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  • il y a 5 mois

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00:0013h15, Europe 1 Info
00:02Et à 13h30, 32 sur Europe 1, on vous retrouve Clélie Mathias avec vos deux chroniqueurs du jour
00:07Jean-Claude Dacier, Jules Torres et votre invité avec nous en studio
00:09Olivier Vial, directeur du centre d'études et de recherche universitaire
00:13responsable du programme sur les nouvelles radicalités
00:16Bonjour et bienvenue à vous Olivier Vial
00:18Merci de venir avec nous décortiquer un peu ce qui s'est passé hier
00:22et notamment la sociologie des personnes qui étaient dans la rue
00:25Je voudrais tout d'abord vous faire écouter Laurent Nunez, le préfet politiste de Paris
00:28qui était ce matin sur Seigneuse et Europe 1
00:31et qui estime que le mouvement d'hier est un échec
00:33L'action en bloquant tout a été un échec
00:36Il n'y a eu aucun blocage, on y reviendra malgré les nombreuses tentatives
00:41au moins une dizaine de tentatives de blocage du périphérique
00:43en des endroits différents, pour éclater évidemment les forces de l'ordre
00:46et rendre la mission des forces de sécurité intérieure plus difficile
00:49blocage des lycées, blocage des dépôts de bus
00:51tentative d'intrusion dans la gare du Nord
00:53donc tout ça a été empêché grâce au travail formidable des forces de sécurité intérieure
00:57un policier, un gendarme qui a été mis à ma disposition hier
01:01et le bilan du bloquant tout c'est que c'est un échec
01:04il n'y a pas eu de blocage du tout
01:06Est-ce que Olivier Vial, vous diriez vous aussi que ce mouvement d'hier est un échec ?
01:11Je ne pense pas que ce soit un échec à ce niveau-là
01:15puisque effectivement il y a eu une très très grosse mobilisation des forces de l'ordre
01:18qui a empêché les blocages du matin
01:20notamment en Ile-de-France
01:22mais on a eu quand même un sabotage qui a perturbé la ligne de train
01:27entre Toulouse et Roche pendant toute la journée
01:29on a eu des blocages temporaires le matin à Lyon, à Poitiers, etc.
01:34donc il y a eu quand même des blocages
01:35il y a surtout eu une mobilisation qui est beaucoup plus importante
01:39y compris que ce que les activistes attendaient
01:42puisqu'il faut bien avoir en tête que ce mouvement-là
01:45n'était pas un mouvement syndical, n'était pas un mouvement de masse
01:48c'est un mouvement qui dès l'origine, on savait que ça allait être un mouvement radical
01:51porté par une petite minorité
01:53et donc que cette minorité arrive quand même à rassembler autour d'elle
01:57avec des mots d'ordre d'une extrême radicalité
01:59puisqu'on n'est plus du tout sur les mots d'ordre à l'origine du mouvement
02:03là aujourd'hui on avait des mots d'ordre sur Gaza
02:05on avait des mots d'ordre sur la montée du fascisme
02:07on avait des mots d'ordre sur le capitalisme qui tue la planète
02:11et tout ça en fait, ces mots d'ordre-là ont quand même permis
02:14de rassembler près de 200 000 personnes
02:16dans un peu plus de 800 actions en France
02:18J'aimerais qu'on revienne sur la sociologie des gens
02:20sur leur profil, ceux qui sont descendus
02:22avec cette distinction qui a été faite hier par nos reporteurs sur place
02:27notamment dans le sud de la France
02:28ils disaient qu'il y avait deux types de personnes
02:30il y avait à la fois les manifestants des campagnes
02:33si je peux dire comme ça
02:34et les ronds-points qui ressemblaient peut-être
02:36qui étaient plus âgés, qui ressemblaient un peu aux gilets jaunes
02:38vous allez nous dire si c'est vrai ou pas
02:40et ceux des villes, plus jeunes, plus radicaux aussi
02:43est-ce que cette distinction est valable ?
02:46est-ce que vous l'avez observé vous aussi ?
