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  • il y a 4 mois
La chute du gouvernement de François Bayrou a ouvert, le 8 septembre dernier, une nouvelle page d’instabilité et d’incertitude politique, avec en toile de fond une colère sociale qui se fait de plus en plus entendre. Alors que le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est donné pour mission de consulter les forces politiques pour résoudre la crise, des reporters de Ligne Rouge ont suivi leurs différents représentants, tout au long de la semaine, en coulisses. Crise politique, mouvements sociaux : au cœur d’une France bloquée : c’est une enquête Ligne Rouge signée Charlotte Gillard, Julien Cressens, Juan Palencia et Jérémy Müller.

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Transcription
00:00Ce lundi 8 septembre, à l'Assemblée Nationale, les journalistes parlent espagnol, anglais.
00:16Ils sont venus du monde entier assister à la chute d'un homme, le Premier ministre François Bayrou.
00:23Il y a bien longtemps que le Palais Bourbon n'avait pas connu une telle cohue.
00:29Et ce n'est pas sa patronne, Yael Braune-Pivet, qui va dire le contraire.
00:36Dans les salons privés, elle nous accorde ses derniers instants avant le discours de François Bayrou,
00:42un Premier ministre qui lui a donné beaucoup de travail ces derniers jours.
00:53Je pense que c'était important de le faire sur le sujet.
00:59Après, on voit bien que les échanges avec les différentes forces politiques
01:06montrent bien qu'il n'y avait pas de voie de passage.
01:10Donc c'est vrai que c'était un risque important.
01:13Et donc je ne l'aurais probablement pas fait après.
01:16Merci à vous.
01:16Mes chers collègues, la séance est ouverte.
01:27La parole est à monsieur le Premier ministre.
01:32Cette épreuve de vérité, je l'ai voulue.
01:36Pendant 40 minutes, François Bayrou va s'offrir un barreau de donneur.
01:40Une ultime plaidoirie, avant le vote d'une assemblée qui a déjà décidé de le condamner.
01:49Notre pronostic vital est engagé.
01:51Dans le même temps, son allocution est lue au Sénat par l'ancienne Première ministre, Elisabeth Borne.
02:00Devant des sénateurs, disons-le, peu assidus pour certains.
02:04Au premier rang, des membres du gouvernement, dont la ministre en charge de la ruralité, Françoise Gattel.
02:15Nous la retrouvons à l'issue du discours.
02:18Salut !
02:19Ça va Pascal ?
02:20Et toi ?
02:20Comment va la Normandie ?
02:22Ah, l'homme qui me transporte !
02:28Salut !
02:29Et à vrai dire, ce n'est pas l'image que l'on se faisait d'une ministre avant la chute du gouvernement.
02:35Oui, et toi, c'est mes bulles de ça, non ?
02:37C'est mes bulles de ça.
02:38Oui, je fais des bulles.
02:40Mais c'est drôle, ton truc.
02:41Je fais des bulles, oui.
02:43On vous voit tout sourire à une heure d'un vote qui devrait sceller le sort de votre gouvernement.
02:48Vous n'avez pas l'air très stressée.
02:51Non, mais moi, d'abord, je souris, parce que je souris assez naturellement.
02:55Pas bêtement ni bêtement.
02:57Donc moi, je suis grave.
02:59Et en même temps, être grave, ça ne veut pas dire qu'on ne sourit pas aux gens.
03:04Ben, je ne vais pas me mettre à pleurer.
03:08Je n'ai pas pris de Kleenex, en plus.
03:10Allez !
03:11La ministre va vite s'éclipser du Sénat.
03:16Ce vote, elle a décidé de le vivre entourée de ses équipes.
03:21Et il va arriver plus vite qu'elle ne le pensait.
03:27Ça y est, c'est le moment fatidique.
03:29Le moment du vote, les députés ont 30 minutes pour, contre ou abstention.
03:3530 dernières minutes en tant que ministre.
03:38Alors, mais, voilà, vous, comment dire, vous devriez écrire des scénarios.
03:45Elle va découvrir en direct la chute du gouvernement auquel elle appartient.
03:53Pour l'approbation 194, contre 364.
03:59L'Assemblée nationale n'a pas approuvé la déclaration de politique générale.
04:04Conformément à l'article 50 de la Constitution,
04:07le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission du gouvernement.
04:14La séance est levée.
04:16On va dans le bureau ?
04:33Pardon.
04:35Excusez-moi, Zoé.
