Dans son édito du 19/09/2025, Thomas Bonnet revient sur le fait que Delphine Ernotte, patronne de France Télévisions, ait qualifié CNEWS comme «une chaîne d'extrême droite».
00:00Oui, il y a comme un vent de panique à Radio France et France Télévisions, un sentiment de fébrilité inédit.
00:06Mise en accusation par l'affaire Legrand-Cohen, le service public a décidé d'allumer des contre-feux en s'en prenant à notre média.
00:13Au mépris de la réserve qu'imposent leurs postes, les dirigeants de France TV et de Radio France sortent du bois et tentent de disqualifier les médias de notre groupe.
00:22Une façon de ne pas répondre sur le fond d'une affaire devenue embarrassante.
00:26Hier, Delphine Ernotte dit apporter un soutien total à Patrick Cohen.
00:30Avant cela, pourtant, le principal intéressé avait lui-même parlé de montage, puis de barbouserie reconnaissant de facto l'aspect compromettant de la vidéo diffusée par l'incorrect.
00:41Un échange avec des élus socialistes dont le vrai sujet n'est pas tant la méthode journalistique qu'une illustration des incoîtances idéologiques entre l'audiovisuel public et la pensée de gauche.
00:51C'est ça, le vrai sujet. Hier, Thomas Legrand est allé s'expliquer dans une émission sur une chaîne privée qui revendique le fait de ne jamais inviter le Rassemblement national.
01:01Et à la question, est-ce que les électeurs du RN s'y retrouvent en écoutant France Inter ?
01:05Il répond par l'affirmative. Mauvaise voix ou profonde des connexions, le journaliste ne semble toujours pas avoir saisi la nature des reproches qui lui sont adressés.
01:14Alors, incapable de la moindre autocritique, le service public a donc décidé de se placer en rival du groupe Bolloré.
01:20D'un côté, un groupe privé dont les médias connaissent un succès florissant.
01:24De l'autre, un service public de l'audiovisuel en guerre ouverte contre ces mêmes médias.
01:28En donnant cette interview, Delphine Ernot se place d'elle-même dans une confrontation idéologique rompant avec l'ambiguïté qui entourait son rôle.
01:36Désormais, c'est clair, France Télévisions obéit à un agenda politique, celui de lutter contre les opinions qui ne lui correspondent pas.
01:43En s'estimant victime d'une prétendue cabale, puis en se plaçant comme un rempart face à ce qui est qualifié de post-vérité, Delphine Ernot réclame un soutien financier accru de la part de l'État.
01:54Autrement dit, la réponse aux accusations contre les médias publics serait encore plus d'argent pour l'audiovisuel public, on croit rêver.
02:02Pourquoi est-ce qu'ils sont fébriles face à ces news ?
02:04Ils perdent leur sang-froid comme dépassés par l'engouement du public pour un média qui ose relater des faits qui étaient jusque-là occultés.
02:11À France Télé, c'est un peu cacher ce réel que je ne saurais voir, car c'est ça la clé de lecture principale de toute cette affaire.
02:18Les attaques se font de plus en plus fortes à mesure qu'ils sentent qu'ils perdent le contrôle du récit médiatique.
02:24Pendant des décennies, le système médiatique avait verrouillé le discours autorisé.
02:27En sortir vous valait disqualification.
02:30Il y avait des sujets dont on ne parlait pas, des constats qu'on ne posait pas, des voix qu'on n'écoutait pas.
02:36Le postulat de ces news est de rompre avec cette doxa, de rapporter les faits tels qu'ils sont vécus par les Français,
02:42s'inquiéter de leur quotidien, rapporter leurs préoccupations, explorer les angles morts médiatiques, questionner les non-dits.
02:49Delphine Ernot a dit vouloir représenter la France telle qu'elle voudrait qu'elle soit.
02:53À l'inverse, ces news montrent la France telle qu'elle est.
02:56Dans cette différence fondamentale réside une partie de la recette d'un succès qui les rend fou.
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