02:47Il y a effectivement plusieurs groupes
02:50mais il y a eu quelques personnes
02:52qui en gros étaient les personnes perdues du premier mouvement
02:56celui qui avait été initié sur les réseaux sociaux
02:58le mouvement Bloquantou effectivement était pensé
03:02pour être une sorte de suite du mouvement des gilets jaunes
03:04et donc on a eu quand même certaines personnes
03:06qui ont cru que c'était un peu la suite
03:08sauf que très rapidement l'ultra-gauche
03:10a pris le contrôle du mouvement
03:11et on a changé la physionomie en changeant les mots d'ordre
03:14et les modes d'action
03:15et là on se retrouve avec une vraie différence
03:18effectivement il y a trois grandes familles
03:20aujourd'hui qu'on peut qualifier à gauche et à l'extrême gauche
03:23qui ont participé à ce mouvement
03:24même si c'est difficile d'en faire effectivement le départ très précisément
03:29parce qu'ils se sont hybridés au fur et à mesure des années
03:31notamment avec une théorie qui a été développée par Andreas Malm
03:35qui s'appelle le flanc radical
03:36et qui consiste effectivement à accepter que les mouvements soient de plus en plus radicaux
03:39et donc à accepter les plus radicaux parmi les militants dans ces mouvements-là
03:44mais en gros si on veut faire simple
03:45on a eu deux groupes qui ont structuré le mouvement
03:48ce sont des groupes d'extrême gauche syndical
03:52on a la Confédération Paysanne par exemple qui a bloqué la 20
03:55on a des mouvements comme Attaque
03:58on a des mouvements qui sont historiquement structurés
04:01et qui participent beaucoup
04:03et puis après on a des mouvements un peu plus radicaux
04:05comme les Soulèvements de la Terre
04:06qui ont pris le leadership du mouvement à partir du début septembre
04:10qui ont structuré le mouvement
04:11et puis derrière vous avez des militants d'ultra-gauche
04:14qui sont beaucoup plus violents
04:16qui eux d'après les renseignements
04:18on estime qu'ils sont autour de 3500 fichés S
04:22ils n'étaient pas tous mobilisés hier
04:25puisqu'il y en a qui considèrent que la radicalité va venir plus tard
04:28et c'est eux qui commettent notamment les sabotages etc
04:31mais on en a eu, on en a eu notamment en ville
04:33et puis la troisième partie ça a été effectivement la jeunesse
04:37qui arrivait plus tôt dans l'après-midi
04:38en fait le matin les premiers blocages étaient faits par des militants
04:41et à partir de 12h, 10-12h
04:44on a eu effectivement des jeunes, des lycéens
04:46quand même très radicalisés
04:48parce que là aussi on a une évolution de la jeunesse
04:51en tout cas des structures de jeunesse qui est importante
04:53par exemple il y a eu des étudiants qui ont été mobilisés
04:56par un syndicat qui aujourd'hui dans certaines villes
04:59comme à Toulouse, à Paris
05:00peuvent faire jusqu'à 60% des voix
05:03ce syndicat s'appelle le Point Levé
05:05et le Point Levé, pour que vos auditeurs comprennent bien
05:08il est issu d'un mouvement qui s'appelle Révolution Permanente
05:11qui est un mouvement trotskiste
05:12qui a considéré
05:14oui ça semble être assez indiqué
05:15un mouvement qui a considéré
05:18qui s'est créé en considérant que le NPA
05:20donc les nouveaux partis anticrétalistes
05:22étaient trop à droite
05:23et donc ils sont une dissidence
05:25et ce genre là font 60% dans les universités
05:28donc c'est pas marginal
05:30je vais donner la parole à Jules Torres et à Jean-Claude Dacier
05:32juste avant, est-ce que ce sera la même chose jeudi prochain ?
05:35alors ils essayent
05:37ils essayent effectivement
05:38ils vont d'ailleurs sûrement continuer
05:40après il y a des mots d'ordre pour samedi déjà
05:42pour essayer de multiplier des actions de blocage
05:46aujourd'hui il y a eu quelques tentatives
05:48mais ils ont quand même beaucoup de personnes
05:50finalement on voit que le taux d'encadrement est faible
05:52et donc les personnes qui sont en garde à vue
05:54ça les affaiblisse quand même assez considérablement
05:57à Lyon par exemple
05:57la majorité des rassemblements aujourd'hui
05:59sont devant les commissariats de police
06:00pour demander la libération de leurs camarades
06:02qui sont en garde à vue
06:04donc ça, ça les a un petit peu affaiblis