04:36On vous sent assez émue ?
04:46Oui.
04:47Moi, j'ai apprécié ce moment.
04:49J'ai rencontré des gens très différents de moi.
04:51J'ai vu des choses formidaires.
04:53J'ai vu beaucoup d'énergie.
04:55C'était très bien.
04:56Je pense que maintenant, il faut faire retomber un peu la température, si je puis dire,
05:02et faire preuve de sang-froid.
05:04Parce qu'il faut d'abord penser à ceux qui, à un moment, nous ont demandé,
05:09parce qu'on a été élus, de travailler pour eux.
05:19Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
05:24Au même moment, à l'Assemblée nationale,
05:27les partis d'opposition se félicitent du départ de François Bayron.
05:31Et je veux d'abord dire à celles et ceux qui nous écoutent
05:36que nous partageons leur soulagement de voir M. Bayrou enfin parti.
05:40Nous avons d'une certaine manière exercé l'opposition
05:42comme on exerce le pouvoir, avec responsabilité.
05:45Mais une chef de groupe brille par son absence.
05:51Marine Le Pen.
05:53Elle qui vient d'apprendre la date de son procès en appel pour détournement de fonds publics,
05:58quelques heures plus tôt.
06:00Dans le jardin à l'abri de la meute,
06:02un seul député RN a été mandaté pour s'exprimer.
06:06Ça s'est vu, mine de rien, dans la meute de journalistes.
06:11Tout le monde s'est étonné, effectivement,
06:12qu'il n'y ait pas de prise de parole du groupe RN et de Marine Le Pen, en l'occurrence.
06:15La prise de parole du groupe RN, il y en a une, c'était votre serviteur.
06:18Désolé de vous décevoir, mais voilà, j'ai essayé de combler vos voeux.
06:21Mais j'ai pas eu beaucoup de ceci dit.
06:23Ça explique peut-être parce que j'ai eu très peu de questions.
06:25Donc peut-être qu'ils pensaient qu'après moi, Marine arriverait.
06:27Désolé, il n'y avait que moi.
06:27Matignon va donc vivre une nouvelle fois au rythme des cartons.
06:39Alors que François Bayrou fait ses adieux à ses équipes,
06:42à quelques encablures de là derrière les fenêtres de l'Elysée,
06:46Emmanuel Macron se prépare, lui, à nommer son nouveau Premier ministre.
06:51Avec une volonté, cette fois, que les choses ne traînent pas.
06:55Car en ligne de mire, une date que tous ont en tête.
07:04Le 10 septembre.
07:05Emmanuel Macron, on sait qu'il doit aller vite.
07:06L'Elysée promet un nom dans les tout prochains jours.
07:09Là, il y a urgence.
07:09Il y a urgence parce qu'Emmanuel Macron se retrouve vraiment en première ligne.
07:13Pour des raisons de pression sur l'Elysée, il faut nommer quelqu'un rapidement.
07:16Et parce qu'en effet, si vous avez un sentiment de flottement, de chaos,
07:19ça peut être imputé directement à l'exécutif.
07:21Toute la journée, les pronostics s'enchaînent.
07:27Qui sera le septième Premier ministre d'Emmanuel Macron ?
07:31Des noms émergent, il y a des rumeurs.
07:34Mais le suspense est de courte durée.
07:37Peu avant 20h dans un communiqué, l'annonce de l'Elysée est officielle.
07:41Sébastien Lecornu, 39 ans, actuel ministre des Armées et nommé nouveau Premier ministre de Emmanuel Macron.
07:50Il a chargé de consulter les forces politiques représentées au Parlement
07:54en vue d'adopter un budget pour la nation et de bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois.
08:03Sébastien Lecornu a donc une mission essentielle.
08:06Négocier avec l'ensemble de la classe politique, aujourd'hui profondément divisée.
08:10Et le nouveau locataire de Matignon le sait, pas de temps à perdre.
08:17Le lendemain, la passation de pouvoir avec son prédécesseur se fait sur les chapeaux de roue.
08:232 minutes et 48 secondes, montre en main.
08:25Je ne vais pas faire de grand discours puisque cette instabilité et la crise politique et parlementaire que nous connaissons
08:33commandent à l'humilité et à la sobriété.
08:39Sébastien Lecornu veut immédiatement imposer sa marque.
08:42Et il n'est pas le seul.
08:47Il y en a un autre qui a bien conscience de jouer son avenir politique.
