00:00Ce soir, j'ai le plaisir d'accueillir deux pilotes Mosellans, membres de l'équipage français lors de la Gordon Bennett 2025,
00:08avec son coéquipier Guillaume Joiville, Christophe Ouvert, est avec nous ce soir. Bonsoir à tous les deux.
00:13Bonsoir.
00:13Vous avez parcouru un peu plus de 1000 km, 1096 km il me semble, au-dessus de l'Europe.
00:20Avant de rentrer dans les détails de votre périple, un mot d'explication pour ceux qui ne connaîtraient pas le principe de cette course, la Gordon Bennett.
00:28Le but n'est pas d'être les plus rapides, mais d'être ceux qui vont le plus loin.
00:33Tout à fait. Alors la coupe aéronautique Gordon Bennett, c'est la coupe aéronautique la plus ancienne au monde, puisque la première édition s'est tenue en 1906.
00:41Et le principe est effectivement celui que vous avez évoqué, c'est-à-dire que tous les ballons décollent avec un même volume d'un gaz porteur qu'est l'hydrogène.
00:48Et le vainqueur de la compétition est celui qui va réussir à poser le ballon au point le plus éloigné par rapport au point de décollage, qui est le point commun de tous les ballons.
00:55Historiquement, vous savez quel est le ballon qui est arrivé le plus loin, qui fait la plus grande distance en kilomètres sur les 68 éditions, c'est ça qui se sont déroulés ?
01:03Je pense que Christophe pourra vous le décrire plus précisément.
01:06Pendant longtemps, 1912 des Français, je n'ai plus les noms, mais ils avaient fait plus de 2192 kilomètres, je crois.
01:12C'est resté pendant très longtemps un record de France de distance, donc ça a marqué les esprits. 1912, je crois.
01:17Et vous, votre plus grande distance, puisque vous n'êtes pas à votre coup d'essai ?
01:21Dans la compétition, on l'a faite ensemble, c'était un peu moins de 2100 kilomètres l'année passée.
01:28Et sinon, j'ai eu le plaisir de traverser l'Atlantique en 2000 avec Laurent Lajoie et on a fait à peu près 4800 kilomètres.
01:35D'accord, ça fait une belle trotte.
01:38Vous êtes resté 56 heures environ en vol lors de cette édition.
01:44Un résultat, vous êtes terminé 9e.
01:46Est-ce que c'est un résultat un poil frustrant pour vous, cette 9e place ?
01:51Alors, l'objectif de cette compétition pour nous, c'est avant tout de réaliser un beau vol, un vol qui soit cohérent, de prendre du plaisir en équipe avec tous les gens qui nous accompagnent,
02:01puisque les projecteurs sont sur les deux personnes à bord, mais c'est avant tout un travail d'équipe où une vingtaine de personnes contribuent à la réussite de ces beaux vols.
02:09Alors, est-ce que l'on aurait souhaité mieux figurer au classement final ?
02:13Très certainement, puisqu'en tant que compétiteur, on aime bien revenir avec un joli souvenir.
02:18Néanmoins, on a réalisé un très beau vol, très cohérent, dans la continuité de ce qu'on a pu réaliser l'an dernier,
02:23qui nous a permis de traverser de très beaux pays, de survoler des paysages magnifiques,
02:28et pour lequel, par précaution et par rapport aux prévisions d'instabilité qui nous étaient proposées pour la dernière journée,
02:36nous avons mis une fin de manière un peu plus prématurée à ce que nous aurions pu espérer.
02:40Vous avez atterri en Serbie. C'était quoi le plan initial ? Est-ce qu'il y avait un plan initial déjà ?
02:46Parce que j'imagine qu'en fonction de la météo, on s'adapte.
02:48Oui, il y avait un plan initial qui était plutôt de viser la Grèce et qui a été corrigé en l'air,
02:52parce qu'il y avait un virage à faire qu'on n'a pas réussi à faire, parce qu'il y avait une petite impasse météo.
02:58Donc on s'est rabattu sur une option Bulgari-Romanie qui a été le nouveau plan en cours de route.
03:06Un peu écourté en Serbie qui était sur la route.
03:10Est-ce qu'on peut revenir sur la préparation d'une course comme celle-là ?
03:13Comment on prépare justement une participation à la Gordon Bennett ?
03:17Comment ça se passe ? Combien de temps ça dure ?
03:19C'est tout un ensemble. Je pense qu'on peut parler d'un entraînement des pilotes
03:23dans la mesure où on va passer pas mal de temps en l'air au fil de l'année,
03:27que ce soit en montgolfière ou en ballon à gaz.
03:29Mais c'est avant tout une préparation du long terme,
03:32c'est-à-dire une préparation pendant 12 mois,
03:34pendant laquelle on va travailler à la fois sur l'équipement,
03:37l'amélioration du matériel, de nos façons de travailler avec les équipiers
03:41pour la préparation du ballon, mais également avec notre PC Course,
03:44qui est le centre stratégique et névralgique de la compétition,
03:47puisque c'est une équipe d'experts de 8 personnes
03:50qui travaille à proposer au ballon un vol qui soit à la fois sécuritaire
03:55en termes de, je dirais, d'instabilité météo,
03:58mais également respectueux de la réglementation aérienne
04:01tout en essayant d'aller chercher la même performance.
04:03Alors tout ça nécessite évidemment de travailler en équipe au fil de l'année
04:06et c'est quelque chose qu'on aime bien faire sur le temps long avec Christophe
04:09pour avoir une préparation la plus affinée au rendez-vous et au décollage.