06:06c'est vrai que la réponse policière était plus forte que d'habitude
06:09elle a empêché effectivement les blocages de s'installer
06:14mais il y a un risque effectivement
06:16que ça continue à monter
06:17et qu'on ait des actions un peu plus violentes
06:20moins nombreuses mais plus violentes dans les prochains jours
06:22tout cela est intéressant et mérite d'être débattu
06:24Jules Torres
06:24oui, on avait dans la rue la nébuleuse extrême gauchiste
06:28voilà, c'est aussi simple que ça
06:30il y avait une note de l'institut Jean Jaurès
06:31qui est plutôt un institut classé à gauche
06:34qui disait que 86% des soutiens du mouvement bloc-ontout
06:38étaient des électeurs de la gauche radicale
06:40donc moi je n'ai absolument pas été étonné
06:41et je ne balaye pas d'un revers de main
06:43la colère que peuvent exprimer les gens
06:45la crise sociale qu'il y a
06:47et politique et institutionnelle
06:48qu'il y a actuellement dans le pays
06:49mais moi les images qu'on a vues hier
06:50on était très loin des gilets jaunes
06:53on était très loin d'une grande révolution
06:56on était très loin de 1789
06:57comme l'espéraient ces personnes-là
07:00en réalité
07:00on a eu des images qui ne font absolument pas plaisir
07:03on a eu ce qu'il y avait de pire
07:05dans cette gauche et dans cette extrême gauche
07:07c'est-à-dire les black blocs
07:08les antifas
07:09l'ultra-gauche
07:10les écologistes et militants radicaux
07:13voilà ce qu'on a eu hier
07:15et qui ont malheureusement
07:16jeté l'opprobre
07:17sur des revendications qui initialement
07:19étaient quand même extrêmement claires
07:21et qui étaient extrêmement respectables
07:23puisque vous parlez d'image
07:24un phénomène qui questionne et est à noter
07:25en marge de ces cortèges
07:26ça s'est passé hier
07:27plusieurs manifestants ont été priés
07:29de ranger leurs drapeaux français
07:31certains ont même été invincés
07:33situation vécue à Paris
07:34mais aussi à Toulouse
07:35c'est le reportage de Charles Lullier
07:36dans le cortège
07:38au milieu des traditionnels
07:39drapeaux syndicaux
07:40des drapeaux palestiniens
07:42et les slogans qui vont avec
07:43nous sommes tous des enfants de Gaza
07:46nous sommes tous des enfants de Gaza
07:50nous sommes tous des enfants de Gaza
07:52repris en coeur par la foule
07:5430 minutes plus tard
07:55un groupe d'une dizaine de personnes
07:57décide de sortir des drapeaux français
07:59tous sont alors invectivés
08:01une manif de décolonisation
08:03ce drapeau aujourd'hui
08:04il n'a rien à faire là
08:05si maintenant le drapeau français
08:07c'est de facho
08:08là franchement
08:10on touche le fond quoi
08:11c'est mortel
08:12c'est une connard
08:13c'est que je
08:14ce que vous dites
08:15c'est de la mer
08:16vous arrêtez de tout mélanger
08:17vous dites
08:18pas de facho ici
08:19pas de facho ici
08:21pas de facho ici
08:22facho
08:23colomb
08:23voici les mots lancés
08:24à l'endroit du groupe
08:25qui a donc préféré
08:27quitter le cortège
08:28par peur de voir
08:28la situation dégénérer
08:30Toulouse
08:31Charles Lullier
08:31Europe 1
08:32Olivier Vial
08:33ces images-là
08:34ne vous a pas échappé ?
08:36non mais en fait
08:36c'était d'ailleurs
08:38totalement prévis
08:38parce que dans les assemblées générales
08:40qui ont précédé le mouvement
08:41déjà on excluait
08:43tous ceux qui n'avaient pas
08:44un pédigré militant
08:46activiste
08:46donc on avait
08:49ce mouvement-là
08:49on sait qu'il a été
08:50très très bien repris en main
08:51c'est là d'ailleurs
08:52il y a eu une illusion
08:53de certains
08:54pensant qu'on pouvait encore
08:55avec les réseaux sociaux
08:57créer des mouvements spontanés
08:58en réalité
08:59ceux qui tiennent la rue
09:01et qui ont des structures
09:02pour ça
09:03et c'est l'ultra-gauche
09:04aujourd'hui qui tient la rue
09:05depuis maintenant
09:05plusieurs années
09:06a la capacité
09:07de redéfinir un mouvement
09:09et donc ça
09:09effectivement
09:10ils l'ont fait
09:10ils l'ont fait
09:11dès l'organisation
09:13quand il y a eu
09:14quelques personnes
09:14un peu perdues
09:15au milieu des cortèges
09:17qui étaient revenus
09:17avec des revendications
09:18qui étaient des revendications
09:19légitimes
09:20mais qui n'étaient pas celles
09:21qui étaient à l'ordre du jour