08:52C'est le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Bruno Retailleau.
08:56Il s'est levé aux aurores pour préparer cette journée sensible du 10 septembre.
09:05Je connais bien.
09:08Je suis venu m'assurer que Rungis n'était pas bloqué.
09:11Non, il n'était pas bloqué.
09:13Il y a eu des tentatives, mais ça n'a pas abouti.
09:15Dans les allées du plus grand marché d'Europe, à Rungis, il veut montrer que tout est dans le contrôle.
09:25De retour à Beauvau, c'est lui encore qui préside la cellule de crise interministérienne.
09:33En revanche, ce jour-là, pas question de lui parler politique.
09:38La consigne nous a été passée.
09:40Même si en conférence de presse, lui, le fait sans détour.
09:45La mobilisation n'a rien d'une mobilisation citoyenne.
09:49Elle a été détournée, confisquée, captée par la mouvance de l'extrême-gauche, de l'ultra-gauche, appuyée par le mouvant des insulniers.
10:00Au même moment dans les rues de Paris, premier blocage.
10:05Comme ici, devant cet établissement du 20e arrondissement de la capitale.
10:10Des policiers sont pris pour cible.
10:12Certains manifestants utilisent des poubelles comme projectiles, où ils mettent volontairement le feu.
10:22Des actions spontanées et disparates, dans un climat de tension avec les forces de l'ordre.
10:29Dans les cortèges, une accumulation des colères sociales et un coupable tout désigné.
10:43Le gouvernement illégitime doit être bloqué.
10:47Bérou a été chassé, sa politique doit être chassée.
10:49Même si on change de premier ministre tous les trois semaines, en vrai, c'est toujours la même idée.
10:55Stop au gouvernement, enfin, la politique réalisée par Macron et Bérou.
10:59Et qui, en plus, nous demande de faire des efforts supplémentaires pour faire des économies.
11:04C'est juste impossible.
11:07Un mouvement citoyen, certes, mais éminemment emprunt de politique.
11:13Et dans le nord, justement, une élue a prévu de se joindre au cortège.
11:25C'est ici que nous avons rendez-vous pour une virée en voiture, avec l'une des opposantes de Sébastien Lecornu.
11:32La secrétaire nationale des écologistes, Marine Tandelier.
11:39Sa veste verte et son humour à toute épreuve.
11:43Bonjour.
11:44Bonjour, ça va ?
11:44Vous allez en direction de Matignon ?
11:46Exactement.
11:47C'est ça ?
11:48Allez-y, je vais conduire.
11:50Ironie du sort.
11:54Celle qui se rend à une manifestation à Calais vient tout juste de raccrocher avec le nouveau premier ministre.
12:00Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
12:03J'ai compris, oui, qu'il était de l'heure et qu'il avait des racines populaires et que, contrairement à certains qui ne sortent jamais de trois arrondissements de Paris,
12:12il sait peut-être plus que d'autres ce qu'est la France, mais ça n'empêche pas que, pour moi, il n'a rien à faire là.
12:17Donc on ne découvrira pas, dans quelques heures ou quelques jours, Marine Tandelier au gouvernement de M. Lecornu ?
12:23Sûrement pas.
12:24Mais tout comme vous ne découvrirez pas non plus de socialistes, ni de communistes, ni d'insoumis.
12:28Voilà. On a le mérite de la cohérence et de la constance.
12:32Après François Bayrou, la nomination de Sébastien Lecornu, un autre proche d'Emmanuel Macron, est selon elle une provocation.
12:43Quoi qu'il advienne dans ce cercle parlementaire...
12:46Marine Tandelier n'a pas choisi le Nord au hasard.
12:48Ici, la patronne des écolos se sette en terrain conquis.
12:54Bonjour, ça va ?
12:55Bonjour.
12:57Il y a une météo qui est assortie à l'état émotionnel de mon cœur.
13:00Dans ce département touché par les fermetures d'usines, une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.
13:07Est-ce que c'est un avis de tempête ?
13:09Là, c'est un avis orageux, déjà.
13:12On attend le tonnerre, mais toujours pas d'éclairs à l'horizon.
13:16Pour qui, c'est orageux ?
13:17Pour la France.
13:19Que la France ?
13:21Je crois que c'est orageux à tous les étages, là.
13:24Marine Tandelier réclamait avec Olivier Faure un gouvernement de gauche.
13:28Elle ne l'a pas obtenu.
13:30Quel est désormais son objectif ?