04:14Le départ cette année a été donné à Metz.
04:17J'imagine que pour vous c'était une émotion particulière de partir de Moselle.
04:23Ça a une saveur toute particulière.
04:26Déjà on a une vision assez ouverte de notre discipline, de notre passion,
04:31très axée sur le partage.
04:33Donc vous doutez bien que quand on part à Metz,
04:35le partage est plein et entier.
04:36C'est-à-dire que les gens qui nous suivent à travers des écrans habituellement
04:39ont pu avoir ça en live.
04:41Donc ça a été pour nous une sensation bien particulière.
04:45Il y avait des selfies à faire.
04:46C'était une sensation bien particulière de partir de la maison.
04:51Il y avait une ferveur en plus quand on a été appelé au podium.
04:55Il y avait beaucoup d'émotions à travers les gens qui se sont intéressés,
05:01qui ont passé la barrière des réseaux sociaux pour venir voir.
05:06Franchement c'était un très très bon moment, c'était plaisant.
05:08Et une fois qu'on décolle alors et qu'on passe plusieurs heures en l'air,
05:11est-ce qu'on ne trouve pas le temps long ?
05:13Il y a toujours quelque chose à faire ou des problèmes à gérer ?
05:16La météo par exemple, la fatigue aussi ?
05:19Alors avant tout, puisque nous sommes des passionnés,
05:22c'est un vrai plaisir d'être en l'air, d'avoir cette chance,
05:25d'être sélectionné en équipe de France pour pouvoir concourir
05:27et de représenter le pays.
05:30Alors ensuite, on prend beaucoup de plaisir à être en l'air.
05:33La première nuit s'est déroulée au-dessus de l'agglomération de Metz
05:38et de l'euro-métropole plus largement,
05:40ce qui nous a offert un superbe spectacle nocturne.
05:44Et puis ensuite, le rythme du vol, l'alternance des cycles d'urne et nocturne,
05:49amène son lot de paramètres à gérer, de pilotage,
05:53d'ajustement aussi des temps de vie à bord,
05:55pendant lesquels on va avoir des temps de restauration,
05:58des temps de sommeil, des temps de repos.
05:59Et tout ça fait qu'avec une bonne organisation de bord,
06:02on prend du plaisir à chaque étape et non, en tout cas,
06:05pour notre part, on ne trouve pas le temps long à bord de notre panier.
06:08Est-ce qu'il y a aussi ce petit côté instinct pendant le vol
06:11où tout se fait en fonction des données statistiques ou de concrets ?
06:16Est-ce qu'il y a aussi cette notion d'instinct qui joue ?
06:18Ça joue beaucoup, oui.
06:19C'est un pilotage d'instinct déjà.
06:22Il faut se rendre compte qu'on jette du sable avec une pelle en aluminium.
06:28Donc, on comprend bien qu'on n'a pas la précision d'un volant,
06:31d'un pilote de Formule 1.
06:34Donc, c'est beaucoup d'instinct, oui, à sentir le ballon,
06:37à avoir un peu un avis sur les sujets météo.
06:40À force de mailler l'Europe dans tous les sens,
06:42on sait aussi qu'il y a des zones qui sont plus compliquées
06:45en termes d'instabilité d'auto.
06:46Donc, effectivement, il y a cette dimension un peu sensorielle
06:49à travers le vol.
06:51Bon, alors, ça ne fait pas tout,
06:52mais il y a effectivement une dimension très sensorielle.
06:54Alors, il y a une question qui revient,
06:56qui est revenue beaucoup à la rédaction,
06:57c'est comment vous faites pour vos besoins vitaux ?
07:00Tout le monde se la pose, cette question.
07:01Très bien. Alors, je vais faire preuve d'un acte de courage.
07:03Je vais laisser répondre Guillaume.
07:06Guillaume, alors, comment vous faites ?
07:08Comme sur tous les autres volets, en fait,
07:09le ballon est autonome.
07:11C'est-à-dire que, bon, le principe est avant tout
07:13de décoller et de ne pas atterrir
07:15avant de mettre la marque finale.
07:17Donc, en fait, tous les besoins sont emportés.
07:18Les besoins en énergie, les besoins en avitaillement,
07:22les besoins d'alimentation, les besoins de vêtements
07:25et nos besoins sanitaires également.
07:28Donc, que ce soit pour les différentes étapes d'hygiène,
07:31le ballon est autonome pour vivre jusqu'à 4 jours,
07:34en tout cas 4 nuits, un peu plus dans les airs,
07:37lorsque la météo le permet.
07:38Bon, dernière question pour conclure.
07:41Vous serez au départ de l'édition suivante en 2026.
07:46On ne sait pas encore.
07:47Si, on le sait.
07:48Enfin, on a un partenaire qui est John Cochrill.
07:51On en parlait du caractère local.
07:53Ils font partie de l'aventure
07:54et qui nous suit encore pour l'année prochaine.
07:56Donc, on sait qu'on sera en Autriche au départ.
07:58Alors, ce n'est pas encore...
07:59Enfin, il semblerait qu'on puisse partir
08:02du château de Schönbrunn.
08:04C'est le clin d'œil à Sissi.
08:06Ce n'est pas encore confirmé.
08:07En tout cas, ça partira d'Autriche.
08:08Et on y sera.
08:10Merci beaucoup, en tout cas,
08:11à vous deux, Christophe Auvert et Guillaume Joaville,
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