09:21pour ces mouvements-là
09:22ils les ont exclus
09:23comme ils le font à chaque fois
09:24parce qu'ils prétendent
09:26combattre le fascisme
09:27mais ils l'imitent
09:27quand même plus souvent
09:28qu'ils le combattent
09:29Jean-Claude Dacier
09:29je trouve qu'au total
09:30je partage un peu
09:31le point de vue d'Olivier
09:32c'est que
09:33c'est plus préoccupant
09:34sans doute
09:35peut-être
09:36que ce que
09:37M. Nunez
09:38ou M. Retailleau
09:40ont bien voulu dire
09:40hier soir
09:41et ce matin
09:42ça ne veut pas dire
09:43que
09:43bougez le manche
09:44après
09:44avec la cognée
09:45et que tout n'est pas foutu
09:47loin de là
09:47bien évidemment
09:48néanmoins
09:49il faut faire attention
09:50l'arrivée des jeunes
09:52massivement
09:53hier après-midi
09:54alors je sais bien
09:55qu'à le horage
09:55on fait la révolution
09:56sinon qu'est-ce qu'on fait
09:57ah oui c'est comme les gens
09:58en 1968
09:59Jean-Claude
09:59je suis assez d'accord
10:00on peut changer
10:02je vais répéter
10:03pour la énième fois
10:04qu'en 68
10:04il y avait des revendications sociales
10:06qui étaient ce qu'elles étaient
10:07et puis il y avait
10:08du côté de la presse
10:09une volonté
10:10de se battre
10:11pour ta liberté
10:12pour la liberté de la presse
10:14c'était pas un combat
10:15qui était pas
10:17inintéressant
10:18bref
10:18on va voir
10:19pour Mélenchon
10:21c'est en tout cas
10:23c'est ce qu'il a dit hier
10:24une étape
10:26ça veut dire
10:27qu'il y en aura d'autres
10:28il a une matière
10:29qui est en effet
10:30l'ultra gauche
10:31comme tu le disais
10:32qui est très
10:33malgré tout
10:34préoccupante
10:34qui se passerait bien
10:35où elle est
10:35parce que
10:36être pour la Palestine
10:37indépendante
10:39pourquoi pas
10:39mais la France
10:40s'apprête
10:40à reconnaître
10:42l'état de Palestine
10:43donc on voit pas très bien
10:44la compatibilité
10:45qu'il y a
10:45entre la volonté
10:46de défendre la Palestine
10:47et la radicalité
10:50qu'il y a
10:51à l'égard du drapeau
10:52bleu blanc rouge
10:52sauf si on est
10:53internationaliste
10:54comme on doit l'être
10:55quand on est
10:56soi-disant
10:56révolutionnaire
10:57tout ça
10:58fait un peu
11:00je veux dire
11:01ça fait un peu
11:01ça fait un peu
11:03décor
11:04et je suis pas sûr
11:04que ça soit du solide
11:05et du sérieux
11:06néanmoins quand même
11:07je me demande
11:08s'ils vont pas
11:09foutre un peu le bordel
11:10si j'ose dire
11:11samedi
11:12c'est samedi
11:1318
11:14jeudi 18
11:17dans la manifestation
11:18qui s'annonce
11:19comme étant plus
11:19une manifestation
11:20syndicale
11:21défendant les intérêts
11:22de ceux qui travaillent
11:23conclusion courte
11:24Olivier Vial
11:24le 10 septembre
11:26c'était plutôt
11:27une journée porte ouverte
11:28vers la gauche radicale
11:29ils ont réussi
11:30à attirer
11:31beaucoup de lycéens
11:32et après
11:33ils sont en train
11:33d'encadrer
11:34ils ont déjà repéré
11:35quels sont les plus radicaux
11:36et en fait
11:36tout leur travail
11:37maintenant
11:37c'est de les faire
11:38monter en radicalité
11:39petit à petit
11:40et les sociabiliser
11:41dans leur mouvement
11:42merci beaucoup
11:43Olivier Vial
11:43d'être venu nous éclairer
11:45je rappelle que vous êtes
11:46directeur du centre d'études
11:47et de recherche universitaire
11:48vous avez bien étudié
11:49ce mouvement
11:50c'était important
11:51et nécessaire
11:52de vous entendre
11:53aujourd'hui
11:53pour analyser
11:54on reste ensemble
11:55on laisse un peu
11:56la politique française
11:57et les mouvements sociaux
11:58pour parler de ce qui se passe
11:59aux Etats-Unis
12:00le pays s'enflamme
12:01autour de deux meurtres
12:02celui de l'influenceur
12:03conservateur Charlie Kirk
12:04tué par balle
12:05la nuit dernière
12:06dans une université
12:07et celui fin août
12:08d'Irina Zarutska
12:0923 ans
12:10une réfugiée ukrainienne
12:11poignardée dans un tramway
12:12quels sont les débats
12:13qui secouent cette Amérique
12:15sous le choc
12:15c'est dans quelques instants
12:16et puis
12:17on reste un peu
12:17sur le choc
12:18on reste un peu
12:19sur le choc
12:20sur le choc
12:21et puis
12:21on reste un peu
12:22sur le choc
12:22sur le choc
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