13:32Attendez, je vais prendre une photo.
13:36Je suis tout à fait d'accord.
13:37Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas.
13:40Vous appelez au départ d'Emmanuel Macron.
13:43Il appelle lui-même à son départ et il n'écoute rien.
13:45Je ne suis pas une adepte de la destitution.
13:47Par principe, il me répète ce mot tous les matins en me réveillant.
13:50Mais je me dis qu'à un moment, il fait tout pour qu'il n'y ait pas d'autre solution.
13:54La destitution du président.
13:56C'est ce que réclame depuis plusieurs semaines la France Insoumise et son leader, Jean-Luc Mélenchon.
14:03L'ennemi déclaré du Parti Socialiste et d'Olivier Faure.
14:08D'un côté, il y a Olivier Faure.
14:09De l'autre, il y a Jean-Luc Mélenchon.
14:10Là, vous allez du côté de Jean-Luc Mélenchon.
14:12Il y a des écologistes.
14:15Monsieur Faure ne va pas apprécier ça.
14:17Mais vous êtes obsédé.
14:18Ce n'est pas possible de laisser les troncs.
14:19Vous faites une émission de télé-réalité, en fait.
14:22Je vais aller au confessionnal.
14:23Je trouve qu'à un moment, c'est indécent
14:25de passer plus d'énergie à se tabasser entre nous publiquement
14:29qu'à être là concrètement pour la vie des gens.
14:33Et expliquer qui est le traître, à cause de qui c'est le carnu.
14:37Non, c'est toi, non, c'est toi.
14:38Et je ne sais pas quoi, je n'ai pas le temps.
14:40Et je trouve ça indécent.
14:42Et c'est pareil pour vos questions.
14:47Cette colère.
14:51Un autre parti compte bien en profiter.
14:55La France insoumise.
14:58L'image en direct de la place du Chastelet sur la gauche de votre écran.
15:03Et son député du Nord, David Guiraud.
15:06Il y a du monde, en fait.
15:09Les collègues, ils en voient dans les petites villes, ville moyenne.
15:15Même à table, il n'en perd pas une niette.
15:18Quelle saveur a cette journée pour l'instant ?
15:21Moi, de ce que je vois, ça se passe plutôt bien.
15:25Donc on sent que le mouvement, il a quand même bien infusé, en fait,
15:28dans la société française.
15:31Et il se passe bien.
15:32Son parti a été le premier à soutenir publiquement le mouvement du 10 septembre.
15:38Mais cet après-midi à Lille, le soutien se veut discret.
15:42Mais dans le cortège lillois, difficile de passer inaperçu pour David Guiraud.
16:10L'élu ne peut pas faire 10 mètres sans être arrêté.
16:26Mais là encore, aucune récupération selon l'élu.
16:33Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que vous soufflez sur les braises
16:36et que vous alimentez la stratégie du chaos et du blocage ?
16:39Là, moi, ici, je ne vois pas le chaos, je vois la solution, en fait.
16:42La solution, c'est que les gens, ils se mobilisent pour faire partir ceux qui ont bloqué le pays.
16:46Il y a des gens qui ont perdu des élections, qui n'ont plus de base sociale,
16:48qui n'ont plus de base démocratique, qui continuent à s'accrocher au gouvernement,
16:53à s'accrocher à ce qu'il leur reste de pouvoir, mais comme des moules à leurs rochers.
16:56Donc là, il y a juste des gens qui descendent dans la rue pour arracher les moules aux rochers.
17:00Ce n'est pas le chaos, en fait.
17:01C'est le fonctionnement normal des institutions.
17:02Vous voudrez que ces gens s'en aillent.
17:03Voilà, il faut que ces gens partent.
17:06Et dans ces gens, le responsable principal de tout ça, c'est Emmanuel Macron.
17:10La France insoumise a déposé une motion de destitution à l'Assemblée nationale.
17:15Macron dégage !
17:17Mais pour aboutir, elle devra franchir de nombreux états parlementaires
17:22et recueillir les votes de deux tiers des députés et des sénateurs.
17:33Le soutien au mouvement du 10 septembre,
17:36c'est peut-être la dernière chose sur laquelle s'entendent les partis de gauche.
17:41Une famille divisée, fracturée.
17:45Aux relations à l'arrêt.
17:53C'est dans ce contexte que ces leaders vont avoir l'occasion de s'expliquer
17:58lors du grand rendez-vous annuel de la gauche.
