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  • il y a 4 mois

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00:00Alors, je le disais, je voulais vous faire réagir là-dessus aussi, parce que ce débat sur la taxation, elle a occupé beaucoup de la semaine.
00:08Vous avez vu cette petite tournée médiatique de Gabriel Zuckman sur le service public, qui vantait les solutions prônées par cette économiste.
00:16Et là, vous avez aujourd'hui la déclaration de Bernard Arnault dans le Sunday Times.
00:21Bernard Arnault, PDG d'LVMH, je rappelle, 75 marques, 84 milliards d'euros, il y a un bénéfice de 12,50 milliards d'euros.
00:32Je rappelle ces chiffres parce que c'est important d'avoir ce genre d'entreprises en France qui font travailler.
00:37Il n'y a pas que des méchants patrons, il y a des employés, plein d'employés, qui gagnent leur vie grâce à LVMH.
00:46On est ravis, quand on va dans le monde entier, de voir les boutiques qui sont aux couleurs de la France.
00:52Alors là, aussi, Olivier Faure, d'ailleurs, qui accuse les patrons de ne pas être assez patriotiques.
01:00On est vraiment dans une polarisation, Michel Fayat, du débat en France.
01:04On a l'extrême droite, l'extrême gauche, puisque Bernard Arnault qualifie Gabriel Zuckman de militant d'extrême gauche.
01:12Ça se polarise méchamment, si j'ose dire.
01:15Tout à fait. Et ce qui était intéressant, c'est qu'il y a quelques jours, Nicolas Dufour, le patron de la BPI France, avait été interrogé.
01:22Il était le premier concerné par la taxe de Zuckman, puisque c'est lui qui récupérait les parts de ces entreprises.
01:28Il prenait le cas, justement, de Bernard Arnault en disant que si on prenait l'entièreté de la fortune de Bernard Arnault,
01:35on ne pourrait financer que dix mois de sécurité sociale.
01:38Donc, ça met en perspective, quand même, l'absurdité de cette mesure qu'il a qualifiée lui-même de communiste.
01:43Et d'histoires, ça c'était intéressant, d'histoires de jalousie à la française.
01:49Il a mis un petit peu les pieds dans le plat, Nicolas Dufour, qui n'est pas connu pour être, vous voyez, quelqu'un d'extrémiste ou de très virulent,
01:56de patron de la BPI.
01:58Non, mais il a raison d'aller sur ce terrain-là.
02:00En fait, ce que les Français ont du mal à comprendre, parce que la classe politique ne leur dit pas assez aussi,
02:04c'est qu'on devrait être très fiers d'avoir quelques grands groupes français, franco-français.
02:08Il y en a très peu, quand on se compare aux Etats-Unis, même quand on se compare au reste du monde.
02:12Et ceux qui nous restent, ceux qui sont là, on devrait avoir beaucoup de satisfaction de les avoir chez nous,
02:16parce qu'il vaut mieux avoir l'actionnariat chez nous en France.
02:19En général, ça permet de mieux préserver nos intérêts dans la durée, et en particulier ceux du territoire national.
02:23Ça, c'est le premier point.
02:24Et le deuxième point sur lequel je veux insister par rapport à l'attaque Zuckmann,
02:27après tout, c'est un choix politique.
02:28Mais il faudrait que si, à un moment donné, on va vers un tel choix politique,
02:31qu'on fonde ce choix politique sur ce qu'on appelle de véritables études d'impact.
02:34Là, depuis des décennies, en France, sur la fiscalité en particulier, mais sur tous les autres sujets,
02:38on joue aux apprentis sorciers.
02:39C'est-à-dire qu'on a une bonne idée, et puis on décide de la mettre en œuvre
02:42sans avoir véritablement évalué les conséquences de manière sérieuse.
02:46Là, j'entends M. Zuckmann qui dit
02:47« Oui, mais les études de Bercy expliquent qu'en effet, il n'y a pas de problème sur le risque de départ des riches. »
02:53Mais les études de Bercy, c'est comme si vous demandez à un pâtissier
02:55« Est-ce que la pâtisserie fait grossir ? »
02:57Bercy va pas dire « Les abous font partie des gens. »
02:59Parce que c'est vrai qu'on a eu ce débat,
03:01et j'ai l'impression qu'on ne convaincra pas les gens qui sont pour cette taxe.
03:05Ce qui est étonnant, c'est de toujours opposer, justement, les uns contre les autres,
03:12parce qu'on ne taxerait pas les riches,
03:14les Français seraient plus pauvres.
03:16Mais c'est la manière dont on prend le sujet.
03:18Vous qui êtes spécialiste des questions internationales, Michel Fayad,
03:21vous avez le sentiment qu'il y a d'autres pays
03:23où ce débat est pris sous cet angle-là ?
03:27Parce qu'évidemment qu'on veut moins de pauvres en France,
03:29mais il faut surtout peut-être réduire les charges du travail.
03:34Le salaire brut, qui est un des plus hauts, je pense, d'Europe, d'ailleurs.
03:39Le niveau des salaires bruts en France est assez élevé,
03:42mais le salaire net est très bas.
03:44C'est ça, le problème.
03:45Bien sûr, mais il y a aussi l'autre problème,
03:47qui est la question de la gestion publique.
03:49Parce qu'au final, tout cet argent qu'on nous taxe,
03:51on va le confier aux mêmes personnes
03:53qui nous ont creusé notre dette
03:54et qui créent un déficit budgétaire chaque année ?
03:57En fait, on ne pose pas cette question très clairement.
04:00Parce que dans une entreprise,
04:01quand vous avez un mauvais gestionnaire,
04:03vous le renvoyez,
04:05les actionnaires le renvoient.
04:06Ils nomment un nouveau dirigeant.
04:08Aujourd'hui, en France,
04:09on est en train de dire qu'on va taxer davantage,
04:11donner davantage d'argent
04:12entre les mains de gens qui ne savent pas le gérer.
04:15Donc, je ne sais pas où est-ce qu'on va.
04:16Moi non plus.
04:18Merci.
04:18C'est une conclusion un petit peu pessimiste.
04:21Mais enfin, je vous souhaite quand même une bonne soirée.
04:23Michel Payane, merci Alexandre Malafaille.
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