00:00Et puisque Guillaume Daré, vous avez la parole, gardez-la, vous êtes chaud, on va aller sur un autre sujet,
00:05qui est une pétition, une pétition sur un référendum, pour demander un référendum sur l'immigration.
00:10Elle a été lancée par quelqu'un qu'on connaît bien depuis longtemps dans la politique française, c'est Philippe Devilliers.
00:15Alors on pourrait se dire que le RN pourrait embrayer, surfer sur la vague et dire oui, oui, la pétition, il faut se la signer.
00:21Et bien bizarrement, vous nous dites ce matin, le RN prend ses distances.
00:24Le RN prend ses distances, et c'est intéressant, c'est deux éléments intéressants, cette pétition et la manifestation, on disait, à Londres,
00:31de l'extrême droite britannique contre l'immigration.
00:33Deux éléments majeurs, où effectivement Marine Le Pen n'est pas forcément, Julien, là où on l'attend.
00:38C'est vrai qu'on avait Laurent Jacobelli hier, il disait, nous on ne manifeste pas.
00:41Absolument, sur la question de la pétition qui est lancée par Philippe Devilliers, le renvoqué, patron du groupe LR à l'Assemblée, a dit, je vais la signer.
00:47Marine Le Pen, ce matin, je ne signe pas de pétition, dit-elle, car moi, je dépose des propositions de loi.
00:54C'est ce qu'elle précise ce matin.
00:56Autre élément, on le disait, la manifestation de l'extrême droite à Londres, la question lui est posée.
01:01Là aussi, elle dit, moi, mon rôle, ce n'est pas d'aller manifester dans la rue, mon rôle, c'est d'être à l'Assemblée.
01:07Le rôle des politiques et des députés, c'est de faire la loi.
01:10Prise de distance, intéressante, parce que je parle sous le contrôle de François.
01:13Alors, Nigel Farage, l'extrême droite britannique, réforme UK, qui est dans les sondages en tête pour la prochaine élection pour Downing Street,
01:20lui aussi avait pris ses distances à l'égard de cette manifestation.
01:23Alors, c'est vrai que ça peut sembler un peu contre-intuitif.
01:25Comment vous expliquez politiquement cette prise de distance ?
01:29J'allais dire, je trouve que c'est deux éléments qui montrent qu'y compris sur la question de l'immigration,
01:33il y a une forme de stratégie, de normalisation, finalement, du Rassemblement National.
01:37Marine Le Pen, très clairement, elle ne veut pas apparaître comme, finalement, une agitateuse polémiste
01:42qui serait dans la rue à manifester.
01:44Elle veut montrer que le pouvoir politique, elle en détient une partie à l'Assemblée
01:48et que si elle va, demain, ou le RN à Matignon ou à l'Élysée, elle pourra faire bouger les choses.
01:54C'est une façon aussi de convaincre ceux qui ne votent pas encore pour elle.
01:57Elle a atteint plus de 40% la dernière fois.
01:59Il faut plus de 50% pour être élue président de la République.
02:02Apparaître comme une agitatrice dans la rue, ça ne va pas convaincre ces gens-là.
02:06Ensuite, elle fait le pari que même si elle ne va pas dans la rue ou si elle ne signe pas cette pétition,
02:10ça va quand même créer un climat, effectivement, qui, au final, lui sera favorable.
02:14Mais j'allais dire, attention.
02:16Attention parce qu'on est toujours débordé par plus radical que soi, quelque part.
02:21Et qu'est-ce qu'a montré les Gilets jaunes ?
02:22Qu'est-ce qu'a montré la manifestation à Londres ce dimanche ?
02:25Ça montre qu'aujourd'hui, il y a des mouvements qui viennent plus ou moins de la base,
02:28qui n'ont plus besoin des partis politiques.
02:30Ça se fait par les réseaux sociaux, les Gilets jaunes, on l'avait vu.
02:34Ça se fait par des structures sur le terrain, avec des gens qui s'envoyaient des messages sur WhatsApp.
02:37Y compris sur ce sujet-là, finalement, le RN est en train peut-être de devenir quoi ?
02:41Un parti comme les autres qui se fera dépasser un jour.
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