18:01La fête de l'humanité,
18:04plus bouillante que jamais.
18:07À quelques minutes d'un débat entre les représentants des cinq principaux partis...
18:12C'est par là l'entrée, hein ?
18:14Nous pénétrons dans les coulisses avec la patronne des Verts.
18:17Bonjour, non, il n'y a pas de souci, franchement.
18:19Marine Tondelier.
18:22Elle y retrouve le député communiste Stéphane Peux
18:25pour une discussion entre amis.
18:28Comme nous, on est raccord sur les messages,
18:31on va se compléter chacun avec son style.
18:33C'est ça.
18:34Ils sont rejoints par le troisième participant, François Ruffin.
18:37Madame Tondelier, comment allez-vous ?
18:41du Parti Debout.
18:43Bonjour.
18:46Salutations respectueuses.
18:48Et c'est à peu près tout.
18:50Ouais, très bien, super.
18:51Merci.
18:55Quant aux représentants de la France Insoumise...
18:58Adrien Clouet, il n'est pas là, non ?
18:59Le député Adrien Clouet.
19:03Alissa ?
19:03Adrien Clouet, il n'est pas là encore ?
19:05Il se tient un peu plus loin.
19:10Je l'ai localisé.
19:12Je vais le saluer, quand même.
19:14Si c'est bien lui.
19:15Il ne manquait plus qu'Olivier Faure
19:22pour voir la gauche réunie physiquement.
19:26C'est une reconstitution du nouveau Front Populaire ?
19:28En tout cas, ça serait, à mon avis,
19:30une nécessité dans la période présente
19:31qu'on aille vers davantage d'union.
19:34Et je pense que ce qu'on disait l'année dernière
19:36quand on interpellait les partis
19:38en disant « soyons unis, arrêtons nos conneries »,
19:40je pense que ça valait hier comme aujourd'hui.
19:42Ça va être compliqué, là, non ?
19:43C'était déjà compliqué l'année dernière.
19:46Avec une question.
19:48Faut-il discuter avant de censurer ou non
19:51le Premier ministre ?
19:53Olivier Faure est l'un des rares à le vouloir.
19:56Bonjour, monsieur Faure.
19:57Bonjour.
19:58Mais le dialogue semble compliqué.
20:01On vous voit très discret cette semaine.
20:03Est-ce que ça veut dire que les négociations
20:04avec le Premier ministre ont été entamées
20:06ou se poursuivent ?
20:07Non, absolument pas.
20:08Il n'y a aucune négociation entamée.
20:09Pour l'heure, il n'y a pas de rendez-vous
20:10ni de messages envoyés par monsieur Lecornu.
20:12On n'a pas de rendez-vous fixés,
20:14on n'a pas de messages envoyés.
20:15Et je crains que Céretien Lecornu
20:18ne soit en réalité tenu
20:19à la fois par son fameux bloc central
20:22et par le président de la République.
20:23Donc on verra ce qu'il est prêt à faire.
20:25Il a annoncé des ruptures.
20:27Voyons quelles sont les ruptures
20:28auxquelles il est prêt.
20:28Le premier secrétaire du Parti socialiste
20:34hué lors du débat.
20:43La secrétaire nationale d'Europe et de la gauche
20:46attendra.
20:48Sur les terres de Sébastien Lecornu,
20:55en tout cas,
20:56il y en a un qui parie fort
20:58sur sa capacité à sortir la France de l'impasse.
21:02Un ami de longue date
21:03du nouveau premier ministre.
21:06Il lui a succédé
21:08à la mairie de Vernon
21:09il y a 10 ans.
21:10Alors là, on a quelques petits souvenirs
21:14du premier mandat essentiellement.
21:18Donc les premiers mois du mandat
21:20où il a été maire.
21:21Et puis même, j'ai envie de vous dire,
21:23ça je crois que c'est le jour
21:24du second tour.
21:26On faisait la tournée des bureaux de vote,
21:27quelque chose d'assez classique
21:28quand on est candidat à des élections locales
21:30et notamment municipales.
21:32Et donc c'est une partie de la bande
21:36des années 2010-2014.
21:39On nous appelait les mousquetaires d'ailleurs.
21:43Ce jour-là,
21:44François Ouzio a du mal
21:46à dissimuler sa fierté.
21:48Je vous avoue que la séquence
21:49la plus émouvante, c'était hier.
21:51Lors de la passation,
21:52on a eu une accolade
21:54et on s'est dit quelque chose.
