elle allait vers le canapé, il l'a crappé, il a fait une clé de coude, il l'a mis son autre main sur le front.
06:26Et qu'en l'étranglant, il s'est fait une sorte de lésion sur le bras que le légiste l'a vu.
06:32Et que pour s'en expliquer, il a dit qu'en fait, il avait fait ça avec du parquet flottant.
06:36Et vous, Jennifer, est-ce que vous avez été victime de ces violences ?
06:39Il m'a étranglée quand même trois fois.
06:41Il m'a dit que si je le trompais, je finirais comme Delphine.
06:44Alors en fait, ça veut dire quoi ?
06:45Il vous a étranglée trois fois ? Ça s'est passé comment ça, Jennifer ? En prison ? Il vous a étranglée trois fois ?
06:50Oui, alors une fois, c'était parce qu'en fait, on commençait à serrer mon cou, etc.
06:54Je lui ai levé sa main. Je lui ai dit mais tu fais quoi là ?
06:57Il m'a dit non mais là, c'est rien, c'est de la domination dans le désir.
06:59Et après, une fois qu'on avait la vitre, il m'a montré sur lui comment il a étranglé Delphine.
07:04Donc une clé de coude sur lui et une même sur le front.
07:07Et en fait, une fois, quand on parlait du décès de Delphine, il m'a dit en fait que les voisines n'avaient pas pu entendre de cris parce que Delphine n'avait pas crié.
07:15J'ai dit mais moi, je me fais étrangler, je me débat, je crie.
07:17Et là, il choque mon cou en serrant très fort.
07:19Il me dit tu peux crier là ?
07:20Et là, j'étais choquée, je lui enlève la main et je lui ai dit mais c'est plus ça.
07:23Et en plus, tu ne m'as même pas montré que c'était comme ça.
07:25Tu m'as dit que tu lui avais fait une clé de coude.
07:27Et là, il ne m'a pas du tout fait mal mais il m'a mis ma tête contre lui avec son coude.
07:31Et après, avec son entraînement, il m'a fait une clé de coude.
07:33Il m'a montré comment il a fait sur Delphine en fait.
07:36À votre avis, Jennifer, pourquoi il vous a fait ses confidences à vous ?
07:38Je ne sais pas.
07:39Il m'a toujours dit avec toi, c'est fluide, il y a de la transparence.
07:42Il a cru que j'allais pouvoir garder ça des mois, des mois, entre ça, entre moi et ma conscience en fait.
07:47Une fois qu'il vous a fait ses aveux-là, immédiatement après, vous avez voulu le raconter à la justice ?
07:51Oui, j'ai voulu le raconter à la justice.
07:53J'attendais juste que la justice me convoque.
07:55J'ai été appelée et j'ai été convoquée.
07:57Je suis auditionnée ensuite au mois de juillet.
08:01Et après, je l'ai été une autre fois par rapport à des appels malveillants réitérés
08:06et du coup une subordination de témoins.
08:09Parce que c'est vrai que Jubilar m'a appelée une dizaine de fois en tout
08:11entre mon ancien sexe et mon numéro de portable
08:13en laissant trois messages sur les deux lignes.
08:16Et je l'ai été vendredi dernier pour que les enquêteurs du coup prennent en photo
08:21les vêtements que Cédric a déjà m'avoir confiés
08:23et qui étaient selon lui la raison de ses appels.
08:26En gros, vous avez raconté tout ça à la justice.
08:28Cédric Jubilar l'a su et il a cherché à vous joindre.
08:30C'est ça les derniers rebondissements de l'affaire.
08:32C'est qu'à plusieurs fois, depuis ses aveux présumés, il a cherché à vous appeler, c'est ça ?
08:36Il a essayé de m'appeler dix fois, oui.
08:38Et donc, il y a eu une enquête qui a été ouverte pour subordination de témoins
08:41mais en fait, elle a été classée cette enquête, c'est ça ?
08:43Oui, ça a été classée sans suite, oui, effectivement, c'est comme ça.
08:46Mais après, je pense qu'à l'heure actuelle, le plus important,
08:49c'est de se concentrer sur le procès qui arrive.
08:52Vous allez y aller, témoigner ? Vous êtes prête à ça ?
08:54On n'est jamais vraiment prêts, mais c'est quelque chose qu'il faut faire.
08:58C'est une maman qui a disparu, qui d'après les confidences que j'ai reçues,
09:02est décédée par l'acte de son méfou
09:07et qui laisse une famille, des enfants et le temps est maintenant à la justice.
09:12Mais vous appréhendez le fait d'aller témoigner, de la voir en face de vous ?
09:16J'appréhende énormément de la voir en face de moi, je ne sais pas quelle va être ma réaction.
09:20Je ne sais pas si je vais arriver à affronter son rauveur.
09:23Donc, on verra sur le moment même, je ne sais pas.
09:26Est-ce que vous pensez que lui, il pense qu'il ne va pas être condamné
09:29parce qu'il a bien maquillé le crime qu'il aurait commis ?
09:31Je pense qu'il envisage les deux hypothèses, comme il m'a déjà dit.
09:35Il faisait déjà des projets pour dehors, mais il envisage aussi pour ce qui prenait 30 ans.
09:40Je pense qu'il va, entre guillemets, tout donner pour être acquité.
09:44Il est condamné, il nous disait déjà les prisons qu'il visait.
09:47Donc, même s'il était condamné, il assumait.
09:50Sur le rapport, il avait dit qu'il voulait aller en bâtiment
09:53parce qu'il était un criminel comme les autres.
09:54J'ai dit qu'il voulait aller en bâtiment pour avoir les avantages,
09:57c'est-à-dire le shit, le portable, etc.
10:00Pour conclure, Jennifer, est-ce que vous pensez qu'il ait pu vous faire tous ses aveux
10:03pour frimer d'une certaine manière, mais qu'en fait, ce n'est pas lui ?
10:06Non, non, non. Dans toutes les discussions qu'on a eues ensuite,
10:10en fait, il banalisait le décès de Delphine, la fois qu'il l'a fait, etc.
10:13Pour moi, c'est vraiment, vraiment lui.
10:15Je n'ai pas de doute et il n'a pas dit ça pour frimer.
10:18Après, par contre, des fois, il m'a sorti des versions différentes.
10:20Donc, il a pu mentir sur des choses.
10:22Mais après, je pense, bien sûr, que c'est vraiment lui, oui, bien sûr.
10:26Qu'est-ce qu'il faut vous souhaiter à vous maintenant ?
10:27D'avoir de courage, d'aller témoigner dans les jours qui viennent ?
10:30Du courage et je m'excuserai de la famille de Delphine
10:34de ne pas avoir su avoir dit les choses avant.
10:36Au procès, je ferai à mon maximum.
10:39Si je peux apporter quelque chose à la manifestation de la vérité,
10:43je le ferai pour Delphine, bien entendu.
10:45Merci beaucoup, Jennifer, d'avoir témoigné ce matin sur RTL.
10:47Merci à vous.
10:48Merci.
10:49Merci.
Commentaires