21:57Heureusement,
21:58une caméra a capté
21:59ce petit moment de complicité
22:01dans la cour de Matignon.
22:02Alors que pèse déjà une menace de censure
22:10sur le futur gouvernement,
22:12François Ouzio a accepté
22:14de nous expliquer
22:15la méthode Lecornu
22:16pour sortir du blocage.
22:18Il a cette capacité
22:21à être très proche
22:23des gens,
22:24à savoir parler
22:25à tous les élus
22:25de tous bords politiques.
22:27Évidemment,
22:28c'est une méthode
22:29que vous êtes obligés
22:30d'appliquer déjà
22:30dans vos conseils municipaux,
22:32vos conseils départementaux
22:33et vos conseils régionaux
22:34et vos conseils d'agglomération.
22:36Parce qu'on n'a pas tous
22:36les mêmes sensibilités.
22:38Néanmoins,
22:38on a des projets
22:39à faire sortir
22:39parce que les habitants
22:42nous ont élus pour ça.
22:44Jamais avare
22:45de compliments
22:46à l'égard
22:46du nouveau Premier ministre.
22:48C'est un homme
22:49profondément humain,
22:50tout simplement.
22:51François Ouzio
22:52est convaincu
22:52qu'il parviendra
22:53à rétablir la confiance
22:54avec les politiques
22:55comme avec les Français.
22:57Sébastien,
22:57c'est quelqu'un
22:58qui est resté,
22:59malgré son parcours
23:00exceptionnel,
23:01très humble,
23:02très...
23:03très modeste.
23:07Et c'est aussi pour ça
23:08que les gens l'apprécient,
23:08y compris ses opposants politiques.
23:18Miser sur l'ancrage local
23:20pour trouver des alliés,
23:22c'est aussi le mantra
23:24de la présidente
23:24de l'Assemblée nationale.
23:27Cette semaine,
23:29c'est au cœur de la Mayenne
23:30qu'elle a choisi
23:31de faire sa rentrée politique.
23:34Est-ce que vous êtes...
23:35Vous vous invitez dans le château ?
23:36Oui, oui.
23:37Et il est visitable...
23:38Il est visitable,
23:39il est ouvert au public.
23:40Au public.
23:40On est encore aujourd'hui.
23:41D'accord.
23:43Au côté d'élus locaux,
23:46Yael Brown-Pivet
23:46visite la forteresse
23:48de Lassay-les-Châteaux.
23:50Clin d'œil,
23:51à la locataire
23:52de l'hôtel de Lassay,
23:53lieu de résidence
23:54de la présidente
23:55de l'Assemblée.
23:57C'est pour ça
23:58que cette étape-là
23:59était importante
23:59parce qu'il y a ce lien
24:01entre l'hôtel de Lassay
24:02et Lassay-les-Châteaux
24:03par le biais du marquis.
24:05C'est important
24:06d'être partout
24:07sur le territoire.
24:08Comme vous le savez,
24:09moi, c'est mon...
24:09presque mon 70e déplacement
24:11depuis que je préside
24:12l'Assemblée nationale.
24:13Mes prédécesseurs
24:14ne le faisaient pas
24:14et moi, je pense
24:15qu'il faut impérativement
24:16le faire,
24:17être en lien
24:18avec les Français
24:18partout où ils sont.
24:20Est-ce que c'est ce que
24:20vous a demandé aussi
24:21peut-être le nouveau ministre
24:22ce matin,
24:23d'essayer de l'aider
24:24à cette culture de compromis ?
24:25Alors, vous savez,
24:26il y a un principe en France
24:27qui s'appelle
24:28la séparation des pouvoirs
24:29et donc le Premier ministre
24:30n'a strictement rien
24:31à me demander
24:32dans la façon
24:33dont j'occupe
24:34la fonction de présidente
24:36de l'Assemblée nationale.
24:37Bien au contraire.
24:39Bravo.
24:40Vous êtes d'accord, mesdames ?
24:42Doit-on déceler
24:46un brin d'amertume
24:47chez celle qui avait fait
24:48une offre de service
24:49pour Matignon
24:50en début de semaine ?
24:53À tout de suite !
24:53À tout de suite !
24:54Nous profitons
24:56d'un trajet
24:57au volant du camping-car
24:58du député Yannick Favnek
25:00pour la sonder.
25:01J'étais convaincue
25:02que je pouvais
25:04faire consensus
25:05entre tous les élus.
25:06Après, ça ne veut pas dire
25:07que je suis la seule
25:08à pouvoir faire consensus.
25:09Mais en tout cas,
25:10ce qui est sûr,
25:10c'est que je cochais
25:12les cases.
25:14Sa liberté de ton
25:15lui a-t-elle coûté le poste ?
25:17La macroniste
25:18prône depuis des mois.
25:19un nouveau style de pilotage.
25:22On a besoin de mieux concerter,
25:25mieux concerter les parlementaires,
25:27mieux concerter les corps intermédiaires,
25:29les associations,
25:29les syndicats.
25:30Je note avec plaisir
25:31que le Premier ministre
25:32va très rapidement
25:34concerter les syndicats.
25:35Et on a besoin
25:36de mieux associer les citoyens.
25:37que l'exécutif a un peu trop imposé
25:39même ces derniers mois.
25:41Depuis toujours,
25:41je pense qu'il ne faut pas
25:42se dire que c'est récent.
25:44Ce n'est pas pour autant
25:45qu'il faut renoncer.
25:47Moi, je connais bien
25:48Sébastien aussi
25:48pour avoir beaucoup
25:49travaillé avec lui.
25:51Et je suis très confiante.
25:52En tout cas,
25:52il a un bon sens du dialogue,
25:55il est à l'écoute,
25:56une bonne connaissance des élus.
25:57Donc en tout cas,
25:58moi, je pense
25:59qu'on peut enfin y arriver.
26:01Et puis quand même,
26:02je suis forte,
26:02je suis camping-car,
26:04interview.
26:08En cette rentrée
26:10teintée de colère sociale,
26:12Ça passe ?
26:12Ça passe.
26:13La manœuvre
26:14pour réconcilier tout le monde
26:16s'annonce difficile.
26:17C'est surtout la partie gauche
26:18qui nous inquiète.
26:19Est-ce que tu peux ?
26:19Vous pouvez tenir la porte ?
26:21Peut-être la place.
26:23Si je peux dire.
26:25Même si une partie
26:26de l'opposition
26:27appelle déjà
26:28à la censure du gouvernement
26:29Lecornu,
26:31ne parlait surtout pas
26:32Zaya Elbron-Pivet
26:33d'une possible dissolution
26:35sous peine de la mettre en colère.
26:38Ça mettra en péril
26:40notre pays,
26:41la stabilité,
26:42la place de la France
26:43dans le monde,
26:43nos co-citoyens,
26:44les réformes qu'on peut faire.
26:46Donc à nous
26:46d'être vraiment responsables.
26:47On parle tout le temps
26:48de responsables politiques.
26:50Il y a de responsables politiques,
26:51il y a responsables.
26:52Soyons collectivement responsables
26:53et à la hauteur du moment.
26:55Est-ce qu'il faut
26:56retourner d'avantage
26:56sur le terrain ?
26:57Tu peux ?
26:58Je vais rester avec les gens
26:59maintenant,
26:59désolée.
27:09Et le Rassemblement national
27:10dans tout ça ?
27:12Jusqu'ici,
27:13leur position
27:14sur la nomination
27:15de Sébastien Lecornu
27:16était restée brumeuse.
27:18Je ne connais pas bien
27:21le climat bordelais.
27:22Je ne sais pas
27:23si c'est habituel ou pas.
27:27Mais on n'a pas ça
27:28en Moselle.
27:30À Bordeaux,
27:31où se déroulent
27:32leurs universités d'été,
27:34nous nous sommes glissés
27:35au petit déjeuner
27:36de Laurent Jacobelli
27:37pour tenter
27:38d'en savoir plus.
27:39apparemment,
27:42c'est parce qu'on aurait
27:43investi dans la santé
27:44qu'on serait en déficit
27:45selon le nouveau Premier ministre.
27:47Je pense que ça fait longtemps
27:48qu'il n'a pas visité
27:49un hôpital.
27:51On commence bien.
27:51La ligne nous dit-il,
27:55c'est pas de censure
27:56a priori.
27:58Mais avant même
27:58d'être reçu à Matignon,
28:00le RN ne fait pas
28:01grand mystère
28:02de son agenda.
28:06La probabilité
28:07que M. Lecornu
28:08fasse un budget
28:09qui évite la censure
28:11est quand même
28:11très peu probable.
28:13Les premiers mots
28:13qu'on entend
28:14de M. Lecornu,
28:15c'est « taxe ».
28:16Il se dit
28:17« on va faire plaisir à la gauche,
28:18on va créer des taxes ».
28:19C'est exactement
28:20ce dont les Français
28:20ne veulent plus.
28:21Et c'est exactement
28:22ce qui ne marche plus.
28:23Donc, si on va
28:24dans cette direction-là,
28:25on voit bien
28:26qu'il y a quelque chose
28:26qui ne va pas marcher.
28:28Et s'il ne le fait pas,
28:28il perdra la gauche.
28:30Je ne vois pas
28:30comment il peut trouver
28:31un équilibre
28:31entre ceux qui veulent
28:33faire des économies
28:34sur les mauvaises dépenses
28:35comme l'immigration
28:35et ceux qui veulent
28:36régulariser tous les sans-papiers
28:38entre ceux qui ne veulent
28:39plus de pression fiscale
28:41et ceux qui courent
28:42dans la rue
28:43en criant « taxon, taxon, taxon ».
28:45Je ne vois pas
28:45comment il va y arriver.
28:46C'est une position intenable,
28:47en fait.
28:48On a l'impression
28:48que vous souhaitez vraiment
28:49la dissolution de cette fois-ci.
28:50Oui, oui, bien sûr.
28:51On souhaite la dissolution.
28:52D'ailleurs, Marine Le Pen l'a dit
28:53qu'elle voulait
28:54une dissolution vite.
28:56Pourquoi ?
28:56Parce que cette Assemblée,
28:58elle est ingouvernable,
28:59elle est ingérable
29:00et que notre pays
29:01a besoin de réformes.
29:04Au menu des discussions
29:06ce matin-là...
29:07Ça va, Gilles ?
29:08Ça va, et toi ?
29:08Oui, très bien.
29:10...la stratégie
29:11pour les futures élections municipales
29:13et la présidentielle,
29:15bien entendu.
29:16Parmi les autres cadres du RN,
29:29Marine Le Pen
29:29et son bras droit,
29:31Jordan Bardella.
29:35Pas question de filmer davantage.
29:38Mais en coulisses,
29:40une confidence nous est faite.
29:42S'ils ont choisi
29:43de se réunir à Bordeaux
29:44où ils n'ont pas leurs habitudes,
29:46c'est pour mieux conquérir
29:47l'Ouest de la France.
29:50Mais vous pouvez me le dire, oui ?
29:51J'ai 93 ans.
29:52Non !
29:53Je peux vous le dire, si !
29:54Je peux vous le dire.
29:55Mais c'est quoi votre secret ?
29:57Je n'en ai pas.
29:59C'est ma femme.
30:00C'est vrai ?
30:00Oui.
30:01C'est quoi son secret ?
30:02La beauté intérieure,
30:03l'amour des autres.
30:05Waouh !
30:06Car il s'agit cette fois
30:07de mettre toutes leurs chances
30:08de leur côté
30:09pour prendre le pouvoir.
30:10convaincu semble-t-il
30:12que la prochaine sera la bonne.
30:15On veut accéder au pouvoir
30:16parce que nous sommes
30:17dans l'opposition aujourd'hui
30:18et qu'il y a un besoin
30:18d'alternance.
30:20Les autres n'incarnent pas
30:21l'alternance.
30:22Les LF sont prêts
30:22à gouverner avec des socialistes.
30:24Bon, je pense que quand
30:25on est électeur PS
30:26ou électeur LR,
30:27on voit bien la collusion.
30:29LFI a appelé par deux fois
30:31à voter Emmanuel Macron.
30:33Donc, en quoi c'est
30:35une force d'opposition ?
30:35La seule force d'opposition
30:36aujourd'hui crédible,
30:38c'est le Rassemblement national.
30:39On incarne cette alternance.
30:41Donc, je vais vous dire
30:42que ce sera un mai 81
30:43à l'envers.
30:46Le futur gouvernement
30:48Lecornu,
30:48pas encore nommé,
30:50passera-t-il
30:50le mois d'octobre ?
30:52Est-ce qu'un budget
30:53sera voté pour la France ?
30:56Le temps nous dira
30:57qui saura tirer
30:58son épingle du jeu
30:59en cette rentrée politique
31:01secouée par les mouvements sociaux.
31:02Sous-titrage Société Radio-Canada
31:11Sous-titrage Société Radio-Canada
31:12Sous-titrage Société Radio-Canada
31:14Sous-titrage Société Radio-Canada
31:15Sous-titrage Société Radio-Canada
31:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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